Discussion à propos de la situation politique et des pespectives

Après le résultat inquiétant des élections régionales, l’état d’urgence, la politique extrêmement droitière du gouvernement socialiste,
une discussion est indispensable au sein de la gauche d’alternative.

Où en sommes nous ? Que faire ? Quelles perspectives ?

Afin d’aider au débat voici quelques pistes, quelques propositions, quelques avis, bien sûr à compléter.

Au cours de l’assemblée de rentrée du Front de Gauche Pays Bigouden (association) samedi 30 janvier 2016 de 10h à 13h à la MPT de Pont L’Abbé

nous aurons l’occasion de discuter de la situation. L’invitation pour le 30

Débat 2016

Après le résultat inquiétant des élections régionales, l’état d’urgence, la politique extrêmement droitière du gouvernement socialiste, une discussion est indispensable au sein de la gauche d’alternative.

Où en sommes nous ? Que faire ? Quelles perspectives ?

Afin d’aider au débat voici quelques pistes, quelques propositions, quelques avis, bien sûr à compléter.

Quelques textes pour ouvrir la discussion :


Débat lancé en décembre 2015, janvier 2016 dans le journal l’Humanité sous le titre

Et maintenant, comment reconstruire à gauche ?

Quelques extraits :

LA PLEINE CONSCIENCE DE SA PROPRE DÉFAITE
Par Gaël Brustier, politologue et essayiste (1)

Les élections régionales ont révélé une rétractation électorale du PS sur le sud-ouest, la Bretagne et les idéopôles, c’est-à-dire les métropoles connectées à la globalisation (Paris, Grenoble, Montpellier…). Elles ont aussi précisé le risque de progressive extinction de la gauche radicale, qui a disparu de plusieurs hémicycles régionaux. La tripartition des votes ne doit pas camoufler la possibilité d’une marginalisation possible de la gauche en France et une polarisation à droite de la vie de notre pays.

Les résultats électoraux sont souvent la traduction d’un rapport de force idéologique, de l’état de ce que l’on peut appeler, à l’instar d’Antonio Gramsci, le « front culturel ». La plongée de notre pays dans le processus d’intégration européenne et dans la globalisation, la montée des interdépendances entre les États et entre les hommes ont des effets sur la vision du monde de nos concitoyens. Parmi les autres déterminants du vote, la puissance de l’idéologie mêlant immigration, rejet de l’islam, peur du terrorisme, discours sécuritaires est incontestable dans ce scrutin. Elle se fait explication du monde et, dans les derniers mois et semaines, a travaillé l’électorat en profondeur. La « crise des migrants » avait servi de carburant dans d’autres scrutins récents en Autriche (profitant au FPÖ) et en Suisse (profitant notamment à l’UDC). Dans le même temps, l’affaire grecque a révélé une forme d’impréparation de la gauche radicale à affronter la coercition européenne. L’effet « vote utile » à gauche dans ce contexte n’est pas étonnant. Il permet un maintien du score des listes PS sans empêcher la rétraction sur quelques bastions de la gauche. Une tentation de la social-démocratie française va être d’incarner un « moindre mal » en usant et abusant du vocabulaire républicain, en tentant par des alliances de centre droit de devenir le seul et dernier obstacle à un FN, dont on voit qu’il est encore rejeté, en l’état, par une majorité de Français. Partant du constat qu’elle devient structurellement minoritaire, cette gauche-là a la tentation de devenir un partenaire (inévitablement mineur) d’une alliance « au centre », c’est-à-dire avec des fragments de la droite non radicalisés, économiquement libéraux mais hostiles à l’accent mis sur l’identité par la droite de Nicolas Sarkozy. Cette stratégie consacrerait un déplacement de l’axe de notre vie politique à droite et n’empêcherait probablement pas une forme d’ethno-libéralisme de voir le jour.

Face à cette tentation, celle de construire une gauche idéale à côté de la gauche réelle n’a pas plus de chance de réalisation aujourd’hui que celle de faire un Parti socialiste idéal à côté du parti socialiste réel hier. Il ne s’agit plus désormais de faire un « virage à gauche ». Si la gauche est aujourd’hui structurellement minoritaire en France, elle doit prendre le temps de la critique et de l’analyse, pour se doter des outils lui permettant de devenir, un jour, majoritaire. C’est de la pleine conscience de sa propre défaite que la gauche, qu’elle soit radicale ou sociale-démocrate, peut tirer les ressorts de sa refondation, et transcender ses contradictions. C’est, au fond, ce qu’a entrepris Podemos en Espagne. Au-delà des effets de mode, l’apport de Podemos au renouveau de la pensée stratégique doit être pleinement analysé. Que Podemos subisse un succès ou un échec relatif au regard de sa jeune histoire est relativement secondaire par rapport aux questions que soulèvent ses animateurs Pablo Iglesias et Inigo Errejon. Pour surmonter les difficultés de leur camp, ils ont quitté le sillage des vieux appareils, pour penser librement une stratégie alternative. Ils l’ont fait en analysant le système de pouvoir de l’Union européenne, l’évolution du système capitaliste, la modification des configurations sociales qui en découle, les nouvelles formes de coercitions et les possibles brèches dans le consentement dans lesquelles ils pouvaient s’engouffrer. Oui, tout est à repenser, tout est à refonder.

(1) Dernier ouvrage paru : À demain, Gramsci, Éditions du Cerf.

L’IMPÉRATIF DE LISIBILITÉ IMPOSE LA CLARTÉ
Par Gérard Mauger, directeur de recherche au CNRS

Suffit-il, pour lutter contre le FN et gagner « la bataille des idées », de prendre systématiquement le contre-pied de ce que disent ses porte-parole ? Au risque de décevoir, sinon d’indigner, je voudrais expliquer les raisons que j’ai d’en douter… Quand le FN dénonce « l’UMPS », faut-il vraiment tenter de réhabiliter le PS et feu l’UMP ? Il me semble qu’en l’occurrence le FN exprime le point de vue profane sur les partis politiques qui alternent au pouvoir en France, comme un peu partout en Europe (quand ils ne forment pas une « grande coalition ») : « La gauche et la droite, c’est du pareil au même… » Faut-il contredire une vérité de sens commun qui se trouve être aussi, grosso modo, une vérité « objective » et laisser au FN le monopole de l’opposition au « système » ? De même, en un temps où l’expérience grecque est venue rappeler à ceux qui en doutaient encore qu’il n’y a pas d’expérience « de gauche » possible dans le cadre de l’Europe des traités, faut-il laisser au FN le monopole de l’opposition (apparente) à la construction européenne que dénonçait (victorieusement) « la gauche de gauche » au temps qui n’est pas si lointain du « non au TCE » ? Faut-il, au prétexte d’internationalisme, défendre l’internationale du capital, « la concurrence libre et non faussée », les menaces permanentes de délocalisation et la libre circulation des containers à travers le monde ? Pour combattre le FN avec quelque chance d’être entendu par les profanes, il ne s’agit pas de sauver la mise du PS ou celle des « Républicains », mais de dénoncer leur uniformisation dans le cadre intangible des politiques néolibérales européennes. Ainsi devient-il possible (et audible) de dénoncer les faux-semblants d’un FN, vrai défenseur du capital et faux défenseur des travailleurs, aligné lui aussi, en dépit des apparences, sur l’UMPS. Reste le troisième thème de prédilection du FN: la vindicte contre les « cassoces » c’est-à-dire, pèle-mêle, la délinquance et « l’assistanat » attribués à « l’immigration ». S’il ne s’agit évidemment pas, en la matière, d’endosser les propos du FN, comment engager « la bataille des idées » sans être assuré de la perdre ?

En un temps où les classes populaires, plus ou moins « établies », sont confrontées à « l’insécurité sociale » et dénoncent les « jeunes des cités » indistinctement supposés fauteurs d’« insécurité » et/ou les prétendus « privilèges » des immigrés, le vote FN renforce symboliquement la frontière qui les en démarque et conjure magiquement la menace d’une retombée toujours possible dans l’indignité et la misère. Sans « blâmer les victimes » ni sembler prendre le parti des « mauvais pauvres », on peut rappeler que les rodomontades contre « la racaille » ou « les assistés », qu’elles émanent de la famille Le Pen ou de Sarkozy, sont non seulement inefficaces pour lutter contre la délinquance ordinaire, mais détournent le sentiment d’injustice de sa cible : les inégalités obscènes que reproduit le cynisme illimité des classes dominantes et de leurs porte-parole politiques attitrés (des « Républicains » au Front national, sans oublier le Parti socialiste).

Prenant prétexte du « nationalisme » du FN et de la réhabilitation sarkozyste de « l’identité nationale », faut-il leur emboîter le pas et encourager chacun à afficher une « identité culturelle » irréductible ? Au motif que le FN revendique une « laïcité » qui sert de cache-misère à un racisme anti-arabe hérité de l’OAS, faut-il la lui abandonner? Est-il si difficile d’être à la fois laïque et antiraciste, rationaliste et tolérant, de mettre en avant tout ce qui peut rassembler ­ une condition de classe partagée, exploitée et dominée ­ plutôt que ce qui sépare ? L’impératif de lisibilité par les profanes (où se recrute le parti majoritaire de l’abstention) impose la clarté à toute tentative de reconstruction de la gauche.


«Les classes populaires, ce sont aujourd’hui toute cette jeunesse et toute la population issue de l’immigration»
Entretien avec Daniel Mermet, journaliste, site La-Bas.org

COMMENT RÉAGISSEZ-VOUS AUX RÉSULTATS DES ÉLECTIONS RÉGIONALES ?
DANIEL MERMET Je suis consterné. On peut se réjouir que le Front national n’ait pas gagné de région. Mais le fait qu’il batte des records en nombre d’électeurs est très préoccupant. La victoire de la droite ou de la gauche de gouvernement consécutive à des alliances de fortune ne rend pas compte de la situation exacte.

ET POUR CE QUI EST DE LA GAUCHE ?
DANIEL MERMET D’abord de quelle gauche parle-t-on ? La gauche de droite du gouvernement néolibéral qui gère aujourd’hui les affaires du pays ? Ou bien la gauche de gauche traditionnellement opposée au capitalisme, qui défend les opprimés et les classes populaires ? Il existe une confusion qui se fait au détriment de la gauche elle-même. C’est flou, c’est vague. Il faudrait redonner un sens à ce mot gauche en repartant des réalités sociales du pays. Cette gauche de droite a trahi les classes populaires. Elle n’offre aucune réponse , aucune alternative. Faire des alliances avec un Parti socialiste qui soutient un gouvernement VallsMacron qui mène la même politique que Merkel en Allemagne, c’est suicidaire. Une position clairement à gauche est à reconstruire ! Cela peut prendre du temps mais c’est nécessaire.

COMMENT Y PARVENIR ?
DANIEL MERMET Il faut reprendre ce que le Front national nous a volé ! Le FN a emprunté toutes les analyses, les positions et les projets de la gauche de gauche. Pendant longtemps leur fond de commerce a été « insécurité- immigré ». Puis ils ont rajouté les luttes sociales, les inégalités, la tyrannie de la finance et du profit. Bref, on dirait la photocopie des propositions d’Attac ! C’est une escroquerie et ça marche ! Reprenons nos billes ! C’est une confusion totale, l’extrême droite copie la vraie gauche et la gauche copie la vraie droite ! C’est consternant mais le FN est le seul parti qui fait aujourd’hui de la politique. Il ne se contente plus d’accumuler les mécontentements et les ressentiments mais avance des projets, y compris culturels. Je lisais dans le supplément du Monde la référence du FN à Jean Vilar. J’ai pris cela comme un crachat qui m’était personnellement lancé à la figure. C’est dingue que Vilar, homme de gauche, compagnon de route du Parti communiste, puisse être aujourd’hui récupéré par le FN ! Comment y parviennent-ils si facilement ? À nous de leur reprendre dans le domaine de la culture, dans le social, l’économique. Et concernant l’Europe.

POURQUOI LA GAUCHE NE PARVIENT-ELLE PAS À REPRÉSENTER LES CATÉGORIES POPULAIRES QU’ELLE RASSEMBLAIT ?
DANIEL MERMET C’est une vieille histoire ! Les classes populaires, ce sont aujourd’hui toute cette jeunesse et toute la population issue de l’immigration et des anciens pays colonisés. La gauche de gauche n’est pas à l’aise de ce côté-là. Des anciens contentieux doivent être réglés afin que cette partie des classes populaires se reconnaisse dans la gauche. Dans mon enfance dans la banlieue rouge, il y avait des ponts entre les chrétiens et le Parti communistes. Aujourd’hui il faut prendre l’Islam en considération. Et il y a aussi un autre front, celui de l’environnement. Ce n’est pas un problème secondaire car il permet de mettre directement en accusation le capitalisme. Il est aussi important que la lutte sociale. À ce sujet, la gauche doit être beaucoup plus radicale. Enfin, il y a cet éléphant au milieu du salon, qu’est le chômage. C’est le problème majeur, c’est la cause principale de la résistible ascension du FN.

MAIS COMMENT EXPLIQUEZ-VOUS QUE LES LISTES QUI ONT PORTÉ LA CONTESTATION DU CAPITALISME, EN INCLUANT CET ENJEU ÉCOLOGISTE, NE SOIENT PAS PARVENUES À PERCER ?
DANIEL MERMET Je ne vois pas quel est le projet de la gauche de gauche concernant l’Europe, sur le plan économique, en matière sociale, de lutte contre le chômage, pour les quartiers, par rapport à la sécurité, sur le port du voile, etc. La gauche est totalement absente. Rappelez-vous Lionel Jospin qui refusait «l’excuse sociologique». Les violences policières dans les quartiers, l’état d’urgence, les contrôles au faciès, les perquisitions : qui est là pour trouver ces amalgames inadmissibles et dénoncer l’islamophobie ? Les habitants se tournent alors vers la mosquée. Il existe bien des associations à qui on demande de ne pas faire de politique si elles veulent obtenir des subventions. Au Brésil, lors du mouvement des paysans sans terre, les forces politiques de gauche n’ont pas attendu que ces paysans très fortement religieux ne soient plus catholiques pour organiser leur combat et lancer leur mouvement. Ils ont fait avec cet élément de piété populaire pour exiger une redistribution des terres et une répartition des richesses. Aujourd’hui, il faut arrêter avec cette défiance envers les banlieues, et ce mépris et cet abandon durement ressenti par les classes défavorisées, quelles que soient ses origines.


BESOIN DE RADICALITÉ ET RÔLE DES MOUVEMENTS SOCIAUX

Par Stéphanie Roza, professeure de philosophie, et
Jean-Numa Ducange, maître de conférences en histoire à l’université de Rouen

Au lendemain des élections régionales, le Front de gauche n’est même pas en mesure de compter ses électeurs, parce que la division a conduit à un éclatement des listes et des sigles. Pour convaincre, encore faut-il exister ! Pendant ce temps, et quels qu’aient été les effets dudit « front républicain », le FN a encore gagné des électeurs entre les deux tours. Lui, du moins, est en mesure de les compter : 6,8 millions. Un record historique. Une partie de la gauche de la gauche, pas plus qu’au premier tour, n’a pas su faire la différence et se poser en alternative à la gauche gouvernementale. Elle a emboîté le pas à la direction nationale du PS pour crier, une fois de plus, à la menace fasciste. Elle a été, pour certains de ses représentants, jusqu’à prétendre qu’un Christian Estrosi, notoirement connu pour ses positions grossièrement hostiles aux musulmans et ses appels du pied à l’électorat raciste, était un « rempart »… contre l’extrême droite. Donc jusqu’au point de défendre l’idée que la gauche avait raison de disparaître de certains conseils régionaux, de se priver de toute possibilité d’intervention dans ce cadre pendant toute une mandature, laissant le champ libre au FN et à une droite qui s’aligne de plus en plus sur ses thèmes et son message identitaire.

On ne peut prétendre incarner l’alternative sans analyse rationnelle des réalités politiques auxquelles le présent nous confronte. Par le passé, les adversaires les plus intelligents du PCF avaient su cesser de l’appeler « le parti de Moscou » une fois le temps du stalinisme passé. Pourquoi persister, contre l’évolution de la réalité elle-même, à miser sur la peur plutôt que sur l’intelligence collective en continuant de prétendre que le FN est un parti fasciste ou fascisant comme s’il était une pure réplique des partis des années 1930 ? Pourquoi continuer d’agiter un épouvantail qui ne convainc que les convaincus, et qui n’a jamais empêché l’extrême droite d’engranger toujours plus de succès ? Pourquoi contribuer à redorer le blason de partis discrédités aux yeux d’une partie croissante de l’électorat populaire, en leur prêtant des allures de résistants alors que la distance entre le populisme réactionnaire d’une Marine Le Pen et les discours sécuritaires de la droite sarkozyste se réduit un peu plus à chaque élection ? Plutôt que de postures moralisantes, la gauche radicale a besoin… de radicalité. Elle doit cesser d’être l’appendice politique désolant d’une gauche socialiste à qui les scores du FN servent à faire oublier ses propres renoncements. Elle doit commencer par l’exemple de l’indépendance politique, du courage, et pour cela, aussi, rompre avec les travers que les salariés de ce pays, son public privilégié, honnissent de plus en plus largement : le cumul des mandats, les arrangements politiciens, les compromissions de toutes sortes, la lutte des places. Elle doit miser sur les mouvements sociaux plutôt que sur les coalitions. S’attaquer à ces problèmes est la seule manière vraiment efficace de lutter contre la montée inexorable du FN. Il y a urgence.


UN CHANTIER IDÉOLOGIQUE ET ORGANISATIONNEL

par Pierre Mathiot, professeur de science politique, Sciences-Po Lille

À l’issue de vingt mois d’élections aux résultats pour le moins contrastés pour l’ensemble des forces de gauche, la question n’est plus de savoir s’il est nécessaire de reconstruire à gauche (ou de reconstruire la gauche) mais s’il est (encore) possible de le faire. Ce n’est en effet pas le moindre des paradoxes que de constater que François Hollande se trouve en situation de possible réélection en 2017, ce alors même que la gauche politique, dont il est issu, est dans une très profonde déliquescence idéologique, divisée, affaiblie par les revers électoraux et le départ de ses militants, incapable de voir émerger des dirigeants nouveaux, éloignée des milieux populaires, inaudible dans la jeunesse.

À cet égard, il est malheureusement clair que la double perspective de la présidentielle et des législatives de 2017, ajoutée à la gestion des effets, tant matériels que politiciens, de l’actuelle séquence électorale, ne crée pas les conditions optimales pour qu’un examen de conscience doublé d’une réflexion innovante, et efficace électoralement, prenne corps dans les divers appareils partisans. Si l’on oublie tout de même un instant le poids des logiques (et des intérêts) propres aux organisations partisanes, il semble que deux chantiers au moins devraient être rapidement lancés.

