Mer et littoral – Débat samedi 14 mars 10h au Guilvinec (manoir Kergoz)

LES RESSOURCES MARINES SONT UN BIEN PUBLIC ET DOIVENT LE RESTER : c’est ce que préconise la nouvelle directive de la Commission européenne.

Pour que cela ne reste pas un vœu pieux, nous préconisons que la gestion des ports soit du ressort des instances élues les plus proches : le futur Conseil Départemental (déjà propriétaire des infrastructures des ports), les communes et les intercommunalités.

POUR UNE GESTION PUBLIQUE DES PORTS :

Créer des Sociétés d’économie mixte (SEM) à capital majoritairement public (Commune, Département, Région), accueillant au sein du Conseil d’Administration tous les acteurs locaux.

De ce point de vue, il est aberrant que sur les 44 millions d’euros des fonds européens ( FEAMP) pour les ports bretons , seuls 8 millions leur soient attribués : qui va décider de l’attribution des 36 autres millions ? (les élus régionaux à Rennes capitale de la pêche et des ports ?) Pour quels projets maritimes ?

Nous insistons aussi sur la nécessaire transparence de ses décisions. Il est malsain que les grosses structures fassent la pluie et le beau temps, avec le chantage du genre: si je ne suis pas bien servi, je pars. Nous voulons aussi une représentation plus large des pêcheurs artisans (bateaux de moins de 12 m) dans les Conseils Portuaires.

En 2017, la délégation pour la gestion des ports est à renouveler : la CCI n’a fait preuve ni d’efficacité, ni de transparence dans sa gestion. C’est aux élus (politiques et professionnels représentatifs) d’assurer cette gestion.

PLAN PLURIANNUEL D’INVESTISSEMENTS :

-pour maintenir et développer la pêche artisanale cornouaillaise : favoriser la modernisation et la transmission de la flotte, la coopération et non la concurrence et le chacun pour soi, la vente directe…

-pour lutter contre les pollutions : dragage des ports, clapage des boues, surveillance des conformités des bateaux, taxes à la hauteur des frais de dépollution, étude sérieuse de la faisabilité des projets de ports de plaisance (le Guil)

-proposition de créer une structure de gestion intégrée de type interprofession des ports de Bretagne Sud, du Pays Bigouden et de l’Iroise afin d’échapper à une concurrence exacerbée, source de divisions et de gâchis.

ACCOMPAGNER LA MUTATION DES ACTIVITES HALIEUTIQUES :

-encourager les expérimentations de méthodes de pêche sélectives et de la bonne gestion de la ressource

-algoculture, aquaculture, dans un protocole respectueux de l’environnement

-mise en place d’outils financiers nouveaux de type CIGALES (Club d’Investisseurs pour une Gestion Alternative et Locale pour l’Epargne Solidaire) ou coopératifs permettant de renouveler la flotte de pêche fraîche artisanale à partir d’un cahier des charges adapté

-remobilisation des banques mutualistes et des Caisses d’Epargne

-aide à l’organisation de nouvelles formes de consommation de type AMAP, Association pour le Développement de la Pêche Artisanale Durable « Adépad ».

IMAGINER DE NOUVELLES FILIERES :

-Energie Marine Renouvelable (EMR) : houlomotrice, hydrolienne, éolienne…

-Construction et réparations navales : organiser la complémentarité des activités, gérer collectivement les plans de charge, déconstruction des navires…

-stratégie multimodale du transport : le cabotage, la voie ferrée, la route

-soutenir le tourisme social (campings municipaux…), culturel, éducatif (classes de mer, colonies, sport nautique scolaire…)

Pierre Lemée, candidat FDG, Mars 2015


Documents pour discussion transmis par Alain Vigouroux, candidat FDG :
Etat du Quartier du Guilvinec
Vente sur le quai
Energies marines renouvelables
Les algues

Désenvasement des ports, pas comme ça !

Communiqué de presse du Front de Gauche Pays Bigouden le 27/05/2013

 Le FDG Pays Bigouden appuie la demande des pêcheurs de stopper le clapage en mer, tel qu’il se déroule actuellement : celui-ci se révèle désastreux, comme l’ont montré ces professionnels.

Le FDG appelle à signer la pétition du Comité Départemental des pêches.

 Le désenvasement des ports (pêche et plaisance) doit être réalisé, mais pas dans ces conditions.

Le Conseil Général doit prendre ses responsabilités et ouvrir immédiatement le dialogue avec les professionnels de la mer.

 Les points de vue divergents devront être confrontés, pour aboutir à des solutions viables

 (inspirées notamment d’expériences menées ailleurs), pour tous les usagers de la mer et pour la préservation de la mer et du littoral, en particulier en zone Natura 2000 et sur les zones de pêche à langoustines..


Pêche artisanale durable FPK

Pour une pêche artisanale durable                     par Françoise Pencalet-Kerivel

1. Remettre les hommes au centre de l’activité

  • assurer la sécurité en mer en ayant un nombre suffisant de marins embarqués.