Il faut lancer un chantier idéologique et programmatique. Il est peu de dire que la gauche est aujourd’hui fortement divisée lorsqu’il s’agit d’analyser la situation économique et sociale, d’envisager quelles politiques publiques devraient être mises en oeuvre, de les hiérarchiser selon leur degré de priorité. Cette division est d’autant plus incompréhensible et démobilisatrice pour les citoyens qu’elle traverse plusieurs des partis de gauche. Il est impératif que les diverses forces de gauche soient capables de faire le point sur leurs désaccords et d’identifier aussi les lignes principales autour desquelles il pourrait être possible de construire une plateforme commune. Le souci de mon point de vue est moins de constater qu’il existe schématiquement aujourd’hui deux courants principaux de pensée à gauche que d’établir précisément sur quelles bases ils se fondent et se distinguent et autour de quels points ils sont en mesure, localement et nationalement, de s’entendre.

Cette exigence est une urgence car les citoyens, à force de ne rien comprendre à ce qui s’échange sur les plateaux de télévision, s’éloignent, quand bien même ils font encore (mais pour combien de temps) l’effort de voter pour la gauche. Cette exigence repose aussi, me semble-t-il, sur la nécessité impérieuse de sortir des discours incantatoires et simplificateurs qui ne servent plus qu’à resserrer des rangs clairsemés. Cette exigence, enfin, suppose, simplement et fondamentalement, de poser la question de savoir ce que c’est qu’être de gauche en 2016 en rappelant peut-être que l’un des principes fondateurs de cette identité est le mouvement, la réforme, le changement de l’ordre des choses.

Il faut aussi ouvrir un chantier organisationnel. Le constat n’est pas nouveau mais il est de plus en plus lancinant : les partis politiques, du fait de leur inertie, constituent une partie du problème lorsqu’on parle de reconstruction. Si l’on met de côté la famille écologiste, dont les manières de faire partisanes sont à la fois originales mais génératrices d’ingouvernabilité interne, il faut accepter enfin de se dire clairement que le fonctionnement des partis, les logiques de leadership, l’influence extrême des professionnels de la politique et des permanents, agissent comme un répulsif de plus en plus puissant tant pour celles et ceux qui envisageraient de s’engager que pour les électeurs. Certes, la relance de la dynamique démocratique ne renvoie pas seulement à une réforme profonde des partis politiques, mais celle-ci doit en constituer l’un des fondements, pour chacun d’entre eux et sans doute en lien les uns avec les autres.


 

LE RASSEMBLEMENT ET LA LISIBILITÉ
Par Serge Regourd, directeur de l’Institut du droit de la culture et de la communication, Toulouse-I-Capitole

Quand un universitaire, doté de fortes convictions dites « de gauche », se confronte pour la première fois de sa vie à une élection ­ tête de liste départementale du rassemblement « Nouveau monde en commun » pour la région MidiPyrénées-Languedoc-Roussillon ­ il est d’abord confronté à un constat implacable : « C’est quoi la gauche aujourd’hui ? », question ­ et parfois réponse désespérante ­ entendue des centaines de fois durant cette campagne. Alors, avant même de construire de savants discours, d’échafauder de nouvelles grilles programmatiques, de recourir à de nouveaux paradigmes, il convient, humblement, de faire retour au réel, au quotidien de ceux pour qui la « gauche » est supposée faire sens.

Retour en quelque sorte aux exigences les plus élémentaires de la praxis, selon Marx. Et, prosaïquement, nous voilà entravés déjà par un problème de vocabulaire, d’identification terminologique, qui constitue la condition même de toute communication. Or, qui oserait aujourd’hui soutenir que la communication n’est pas ­ hélas ­ au cœur de la politique ? Ou que la politique n’est pas, si souvent, réduite à une pure communication ? Sur ce terrain de la communication ­ qui définit l’espace public ­ le vocable de « gauche » s’inscrit dans un champ lexical sursaturé et illisible pour le citoyen ordinaire : le Front de « gauche » comporte une composante, un Parti de « gauche ». La première règle épistémologique est, pourtant, que le même mot ne peut désigner le tout et une partie de ce tout. Mais le Parti socialiste est aussi un parti ­ le premier ­ de « gauche ». La deuxième règle épistémologique est, pourtant, que l’on ne peut être à la fois dehors et dedans. Pour faire bonne mesure, on ajoute le Parti radical « de gauche », et comme l’électeur de base ne comprend pas ces subtilités sémantiques, on le rassure en lui disant que la radicalité est ici modérée et ne relève évidemment pas « de la gauche de la gauche »… Raymond Devos et Boby Lapointe sont des génies du langage… pour faire rire. La duplication de leur jonglerie lexicographique dans l’ordre du politique engendre, à l’inverse, des larmes de désespérance. Ne plus savoir ce que les mots veulent dire constitue, déjà, le premier symptôme de la maladie qui affecte la « gauche » et qu’il faut traiter d’urgence. Camus disait en substance que « se tromper sur les mots, c’est ajouter au malheur du monde ». L’absence d’identification qui résulte des polysémies ci-dessus évoquées rend la gauche illisible.

Ayant admis qu’une partie de celle-ci n’est plus réellement la gauche et qu’elle vise en réalité à opérer une recomposition politique avec une partie de la droite et du centre droit, il reste que « la gauche de la gauche » sera réduite à l’impuissance tant qu’elle continuera à cultiver la multitude de ses chapelles et à privilégier ce qui fragmente. Lever de telles hypothèques mortifères, tel était le sens du large rassemblement constitué pour les élections régionales en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, grâce à la lucidité et à l’intelligence politique de responsables comme l’écologiste Gérard Onesta et la communiste Marie-Pierre Vieu. Il ne s’agit, certes, que d’un fragile laboratoire, mais le rassemblement, l’unité, et donc la lisibilité et l’intelligibilité, constituent les premières conditions de reconstruction d’une gauche, qui devra elle-même déconstruire les amalgames et contradictions terminologiques : l’unité d’action corrigera la multiplicité des appellations. Encore la praxis !…

http://www.frontdegauchebigcap.org/wp-content/uploads/2015/12/Regourd_Huma17dec15.pdf


 

L’AVENIR DE LA GAUCHE EST EN QUESTION
Par Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic

Le sursaut citoyen du second tour pour faire barrage au FN ne doit pas faire illusion. Certes, ce dernier échoue à s’emparer d’un certain nombre de régions, mais il continue de progresser, dépassant en nombre de voix celui de la présidentielle de 2012 alors même que la participation était moins importante à cette élection. La gauche, toutes composantes confondues, est à un niveau historiquement bas, et si le PS a pu sauver des régions, c’est avant tout grâce à des triangulaires. Le Front de gauche (FG), même allié dans certaines régions à EELV, n’a pas réussi à apparaître comme une alternative et enregistre au premier tour un de ses plus mauvais résultats.

Ces résultats reflètent l’état de la société française dans laquelle la xénophobie connaît un inquiétant développement, avec un recul des valeurs d’égalité et de solidarité, sur fond de désintégration sociale. Pour les électeurs du FN, les questions économiques et sociales sont vues à travers le prisme de la recherche de boucs émissaires dont les immigrés, et en particulier les musulmans, sont aujourd’hui la figure la plus marquante. Les orientations du gouvernement Hollande-Valls participent activement d’un processus qui voit l’électorat de gauche déboussolé se désespérer chaque jour un peu plus. Ce gouvernement vient d’ailleurs de donner une première réponse à la situation actuelle. C’est le refus de donner un coup de pouce au Smic. Alors même que le FN se nourrit de la désespérance sociale, le message est clair : on ne change pas une ligne qui perd. Cette orientation sur le plan économique et social s’est politiquement traduite dès dimanche soir par des appels appuyés à la droite « républicaine » pour que soit mis en place « le cercle de la raison », pour reprendre ici une formulation jadis employée par l’essayiste Alain Minc, regroupant libéraux de droite et de gauche.

S’il est peu probable que cette tentative, par ailleurs lourde d’un éclatement possible du PS, puisse voir le jour avant l’élection présidentielle de 2017, la question est aujourd’hui posée. C’est donc l’avenir de la gauche dans ce pays qui est en jeu, c’est-à-dire l’existence d’un mouvement politique portant les valeurs d’égalité, de solidarité, d’une gauche d’émancipation. Le FG reste, malgré ses échecs et ses faiblesses, un point d’appui tant militant qu’électoral. Mais il est clair qu’il ne pourra à lui tout seul représenter une alternative politique.

Les raisons en sont multiples (voir http://blogs. mediapart.fr/pierre-khalfa). Il faut en tirer les leçons et repartir de l’avant. Une reconfiguration du champ politique suppose de clarifier trois points. Le premier renvoie aux orientations gouvernementales. Aucune proposition politique nouvelle à gauche ne peut naître sans s’opposer aux politiques néolibérales du gouvernement et à sa dérive néoconservatrice en matière de sécurité.

Mais, et c’est le deuxième point, on ne reconstruit pas l’espoir simplement en s’opposant. Il faut montrer qu’une société plus juste et plus égalitaire est non seulement nécessaire et bénéfique, mais réalisable, en articulant les solutions concrètes à un imaginaire qui permette de les envisager et d’emporter l’adhésion. Cela suppose, au-delà même du discours, s’appuyer sur les pratiques sociales émancipatrices qui voient le jour sur de nombreux terrains. Conséquence de cette exigence ­ c’est le troisième point ­, on ne construira pas une nouvelle donne politique à gauche par de simples manœuvres d’appareil. Une refondation de la gauche ne peut être que l’objet d’un processus qui dépasse les forces politiques existantes, implique les citoyen-ne-s et s’appuie sur les mouvements sociaux réels. C’est dans ce cadre qu’il faudra notamment envisager la désignation d’une ou d’un candidat à l’élection présidentielle de 2017.

http://www.frontdegauchebigcap.org/wp-content/uploads/2015/12/Khalfa_Huma17dec15.pdf


SE RASSEMBLER, MAIS SUR QUOI ET COMMENT?
par André Jaeglé, ingénieur géographe retraité

Le FN se trouve désormais en position de parti leader de l’opposition. Ni le Parti communiste ni le Front de gauche n’apparaissent actuellement comme capables de rassembler une opposition sur des objectifs réellement transformateurs de la société… ce qui est pourtant le vœu profond de bien des électeurs. Le Parti communiste et sa direction n’ont pas ménagé leurs efforts pour tenter de convaincre que l’important était de se rassembler sur un programme.

Mais les faits se sont chargés de nous rappeler que la lutte pour accroître notre place et donc notre influence dans les assemblées élues, tant nationale que territoriales, est inséparable des luttes. Or une volonté d’action ne se cristallise pas sur un programme mais sur des objectifs précis et, en général, limités. Lesquels ? Là est la question. Le déferlement des attaques contre les acquis sociaux nous place sur la défensive.

On manifeste contre l’austérité, objectif trop général. Les gens savent d’expérience qu’il ne suffit pas qu’un candidat, si convaincu qu’on soit de sa sincérité et de son honnêteté, inscrive des mesures sociales (emploi, salaires, éducation, santé, logement, etc.) dans son programme pour que cela soit suivi d’effet. Si nous étions aux affaires (à la place de Hollande, Valls et Macron), nous ne pourrions pas tenir nos promesses sans réfléchir aux moyens de faire reculer la domination de la finance. Laquelle ne se laisserait pas faire. Actuellement, elle est en position de menacer de couper le crédit à quiconque fait mine de s’écarter des règles qu’elle a dictées. Il ne suffit pas d’accéder au pouvoir politique pour être capable de changer ce qu’on juge nécessaire de changer (cf. Tsipras en Grèce). C’est donc dès maintenant, sans attendre un hypothétique retour aux affaires, qu’il nous faut rassembler non seulement sur un programme, mais aussi et surtout sur des objectifs d’action.

Le programme se construira à mesure que des objectifs d’action se révéleront mobilisateurs et accéderont ainsi au rang de composante réaliste d’un programme électoral. Et non l’inverse ! Il ne suffit pas d’inscrire un objectif sympathique et populaire dans un programme pour convaincre l’électeur de notre réalisme et de notre efficacité.

Parmi ces objectifs de lutte, il faut donc donner la priorité à ceux qui mettent en cause la domination de la finance. Il n’en manque pas : utilisation des fonds de la Banque centrale européenne ; transparence bancaire et notamment celle des filiales offshore ; l’optimisation fiscale ; séparation des banques de crédit et de dépôt ; politique fiscale en général ; bref, tout ce qui touche à l’argent ! Et par-dessus tout, mettre fin à la colonisation des cabinets ministériels par les représentants du monde de la banque. Encore faut-il saisir les occasions quand elles se présentent et inventer les mots, les formules qui rendent bien visible le but poursuivi.

Olivier Dartigolles, le porte-parole du PCF, nous invite à oser « toutes les questions », à ouvrir « tous le débat tout en assurant à chacune et chacun l’écoute et le respect ». Il se peut que ceux auxquels nous voulons nous adresser ne soient pas d’emblée préparés à un langage nouveau de notre part. Il y a beaucoup de raisons à cela. Mais cela ne change rien à l’affaire. Il faut en passer par là.

Nous voulons nous attaquer au capital ? Nous affranchir de sa domination, au bout du compte ? Alors, il faut viser les fonds d’investissement et autres formes de détention du patrimoine financier : 50 % de la richesse mondiale est concentrée dans les mains d’une infime minorité d’individus. Un pour cent! Le « Capital »? Il est là! Une quantité de gens ne sont pas des ouvriers mais ont le même intérêt ­ qu’ils en soient conscients ou non ­ à ce que soit réduite la domination de la finance. On n’en est plus au slogan « les patrons peuvent payer ». Nous ne pouvons pas construire la politique communiste sur la seule idée que seuls les plus pauvres ont leur place dans notre champ d’action. Ceux qui veulent s’impliquer dans l’avenir de notre pays (et celui de l’Europe) sont beaucoup plus nombreux.


UN PROJET DE TRANSFORMATION SOCIALE

par Jean Rabaté, journaliste honoraire

Daniel Mermet a tout à fait raison de distinguer deux « gauches » : celle « de droite du gouvernement libéral » et celle « de gauche opposée au capitalisme » (voir l’entretien paru dans l’Humanité du 16 décembre). Pourtant, depuis des mois les médias, les commentateurs et autres observateurs prétendument apolitiques se gardent bien de faire cette distinction. Ils sont ainsi parvenus à ce que, pour une grande partie de l’opinion, la gauche c’est le Parti socialiste.

Nicolas Sarkozy peut s’en réjouir, qui, après avoir dénoncé ­ il a beau jeu ­ les indiscutables méfaits de la politique gouvernementale, a fait « porter le chapeau » à « la gauche qui abîme tout ». Cet amalgame a eu et a pour la droite et l’extrême droite l’avantage de faire supporter à toutes les formations de gauche sans distinction les conséquences néfastes des choix politiques du président, de ses ministres, des actuels dirigeants de son parti. À bon entendeur salut, peuvent-ils dire : si vous n’êtes pas satisfaits de la politique gouvernementale, inutile de vous tourner vers le PCF ou d’autres formations se réclamant aussi de gauche ; toutes sont à mettre dans le même sac. Abstenez-vous donc de rejoindre leurs combats. Et de voter… Voilà qui une fois encore a bien fait l’affaire du Front national.

Cette ambiguïté ne fut pas pour rien au premier tour des régionales dans les résultats décevants du Front de gauche, ceux inquiétants du FN et dans le taux d’abstention des milieux populaires et de la jeunesse. Et au second tour ? Fusionner les listes de la « gauche opposée au capitalisme » avec celles de la « gauche de droite du gouvernement libéral » n’était certes pas sceller alliance politique entre elles, pas plus qu’avec celles de droite dans quelques régions. Les candidats du Front de gauche contraints de le faire pour battre le FN et pour assurer la présence de la « gauche de gauche » dans les conseils régionaux l’ont dit et martelé. Il n’empêche que bien des électrices et électeurs de base, notamment celles et ceux « qui-ne-font-pas-de-politique » et celles et ceux pour qui « tous les partis sont les mêmes », ont pu ne pas l’entendre ainsi. Mais n’y voir que manœuvre politicienne ou chasse aux sièges.

Aujourd’hui, à l’heure d’une indispensable refondation de la gauche, il est grand temps d’en finir avec tout ce qui peut entraîner semblables réactions. En commençant par redonner sens à l’expression « être de gauche ». N’est-ce pas ­ pour aller au plus court ­ proposer, soutenir et appliquer une politique de progrès et de justice sociale ?

S’attaquer aux acquis sociaux au nom de la compétitivité, aux services publics au nom de l’austérité, aux libertés au nom de la sécurité, etc., et donc usurper le beau mot de gauche, sans craindre de le disqualifier aux yeux de celles et ceux qui mettent en lui leurs espoirs de changement : c’est ce que font d’un commun accord l’Élysée et Matignon. Quant aux actuels dirigeants socialistes, par leur soutien à cette politique « libérale » pourtant parfois contestée au sein de leur parti, ils ont eux-mêmes exclu celui-ci des « forces de gauche ». On peut regretter (sans renoncer à espérer…) l’époque révolue où, fidèle à Jaurès, le PS incarnait avec le PCF et d’autres formations et personnalités la gauche de transformation sociale. Bien qu’en son sein certains le regrettent aussi, il faut en prendre acte. À défaut de pouvoir empêcher ceux qui s’en servent de continuer à faire l’insupportable amalgame gauche = PS, gardons-nous de leur faciliter la tâche. Les responsables politiques et l’Humanité ­ dont deux chroniques régulières et de fréquentes lettres de lecteurs soulignent l’importance des mots ­ peuvent y contribuer grandement en évitant toute expression pouvant conduire à confondre gauche et PS ou à inclure celui-ci dans une formule englobant les formations de gauche.

« Les mots ne sont pas tout. Mais ils ne sont pas rien », disait récemment l’une des chroniques de Patricia Latour et Francis Combes. Il nous revient, écrivait François Taillandier, « de remettre les mots dans leur définition, d’en relever les enjeux, de combattre les utilisations abusives, bref de veiller sur leur sens comme sur un bien très précieux ».

Précieux comme l’est la gauche au cœur des fidèles aux valeurs et objectifs anticapitalistes, voire révolutionnaires. Celle qui n’a rien à voir avec l’imposture de Matignon, de l’Élysée et de Solferino. Ni avec la « gauche » de leurs actuels occupants qui n’envisagent plus, en dépit de réticences au sein même de leur parti, de combattre le libéralisme mais de le subir, voire de le perpétuer en recherchant la bienveillance sinon l’aide de la droite dite centriste.

Désormais, devraient pouvoir se retrouver dans la gauche toutes les citoyen-ne-s et tous les citoyens attaché-e-s à la justice et au progrès social, qu’ils soient ou non « encart-ée-s » au PCF, PG, PS ou autres formations, syndicats ou associations. Une gauche très loin de « tout abîmer », qui se bat aujourd’hui pour empêcher les dégâts. Une gauche élargie, dépassant le Front de gauche, forte de ses diverses sensibilités, rassemblée autour d’un projet démocratiquement élaboré et qui demain s’attellera à tout reconstruire.

http://www.frontdegauchebigcap.org/wp-content/uploads/2015/12/Rabat%C3%A9_Huma23dec15.pdf


 

UNE UNITÉ INDISPENSABLE À PARTIR DU FRONT DE GAUCHE
par Yvon Quiniou, philosophe et auteur

Ce qui me fait intervenir présentement, après la catastrophe générale des élections régionales, c’est un sondage postérieur à ces élections et portant sur l’élection présidentielle de 2017, qui vient d’être publié. Hollande y est battu, ce qui est normal vu sa politique antisociale généralisée qui a nourri le vote Front national à un niveau jamais égalé jusqu’à présent sous la droite : quelle honte pour un gouvernement qui se dit « socialiste » et qui aura réussi à abîmer l’idée de « gauche » comme jamais ! Mais il y a autre chose, qu’il faut retenir : le Front de gauche, malgré son score faible et illisible aux régionales, y ferait entre 10 et 12 % des suffrages. Score étonnant si l’on songe à celui des régionales, mais qui retrouve celui de la dernière présidentielle.

Même s’il faut se méfier de pareils sondages, on peut cependant lui trouver prudemment une explication. L’élection régionale n’avait pas d’impact politique significatif, vu la faible responsabilité des régions dans la vie économique et sociale. Cela peut faire comprendre la faible participation, malgré le sursaut essentiellement républicain du second tour contre le FN et, surtout, le fait que les listes de « la gauche de la gauche » ne soient pas apparues porteuses d’une alternative efficace face à des problèmes relevant de la dimension nationale. Il faut donc relativiser notre faible score global (avec des scores locaux cependant encourageants) et comprendre ce qui suit : le Front de gauche (même s’il doit se transformer en Front populaire) apparaît toujours comme une alternative embryonnaire aux dérives néolibérales du PS actuel et cela doit nous donner confiance, par-delà nos désespoirs subjectifs. Mais à deux conditions, absolument impératives.

D’abord, qu’il s’adresse aussi aux socialistes qui, au sein du PS, n’en peuvent plus mais n’osent pas vraiment le dire et réagir en actes, pour diverses raisons sur lesquelles je ne m’appesantirai pas. Mais, surtout, que le Front de gauche, maintenu ou pas dans son appellation, cesse totalement d’être un assemblage de factions ne songeant qu’à leur influence personnelle et aux positions de pouvoir qu’elles pourraient obtenir. C’est ce que Freud appelait le « narcissisme des petites différences », qui nous fait oublier, en politique, l’intérêt général ou le bien commun, dont nous nous réclamons tous pourtant. Or il faut être clair et il faudrait que les partenaires du PCF l’admettent, quitte à blesser, justement, leur narcissisme : c’est bien le PCF qui est et doit demeurer l’ossature du rassemblement à « la gauche de la gauche ». Pour de nombreuses raisons, que seule la mauvaise foi peut nier : nombre de militants et d’élus, institutions diverses, revues, travail théorique, legs historique, etc.

Il y faut donc une unité indispensable, qui doit se construire à partir de lui, sans laquelle une force politique, quelle qu’elle soit, court à l’échec : l’heure de l’infantilisme gauchiste, à vocation suicidaire, devrait être définitivement révolue. Par contre, il nous faut avoir un leader d’envergure, sans lequel un mouvement politique ne peut triompher ­ j’ai envie de dire : hélas. C’est aux militants d’en décider : j’entends tous les militants de l’actuel Front de gauche et il peut ne pas être communiste, même si je souhaiterais qu’il le soit.

Dernière condition : ce mouvement à maintenir, à renouveler et à enrichir (ce n’est pas contradictoire) doit conserver son ancrage dans la pensée marxiste et ne pas se laisser séduire par des pensées à la mode mais sans véritable importance du point de vue révolutionnaire, à savoir communiste, qui doit demeurer le nôtre. Par contre, il doit absolument intégrer la question écologique, vitale pour l’ensemble de notre espèce. Il faut donc vaincre les résistances à cet égard et signaler que le productivisme aveugle, héritage de l’ère soviétique, est une menace pesant terriblement sur l’humanité. C’est pourquoi nous devons non seulement rester communistes, mais devenir éco-communistes, sans réticence.


LA RECHERCHE D’UNE AUTRE COHÉRENCE CONTRE LE POUVOIR DE L’ARGENT
par Jean-Marc Durand, membre du Conseil national du PCF

Sur fond de rejet de la politique Hollande, se confirment une abstention massive, un enracinement du Front national et un Front de gauche en panne. En cause, d’une part, l’état de la France minée par le chômage, la précarité, la peur et un repli identitaire. De l’autre, la situation à gauche ; une partie ayant trahi et l’autre peinant à incarner l’alternative. Pour le Parti communiste, le bilan n’est pas bon. Pourquoi ? Un bref retour sur ces vingt-cinq dernières années peut aider à comprendre. La chute de l’URSS, et cela malgré ses profondes contradictions, a traduit une défaite des idées de progrès portant un coup majeur à l’espérance en un autre modèle de société. Au lieu d’une analyse critique profonde de cet événement et d’un travail collectif de reconstruction idéologique, nous avons laissé s’installer une sorte de vacuité. Nous nous sommes repliés sur un corpus humaniste à base sociétale et charitable qui, aussi important qu’il soit, ne peut suffire à combattre le capitalisme mondialisé et son déchaînement idéologique.

Mesurant les risques de la situation, nous nous sommes lancés dans une sorte de fuite en avant donnant la primauté aux alliances électorales, l’épisode de 2005 étant une exception. Mais rapidement les forces du « non » ont montré leurs limites face au traité de Lisbonne. Au lieu d’analyser précisément cet épisode, nous avons redoublé dans notre stratégie d’alliances qui nous a conduits à 2012, soufflé très vite retombé.

Ces choix privilégiant « le chemin » plutôt que les « objectifs et contenus politiques » au motif qu’ils étaient connus de tous, n’ont visiblement pas eu un grand écho électoral. Clivages et incompréhensions chez les communistes comme parmi l’électorat de gauche tiennent fortement à cette option qui, au motif de ne pas handicaper la réalisation d’alliances, nous a conduits à censurer nos propositions et notre apport original jusqu’à stériliser toute campagne politique nationale propre, accentuant ainsi l’errance de beaucoup de communistes.

Casser le thermomètre ne fait pas tomber la fièvre. La question demeure : comment changer de politique sans articuler la construction d’une alliance de gauche à des luttes et des mobilisations de terrain porteuses des aspirations populaires ? Comment, dès lors, favoriser ce processus sans la confrontation ouverte d’idées, sur des objectifs de contenus précis ? Et comment, alors, se passer de l’apport communiste, de ses idées novatrices ? Gagner le soutien du peuple à des alliances de gauche suppose en effet qu’il trouve à se rassembler autour de propositions réalistes et radicales, point d’ancrage dans la durée d’une vraie ambition de gauche.

Une telle construction renvoie au rôle d’un Parti communiste révolutionnaire de notre temps dont la marque principale devrait être sa capacité à écouter et à proposer à partir de la nature du combat de classes d’aujourd’hui dans lequel l’adversaire se nomme capitalisme mondialisé et financiarisé. La nouvelle ambition communiste ne réside-t-elle pas dans la recherche d’une autre cohérence face à celle qu’impose la rentabilité du capital ? Le temps presse au regard des conflits et des dangers qui du local au mondial poussent au chaos. Construire un autre avenir impose d’instaurer d’autres rapports entre les hommes en France, en Europe et dans le monde. Pour cela il faut s’attaquer au pouvoir de l’argent sans quoi rien ne changera vraiment.

Il est temps de passer à un nouveau type de croissance à base sociale et environnementale depuis l’entreprise jusque dans les services et les administrations publiques. Il est temps de mettre au service du développement humain les énormes gains de la révolution informationnelle.

Il est temps d’instaurer une nouvelle maîtrise collective de l’argent, du crédit et des banques avec des fonds régionaux et un fonds national pour l’emploi et la formation, avec un pôle public financier et avec une Banque centrale européenne (BCE) dotée d’un fonds solidaire de développement social et écologique pour un euro de coopération. Face à la généralisation de la précarité, une sécurité d’emploi et de formation et l’expansion des services publics sont une urgence.

Face au démantèlement de la démocratie, il y a besoin de nouveaux droits et pouvoirs d’intervention dans les gestions pour les salariés et les citoyens de l’entreprise à la cité. Une nouvelle répartition de la richesse suppose une fiscalité juste et efficace car incitative et des financements sociaux prélevés sur la richesse créée. Voilà de quoi alimenter le débat des communistes et de toute la gauche.


 

 

Sur « Une primaire à gauche »

Clémentine Autain

http://www.regards.fr/web/article/primaire-pour-une-gauche-franche

François Asensi

http://www.regards.fr/web/article/des-primaires-pour-un-nouveau

Pierre Laurent

Le secrétaire national du PCF laisse «la porte ouverte» à une éventuelle participation de son parti au scrutin réclamé par des intellectuels et élus.

Pas forcément emballé, mais pas non plus totalement opposé. Alors que le Parti de gauche adresse une fin de non recevoir à l’appel lancé lundi dans Libération par des intellectuels et des élus de gauche en faveur d’une «grande primaire des gauches et des écologistes», Pierre Laurent s’est montré ouvert à la discussion lundi soir lors de ses voeux depuis le siège du parti, place du Colonel-Fabien à Paris.

«Certains me disent: primaire. Ce n’est pas ma culture, mais je dis: discutons, échangeons, construisons ensemble», a déclaré le secrétaire national du PCF. «Dans les jours et semaines qui viennent, je multiplierai les contacts, les rencontres, les initiatives. Ma porte est ouverte», a lancé le responsable communiste, se disant «prêt à tout discuter». Pour Pierre Laurent, en 2017, «il faut un candidat de gauche au service du peuple, un candidat porteur d’un projet de gauche pour la France, sur les valeurs de la gauche, qui rompe avec les errements du pouvoir actuel».

 

POUR UNE PRIMAIRE DES PROGRAMMES, Pierre Bousquet NÎMES (GARD)

En ces temps très troublés, il paraît utile d’accepter d’examiner toutes les propositions sans a priori, même si elles paraissent iconoclastes. En voici donc une. Tout au long de l’année 2016, nous allons subir une énorme pression (on sait ce qu’ils sont capables de faire médiatiquement) pour rassembler toute la gauche derrière le président sortant avec le chantage à l’extrême droite. Plus que jamais, nous risquons d’avoir l’impossibilité de débattre de programmes pour l’élection présidentielle et de n’avoir aucun espace politique à la gauche de François Hollande. Pour empêcher ce scénario diabolique, nous pouvons nous servir des institutions en les détournant. Par exemple, en organisant une primaire, non pas des personnes candidates, mais des programmes de la gauche alternative et écologique. Certes, ces programmes devront être portés par des femmes et des hommes (Mélenchon, Laurent, Duflot, Autain, Besancenot, Hamon, ou d’autres, peu importe), mais cela permettra un débat de fond et une dynamique pour rendre crédibles l’alternative à gauche et la possibilité d’une candidature commune. On peut rejeter ce type de proposition d’un revers de main en disant que nous n’avons pas à nous fondre dans des institutions et pratiques antidémocratiques ; on peut aussi répondre que l’on ne fait pas de politique hors sol, qu’une initiative politique exceptionnelle est nécessaire et que « fou qui fait le délicat quand le blé est sous la grêle » !

 

Appel pour une primaire à gauche : un débat nécessaire
 Par François Calaret, Ingrid Hayes, Pierre Khalfa. Ensemble !

Le journal Libération a publié dans son édition du lundi 11 janvier 2016 un appel intitulé « Pour une primaire à gauche » signé par de nombreuses personnalités de gauche et écologistes (Thomas Piketty, Daniel Cohn-Bendit, Yannick Jadot, Michel Wieworka…)

> Cette initiative est le signe de l’illégitimité du président de la République à représenter aujourd’hui les valeurs de la gauche.

> Elle témoigne de la recherche multiple de moyens de faire émerger une nouvelle offre politique qui permettent de sortir de la résignation et du désarroi actuel.

> L’appel publié dans le journal Libération exprime un certain nombre de constats absolument justes :

> la nécessité du renouveau de la politique, de rompre avec les logiques de division, de permettre l’implication des citoyens et de tous ceux qui ne sont pas habituellement associés aux décisions…

> Mais il exprime également l’illusion qu’à l’issue du quinquennat de François Hollande et de Manuel Valls qui a mené une politique ouvertement libérale et sécuritaire,  toute la gauche pourrait se rassembler.

> Le texte de l’appel affirme ainsi

« Nous avons une conviction : la primaire des gauches et des écologistes est la condition sine qua non pour qu’un candidat représente ces forces à l’élection présidentielle en incarnant le projet porteur et bienveillant dont la France a besoin ».

Mais comment aujourd’hui François Hollande ou Manuel Valls pourrait ils représenter politiquement le Front de gauche, les écologistes et les milliers de syndicalistes qui combattent au quotidien la politique du gouvernement ?

Réciproquement, comment un candidat du Front de Gauche, d’EELV ou issu du mouvement social pourraient-ils prétendre représenter l’orientation politique défendu par Manuel Valls et François Hollande ?

La nécessité du combat contre la droite et l’extrême droite ne peut effacer les débats qui traversent la gauche et qui se sont accentués ces dernières années.

L’appel appelle à la constitution d’une « coalition de projet et un contrat de gouvernement ».

C’est une nécessité mais cela suppose de discuter de quel est le contenu de ce projet et de ce contrat de gouvernement.

Aujourd’hui deux dynamiques antagonistes travaillent les forces de gauche et les écologistes.

Celle mise en œuvre par Manuel Valls et François Hollande qui cherchent à construire une alliance avec le centre droit en étouffant les valeurs de gauche.

Et celle des forces au FDG, à EELV, Nouvelle Donne, à la gauche du PS, dans le mouvement social…, aujourd’hui dispersées, qui s’opposent à la politique du gouvernement et qui devraient converger pour offrir une alternative à la politique actuelle.

La confrontation entre ces deux projets est inévitable et nécessaire.

L’existence d’une autre gauche que celle de Valls et Hollande est une condition pour remobiliser les millions d’hommes et de femmes de gauche qui rejettent le pouvoir socialiste et se détournent de la politique.

La convergence des forces qui ne se reconnaissent pas dans la politique du gouvernement est une urgence.

Cela passe par des batailles immédiates qui se mènent aujourd’hui contre la déchéance de nationalité et la révision constitutionnelle ou contre la réforme du droit du travail.

Faire échouer le gouvernement sur ces projets ré ouvrirait la possibilité de convergences à gauche.

Cela doit se faire également en travaillant dès maintenant à construire les conditions d’un projet, d’un rassemblement et d’une large désignation de candidat(e)s pour les échéances de 2017, pour proposer une véritable alternative à gauche.

C’est dans ce cadre que la désignation citoyenne d’un(e) candidat(e), d’une primaire, peut faire sens.

Ensemble ! est déterminé à participer à toutes les initiatives qui permettrait de faire avancer cet objectif.

François Calaret, Ingrid Hayes, Pierre Khalfa.


Myriam Martin : A propos de l’appel dans Libé sur les primaires, ma contribution :

Dans Libé du lundi 11 janvier, est parue une tribune pour « une primaire des gauches ».
Prenant acte que la situation que nous connaissons aujourd’hui ne peut perdurer avec ses injustices, ses inégalités, sa crise écologique et démocratique, avec la menace du Front National. Les initiateurs de cet appel font le même constat en proposant un débat « approfondi », des « échanges exigeants » dans le cadre de l’organisation d’une primaire des gauches et des écologistes pour 2017.
On ne peut que partager le constat : les politiques libérales menées par le PS au pouvoir nous conduisent droit à la catastrophe. Pire encore le projet de loi de modification de la constitution avec entre autres la déchéance de nationalité, témoigne de la dérive de l’exécutif dans une fuite en avant sécuritaire voire autoritaire. A tel point qu’une partie importante des élu-es de la majorité ont fait savoir qu’ils et elles ne voteront pas cette loi.
Alors oui les initiateurs ont raison d’expliquer qu’on ne peut pas continuer ainsi, il est d’ailleurs question de « l’impasse » dans laquelle se trouve notre pays. Mais allons au bout de la réflexion, qui nous a amenés dans cette impasse ? Qui en sont les responsables si ce n’est les socialistes au pouvoir ? La tribune telle quelle, implicitement délégitime la candidature de François Hollande, à juste titre. Comment alors proposer que toutes les gauches soient invitées à participer à des primaires communes ?
Au delà de la proposition elle même (les primaires) débattons tout d’abord. Commençons par exemple par le périmètre politique : quel est le cadre du débat ? Répondre avec justice aux enjeux sociaux, écologiques et démocratiques signifie rompre avec des politiques qui creusent les inégalités, agressent notre écosystème commun et éloignent de plus en plus nos concitoyens de la démocratie. Or ce n’est pas le projet du PS au pouvoir. Bien au contraire, sa mue libérale l’éloigne définitivement des principes et des valeurs émancipatrices portées traditionnellement par la gauche. On le voit quotidiennement les orientations de la gauche radicale, écologiste, de transformation sociale sont contradictoires, antagoniques avec celles imposées à l’heure actuelle par le PS au pouvoir. Ces deux orientations sont incompatibles et irréconciliables. La première combat l’austérité, la deuxième à la tête du pays, l’impose à travers des politiques de restrictions budgétaires, de casse du service public, s’alignant sur les positions de Bruxelles.
Alors oui à un débat démocratique de tous les courants de gauche qui veulent bâtir une vraie alternative à la politique de Hollande Valls.
Oui à un débat qui implique le plus de monde possible, et pas seulement les partis politiques, mais aussi les syndicalistes, les militant-es associatifs, les hommes et les femmes simples citoyens qui souhaitent une vraie politique de gauche et qui refusent celles qui sont menées.
Oui à une élaboration commune d’un projet pour non seulement rompre avec les politiques austéritaire mais surtout pour répondre aux urgences sociales, écologique et démocratique. Un projet construit et porté par des centaines de milliers de citoyen-ne-s, un projet politique que des candidatures communes aux élections de 2017 représenteront.
Donnons nous les moyens d’un cadre démocratique, populaire et citoyen d’un débat promouvant l’implication de tous et de toutes, permettant de redonner la parole à ceux et celles qui se battent pour un monde de justice et de solidarité, permettant enfin de redonner foi en la politique.
C’est dans ce cadre que le processus de désignation d’un ou d’une candidate doit s’inscrire. Donnons nous les moyens de débattre démocratiquement avec tous ceux et toutes celles critiques vis à vis du gouvernement, afin de poser les jalons d’un projet émancipateur, porteur d’espoir à gauche.
Myriam Martin, conseillère régionale Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, porte parole nationale de Ensemble !