·        favoriser la formation des marins (en développant des filières complètes jusqu’aux BTS couplés avec des brevets de commandements, capitaine 3000)

·        Créer des formations qualifiantes bien que non brevetées (électronique, réglementation, comptabilité, électricité, hydraulique, cuisine, plongée, etc…)

·        Favoriser, simplifier et étendre les VAE

·        Remettre les formations continues au sein des Lycées Professionnels Maritimes

·        favoriser une attitude proactive des pêcheurs : développer les organisations collectives sur des projets de cogestion sans concurrence entre les différents types de pêche ;

·         développer les associations de producteurs et d’employeurs.

·        cogestion participative : les pêcheurs doivent être associés aux recherches et prises de décisions concernant la ressource avec les scientifiques

·        assurer un salaire décent

·        travailler avec les Comités des Pêches (CDPMEM, CNPMEM).

2. Préserver la ressource

·        favoriser le repos biologique

·        Favoriser des engins de pêches plus sélectifs et moins consommateurs d’énergie

·        lutte contre le gaspillage et les déchets

·        lutte contre la pêche INN : « fausse-pêche », « surpêche », « malpêche »

·        lutte contre la pêche minotière et refus des productions spéculatives

·        refuser le zéro rejet

·        refuser les QIT

·        mettre en place des QIA (non vendables)

·        travailler sur les RMD (rendement maximum durable)

3. Valoriser les marchés

  • valoriser l’image du pêcheur
  • valoriser les produits locaux et nationaux
  • éduquer les consommateurs pour favoriser de nouvelles pratiques culturelles (ex : favoriser la consommation du poisson pêché localement dans les collectivités : école, hôpitaux, maison de retraite…)
  • favoriser les échanges équitables.

PÊCHE, ÉLÉMENTS DE REFLEXION par Fanch Dorval, le 17 Juin 08

 (télécharger en PDF)


ReflexionsFPK

Réflexion sur la pêche bretonne dans le cadre de la PCP
par Françoise Pencalet-Kerivel

La politique commune des pêches (PCP) est née en 1983, c’est l’Europe Bleue.

Les objectifs de la PCP :

–         prévenir la surpêche

–         garantir aux pêcheurs des moyens d’existence pérenne

–         approvisionner les transformateurs et les consommateurs

–         améliorer la préservation et la gestion des ressources

–         assurer le développement équilibré des territoires

Ces objectifs sont louables, mais qu’en est-il des solutions proposées ? Il y a une réforme majeure de la PCP tous les 10 ans :

–         1992 : recherche d’une meilleure adéquation entre la flotte et la gestion des stocks pour cela décision de réduire le nombre de bateaux et d’instaurer des licences de pêche

–         2002, réduire encore la surcapacité de pêche par l’instauration de TAC (taux admissible de captures) par espèce et par zone de pêche, par le renforcement des contrôles, par la restructuration de la flottille en la réduisant (la création d’une nouvelle unité doit être compensée par le retrait, sans aide financière, d’une ancienne unité d’une capacité au moins équivalente). En 2005, la PCP a supprimé les aides publiques à la construction d’unité nouvelle.

–         Projet pour 2012, s’inspirant du modèle ultralibéral de la Nouvelle Zélande et de l’Australie, s’appuyant sur une vision purement environnementaliste (réflexion essentiellement axée sur la notion de la ressource, point de vue univoque imposé par de puissante organisation écologique), la PCP renforce sa politique de restriction de la flottille : pas de renouvellement ni de modernisation de la flottille, interdiction totale de rejet en mer (0% de déchet !), mise en place d’un système de concession de pêche transférable (QIT).

Pourquoi la réforme de 2012 est-elle totalement incompatible avec la mise en place d’une pêche durable ? Car les enjeux environnementaux prédominent sur les enjeux économiques et sociaux des territoires. La notion de surpêche est largement généralisée et dramatisée dans une stratégie de communication exclusivement axée sur l’urgence écologique sans prise en compte de l’urgence sociale. Non seulement les pêcheurs sont les oubliés de la PCP mais les pêcheurs artisans sont amenés à disparaître rapidement : en privatisant la ressource et les espaces marins, la PCP favorise la concentration de l’activité entre les mains de quelques armateurs. La marchandisation du monde halieutique va accroitre les inégalités et la concurrence entre les Etats et entre les pêcheurs. Au rythme des réductions de l’activité, il risque de ne plus avoir de pêcheurs sur les océans avant qu’il n’y ait plus de poissons dans les océans !

Bilan de 30 ans de PCP :

La France a perdu 30% du nombre de ses bateaux en 25 ans (surtout les 12-24 m de la flottille artisanale) et 50% des emplois depuis 1975 par contre, elle a fortement augmenté ses importations !

La Bretagne reste la première région française maritime avec :

–         1359 navires de pêche

–         5244 marins-pêcheurs (27% des pêcheurs français)

–         23 % de la totalité du volume des ventes en criée et 32 % de la totalité en valeur des ventes

La flotte bretonne est en forte diminution depuis 1995. 80 % des bateaux sont des moins de 12 m qui font la petite pêche sur des bateaux polyvalents dont la plupart a plus de 20 ans. Parallèlement au vieillissement de la flottille, on assiste également au vieillissement des marins-pêcheurs.