 

Gérard Mordillat, romancier et cinéaste

Danielle Simonnet crie : “Salauds !” à l’adresse de ceux qui ont condamné les syndicalistes de Goodyear à vingt-quatre mois de prison, dont neuf ferme. Quand l’ignominie atteint un tel degré, quand il ne reste que ruines et décombres de justice, reste l’injure, et Danielle Simonnet frappe juste au coeur de la cible… Salauds ! Cependant, comme l’enseigne la sagesse des nations, “à toute chose malheur est bon”, la condamnation des syndicalistes de Goodyear règle d’une certaine manière la question de la primaire à gauche : messieurs Hollande, Valls et tous les membres du gouvernement ­ je dis bien tous ! ­ sont définitivement disqualifiés pour y participer. Aucun d’entre eux ne peut se revendiquer “de gauche” ; une gauche et ses valeurs qu’ils vilipendent, qu’ils déshonorent, qu’ils insultent par le verbe et par les faits. Si le coeur leur en dit, ils peuvent toujours se mêler à la primaire de droite, où ils retrouveront leurs amis, leurs complices et pourront célébrer en choeur l’entreprise, le Medef, la déchéance nationale, les racines chrétiennes de la France, la terre qui ne ment pas, l’État fort à la sauce mussolinienne, la persécution des syndicalistes, des étrangers et de tous les opposants à leur vision ultralibérale, voire néofasciste du monde. Inutile de tourner autour du pot, le gouvernement actuellement au pouvoir, ses soutiens, ses hérauts ne sont pas “de gauche“, c’est un gouvernement ultralibéral, défendant les intérêts patronaux, les actionnaires et les spéculateurs. Leurs ennemis ne sont pas “la finance” mais la classe ouvrière et ses représentants, le peuple tout simplement : salariés, chômeurs, précaires, intérimaires, bénéficiaires du RSA, etc., sans distinction d’origine, de statut ou de nationalité. C’est à se demander si monsieur François Le Pen (comme l’appelle le journal italien Il Manifesto) et son Manuel Lavalls ne veulent pas entrer dans le livre Guinness des records comme ayant conduit le gouvernement le plus réactionnaire depuis la fondation de la Ve République ? Les preuves sont accablantes, inutile d’en dresser la liste, elles sont connues de tous, même si les médias s’emploient à dissimuler les interpellations, les assignations à résidence de militants écologistes, antiracistes, syndicalistes, la persécution des Roms, des sans-papiers, des grévistes, qu’ils soient de Goodyear, d’Air France, de Continental ou d’ailleurs, la ruine des services publics, la destruction annoncée du Code du travail, etc. La coupe est pleine. De deux choses l’une : ou les membres du Parti socialiste qui font la même analyse que nous (et il y en a, n’est-ce pas, Gérard Filoche ? N’est-ce pas, Emmanuel Maurel ?) ont le courage de quitter ce camion à ordures et refondent un Parti socialiste avec qui toutes les forces authentiquement de gauche pourront s’allier pour gouverner ou ils continuent ­ au nom de la discipline de parti ­ à soutenir les pendus du gouvernement et il n’y aura plus qu’à les renvoyer en bloc aux poubelles de l’histoire. Il est urgent qu’à l’indignation succède l’insurrection, que “le goudron se soulève“, selon l’expression de Frédéric Lordon.
La Commune n’est pas morte. Au plus tard, en 17 (pour le centenaire de la Révolution russe), son cri doit nous réunir : vive la Sociale ! »


et aussi Manuel Bompart


 

AVOIR CONFIANCE EN NOTRE PEUPLE

par Frank Mouly, ancien membre du Conseil national du PCF

Le Front de gauche (FG) est en échec, a-t-on entendu. Certes, mais est-il un échec ? Ce n’est pas encore certain. Mais les appels réguliers à son dépassement dissimulent mal le choix politique d’en finir avec lui. Pourtant, si les conditions politiques ne sont plus tout à fait celles de 2009, les raisons qui ont justifié cette stratégie demeurent d’actualité.

Convenons d’abord que des dizaines de milliers de militants issus de traditions politiques différentes se reconnaissent encore dans le FG.

Les sondages montrent que c’est une référence pour des millions d’électeurs. Les conflits de sommet ne doivent pas masquer ce désir de renouveau et d’unité. Il y a encore beaucoup de commun dans le FG. Cette démarche résulte aussi d’un débat profond au sein de la gauche qui n’a fait que croître depuis 2005.

Le choix du FG est celui de faire évoluer les rapports de forces à gauche, de ne pas s’en tenir à un rôle d’aiguillon mais d’aller vers une logique de large rassemblement anti-libéral. Aujourd’hui encore, l’ampleur des défis sociaux et écologiques, comme la droitisation du PS, rend ce rassemblement indispensable.

Un premier appel à des primaires de la gauche a été rendu public. Il témoigne d’une préoccupation avec laquelle le PCF doit dialoguer. Pour autant, s’engouffrer dans cette logique serait redoutable. Elle nourrit le présidentialisme et l’illusion qu’il suffirait de se débarrasser d’Hollande pour ressusciter la gauche. Elle nous engagerait dans

une course de personnalités, marginalisant la question des contenus. En outre, l’histoire démontre que le score élevé de la ligne Montebourg dans la primaire socialiste n’a pas pu peser sur la ligne libérale du gouvernement.

Et que ferons-nous si en résultait la désignation d’un candidat avec lequel les forces du FG sont en désaccord sur à peu près tout : Europe, dette, services publics… ? Enfin, qui peut croire qu’Hollande ne sera pas candidat, avec rangé derrière lui, l’appareil du PS ? Ce qui nous a conduits à la création du FG, c’est, à la différence de ces jeux politiciens, le choix de bâtir un rassemblement citoyen d’un nouveau type, de ne pas laisser la colère au vote FN, mais surtout de mobiliser sur un projet ceux qui se sont éloignés de la politique. Le potentiel existe encore.

Le tripartisme n’est pas écrit.

L’élection présidentielle aura lieu dans quinze mois. Face à trois candidats libéraux, pense-t-on indispensable que soit porté un véritable projet de transformation sociale, pour résister, et pourquoi pas être présent au second tour, condition pour l’emporter ? Alors, assumons la persévérance d’une orientation stratégique, ne cédons pas à l’affolement que la pression exercée par le FN a pour but de susciter, et prenons des initiatives.

D’abord, il faut d’urgence reprendre le travail collectif au sein du FG. Depuis trois ans, il ne produit plus rien de commun. Les communistes organisent des conventions sur l’industrie, l’Europe, souvent intéressantes. Mélenchon lance son M6R, puis tente avec « la mer » de donner une perspective concrète à une réindustrialisation écologique.

Mais rien de tout cela n’atteint nos concitoyens, car rien n’est porté en commun. Si nous voulons construire une alternative, nous devons dire clairement où nous voulons aller et comment. Nous aurons moins d’un an pour mettre en oeuvre la stratégie validée au congrès. Si nous nous donnons l’ambition de faire émerger une quatrième force, citoyenne, nous devons proposer sans tarder aux organisations du FG de coorganiser des états généraux pour une alternative populaire. Appelons cela comme nous voulons pourvu qu’ils réunissent ceux qui sont prêts à travailler avec le FG, pour une alternative sociale, écologique et anti-capitaliste.

Prenons l’initiative de créer ou de relancer des assemblées citoyennes dans chaque ville de France pour construire cette alternative et se tenir aux côtés de ceux qui sont attaqués : chômeurs, salariés, migrants, militants syndicaux et des libertés. Donnons à ces assemblées des pouvoirs délibérants. Comme d’autres, je suis communiste et engagé dans le FG. Mes identités sont multiples et aucune d’entre elles ne diminue les autres.

Enfin, préparons notre candidature à la présidentielle. Celle-ci ne saurait écarter aucune des personnalités du FG ou d’autres figures citoyennes ou politiques qui pourraient nous rejoindre. Un collectif sera ainsi constitué et parlera en notre nom, car notre candidature doit affirmer son pluralisme et subvertir le présidentialisme. Le ou la titulaire sera in fine choisi par vote citoyen ou pourquoi pas par tirage au sort. Quel meilleur moyen de dire que l’issue n’est pas dans l’homme providentiel ?

Tous les acteurs du FG ont, à cette heure, une grande responsabilité. Les communistes tout particulièrement. Notre rôle est d’avoir confiance dans notre peuple, pas de le redouter.

 

Pour le second tour, déclarations

Le Front de Gauche du Pays Bigouden,
considérant que la droite et le parti socialiste représentent les mêmes politiques antisociales et austéritaires,
laisse les électeurs libres de leur choix.


Bretagne 

Déclaration des Citoyens engagés dans  les Collectifs FDG de Bretagne 

Mardi 08 décembre 2015 

Les citoyens engagés dans les collectifs du Front de gauche en Bretagne remercient chaleureusement les électeurs qui ont voté pour leur liste aux régionales.


Notre programme anticapitaliste de transformation sociale et écologique n’a pas obtenu le succès escompté sans doute en raison de la situation anxiogène engendrée par les événements du 13 novembre et l’état d’urgence mis en place.
Malgré la politique d’austérité imposée par l’Europe libérale et menée par le gouvernement PS, Le Drian a largement bénéficié de cette atmosphère et n’a pas eu à faire campagne.


Mais l’abstention massive montre également le désintérêt de 50% des électeurs pour la politique, en grande partie des déçus de la droite et de la politique menée par le gouvernement PS depuis 2012.

Le peuple se sent abandonné et malheureusement de nombreux citoyens se tournent vers le parti de la haine, de la discrimination.
Le FN est un parti de droite extrême qui ne remet pas en cause le système capitaliste responsable de la misère humaine, des guerres et des dégâts écologiques dans le monde. Lui faire confiance, c’est se jeter dans la gueule du loup.
 

Pour le 2ème tour de ces élections régionales, compte-tenu de la responsabilité du PS et de la droite générant la situation désastreuse dans laquelle nous sommes, nous laissons nos électeurs libres de leur choix.


 

Déclaration d’ENSEMBLE !

Ensemble! remercie les électrices et les électeurs qui ont porté leur suffrage sur la liste « Pour une Bretagne sociale et écologique, l’Humain d’abord! » présentée par le Front de Gauche malgré un contexte politique difficile et anxiogène aggravé par les conséquences des attentats du 13 Novembre et l’instauration de l’état d’urgence qui ont induit une réaction légitimiste au profit du PS d’une partie significative de l’électorat de gauche.

Le scrutin de dimanche est à nouveau marqué par un fort taux d’abstention. Considérant que voter ne permet pas de changer la situation, de nombreux citoyens ont exprimé leur refus de cautionner une démocratie à bout de souffle.

Le score du Front national lui permet d’être aux portes du pouvoir dans plusieurs régions. Il triple son score en Bretagne, région qui jusqu’à hier était encore à l’abri des idées nauséabondes de ce parti. Ce vote n’exprime plus seulement de la colère, il traduit le désarroi d’un grand nombre d’électeurs qui ne voient malheureusement pas d’autre alternative que d’apporter leurs suffrages à un projet de société xénophobe et dangereux pour nos libertés et chaque concession faite à ses idées lui a permis de progresser. Mais c’est aussi le refus d’affronter les forces de la finance, du patronat et du Medef qui conduit à plus de chômage, d’inégalités, de précarité et qui nourrit le vote FN.

Le Drian en Bretagne sauve la mise au PS en se positionnant en homme providentiel, en refusant de mener campagne, ou participer à un débat contradictoire. Décidément nous ne partageons pas la même conception de la démocratie. Ce n’est ni en allant au secours d’une politique gouvernementale qui montre chaque jour ses conséquences catastrophiques pour les couches populaires, ni en jouant les “Monsieur plus” du PS, que nous pourrons surmonter cette situation. C’est pourquoi, considérant que les électeurs sont des citoyens majeurs, nous laissons nos électeurs libres de leur choix pour le second tour.

Malgré l’investissement d’un grand nombre de militants, le score du FDG est bien sur décevant mais nous avons eu l’occasion dans cette campagne de mener des échanges très fructueux. Loin de l’image que l’on veut donner en accusant les abstentionnistes de tous les maux, nous avons rencontré des femmes et des hommes qui veulent faire de la politique autrement que dans un cadre électoral. C’est avec ces femmes et ces hommes qu’Ensemble ! Bretagne continuera d’agir pour construire un projet au travers duquel chacun pourra se projeter et se sentir acteur d’une société qui ne repose plus sur le modèle capitaliste, marchand, financier et la mise en concurrence des femmes et des hommes.

Ensemble ! Bretagne
7 décembre 2015


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Communiqué du PCF Finistère: un chemin d’espoir pour transformer la société est à construire ensemble!

Les élections du 6 décembre 2015 sont un désastre pour le pays et pour la gauche dont l’électorat est désorienté suite à la trahison des engagements de campagne de 2012.

La responsabilité en revient avant tout aux politiques au service du capitalisme des gouvernements successifs depuis 40 ans, et tout particulièrement aujourd’hui le gouvernement Hollande-Valls-Macron, responsable après celui de Nicolas Sarkozy, d’une augmentation du chômage, des inégalités.

Le Parti Communiste du Finistère remercie les 13 277 électeurs finistériens qui ont fait le choix de soutenir la liste du Front de Gauche conduite par Xavier Compain, Sylvie Larue et Catherine Boudigou au 1er tour des Régionales :

“Pour une Bretagne sociale et écologique: l’Humain d’abord !”.

Ces voix pour une vraie politique de gauche sont à prendre en compte : elles sont un appel à plus de justice sociale, de défense des services publics, de relance industrielle, plus de souveraineté démocratique et d’engagement écologique sincère, de recherche d’une politique de paix seule capable d’assurer la sécurité de tous.

En Bretagne, les conditions même de la campagne dans une situation d’état d’urgence posent une grave question démocratique.

Le PS résiste, malgré l’absence de campagne régionale du Ministre omniprésent dans les

médias nationaux, dans la période actuelle.

Seul membre du gouvernement tête de liste, sa notoriété de Ministre d’un pays ” en guerre”

a pesé autant ou plus que le bilan des politiques régionales.

L’abstention est très élevée et la percée du Front National est spectaculaire et préoccupante

en Bretagne aussi. L’exaspération, le désarroi, une colère légitime de l’électorat face à

l’aggravation des conditions de vie et les renoncements des politiques du PS au pouvoir

éclatent avec force.

Le vote FN, ici comme ailleurs, se nourrit des peurs, des messages de division, des mensonges complaisamment relayés par trop de médias et de forces politiques.

Le FN, ennemi des pauvres qu’il ne cherche qu’à diviser, est un danger véritable pour notre démocratie, nos libertés et notre vivre ensemble. Il trompe et ment sur sa nature profonde de force de régression autoritaire, antisociale, antiféministe. Les communistes le combattront sans cesse et de toutes leurs forces.

Les habitants de notre région n’ont rien à attendre de ce parti pas plus que des amis de la

droite dure de M. Le Fur.

Les communistes ont la conviction qu’aucun des redoutables problèmes sociaux, écologiques, de paix, ne sera résolu en cherchant des solutions d’austérité, d’autoritarisme, de réduction des libertés, d’exclusion, de division des habitants de notre région, de notre pays, de notre monde.

Un chemin d’espoir pour transformer cette société de plus en plus brutale, dangereuse, est à

construire ensemble !

A Brest, le 8 décembre 2015.


 

COMMUNIQUÉ DU FRONT DE GAUCHE DU MORBIHAN

Le Front de Gauche du Morbihan et ses candidat-e-s remercient les électeurs et les électrices qui lui ont accordé leur confiance lors du scrutin de dimanche dernier.

Au lendemain du premier tour des élections régionales, l’avenir est sombre pour le peuple de France.

On assiste à une montée en force du FN qui apporte ses réponses simplistes et xénophobes  aux peurs, aux colères, aux souffrances de la population.

Ces souffrances ont pour principale raison les politiques d’austérité menées par le gouvernement socialiste, à la suite de la droite.

C’est la raison pour laquelle le Front de Gauche 56 ne donnera pas de consigne de vote pour le deuxième tour.

Force est de constater que le Front de gauche n’a pas réussi à se faire entendre. Le contexte est certes difficile pour les idées d’humanité et de solidarité que nous portons.

Mais le Front de Gauche doit aussi regarder sa propre vérité et travailler à rendre populaire ses propositions, dans les luttes et dans les idées, en se débarrassant des querelles de sommet.

Dans la période qui s’ouvre, l’heure est au rassemblement sur le terrain des citoyens et de toutes les forces politiques, syndicales, associatives, qui veulent agir contre l’austérité et porter haut la devise « liberté, égalité, fraternité ».

Le 8 décembre 2015

 

Election régionale de décembre 2015

 

Sylvie Larue et Xavier Compain têtes de liste pour la Bretagne

Un comité de soutien à la liste « Une Bretagne sociale et écologique, l’humain d’abord ! » soutenue par le Front de gauche pour les élections régionales se met en place.

Contact : frontdegauche.pb@gmail.com

Les premiers signataires dans le Finistère

logo regionale 2015

Le site Internet du Front de Gauche Bretagne pour cette campagne

Le 1er tract de la liste Front de Gauche

Le 4 pages de notre liste “pour une Bretagne sociale et écologique”

Le projet régional pour une Bretagne sociale et écologique


Le tract “quelles ambitions maritimes”
QUELLE PLACE AURA LA MER DANS NOTRE FUTUR PROCHE ?


Le tract “santé”

En Bretagne, nous voulons un système de santé, public, solidaire, accessible à toutes et tous !


Le document du 20 novembre concernant les attentats


Réunion-débat : LES SERVICES PUBLICS EN DANGER !

JEUDI 26 NOVEMBRE 18H30

QUIMPER- HALLES ST FRANÇOIS (salle n°1, 1er étage)

Avec :

Xavier Compain, agriculteur, en charge du secteur agriculture et pêche au PCF, tête de liste régionale,

Catherine Boudigou, médecin, PG, tête de liste départementale,

et Didier Le Reste, ancien secrétaire général du syndicat CGT des cheminots, animateur national du front des luttes au sein du Front de gauche

Le débat sera introduit par des témoignages de syndicalistes et de militants associatifs (santé – poste – trains – éducation…)

ENSEMBLE, nous pouvons redonner toute leur place à nos services publics.

Dans de nombreux domaines, l’État a transféré ses compétences aux régions, d’où l’importance du vote du 6 Décembre 2015


Réunion-débat avec les candidats à l’élection régionale du 6 décembre

VENDREDI 4 DÉCEMBRE 20h30 à PLONEOUR-LANVERN

salle Louis Cariou (rte de Pt L’abbé, près de l’espace Raphalen)


Vous abstenir c’est voter pour que rien ne change !

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Télécharger ce tract


La réponse de notre liste aux questions de France Palestine Solidarité


Un article de Xavier Compain dans Ouest France du 26 novembre
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Une vidéo de FR3 sur la situation de la gauche en Bretagne

L’article de Ouest France : http://www.ouest-france.fr/elections/regionales/elections-regionales-le-front-de-gauche-est-en-campagne-3791743 

La vidéo du Télégramme “Incarner la vraie gauche” :

La liste des candidats pour le Finistère

Une brève biographie de la tête de liste du Finistère

Ouest France 29/10/15
Ouest France 29/10/15

Apportez votre soutien à la liste du Front de Gauche Bretagne :

Pour donner de la force à la gauche anti-austérité, à la gauche anti-libérale, à la gauche fidèle à ses valeurs et réellement progressiste en Bretagne,

Vous souhaitez soutenir la liste du Front de Gauche “Pour une Bretagne sociale et écologique: l’Humain d’abord” et le faire connaître publiquement afin de participer au Comité de soutien départemental et régional,

Envoyez des indications sur vos noms, prénoms, communes, professions ou situation (étudiant, retraité, sans emploi…), ou engagements (syndicaux, associatifs, politiques),  à l’adresse mail suivante: frontdegauche.pb@gmail.com

Les premiers signataires dans le Finistère


Et si vous voulez soutenir financièrement la liste du Front de Gauche conduite par Xavier Compain, Sylvie Larue, Catherine Boudigou et Philippe Jumeau, envoyez un chèque pour le financement de la campagne à M.Gérard Péron, mandataire financier de Xavier Compain pour les élections régionales du 6 et 13 décembre 2015 en Bretagne – 10 rue Martin-du-Gard – 56 700 Hennebont ou adressez-vous à un des militants de votre connaissance.

Les listes dans les 13 régions, où les alliances sont diverses à gauche

carte-regionales2015-fdg

Dimanche 11 octobre à Berrien “Résistances en fête” avec le collectif Front De Gauche centre Finistère

Dimanche 11 octobre à Berrien, salle Asphodèle, “Résistances en fête” avec le collectif FDG centre Finistère, à partir de 11h

Stands animés par des associations locales de résistance.

Entrée 5€         Entrée + repas 10€

  • 11h Apéritif festif gratuit animé par Maïon
  • 12h Chili con carne et (ou) crêpes, gâteaux. Repas animé par Patricia Paulus
  • 14h Débat entre tous les participants : Urgence à construire ensemble un monde de paix, de justice, fraternel, solidaire, écologique.
  • 16h Concert avec Cover Field

Stands buvette et librairie toute la journée

Les militants d’EELV refusent l’union au 1er tour des Régionales avec le Front de Gauche au terme d’un processus de négociation de plusieurs semaines

L’AG régionale d’Eelv a décidé de mettre fin au processus de rassemblement avec le FDG. Le résultat de leur vote est clair: 66% de vote contre l’accord, 5% de blancs, 29% de vote pour. L’orientation des militants Eelv bretons est clairement la voie de l’autonomie.
Vous trouverez ci-joint le communiqué que les deux têtes de liste du Front de Gauche, Xavier Compain et Sylvie Larue, ont envoyé à la presse:

Lire la suite…

Préparation des élections régionales des 6 et 13 décembre

Régionales : Communiqué du Front de Gauche Bretagne après l’AG régionale du 5 septembre

Le Samedi 5 Septembre s’est tenue à Rennes une Assemblée Citoyenne, à l’appel des organisations du Front de Gauche de toute la Bretagne, et ouverte à toutes celles et ceux qui veulent voir mener sur les territoires des politiques de gauche audacieuses, sociales, démocratiques, féministes, écologiques.

Le but était clair: l’unité à la gauche du PS, et l’espace est large, pour les élections régionales de Décembre prochain.

À la suite de débats très fructueux, en séance plénière et en ateliers, 3 décisions ont été prises:

– le programme de cette liste est et sera issu de toute cette co-élaboration citoyenne que le Front de Gauche en Bretagne, avec tous les groupes et les collectifs engagés dans les combats sociaux, féministes, écologistes, construit ces derniers mois. Il portera la marque des ruptures nécessaires avec le carcan libéral: coopérations entre les territoires, priorité à l’agriculture paysanne, revalorisation des services publics, relocalisation des activités économiques, filière construction–déconstruction navale, aide à la reprise d’entreprises par les salariés, stricts critères sociaux et environnementaux aux aides aux entreprises…

– la liste sera menée pour le Front de Gauche par Xavier Compain (PCF, 22) et Sylvie Larue (Ensemble, 35). Un porte-parolat pluraliste est prévu. Des discussions se poursuivent pour une union avec EELV en Bretagne, et avec d’autres forces politiques, sans préalable de postes ou de places, ni blocage programmatique, sur Notre-Dame-des-Landes par exemple.

– la décision d’éventuelle fusion ou non-fusion avec une autre liste au deuxième tour sera prise au lendemain du premier tour, démocratiquement, en associant tous les acteurs de la campagne du premier tour.

Ainsi rassemblés, les principales organisations politiques du Front de Gauche, (PCF, PG, Ensemble), les collectifs citoyens de gauche, les militants associatifs, syndicaux culturels… lancent un appel à tous les hommes et femmes sincèrement de gauche, qui ne veulent pas du retour de la droite ou de l’extrême droite au pouvoir en Bretagne, mais ne veulent pas non plus accepter que les mêmes politiques ultra-libérales, anti-sociales, austéritaires du gouvernement socialiste soient relayées en Bretagne.


 

Assemblée générale départementale du Front de Gauche Finistère à Berrien le dimanche 20 septembre

Bonjour à toutes et à tous,
La Coordination du Front de Gauche du Finistère réunissant les différentes composantes, les collectifs et groupes locaux du FDG a décidé d’organiser une Assemblée Générale des Militants et Sympathisants du Front de Gauche du Finistère le Dimanche 20 septembre 2015 à Berrien, dans la salle Asphodèle.

Cette Assemblée est ouverte à tous les membres des différentes composantes du FDG et des collectifs locaux, à tous les sympathisants du Front de Gauche en Finistère.
L’organisation de la journée se présentera de la manière suivante :

10H: Accueil et introduction salle Asphodèle

11H- 13H:

4 ateliers répartis entre l’Asphodèle (salle divisée en 2) et la mairie (deux salles)

Thèmes retenus:

1) Services publics ,

2) Agriculture et agro-alimentaire,

3) Culture en Bretagne,

4) le titre du 4éme thème pourrait être « Économies maritimes » au pluriel pour regrouper l’ensemble des problématiques liées à la mer (des problèmes de défense en passant par la pêche…) parlera de la défense (nucléaire militaire à Crozon) et plus généralement à l’économie et l’emploi.

La transition écologique, thème transversal et essentiel, sera traitée dans les 4 ateliers.

13H: repas (chacun apporte son pique-nique).
14H: restitution des discussions en atelier  salle Asphodèle.

16H15 / 17H15: modalités pratiques de la campagne des régionales.

Une réunion régionale du Front de gauche a eu lieu samedi 5 septembre à Rennes à ce sujet (après la rencontre régionale du 18 juillet à Baud)

ci-joint en pdf un bref compte-rendu de la rencontre du 5 septembre rédigé par Ismaël Dupont

Contribution de « Ensemble! » à l’attention du Front de gauche

Nous sommes, comme beaucoup, inquiets des évolutions de la situation politique. Pour autant, dans un moment difficile, les responsabilités du Front de Gauche en tant que force de proposition pour dégager des perspectives restent décisives.  Cette contribution vise à faire le point sur ce qui nous semble des convergences permettant d’agir ensemble avec une plus grande efficacité.

Lire la suite…

Soutiens

Pour apporter votre soutien au Front de Gauche

adressez-vous aux militants de votre connaissance

ou envoyez un courriel à frontdegauche.pb@gmail.com (voir la rubrique contact)

en précisant Nom, Prénom, Commune, email, éventuellement Fonction
(l’adresse mail ne sera évidemment pas publiée mais nous est utile pour vous contacter)

Les premiers soutiens (depuis 2011) :

Nom Prénom Commune
ANGEBAUD Jean-Luc Tréffiagat syndicaliste
ARRIVÉ Marc Pont L’Abbé professeur des écoles
ARROUÈS Gérard Douarnenez FASE
ASCOËT-ZÜRCHER Alice Douarnenez
AUGER André Combrit
AUGER Simone Combrit
AURIOT Marie-Paule Loctudy
AURIOT Philippe Loctudy
BALLIOT Denise Loctudy
BALLIOT Gaston Loctudy militant Front de Gauche
BARRÉ Guy Combrit
BARTHELEMY Raymonde Douarnenez
BARTHELEMY Yannick Douarnenez retraité
BEAUMONT Patrick Plogastel St Germain maraîcher bio
BEGUELIN Colette Lesconil
BERNARD Gilles Penmarc’h enseignant
BERNARD Henri-Paul Pont L’Abbé
BERNARD Marie Pont L’Abbé
BERROU Bernard Penmarc’h écrivain
BIVAUD Michel Douarnenez militant CNL
BLANCHET Véronique Pont L’Abbé Maire adjointe, vice présidente CCPBS
BLONDEL Josette Penmarc’h
BOCHER Gérard Tréffiagat
BODÉRÉ Anne-Marie Pont L’Abbé
BODÉRÉ Jacques Pont L’Abbé
BŒUF Jacques Douarnenez médecin
BONNY Marie-Ange Pont L’Abbé
BOSC Sabine Plonéour Lanvern
BOUARD Jeannine Pont L’Abbé syndicaliste
BOUBY Danièle Tréogat
BOUER Yvonne Plouhinec
BOURDON Véronique Douarnenez
BOUVIER Claude Plouhinec
BOUVIER Jeannine Plouhinec
BRAIRE Jacqueline Guilvinec
BRAIRE Serge Guilvinec
BRIGNONEN André Loctudy
BURGOS Jean Loctudy
CABELLE-RIO Marie Thérèse Ploneïs
CACHEREUL Mireille Pont L’Abbé
CADIOU Christian Combrit
CAM Jean-Paul Penmarc’h
CAM Simone Douarnenez
CARIOU Alain Loctudy
CARIOU Mimi Loctudy
CARPENTIER Jérôme Pont L’Abbé
CELTON Marcelle Douarnenez syndicaliste CGT Lagassé
CHALLOPAIN Dominique Pont L’Abbé
CHARLES-DOMINÉ Patrick Douarnenez militant associatif
CHARLOT Maryvonne Guilvinec
CHARLOT Michel Guilvinec
CHEVALLEREAU Jean-Jacques Plobannalec Lesconil
CHEVER Patrick Loctudy
CLEMENDOT D. Pont L’Abbé
CLOAREC Jacques Douarnenez
CLOAREC Marie-Thérèse Douarnenez
COIC Albert Beuzec Cap Sizun
COLIMARD Jacques Poullan
COLIMARD Madeleine Poullan
CONAN André Douarnenez
CONAN Marie-Thérèse Douarnenez
COQUELIN Olivier Pont L’Abbé
COQUET Pierre Loctudy
CORVELLEC Joëlle Guilvinec
CORVELLEC Jean-Pierre Guilvinec
COSQUER Léon Plonéour Lanvern
COUAMME Claude Douarnenez
COUÉDRIAU Michel Tréffiagat
DANIEL Paule Pont L’Abbé
DANIELOU Annick Pont L’Abbé
DANTAL Bernard Penmarc’h
DANTAL Nicole Penmarc’h
DAUGUET Vincent Plonéour Lanvern
DECADI Solange Douarnenez
DECADI Claude Douarnenez
DEGÉ Jean-Marie Douarnenez Secrétaire départemental du PG
DELAIN Jérôme Plogonnec
DELALANDE Philippe Penmarc’h
DELHAYE Odette Penmarc’h
DEMAIMAY Jean-Pierre Douarnenez Secrétaire section  PCF
DE ROECK Sophie Douarnenez
DESFEMMES Marie Guilvinec
DESPLACES Dominique Plomeur
DESPLACES Lucette Plomeur
DONNARD Camille Penmarc’h
DORVAL Margot Loctudy Conseillère municipale
DOS SANTOS Fernand Penmarc’h
DUAULT Gilbert Tréffiagat
DUPAS Roger Pont L’Abbé
EVENAT Jean-Pierre Mahalon
FELICE Pierre Penmarc’h
FILOCHE Liliane Plonéour
FOLIOT Claude Combrit
FOLIOT Elise Combrit
FOSSORIER Gildas Douarnenez
FOSSORIER Huguette Douarnenez
FOSSORIER Patricia Douarnenez
FOSSORIER Régine Douarnenez
FRIN Michel Penmarc’h conseiller municipal
FUCHS Chantal Loctudy
FUCHS Robert Loctudy
GABRIELLI Annie Douarnenez
GADONAY Yvonne Guilvinec
GALATAUD Fabien Douarnenez militant PCF
GALATAUD Jean-Yves Audierne conducteur-receveur de car
GALLET Olivier Douarnenez responsable CGT
GAUVIN-DUPONT Frédérick Plonéour Lanvern
GENNARO Aldo Poullan/sur/Mer militant syndical
GENNARO Yannick Guengat militant Parti de Gauche
GESTLICH Gilbert Tréffiagat
GESTLICH Josette Tréffiagat
GLEMAREC Yves Douarnenez
GLEMAREC Marie-Hélène Douarnenez
GLOAGUEN Elisabeth Plobannalec Lesconil PCF
GLOAGUEN Patrick Plobannalec Lesconil secrétaire cellule PCF
GLOWACKI Valentine Combrit
GOASGUEN Nonna Penmarc’h
GONTIER Camille Douarnenez
GOUGI Fabrice Penmarc’h
GOUGI Margot Penmarc’h
GOURMELEN Marie Anne Ile Tudy
GRIVEAU Jean-Louis Douarnenez
GUEGUEN Gilles Combrit
GUENEC Jean-Jacques Plonéour Lanvern
GUERANGER Monique Guilvinec
GUICHAOUA Alain Penmarc’h Maire adjoint
GUILLAMET Jacques Douarnenez
GUILLOU Henri Plonéis
GUIRRIEC Louis Plobannalec
GUIZIOU Jean-Louis Guilvinec
GUIZIOU Joséphine Guilvinec
GUTTON Marie-Laure Pont L’Abbé  Maire adjointe
GUYOMARCH André Pont L’Abbé
HAMEURY Hervé Pont L’Abbé
HASCOAT Roger Loctudy
HASCOAT Yvette Loctudy
HEDDE Joël Combrit
HEDDE Pierrette Combrit
HÉLIAS Roger Penmarc’h
HELLEGOUARCH Guy Loctudy
HENAFF Lucienne Douarnenez
HENAFF Marcel Douarnenez
HENOT Albert Tréffiagat Maire honoraire
HENRY Jeanne Audierne
HOULEZ Isabelle Le Juch
JAFFRÈS Jean-Paul Douarnenez Cadre MSA
JAMIN Marie-Rose Tréffiagat
JAOUEN Roland Plonéour Lanvern
JAOUEN Sylvie Plonéour Lanvern
JEAN Gérard Penmarc’h
KERHOM Annick Plobannalec Lesconil
KERHOM Claude Plobannalec Lesconil
KERIVEL Michel Douarnenez
KERVISION Jean Tréffiagat
KERVISION José Léchiagat
KERVISION Marianne Tréffiagat
LAFAYE Christiane Penmarc’h
LAGADIC Marie-Aline Pont L’Abbé chanteuse
LANDAIS Loïc Loctudy
LANGE Jean-Pierre Penmarc’h
LANGE Nicole Penmarc’h
LARFAOUI Antoine étudiant à Brest
LARFAOUI Camille Audierne
LASCHKAR Jean-Louis Combrit Conseiller municipal
LAURENÇON Marie-Agnès Audierne
LAURENT Thérèse Loctudy
LE BELLEC Etienne Guilvinec
LE BERRE Gaëlle Pont L’Abbé Conseillère municipale
LE BRUN Chantal Guilvinec
LE BRUN Madeleine Guilvinec
LE BRUN Maxime Guilvinec
LE BRUN Michel Guilvinec
LE CAMPION Paul Pont L’Abbé
LE CAMPION Yvette Pont L’Abbé
LE CLOAREC Jacqueline Guilvinec
LE CLOAREC Jean-Claude Guilvinec
LE CLOAREC Robert Guilvinec
LE  DRÉAU Jeanine Douarnenez
LE FAOU Théo Guilvinec
LE FRIEC Jean-Yves Plomeur
LE GOFF Jeanne Guilvinec
LE GUERN Paul Tréméoc
LE MEUR Pierre Tréméoc militant syndical
LE MOAL Alexia Douarnenez
LE MOAL Fernande Douarnenez
LE MOUËL Dominique Plonéour Lanvern
LE MOUËL Jean-Yves Plonéour Lanvern
LE NOZERH Emile Plozevet
LE NOZERH Martine Plozevet
LE ROUX André Pont L’Abbé
LE SAOUT Barbara Trémeoc
LE STUM Dominique Tréffiagat
LEIBOVITZ Daniel Douarnenez
LEMÉE Pierre Penmarc’h
LEPRONT Claude Doarnenez
LESCHEVINE Emmanuel Douarnenez
LEVEN Jean-Yves Loctudy
L’HELGOUALC’H Marie-Rose Guilvinec
L’HELGOUALC’H Yves Guilvinec
L’HENORET Ernestine Loctudy
LUCAS René-Pierre Penmarc’h
MARANDOLA Jean-François Tréméoc
MARBLEZ Nelly Pont L’Abbé
MARBLEZ Ronan Pont L’Abbé
MARCOT Jean-Claude Pont L’Abbé
MARLET Christiane Plomeur
MARZIN Gwenael Plogoff militant syndical CGT
MELUSSON Claude Pont L’Abbé
MERRANT Catherine Plogoff
MILLET Jeannine Mahalon
MINIOU Jean Kerlaz lycéen
MOALIC Gaëlle Poullan/sur/Mer
MONTREUIL Catherine Combrit
MOREAU Louisette Penmarc’h
MOREAU Philippe Penmarc’h
MULLEMAN Suzanne Plomeur
NÉDELEC André Loctudy
NÉDELEC Emile Plobannalec Lesconil
NÉDELEC Jacqueline Loctudy
NÉGRERIE Jacqueline Douarnenez militante syndicale Lagassé
NOËNNEC Anne-Marie Pont L’Abbé
NOËNNEC Michel Pont L’Abbé
OLIVIER Alain Plozevet
OLIVIER Florence Guilvinec
OLIVIER Yves Guilvinec
PAPIAU Danielle Penmarc’h
PARET Michèle Douarnenez
PAUBERT Monique Pont L’Abbé Conseillère municipale
PAUGAM Jacques Penmarc’h
PAY Jacky Lesconil
PÉGAULE Odile Plogastel St Germain
PENCALET-KÉRIVEL Françoise Douarnenez candidate
PÉRON Marcel Penmarc’h
PEUZIAT Yves Plogastel St Germain
PHILIPPE Gilbert Loctudy
PHILIPPE Jeannine Loctudy Conseillère municipale
PICART Lionel Douarnenez
PICHON Pascal Audierne
PIERRET Sorence Douarnenez
PREVOST Monique Douarnenez ancienne Maire
PROPHATE Patrick Audierne
PROT Michel Pont L’Abbé syndicaliste
PROVOST Gaby Douarnenez
QUELAUDREN Isabelle Pont L’Abbé aide-soignante
QUELAUDREN Patrick Pont L’Abbé  Maire adjoint
QUÉFFELEC Marie Lise Penmarc’h
QUÉFFELEC Pierre Penmarc’h
QUEMENER Marcelle Guilvinec
QUILLIVIC Daniel Pont L’Abbé
QUINIOU Annie Douarnenez
RANNOU Sébastien Le Juch
RIO-CABELLO Adrien Ploneïs
RIO-CABELLO Antoine Ploneïs
RIOU Alain Loctudy
RIOU D Plomeur
ROBERT Paul Douarnenez
ROBERT Virginie St Albin-Plogonnec Syndicaliste
ROBERT Yves St Albin Plogonnec
ROHEL Marcel Loctudy
ROHEL Renée Loctudy
ROPERS Isabelle Pouldreuzic
ROPERS Jean Pouldreuzic
ROUÉ Claudie Tréffiagat
ROUSSEAU Gérard Beuzec Cap Sizun
ROUSSIN Yves Penmarc’h
SANCHEZ Céline Pont L’Abbé
SANCTORUM Jean-Claude Douarnenez
SEVEN Annick Penmarc’h
SIMON Denis Pont L’Abbé Conseiller municipal
SIMON Loïc Pont L’Abbé
SOUBEN-DEMAIMAY Nicole Douarnenez
STEPHAN Jacqueline Loctudy
STRULLU Marie Antoinette Douarnenez
TAGLIAFERRO Gwenaëlle Plobannalec
TANNEAU Julien Pont L’Abbé éducateur spécialisé
TASTEVIN Nicole Tréffiagat
TRIMAILLE Thierry Pont L’Abbé
TRIVIDIC Anne Pont Croix
TRIVIDIC Claude Pont Croix
TUPIN Hugues Douarnenez Conseiller municipal
TURPIN Véronique Loctudy
VIGOUROUX Paul Loctudy
VILLARD Claude Plobannalec Lesconil
VILLARD Jacques Plobannalec Lesconil
VOREAUX Alain Loctudy
ZÜRCHER Jacques Douarnenez

 

Association Front de Gauche du Pays Bigouden

L’association FRONT DE GAUCHE DU PAYS BIGOUDEN a été créée en Avril 2013

Après la séquence électorale de la présidentielle et des législatives de 2012, il appartient maintenant au Front de  Gauche de prolonger l’espoir qui a pris naissance durant cette  période d’intense activité.