La mer devient de plus en plus un espace de loisir avec le développement de la plaisance et de ses activités annexes mais quelles solutions avons-nous pour qu’elle reste encore une mer nourricière qui continue à faire vivre une petite partie de la population bretonne ??


 

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Le Front de Gauche organisait le samedi 3 mars 2012 au Guilvinec une réunion-débat avec Françoise Pencalet-Kerivel et Jean-Yves Leven, nos candidats à l’élection législative,
et les intervenants Camille Gouzien et Jean-Michel Le Lay, anciens patrons pêcheurs.
Voici le compte-rendu donné par Ouest France le 5 mars :

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Ci-dessous, de gauche à droite : Jean-Yves Leven, Françoise Pencalet, Robert Le Cloarec, Camille Gouzien et Jean-Michel Le Layfrontdegauche2red

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L’avis de Pierre Lemée (Front de Gauche Penmarc’h) :
Une très bonne réunion pêche ce samedi 3 mars au Guilvinec : le très bon article de OF en faisant un compte-rendu en est l’illustration.
De même, les participants ont été très intéressés, même passionnés par les intervenants.
Françoise a fait une synthèse historique très pointue et très appréciée par  Camille Gouzien le très actif  retraité marin pêcheur. Camille a donné de très sérieuses pistes de renouvellement pour la pêche artisanale. Loin des discours défaitistes, il a montré que la pêche artisanale a des atouts non négligeables, que le secteur maritime a très bonnes opportunités de développement avec des emplois à la clé.
A tous les acteurs, élus, simples citoyens de se concerter pour  les mettre en place.
Faire venir des intervenants qualifiés (pas forcément FDG) est une initiative très valorisante.IMG_1919red

La pêche bretonne en quelques dates…

par Françoise Pencalet-Kerivel

1. du milieu du XIXe au début du XXe siècle, domination du système sardinier
Voir les travaux de Xavier Dubois,  La révolution sardinière : pêcheurs et conserveurs en Bretagne Sud au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004

2. 1ère moitié du XXe siècle, diversification des pêcheries (maquereau, germon, langouste…) temps des pêches saisonnières, progressive spécialisation des ports, Lorient innove avec le chalutage. Cette diversification nécessite une adaptation des flottilles, des modes de financement (micro capitalisme familiale et local) et de nouvelles infrastructures portuaires.

3. 2ème moitié du XXe siècle, construction d’un système chalutier par des voies coopératives ou capitalistes (création des armements de quirataires avec une extension de la zone de recrutement par rapport à la période antérieur). Après une période de croissance relativement modérée, relance de la construction des navires des années 1960 au début des années 1980 favorisée par des subventions. Avec le chalutage hauturier, les innovations se multiplient, c’est une véritable course à l’équipement pour accroitre la productivité et conserver la pêche (congélation…) : on pêche plus, plus profond, plus longtemps, plus loin, avec une technologie de plus en plus impressionnante. Les outils de production de plus en plus chers et de plus en plus performants provoquent une surpêche économique. La pêche est devenue productiviste. Progressivement, les apports diminuent mais la hausse croissante des cours du poisson durant les années 1980 camouflent les difficultés qui s’annoncent.

4. A partir de 1990, le temps des ruptures
Lors du krach de 1993-94, les cours s’effondrent brutalement. Les recettes des navires se dégradent, certains armateurs artisans ne peuvent plus rembourser leurs dettes. Le potentiel productif diminue : recul de la flottille, pêcheurs moins nombreux. Cette situation de crise débouche sur la révolte des marins-pêcheurs soutenus dans leur lutte par leur femme, ensemble, ils créent un « comité de survie ».
Cette crise s’est déroulée dans un contexte nouveau :
–         Traité de Maastricht, Union Européenne de plus en plus libérale
–         Libéralisation des marchés dans le cadre de l’OMC (qui remplace le GATT en 1995)
La conséquence :
–         Développement d’attitudes hostiles aux échanges internationaux et critiques vives de l’Union Européenne
–         Nécessaire réorganisation du modèle halieutique breton : réduction des coûts de production, amélioration de la qualité des apports en vue de satisfaire les marchés, adaptation à la loi du marché, adaptation au choix politique qui impose des plans de sortie de flotte
–         Restructuration du mareyage et modernisation des criées.

Quelques références bibliographiques pour approfondir le sujet :
COULIOU Jean-René, La pêche bretonne, les ports de Bretagne-Sud face à leur avenir, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1998
DUBOIS Xavier, La révolution sardinière : pêcheurs et conserveurs en Bretagne Sud au XIXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2004
Pencalet-Kerivel Françoise, Histoire de la pêche langoustière : Les « Mauritaniens » dans la tourmente du second XXe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2008


JM_LE_LAY_CAMILLE_GOUZIENred Robert Le Cloarec, Camille Gouzien et Jean-Michel Le Lay