Les orientations politiques de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par François Hollande, qui, s’obstinant à poursuivre la désastreuse logique du traité « merkozy », est à contre-courant des attentes du plus grand nombre.

Les différentes composantes du Front de Gauche, ainsi que leurs partenaires et amis ont clairement manifesté leur volonté de poursuivre leur action, pour faire cesser la casse  économique et sociale et imposer les changements qui sont nécessaires.

Pour cette tâche il est apparu nécessaire de faire participer pleinement, à coté des partis du FDG, les militants et sympathisants non encartés.

Le 12 Avril 2013 les statuts de l’association Front de Gauche du Pays Bigouden ont été adoptés et un Conseil d’Administration a été élu.    –> Les statuts (modifiés le 10 juin 2015)

Il ne s’agit pas de la création d’un parti, mais bien d’un collectif de citoyens associés aux partis composant le Front de Gauche. Tous les adhérents sont à part égale “membres du Front de Gauche” dans leur diversité et unis pour la même cause résumée par le programme “L’Humain d’abord”. (la cotisation annuelle est fixée à 20 € / 10 € pour étudiants et chômeurs).

Conseil d’administration :

CA du Front de Gauche du Pays Bigouden 10 Juin 2015
Marie-Paule Auriot Loctudy
Gaston Balliot Loctudy
Véronique Blanchet Pont L’Abbé
Olivier Coquelin Plomeur
Louis Guirriec Plobannalec
Marie-Laure Gutton Pont L’Abbé
Roland Jaouen Plonéour
Etienne Le Bellec Guilvinec
Robert Le Cloarec Guilvinec
André Le Roux Pont L’Abbé
Pierre Lemée Penmarc’h
Suzanne Mulleman Plomeur
Patrick Quelaudren Pont L’Abbé

Bureau de l’association (10 juillet 2015)

Gaston Balliot, coprésident
Véronique Blanchet, coprésidente
Marie-Laure Gutton, secrétaire
Pierre Lemée, secrétaire adjoint
Roland Jaouen, trésorier
Marie-Paule Auriot, trésorière adjointe

 Je rejoins le Front de Gauche association Pays Bigouden

 

Rencontres départementales du Front de Gauche le 25 octobre 2014 à Pont de Buis

Une centaine de participants (dont 7 du Pays bigouden) et une journée riche en débats et discussions.

Le matin nous avons réfléchi au bilan du Front de Gauche et à ses perspectives. L’après-midi, où associations et syndicats étaient invités, a été consacré à confronter les expériences de luttes en opposition à la politique du gouvernement.

Compte-rendu des débats de la matinée entre militants du FDG

Compte-rendu des interventions de l’après midi 1ere partie avec associations

Compte-rendu des interventions de l’après midi 2e partie avec syndicalistes


Déclaration du Front de Gauche le 6 sept 2014

Déclaration du Front de Gauche le 6 septembre 2014 à Montreuil

La politique suivie par le Président et le Premier ministre entraîne notre pays dans une grave crise économique, sociale, démocratique et politique. Crise économique que traduisent tous les indicateurs ; crise sociale avec un chômage qui s’enracine, la précarité et la pauvreté qui s’accroissent et les protections sociales qui sont constamment rognées ; crise démocratique avec un parlement, des élu-e-s territoriaux, des syndicalistes jamais écoutés et souvent pas consultés ; crise politique du fait de la fuite en avant néolibérale de ce pouvoir contestée au sein même de sa majorité politique. Ces crises alimentent un repli identitaire et nationaliste qui favorisent la désignation de boucs émissaires et font progresser la xénophobie et tous les racismes.

L’ensemble de celles et ceux qui avaient permis la défaite de Nicolas Sarkozy se retrouvent désemparé par cette politique loin, très loin, des valeurs traditionnelles de la gauche. Ce gouvernement se retrouve ainsi de plus en plus illégitime.

Les orientations internationales de François Hollande concourent à cette perte de repère. Il rompt avec la politique traditionnelle de la France à l’égard de la Palestine, s’engage dans des guerres sans qu’apparaisse une stratégie d’ensemble conduisant à des paix durables, se retrouve impuissant avec l’Union européenne à solutionner des conflits internes à l’Europe. Pire, son attitude à l’égard des manifestations de soutien au peuple palestinien cet été, permet de croire qu’il souscrit désormais au « choc des civilisations » cher à Mr Bush en transformant un conflit entre États en guerre de religion et en mettant à l’index les jeunes des quartiers populaires suspectés d’être antisémites.

La constitution du gouvernement Valls 2 n’a fait qu’aggraver les choses en soulignant la pratique autoritaire de ce gouvernement et la multiplication d’interventions inspirées par les exigences du MEDEF. Il expulse des ministres qui expriment leur doute sur la politique suivie, il se fait acclamer par les grands patrons, remet en cause les avancées de la loi sur le logement, poursuit la multiplication des menaces sur le code du travail et sur les 35 heures, reprend des thèmes de la droite visant à culpabiliser les citoyens comme le contrôle des chômeurs etc… etc… Cette ligne suicidaire pour le pays et pour la gauche est clairement assumée par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par le premier secrétaire du parti socialiste.

Ce n’est pas de coupes drastiques dans les dépenses publiques dont la France a besoin mais au contraire de plus de services publics, de protection sociale et d’investissements publics. Cette politique ne peut que mener notre pays qu’à la catastrophe. Elle ne fait qu’un gagnant : les actionnaires dont les dividendes ont augmenté de 30 % au second trimestre 2014 comparés au même trimestre de l’année précédente. Des alternatives existent à condition de répartir autrement les richesses, de partir des besoins sociaux et de la nécessité de répondre à la crise écologique.

Pour imposer sa politique, le président de la République s’appuie sur les institutions de la Ve République. Or celles-ci sont de plus en plus contestées au fur et à mesure que se révèle leur caractère antidémocratique. Une refondation démocratique avec comme perspective la VIe République s’avère comme un moyen essentiel de sortie de la crise. Il est temps de redonner la parole au peuple par un véritable partage des pouvoirs et des responsabilités du local au national. Ce sursaut démocratique doit s’enraciner dans une mobilisation sociale et politique sans précédent.

Le débat sur la politique économique et sociale du gouvernement provoque des fractures au sein même de la majorité gouvernementale. Cette situation ne peut se trancher par un coup de force gouvernemental condamnant la représentation nationale au silence à coup de 49-3 ou d’ordonnances. Tous les parlementaires de gauche qui doutent de cette orientation doivent  voter contre la confiance au gouvernement de Manuel Valls.

Dans cette situation, les mobilisations sociales, les réactions citoyennes sont indispensables pour casser l’offensive du gouvernement et du Medef. Le Front de gauche est favorable à la constitution d’un très large front de résistance pour mettre en échec la politique du gouvernement. C’est dans cet état d’esprit qu’il participe au Collectif, créé lors de la manifestation unitaire du 12 avril 2014, qui regroupe nombre d’organisations syndicales, d’associations et de partis politiques et qui constitue un premier pas vers une dynamique plus large.

Au plan politique le Front de gauche souhaite prendre les initiatives nécessaires à la convergence de celles et ceux qui veulent contribuer à un rassemblement majoritaire permettant de porter une alternative aux choix du pouvoir actuel. Un grand débat national doit avoir lieu sur cette question dans lequel les citoyennes et les citoyens doivent être présents à égalité de responsabilité. Dans cet esprit, le Front de gauche vous appelle d’ores et déjà à participer aux nombreuses initiatives qui auront lieu à la fête de l’Humanité.


L’expérience de l’association Front de Gauche pays de Morlaix

L'expérience de l'association Front de Gauche pays de Morlaix, notre attente d'un Front de Gauche plus citoyen  (déclaration d'août 2014)

Front de Gauche pays de Morlaix 2, petite rue de Callac – 29600 Morlaix – 06 20 90 10 52 – frontdegauchemorlaix@gmail.com  http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

Historique

Le Front De Gauche du pays de Morlaix prend naissance autour de militants du PCF, du PG, de la GU , de la FASE, d'ATTAC, et de quelques militants du comité de chômeurs local ( mncp 29) dans le travail des régionales de 2010. Il continue à se renforcer lors des cantonales, pour atteindre sa pleine puissance lors des présidentielles et législatives de 2012.

Pour les présidentielles, il réalise 15,5% à Morlaix et 12% sur la circonscription. Nos jeunes candidats aux législatives, Ismaël Dupont, 32 ans, et Marie Huon, 22 ans, atteignent 8,6% à Morlaix, et 5,6% sur la circonscription, face a des poids lourds politiques: Marylise Lebranchu, ministre, et Agnès Le Brun, maire de Morlaix et parlementaire européenne.

Une centaine de militants engagés sur cette campagne du front de gauche Morlaix, en feront la principale force militante. L'association 1901 Front De Gauche Morlaix voit le jour en décembre 2012.

Aux municipales, nous réaliserons encore 15,5% à Morlaix, 11% à Plouigneau et 22% à Plouégat-Guerrand par exemple… Au total, sur le pays de Morlaix, nous avons 4 élus majoritaires, 6 élus d'opposition, mais un seul élu à la communauté d'agglomération. Ces élections et cette brillante campagne municipale commencée très tôt, ont cependant donné une grande lisibilité au FDG Morlaix, et permis d''appliquer le programme « l'humain d'abord » dans nos propositions.

Aux élections européennes, malgré un résultat à Morlaix de 8,9 % doublé par rapport aux précédentes, et un résultat supérieur à ceux de la région et de la nation, la déception est grande.

Aujourd'hui, l'association FDG Morlaix c'est toujours une centaine de sympathisants, 65 adhérents, composé d'une douzaine de militants PCF, de 7 militants d'ensemble, de 6 militants du parti de gauche, et surtout d'environ 60% de militants engagés et membre de l'association, non encartés dans un parti politique. Le Front de Gauche Morlaix s'est constitué en association en même temps que d'autres collectifs locaux sur le Finistère: il a contribué à l'émergence d'une Coordination départementale du Front de Gauche qui se réunit tous les mois avec des représentants des collectifs locaux et des partis pour engager la réflexion commune et échanger des informations, engager des initiatives départementales.

Pourquoi ça marche?

Notre FDG rassemble depuis l'origine différentes sensibilités, dont presque toutes les composantes du Front de Gauche, qui n'ont pas ou peu de passé d'antagonismes sur la région de Morlaix. Il n'y avait pas non plus de postes d'élus d'union de la gauche à sécuriser localement qui auraient pu justifier que l'on freine le développement du Front de Gauche… Le PC local, ainsi que les autres composantes locales, ont fait le choix du Front de Gauche avec constance et sans ambiguïté. La section PCF avait mis en débat les orientations du congrès de 2008: fin 2009, à l'occasion des régionales, elle avait choisi le Front de Gauche à 90% des adhérents, alors qu'une liste PS-PC-UDB se présentait aussi.

Un climat de confiance s'est installé entre les gens. On n'a jamais fonctionné dans un esprit de clans entre militants des différents partis et les citoyens. On s'appuie sur les orientations et les valeurs rassembleuses du programme« L'humain d'abord » et sur le principe « un homme, une voix » pour prendre nos décisions.

Toutes les réunions sont publiques, annoncées dans la presse. Il n'y a pas besoin d'être adhérent pour y participer.

Nous avons pris la décision de l'ouverture aux non encartés. Elle s'est traduite notamment par la création d'une association avec des statuts et une organisation souple. Cette association visait à avoir un fonctionnement durable en dehors des périodes électorales, à donner un vrai pouvoir de décision aux citoyens non encartés militant dans le Front de Gauche, à expérimenter au niveau local un fonctionnement que nous aimerions voir appliquer sur le plan national, à avoir des finances autonomes pour mener nos campagnes politiques et d'éducation populaire tout au long de l'année.

Nous n'avons jamais évité les débats compliqués, vis à vis desquels les organisations politiques composant le FDG n'avaient pas la même approche sur le plan national (l'énergie, la centrale à gaz de Landivisiau, Notre-Dame-des-Landes, les langues et cultures régionales….). Pouvoir mener sans tabou et de manière approfondie et sereine ces débats nous a renforcé.

Nous visons le consensus, remettons quand c'est possible les décisions d'orientations qui ne font pas accord de tous plutôt que d'organiser trop vite des votes clivants. Nous pouvons organiser des votes si nous ne trouvons pas de consensus au bout de deux débats.

Dans notre fonctionnement externe, nous sommes à la recherche d'actions de proximité (porte-à-portes), d'éducation populaire (conférences-débats) et innovantes: journées porteurs de parole, goûters dans les quartiers avec fanfare et chorale, journées citoyennes du FDG avec partie artistique et festive, causeries citoyennes dans les cafés, édition d'un journal local trimestriel, de cartes postales. Nous sommes très investis aussi, et souvent comme force mobilisatrice dans des combats unitaires: défense des services publics, de l'emploi dans l'agro, lutte contre le TSCG, la réforme des retraites, l'ANI, contre l'aéroport de NDDL, pour le droit des palestiniens, contre l'extrême-droite…

Les leçons qu'on en tire

L'importance de l'écoute vis à vis des citoyens, et au sein du FDG, des non encartés. Pour nous, l'essentiel, c'est de chercher à réconcilier les citoyens avec la politique au sens noble et à construire le Front de Gauche comme outil de rassemblement populaire.

Malheureusement, nous avons le sentiment qu'au niveau départemental, régional, national, des obstacles s'opposent dans bien des endroits au développement des collectifs citoyens du Front de Gauche (mauvaise entente des partis, désaccord avec la ligne du FDG, intérêt des élus, conflits de personnes….).

Il n'y a pas non plus de véritable volonté d'initier la construction citoyenne du Front de Gauche partout sur le territoire national.

Il faut pourtant construire les conditions pour reconstruire une gauche qui parle au peuple et se fait entendre de lui.

Cela demande de la cohérence sur le plan des stratégies électorales et deconcevoir le Front de Gauche autrement que comme un cartel d'organisations et une alliance électorale ponctuelle: pour nous, à condition de le développer partout au niveau local, c'est le creuset d'une repolitisation des citoyens, d'une reconstruction d'une gauche populaire, offensive et efficace.

Notre attente

Que les assemblées locales du Front de Gauche, et en leur sein par conséquent les citoyens non encartés, puissent peser sur les propositions, les orientations, les stratégies du Front de Gauche sur le plan national. Actuellement, le pilotage du Front de Gauche se fait de manière trop pyramidal et partidaire, en laissant de côté les citoyens et l'expression de ce qui se pense et se fait à la base.

Une plus grande volonté de développer le Front de Gauche comme mouvement citoyen et non comme simple cartel d'organisation à visée électoraliste est nécessaire si on veut sortir par le haut de la crise interne actuelle et peser davantage sur le rapport de force national.

Il faut que les collectifs locaux, et pas seulement les dirigeants des partis et des personnalités cooptées, puissent s'exprimer et influencer les décisions sur le plan national.

Il faut aller vers une adhésion directe au FDG sans pour autant enterrer les partis qui composent ce rassemblement. 


 

Résolution de Ensemble le 15 juin 2014

Résolution politique adoptée par le Collectif national de Ensemble les 14 et 15 juin 2014.

1 Quelle analyse de la crise démocratique ?

L’ensemble des pays européens est touché par un rejet de l’Europe actuelle s’exprimant par une abstention massive et une percée des formations xénophobes et nationalistes. Mais, dans cette vague dominante, s’expriment aussi des scores importants pour la gauche radicale comme en Grèce avec la victoire de Syrisa ainsi que dans d’autres pays en particulier dans l’Etat espagnol.

La singularité française réside en la victoire de l’extrême droite qui creuse un écart déterminant avec la gauche radicale. Même si cette victoire était parfaitement prévisible et annoncée par tous les sondages, il faut mesurer le malaise et le choc provoqués dans la société qui montre que le FN n’est pas perçu comme un parti comme les autres (et c’est positif). Cette victoire est d’abord le résultat de la politique menée par ce gouvernement venant de la gauche, (alors qu’en Europe on a une majorité de gouvernement de droite ou de coalitions gauche-droite) qui, porté au pouvoir pour résister à la finance, fait exactement l’inverse en bouchant l’horizon politique pour toutes les victimes de la crise. Le résultat en a été une abstention massive de l’électorat de gauche, qui n’a nullement basculé vers le FN, mais que le FdG a été incapable d’attirer.

Le désarroi l’a emporté, y compris dans le mouvement social. Parallèlement à un retrait des urnes, on a aussi assisté à un retrait dans les mobilisations, qui sont restées localement importantes, mais d’un faible niveau quand il fallait mettre en cause les choix du gouvernement. La conscience antilibérale n’a pas su trouver une expression politique capable de prendre l’hégémonie à gauche, et a donc reculé, laissant la place aux valeurs de repli et d’exclusion que la droite et l’extrême-droite ont su porter de leur côté. D’abord frappé par l’abstention aux municipales, y répondant par l’aggravation de sa politique avec la nomination de Valls et l’annonce du pacte de responsabilité, il a alors achevé le découragement et augmenté le rejet, et ouvert ainsi la voie au renforcement d’un vote sanction de droite autour du FN. Le PS connait une défaite historique, les écologistes régressent pour avoir accompagné cette politique gouvernementale, mais la gauche de gauche n’en profite pas, ainsi que le montrent les scores maintenus du Front de gauche et la disparition électorale de LO et du NPA. Seule « Nouvelle Donne » avec 3% s’invite dans le nouveau paysage politique.

Dans les années 90 et 2000, en France mais aussi en Europe (Italie, Allemagne, Portugal, puis Grèce), la combinaison d’un haut niveau de combativité, l’apparition de nouveaux mouvements sociaux, et le développement de gauches radicales, avait commencé à modifier la donne et fait mûrir bien des espoirs. Aujourd’hui sur ces trois terrains la situation n’a pas été suivie de progrès linéaires (surtout en France), elle s’est parfois inversée, des reculs se sont produits, comme si des ressorts de combativité sociale et de nouvelles alternatives politiques s’étaient affaiblis. De nouveaux ressorts de radicalité apparaissent dans le domaine de la production ou de la consommation mais sans être à la hauteur nécessaire et sans expression politique ou électorale.

Il semble bien qu’en France, mais sans doute dans d’autres pays européens, se nouent différents niveaux de crise qui constitue une crise globale, à laquelle s’ajoute un moment de crise politique / crise de régime au sens plein du terme :

- Les différentes crises économique, sociale qui déstructurent depuis des décennies le monde du travail et la société dans son ensemble avec un processus de paupérisation, le recul de l’autonomie réelle, de perspectives frappant les jeunes et les femmes avec la montée du chômage et de la précarité.

Une crise d’épuisement des modes de production et de consommation nourrissant une prise de conscience grandissante des besoins et des urgences écologiques qui contraste avec l’inertie gouvernementale en la matière ou la poursuite de projets inutiles et dangereux

L’existence d’un racisme important qui cohabite conflictuellement tandis que le métissage continu de la population se poursuit

Un sentiment de déclassement, de pertes de repères, dans un monde où le centre de gravité se déplace au Sud et en Orient ; une inquiétude générale face à la mondialisation dont les effets de concurrence et de compétition n’épargne presque plus aucune catégorie de la population

L’Europe telle qu’elle est apparaît davantage comme une menace de plus que comme une protection : sa construction n’étant ni solidaire, ni sociale, ni démocratique, le rejet est général

Le maintien quels que soient les changements de gouvernement, les résultats de référendum, les crises et des effondrements financiers bancaires, des mêmes politiques libérales

La mise en cause du clivage gauche/droite. Sous une double pression : celle du constat que le parti qui est perçu comme étant la gauche mène au gouvernement une politique de droite ; ce qui se traduit par une perte de fonctionnalité de la bipolarisation politique PS/UMP ; celle du FN qui travaille à substituer aux oppositions de classe une opposition sur critère « national-ethnique »…

Une crise de légitimité politique, quand la politique menée par le gouvernement est à ce point contradictoire avec les aspirations de celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir qu’elle entraîne abstention massive ,et provoque un vaste mouvement de rejet de la politique, dans l’électorat de gauche, puisqu’une nouvelle fois est démontrée, et avec violence, l’abdication devant le libéralisme sans aucune volonté de changement.

La crise de l’alternative et du projet d’émancipation : nous ne sommes ainsi pas sortis de la crise du projet de transformation sociale issu de l’effondrement du « socialisme réellement existant » et nous ne pouvons aujourd’hui nous adosser à rien de comparable à ce qui a été l’espérance communiste il y a quelques décennies ; cela rend plus difficile de porter un projet d’émancipation critique du capitalisme, ce d’autant plus que le PS, ce réclamant de la gauche n’a de cesse de clamer qu’il n’y pas d’autre politique possible.

A ce stade, cette crise globale s’exprime par un rejet du système de représentation politique, une crise démocratique au sens large du terme : que reste-t-il du pouvoir du peuple à l’âge de la domination de l’oligarchie capitaliste mondiale ?

Dans cette situation le FN dispose d’une avance inquiétante.

En revanche, Le rejet des politiques menées n’a pas profité à la gauche de la gauche, les résultats des listes FDG même s’ils se maintiennent représentent un échec dont il faut analyser les causes :

- malgré un programme clair et l’avancée stratégique de l’articulation "rompre, désobéir, refonder" nous n’avons pas su être suffisamment concrets ;

- dans le meilleur des cas, nos propositions ne sont pas ressorties clairement, dans le pire, c’est un discours cacophonique qui s’est fait entendre

- la composition de nos listes laissait peu de place à la diversité ;

- La tonalité de la campagne n’était pas celle d’une gauche radicale et alternative porteuse d’espoir et de rêve.

Au-delà, il faut s’interroger sur le fait de savoir pourquoi les électeurs de gauche qui se sont abstenus pour manifester le rejet de la politique du gouvernement n’ont pas voté pour le FDG ;

2/La compréhension de ce qu’est le FN.

Beaucoup a été écrit : première force nationale, première chez les jeunes et chez les ouvriers, extension géographique aux régions jusqu’ici peu touchées. Capacité à partir d’un noyau initial de conviction (le rejet de l’immigration) à récupérer un discours anti austérité, social cherchant à imposer la question identitaire et sécuritaire.

On oscille alors dans les commentaires entre :

- une vision catastrophiste (le FN serait aux portes du pouvoir, parce qu’il fédérerait toutes les composantes du camp réactionnaire mobilisé sur de multiples thèmes…), à quoi s’ajoute une hésitation sur la caractérisation : extrême-droite, droite extrême, fasciste ?

- et une relativisation pouvant aller jusqu’au déni : ce serait une réalité seulement électorale (qu’il ne faut pas grossir), voire un simple artefact organisé par les médias au service d’intérêts politiciens (ceux du PS). Ou bien alors une réaction, une poussée de fièvre chronique, face à des tendances de fond : mondialisation, métissage, européanisation, modification des structures familiales, qui finalement s’imposeront. Mais quelque fois la fièvre peut emporter le malade…

La direction du FN se pose maintenant la question de l’accès au pouvoir. D’autant que le FN dispose de réserves électorales au sein des abstentionnistes en particulier au sein des secteurs profondément désocialisés et marginalisés (non inscrits aujourd’hui sur les listes). Dans cette hypothèse dramatique, l’utilisation de tous les aspects négatifs de la constitution de la Vème République pourrait entrainer des effets considérables.

Or, il y a une montée en puissance du FN, et de sa crédibilité, qui agit sur toutes les forces politiques et tire à droite l’ensemble du champ politique, ce qui constitue l’élément le plus grave de la conjoncture : légitimation du racisme et des discriminations, droitisation supplémentaire de l’UMP et justification d’un cours gouvernemental encore plus droitier. Le FN y répond à sa manière ; raciste, xénophobe, sexiste, homophobe, antisémite, islamophobe… Il développe une réponse simpliste aux inquiétudes et aux différentes facettes de la crise actuelle. En particulier, il exprime le rejet de la classe politique, de la politique traditionnelle, des affaires, la volonté de renouvellement (beaucoup de candidats jeunes). De plus, le FN continue à piller les thèmes sociaux, écologiques, altermondialistes, anti-austérité, entretenant la confusion et renouant ainsi avec une tradition qui était celle du fascisme originel.

3- Quels changements politiques dans la nouvelle phase politique ?

Les contradictions du PS.

La politique de François Hollande a conduit le PS à subir une défaite électorale majeure, qui compromet durablement son assise territoriale. La deuxième phase du quinquennat avec la nomination de Valls va être dominée par une politique d’austérité beaucoup plus sévère et systématisée. Il est inévitable que cette situation conduise à des contradictions de plus en plus fortes au sein du PS et dans la majorité gouvernementale, et à des reclassements politiques importants. Le gouvernement Valls se présente en effet comme disposé à mettre sa propre majorité au pied du mur, voire à l’affronter, sur le thème : « c’est l’acceptation de ma politique ou le chaos de la crise gouvernementale, à vous de choisir ». Il semble bien que le projet de Hollande et de Valls vise à pousser plus loin le processus de transformation du PS en parti démocrate, processus déjà en cours mais forcément facteur de crise et de résistance par son coût social (et électoral !).

Les premières modifications sont apparues à l’initiative du Président.

° Le gouvernement Valls, c’est une meilleure communication et davantage d’autorité, avec l’exigence d’une discipline accrue demandée à la majorité. C’est aussi paradoxalement, du fait de la sortie d’EELV du gouvernement et de la contestation au sein du PS, davantage de jeu dans la vie parlementaire, en fonction de la nécessité de répondre à cette contestation, de contenir la crise de légitimité de Hollande (d’où l’épineuse hypothèse de la dissolution), et de favoriser l’expression de soutiens venant de la droite à la politique menée.

Même si, à l’exception du FN, l’exigence de la dissolution n’est pas actuellement avancée, la question d’une autre majorité est posée, à partir des deux bords de l’échiquier parlementaire. Continuons à y réfléchir mais en l’assortissant de la double exigence de la 6ème république et du processus constituant comme réponse à la crise de la politique et au moment de crise de régime.

A gauche du PS, avec la contestation de la nomination de Valls et le refus d’approuver sa feuille de route, à quoi s’ajoute le refus d’EELV de participer au gouvernement, se dessinent les contours potentiels d’un rassemblement de forces prônant une rupture avec la politique d’austérité.

La droite est elle-même en crise : une crise profonde qui est en fait l’addition du Sarkozysme. Celui-ci en se faisant élire en 2007 en vampirisant les voix du FN et en cherchant à se faire réélire en rompant les digues construites en 1945 entre la droite et l’extrême droite, a laissé un héritage explosif. Dans un contexte où s’additionnent affaires et règlements de comptes, c’est bien la ligne politique qui est en question. La réponse du triumvirat qui a déposé Copé, à défaut de pouvoir toucher pour l’heure Sarkozy, vise à reconstruire une droite libérale alliée avec le centre droit.

Du côté des centristes, voire de certains UMP, l’abstention et quelques votes positifs par rapport à la politique portée par Valls, en cohérence avec le soutien au Pacte de responsabilité, indique une possible majorité avec un centre de gravité centriste. Si celle-ci se concrétisait, elle libérerait des espaces de recompositions, d’un côté entre droite néoconservatrice et extrême-droite, de l’autre, entre gauche non gouvernementale et des secteurs du PS voulant maintenir l’ancrage « socialiste » du PS.

Ces dynamiques sont entravées par le carcan de la Ve République, mais elles indiquent des évolutions qui peuvent s’accélérer en cas d’aggravation de la crise économique et politique. Inversement elles se verront d’autant plus bloquées que deviendra progressivement prégnante l’échéance de 2017. Ce à quoi s’est immédiatement attelé le nouveau Secrétaire national du PS.

° La nomination à la tête du PS de Cambadélis ce n’est pas seulement la reprise en main de la direction du parti, c’est un ordre de mission : sauver le soldat PS en 2017. D’où la valorisation de la thèse du « tripartisme » : sous menace d’une catastrophe, il faut assurer la présence du PS au 2è tour, ce qui implique de rassembler le PS, et la/les gauche(s)… Du coup on escamote la politique d’austérité, dont Bruxelles serait davantage responsable que l’Élysée. Ce qui tend à considérer que ceux qui à gauche font de leur priorité de la dénonciation du Pacte de responsabilité cèdent à un gauchisme irresponsable.

Difficultés et perspectives du Front de Gauche

Le débat ouvert au sein du PC mobilise au-delà des habituels cadres opposés au Front de gauche, les pertes subies lors des municipales et les tensions avec J-L Mélenchon relancent la critique d’un FdG qui ne permet pas, contrairement aux promesses de la direction, de renforcer les positions du Parti. Le rapport au PS n’est donc pas encore clarifié malgré une condamnation sans équivoque de la politique gouvernementale.

Du côté du PG ,un débat va-t-il s’ouvrir sur la surestimation d’un rapport de force censé bousculer toute la gauche et le Front de gauche lui-même, et qui justifiait une posture de conflit et de rapport de forces au sein du FDG, sur le profil public que cela entraînait et sur le fait de privilégier une autoconstruction de ce parti autour de son leader ? Si le PG maintient l’optique du rassemblement dans le FDG, ces questions ne sont pas résolues.

La contestation au sein du PS et d’EELV va continuer à se développer alimentée par le cours de plus en plus droitier de Hollande/Valls Elle peut permettre des convergences entre ce que défend l’ensemble du FDG en termes de nouvelle majorité à gauche, mais celles-ci sont également susceptibles d’être percutées par la politique que va engager Cambadélis en terme de rassemblement de toute la gauche face au danger FN en 2017.

Cela dit, le type de politique suivi par Hollande, les difficultés rencontrées dans le Front de gauche, peuvent laisser place à un sursaut collectif.

La division du NPA ne doit pas être lue comme superficielle et ne donnant lieu qu’à quelques manœuvres pseudo unitaires. A présent deux sensibilités se jugent réciproquement comme antagoniques. Ce qui signifie des évolutions qu’il faudra prendre au sérieux et qui appelleront des propositions (comme Ensemble l’a préconisé à propos des européennes). Sans ultimatisme c’est un rapprochement avec le FDG que nous devons proposer au NPA. De même l’existence de Nouvelle Donne risque d’être pérenne. Il faut donc là aussi être force de propositions par rapport à eux.

Il semble qu’il faille clarifier en quoi l’affirmation d’un « pôle » rassemblant forces politiques, syndicalistes, associatives, pour porter une politique alternative au néolibéralisme, n’interfère pas (ou interfère de manière positive) avec la nécessaire unité syndicale et salariale porteuse de mobilisations sociales. Face à la montée du FN, l’unité des forces revient comme une nécessité première pour le contrer, cela concerne le mouvement syndical et social, mais aussi la recherche du rassemblement à gauche, non pas autour de la politique du PS au gouvernement, mais autour d’une politique s’opposant à la politique du gouvernement et l’austérité et offrant une alternative de pouvoir, qui ne peut se résumer au Front de gauche seul.

Il y aura dans les mois qui viennent, dans la phase d’application du pacte de responsabilité, une série de décisions concernant des réductions massives de crédits : services public, hôpitaux, collectivités territoriales, transformation écologique… A chaque fois ce sera une occasion pour le mouvement social de se manifester en opposition, et à chaque fois ce doit être aussi l’occasion de tester et conforter la convergence d’une opposition commune FdG/EELV/PS dissident-e-s/NPA/ND, et avec la nécessité de mettre en avant des solutions alternatives. A chaque fois, il reviendra au Front de gauche d’être actif , offensif, unitaire, pour rassembler une opposition politique de gauche, en lien avec le mouvement social, tout en faisant avancer un travail commun avec écolos et socialistes dissidents sur les contenus autour desquels pourrait se dessiner une majorité alternative. On va donc avoir une période, plus ou moins longue, où il est possible et souhaitable, qu’un rassemblement se forge dans l’expérience des débats parlementaires et des réactions du mouvement social.

Dans la construction du rassemblement large, allant du NPA à la gauche du PS, il peut y avoir une tentation ou une volonté (venant de divers côtés) de s’en tenir à des échanges, des débats, par ailleurs absolument indispensables comme première étape. Ces débats publics incluant le Front de gauche peuvent dessiner l’hypothèse d’une autre politique et d’une autre alliance pour les années à venir, dont le centre de gravité serait évidemment différent de celui de Hollande en 2012. Mais la crise actuelle de la confiance et de la représentation politique est telle que cela ne saurait suffire. Il est nécessaire de tenter par des actes, dans les mobilisations et sur le plan parlementaire, de faire émerger l’espoir qu’une autre politique est possible maintenant et pas en 2017, même si cela doit passer par une mise en minorité parlementaire et une crise du gouvernement. Si cela n’est pas tenté à gauche, le risque existe que cela soit tenté à droite, aggravant encore plus la situation.

Dans ce cadre, le Front de gauche devrait préparer soigneusement des propositions autour des axes d’une autre politique, afin de nouer éventuellement des alliances le moment venu :

- une grande réforme fiscale

- des mesures pour désobéir à l’Europe libérale et refonder l’Europe

- des mesures d’urgence pour de nouvelles institutions plus démocratiques (vers une 6ème République)

- des mesures pour une transition énergétique en rupture avec le productivisme

- des mesures d’urgence pour les droits sociaux (protection sociale, droit du travail, réduction du temps de travail…) et humains fondamentaux.

Tout ceci est lié aux questions décisives pour le FdG : quelle autre politique opposer à celle du pouvoir socialiste telle que concentrée dans le Pacte de responsabilité ? Quelles articulations entre mesures pouvant peser sur des points de rupture de cette politique ? Quelle cohérence économique opposer à celle du néolibéralisme ? Quelle perspective de société ?

Il y a nécessité pour Ensemble et pour le Front de gauche d’affirmer une disponibilité à travailler à une nouvelle majorité antilibérale et anti-austéritaire, impliquant un rassemblement avec des secteurs du PS et de EELV s’opposant au couple Hollande/Valls et aux dogmes du Pacte de stabilité, et dessinant la possibilité d’une autre majorité, incluant aussi Nouvelle Donne, le NPA, les courants écologistes critiques et les libertaires qui le souhaiteraient. Le pôle de résistance sociale et politique apparu le 12 avril peut être un point d’appui pour cette perspective ; et inversement, tout pas en avant dans cette voie politique nouvelle et alternative serait un encouragement pour les mobilisations.

4. Les résistances et les points d’appui pour une alternative

Une des difficultés de la situation réside dans l’absence de conflits sociaux majeurs s’opposant à la politique du gouvernement et aux diktats du MEDEF. La mobilisation concernant les retraites en 2010 s’est soldée par une défaite. Sarkozy durant son quinquennat a méthodiquement divisé et affaibli les secteurs de mobilisation forte. L’adoption du traité de Lisbonne foulant aux pieds les résultats de la mobilisation citoyenne qui avait accompagné le non au TCE en 2005 a également provoqué un désarroi d’autant que cette ratification parlementaire avait été facilitée par l’accord avec le PS.

Un changement d’état d’esprit est possible parmi les salarié.es comme le montre la mobilisation des cheminots et des intermittents du spectacle. Il peut y avoir une prise de conscience qu’il faut revenir à la mobilisation collective décomplexée face à un gouvernement de gauche qui fait une politique de droite. Des mobilisations et des résistances s’expriment et qui sont d’autant plus importantes qu’elles annoncent sans doute les caractéristiques des luttes de demain. D’autant plus que s’y ajoutent des aspirations dans la société à produire , à consommer et à vivre autrement.

Ainsi la victoire de Fralib est à noter non seulement sur les capacités de résistance des travailleurs/travailleuses de cette entreprise, parce beaucoup de luttes de ce type se sont soldées par des défaites et des fermetures de sites, mais parce qu’elle implique une capacité à reprendre en charge la production, à défendre une économie solidaire et à ouvrir un autre horizon celui de la coopération, de l’écologie et le l’autogestion.

Les mobilisations contre l’aéroport de NDDL et contre la ferme des Milles Vaches sont porteuses d’avenir. Parce qu’elles croisent les combats écologiques, démocratiques, contestant aux grandes firmes le contrôle des choix d’avenir. Elles montrent toute l’importance des mobilisations contre les équipements inutiles et dangereux, le productivisme et l’importance de mener ces luttes à l’échelle internationale. Les campagnes STOP TAFTA contre le grand marché transatlantique et l’initiative internationale COP 21 pour le climat sont des enjeux majeurs pour cela.

Les mobilisations de jeunes contre le FN qui viennent de débuter sont également un terrain de politisation des nouvelles générations à suivre attentivement. Faire barrage, contrer le racisme, s’affronter à ceux qui du même âge votent et adhèrent aux idées du FN, ce sont sans doute des éléments d’entrée en politique au même titre que se battre contre le chômage, le précariat ou la cherté du logement. Toutes luttes dont nous ne connaissons sans doute pas les formes actuellement.

La fonction publique va subir de plein fouet les 50 milliards d’économie. La possibilité de résistances, de mobilisations pour défendre pouvoir d’achat et services publics au vu de la brutalité des politiques qui vont être menées doit également retenir toute notre attention.


Résolution du Conseil national du PG 15 juin 2014

Parti de Gauche – Résolution politique (14 et 15 juin 2014)

Les dernières élections ont constitué une nouvelle déflagration dans la vie politique de notre pays. Jamais l’Union européenne n’a exercé autant de pouvoir sur nos vies mais la majorité des électeurs s’est détournée des urnes. Déchiré par des décennies de « réformes » néolibérales et un chômage grandissant, le pays n’en peut plus. Il n’y croit plus. L’abstention massive est le signe que l’oligarchie a expulsé le peuple de la vie politique. Après les ouvriers et chômeurs dont le retrait de la vie civique est structurel, ce sont presque toutes les catégories sociales qui n’exercent pas leur souveraineté politique. Dès lors, la réappropriation populaire du pouvoir politique devient plus que jamais une priorité. La Cinquième République est à bout de souffle. La Sixième République cherche son chemin. La revendication de la Constituante incarne cet horizon.

Que reste-t-il de la souveraineté du peuple proclamée en 1789 ? Le budget du pays est contrôlé par la Commission européenne. Les choix nationaux et européens des gouvernements successifs ont libéré la finance de la tutelle étatique, lui permettant d’imposer la sienne dans tous les domaines de la vie  sociale. Demain le Grand Marché Transatlantique prévoit de mettre les transnationales à l’abri des lois nationales et la réforme territoriale menace les échelons locaux où se construit la citoyenneté, impose la compétitivité en lieu et place de la solidarité, dégrade un peu plus notre héritage républicain. Ce déni de la volonté populaire a pris en France un visage, celui de François Hollande. Jamais on ne vit un président élu renier si vite et si fortement ses engagements de campagne. Le monarque républicain est détesté alors qu’il est censé être la « clé de voûte » des institutions.

Dans cet océan d’abstention, le premier parti des européennes mobilise seulement 10% des inscrits. Mais alors que l’autre gauche réussit des percées dans plusieurs pays d’une Europe ravagée par l’austérité, notamment en Grèce (33%) et en Espagne (20%), alors qu’elle passe de 35 à 43 élus au Parlement européen, en France, c’est la réponse ethnique et xénophobe qui l’emporte. Le 25 mai, le Front National a recueilli près d’un suffrage sur quatre. C’est la première fois que cette mouvance se cristallise sur un seul vote à un niveau aussi élevé. C’est la première fois que le FN sort en tête d’une élection au plan national. La scène politique est donc renversée.

Le parti d’extrême-droite ne compte que deux parlementaires nationaux mais il est devenu le premier de France en voix. Il a clairement pris la main dans la course de vitesse qui nous oppose. La dynamique issue des urnes renforce celui qui arrive en tête. L’œuvre de dédiabolisation médiatique du FN a porté ses fruits. Elle a endormi la vigilance de la société. Avant le résultat du vote, la scène politique était déjà organisée autour du Front National, alternativement repoussoir commode dissuadant de contester le système et assurance-vie pour ce dernier par le détournement de la colère populaire sur les immigrés.

La droite est désormais dominée dans son propre camp. Son extrême-droitisation, à laquelle Sarkozy avait déjà ouvert la voie, va s’accélérer. Ce basculement s’est produit dans un contexte de grave crise interne exacerbée par les affaires. Des milliers de militants et cadres se retrouvent déboussolés, privés de leader. Cette hémorragie va s’amplifier. Tout ceci renforce le FN. Alors que la crise reste devant nous, personne aujourd’hui ne peut exclure qu’elle le porte un jour au pouvoir.

Ces combats contre les droites restent avant tout des combats de classe contre le capitalisme.

Le pouvoir n’a jamais été aussi isolé et délégitimé. Les partis qui participent au gouvernement totalisent 13% des votants et 6% des inscrits : à peine un électeur sur 16. Le PS obtient le plus faible score de son histoire. Il avait déjà perdu la moitié de ses 60 000 élus locaux lors des municipales de mars. Le PS n’en tire aucune conclusion et continue à soutenir François Hollande.

Dès lors, la politique de droite du gouvernement s’intensifie et préfigure une « alliance au centre ». C’est la poursuite d’une politique qui démoralise la société, déconsidère la référence à la gauche et par là même, entraine dans sa chute tous les partis qui s’y réfèrent, et ouvre la voie au Front National. Elle entraîne logiquement le recul du PS mais aussi d’EELV qui perd presque la moitié de son score de 2009 et du NPA qui atteint son plus bas historique. Et l’apparition de Nouvelle Donne ne compense pas ces reculs.

Dans ce contexte de crise politique, où les vieilles forces se décomposent et où les positions se radicalisent, le Front de Gauche devrait plus que jamais incarner la solution crédible, tant face aux politiques qui ont amené le chaos qu’aux tentations de repli nationaliste. Le Front de Gauche ne progresse pas. Il échappe à la déroute qui frappe l’ensemble des partis qui se réclament de la gauche, ramenée à un triste record de 34% des voix. Mais il retrouve peu ou prou le niveau des européennes de 2009. Pire, les 11% de la présidentielle de 2012 avec Jean-Luc Mélenchon apparaissent désormais comme un moment isolé. La dynamique de révolution citoyenne que nous avions fait naître n’a pas été entretenue par une action cohérente. Elle est retombée et ce n’est pas le Front de Gauche qui capte et polarise l’exigence du « qu’ils s’en aillent tous ! ».

Le Front de Gauche n’est pas perçu comme étant totalement indépendant du système.

Le Front de Gauche s’est révélé incapable de surmonter ses faiblesses : paralysie régulière lors de discussions préélectorales sans cesse recommencées, absence d’adhésion directe, énergie perdue dans son fonctionnement en cartel, confusion stratégique aux municipales, difficulté à s’adresser aux classes populaires … Ce qui devait nourrir une dynamique de rassemblement a souvent fonctionné comme un outil autobloquant. Mais le plus grave est que nos mots nous ont été volés. La défense de la souveraineté populaire est revendiquée par un Front National qui pille nos références et nos mots d’ordre, ajoutant la dénonciation du banquier à celle de l’immigré. Les termes de gauche et de socialisme sont dévoyés par un gouvernement qui mène une politique de droite.

C’est donc une refondation qui est à l’ordre du jour de cette nouvelle période.

A cette fin, la période invite non à détruire mais à se servir de ce que nous avons commencé à construire. Nous voulons donc conserver le Front de Gauche sans lequel la situation serait bien plus grave encore. Mais ce ne peut être le Front de Gauche en l’état : il faut le transformer, à commencer par l’élargir, voire le dépasser. Pour ce faire, il doit clarifier sa stratégie électorale qui doit être l’autonomie permanente à l’égard du social libéralisme à toutes les élections. Il doit aussi réactualiser son programme autour d’orientations fédératrices telles que :

  • faire reculer la finance et les marchés pour un nouveau partage des richesses,
  • une 6 ème république sociale et solidaire pour une vraie démocratie,
  • la règle verte et la transition écologique pour bien vivre sur Terre.

Nous souhaitons en débattre au plus vite au sein du Front de Gauche avec une discussion préalable dans l’ensemble du Parti de Gauche. Nous sommes donc favorables à la convocation d’Assises du Front de Gauche ouvertes à toutes celles et à tous ceux qui se reconnaissent comme ses militant-e-s. Cela doit être l’occasion de discuter de notre organisation, et notamment de notre proposition d’adhésions directes au Front de Gauche, mais aussi de notre programme gouvernemental et de notre stratégie.

Bien au-delà, avec nos propositions programmatiques, nous nous adressons à tous les citoyens, aux militants associatifs et syndicaux, à toutes les sensibilités et organisations de gauche qui refusent pour de bon l’austérité sous tous ses aspects. Rassemblés, ils sont la première force à gauche et entraîneraient alors la société. Ils ne peuvent rester éparpillés. L’opposition de gauche a une grande responsabilité dans leur rassemblement.

A EELV nous disons donc : l’avenir n’est pas l’alliance au centre, il est dans la convergence avec l’écosocialisme que nous voulons construire. Aux socialistes dissidents nous disons : défendez vos idées, rompez les rangs ! Nous voulons donc approfondir la discussion avec les organisations et groupes de gauche qui rompent avec la politique du gouvernement, sans permettre qu’elle soit le moyen d’une nouvelle mystification ni celui d’un arrangement avec la direction socialiste ou le gouvernement.

Le travail à venir doit obéir cependant à des règles s’il veut être utile. La première c’est de refuser toute ambiguïté par rapport à la politique du gouvernement : nous ne pouvons en rien être associés à son camp, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons entreprendre la reconstruction avec des partis qui le soutiennent. La seconde c’est de conserver l’ambition d’une alternative gouvernementale. Ce qui revient à travailler à un programme à la fois radical et crédible, c’est à dire en rupture avec le système et répondant aux aspirations populaires. Dans toutes les initiatives, nous devons nous concentrer sur cet objectif : quelles mesures d’urgence mettons-nous en avant? Celles que devrait appliquer un gouvernement qui réponde aux besoins immédiats de la population et de l’intérêt général et s’engage sur la voie de l’écosocialisme. C’est indispensable dans la période. Les divergences de fond existent, nous le savons. Est-ce qu’elles nous empêchent de diriger des villes ensemble ? Grenoble est la preuve que non. De gouverner la France ? C’est justement ce qu’il faut vérifier en s’attaquant à un programme d’urgence dans les luttes et les élections à venir.

Les rassemblements que le Parti de Gauche aide à construire n’ont de sens que s’ils contribuent à une mobilisation large de la société. Il faut mettre en mouvement les millions d’abstentionnistes qui ne se reconnaissent dans aucune organisation politique. Cela peut se faire en agissant pour répondre aux enjeux de la société : interdiction des licenciements boursiers, le SMIC à 1700€, la retraite à 60 ans à taux plein, un service public d’éducation et de santé, le refus d’extraction des gaz de schiste… C’est là que nous gagnerons la confiance du peuple.

Alors que débute la mise en œuvre du « pacte de responsabilité », le Parti de Gauche doit déclencher partout où il le peut les résistances concrètes aux politiques du gouvernement. Agissant dans des cadres ouverts, il travaille en faisant évoluer ses pratiques militantes pour l’implication de la population, avec les habitants des quartiers, des villages et des communes périurbaines qui pâtissent déjà du chômage, du gel des salaires, de la dégradation des services publics. En leurs seins, le Parti de Gauche cherche à faire la démonstration que le plus grand nombre est capable de prendre en charge son devenir.

Or le gouvernement prévoit d’aggraver cette politique. Pour l’heure, le contenu concret des 50 milliards « d’économies » prévues par le gouvernement n’apparaît pas aux yeux du grand nombre. Ce plan et la réforme territoriale qui s’y ajoute programment pourtant une vague massive de réduction du service public et une nouvelle aggravation des inégalités. Le combat doit être mené poste par poste, gare par gare, droit social par droit social, service public local par service public local au côté des syndicats qui défendent, notamment par la grève, le bien commun et l’intérêt des travailleurs, comme à la SNCF et chez les intermittents.

Pour l’emporter, il faut gagner la bataille idéologique contre le « There Is No Alternative » avec des mots d’ordre clairs, une communication ciblée et des propositions concrètes sur la possibilité du partage des richesses, la remise en cause de la dette, la nécessité du protectionnisme solidaire.

Il faut mener la contre-offensive pour faire reculer l’emprise des thèses xénophobes sur les esprits, et déconstruire les impostures du FN en matière économique, sociale et écologique. Cette bataille se mène également sur le terrain de la culture avec les intellectuels et les artistes. Face à la domination médiatique de la contre révolution conservatrice, il est temps que les intellectuels critiquent et retrouvent une forme d’expression. Le Parti de Gauche favorisera toutes les initiatives en ce sens.

Nous ne nous laisserons pas entraîner dans un pseudo front républicain contre le Front National sous la houlette du Parti Socialiste.

Le succès de la marche du 12 avril porté par un large collectif rend possible de nouvelles initiatives unitaires contribuant à remettre la question sociale au premier plan. La hausse continue du chômage appelle également une mobilisation populaire pour la défense de l’emploi. Nous avons des propositions pour bloquer les licenciements et la désindustrialisation. Nous défendons déjà la nationalisation d’Alstom. Sur toutes ces questions, de larges rassemblements de combat peuvent s’opérer à l’image du front politico-social qui s’est constitué dans les Bouches-du-Rhône. Il en est de même en prévision du prochain sommet climat. Car la lutte contre le réchauffement climatique est de plus en plus urgente, au moment où le gouvernement Valls tergiverse sur la transition énergétique et maintient son soutien aux grands projets inutiles et néfastes pour le climat et l’agriculture tels Notre-Dame-des-Landes ou la ferme des mille vaches.

Enfin il nous faut transformer le grand acquis de la campagne européenne : après des années d’effort du Parti de Gauche, le Grand Marché Transatlantique a enfin surgi dans le débat public. L’indignation grandit à mesure. Désormais, nous pouvons mettre en échec ce projet qui attente directement à la souveraineté populaire. Ce sera notre priorité dans la nouvelle mandature européenne. Le Parti de Gauche vient d’éditer du matériel d’explication. Il mène le combat à travers ses militant-e-s et ses élu-e-s. Un collectif unitaire s’est déjà créé. Nous voulons désormais être les déclencheurs d’un large rassemblement populaire contre le GMT.

Nous soutenons la campagne « 10 000 collectivités territoriales demandant le retrait de la France de la négociation ». Nous proposons une campagne qui pourrait déboucher sur une marche nationale d’une marée citoyenne contre le GMT.

Enfin, il nous faut développer notre organisation dans la période de décomposition de la scène politique dans laquelle nous entrons. Plus que jamais, nous avons besoin d’un parti porteur d’un programme offrant un débouché écosocialiste à la crise.

Le Conseil national invite les comités à établir ou approfondir localement leurs liens avec les citoyens, syndicats et associations qui luttent contre le gouvernement et travailler avec eux le programme que nous portons pour la société.

Voici notre conviction : le pire de la crise ne serait pas les ravages qu’elle provoque. Le pire serait que nous renoncions à en tirer le moyen de faire naître un monde nouveau, libéré des causes des malheurs du présent. Le Parti de Gauche tiendra son poste de combat. Il se donne les moyens de son développement autonome. Mais il sait que rien n’est possible sans que naisse une union large de tous ceux qui ont compris le danger et le besoin d’en finir avec la politique austéritaire. Et bien davantage encore, rien n’est possible sans qu’un front du peuple ne se lève pour congédier l’oligarchie, préparer les « jours heureux » et avancer vers l’écosocialisme, seul horizon viable de l’humanité.                                 Conseil National des 14 et 15 juin 2014


Reconstruire l’espoir – par PCF 15 juin 2014

Reconstruire l'espoir à gauche et l'espoir pour la France – Conseil national du PCF des 14 et 15 juin 2014

Relevé de décision

Pour reconstruire l'espoir à gauche et l'espoir pour la France, le Conseil national du PCF a appelé à un immense effort politique pour rendre possible, d'ici 2017, l'ouverture d'une perspective de gauche.

Face aux risques d'enlisement gravissime de notre pays dans la crise et le chômage, face aux menaces qui pèsent sur l'avenir de la France et ses valeurs de solidarité, face aux dangers de réponses de plus en plus rétrogrades, à la montée des peurs et des racismes, un autre avenir pour la France est possible, autour d'un projet de solidarité, d'une alternative de transformation sociale, d'une ambition de redressement national dans la solidarité avec les autres peuples d'Europe et du monde.

Les communistes lancent un appel à toutes celles et ceux qui refusent l'impasse et l'injustice de la politique actuellement menée, qui ne veulent ni du retour de la droite, encore moins de l'extrême droite et qui veulent sortir de l'austérité et construire le projet de gauche dont la France a besoin. À toutes et tous, nous disons : « ouvrons le dialogue, le chantier commun de la construction de ce projet et agissons ensemble ». Entrons partout en dialogue, en travail, en action, sous toutes les formes possibles, dans tout le pays, à tous les niveaux pour dire : « voilà la politique de gauche, la politique pour la France que nous voulons. Voilà la politique que nous voulons voire traduite en avancées immédiates et faire gagner en 2017 ».

Le Conseil national du PCF propose la construction et la mise en mouvement d'un Front large, d'un Front du peuple, unissant forces populaires, sociales et politiques, autour d'un projet qui doit être celui du bien commun et de l'humain d'abord.

Le Conseil national convoque une conférence nationale du PCF les 8 et 9 novembre 2014 pour faire un point d'étape des campagnes d'actions politiques, poursuivre le travail de projet, de rassemblement et prendre de nouvelles initiatives. Tout ceci en favorisant l'écoute et la participation des adhérents.

Comment construire ce chemin ?

Quatre propositions :

1. Intensifier sans attendre notre activité dans les luttes pour placer les exigences portées par tous les acteurs-trices concerné-e-s au coeur du débat sur le projet que nous voulons porter pour la France : SNCF, intermittents, Alstom, débat budgétaire sur le plan Valls, réforme territoriale dont la bataille pour obtenir un référendum national sur ce projet,…

2. Une campagne politique dans la durée sur cinq axes de transformation sociale, pour reprendre l'offensive politique et idéologique :

  • Libérer l'économie et le travail, les services publics, la société des coûts du capital avec de nouveaux financements et de nouveaux pouvoirs.
  • Contre l'insécurité sociale et la société de concurrence, donner la priorité à l'humain et au bien commun.
  • Reconquérir notre industrie pour la mettre au service de l'emploi, d'un nouveau modèle productif, d'une transition écologique et de progrès social. La convention nationale sur l'Industrie se tiendra les 10 et 11 octobre prochains.
  • Construire une nouvelle démocratie, fondée sur le pouvoir des salariés et des citoyen-ne-s.
  • Amplifier notre bataille pour la refondation de l'Union européenne.

3. Intensifier notre travail de projet en le mettant au centre de toute notre activité avec la société

  • Lors de la matinée du dimanche 9 novembre de la conférence nationale : une dizaine d'ateliers sur le projet ouverts à tous les communistes qui le souhaitent et à tous ceux et celles qui travaillent dans nos réseaux.
  • Courant 2015, une série d'initiatives publiques du PCF dans le pays, sur le thème « Quel projet pour la France ? Les communistes à votre rencontre » avec la participation du secrétaire national, pour des débats et des échanges avec la société.
  • Poursuite du travail de conventions thématiques.
  • La tenue d'une convention nationale du projet à la veille du prochain congrès national.

4. Déployer avec une audace nouvelle le travail de rassemblement et de construction politique

  • Jusqu'à la conférence nationale de novembre, prendre des initiatives afin de redonner la parole aux citoyen-ne-s pour refonder la politique et la gauche.
  • Initier dans tout le pays, sous toutes les formes possibles, un processus de large rassemblement jusqu'à l'été 2015 pour un nouveau projet de gauche pour la France avec de grandes étapes nationales à construire et qui s'enracine dès maintenant dans des initiatives locales démultipliées. Nous voulons remettre en mouvement, au travail, et en action toutes les forces qui veulent reconstruire une autre voie que la fuite en avant dans l'austérité.
  • Organisation en France à l'initiative du PGE d'un forum européen des alternatives au printemps 2015.
  • Travailler à faire du Front de gauche un animateur crucial de la construction de ce front large. Nous voulons le relancer en procédant aux changements nécessaires. Pour cela, poursuivre le travail d'évaluation engagé pour déboucher sur une relance appropriée du Front de gauche. Nous proposons, début septembre, une grande réunion d'un Conseil national élargi du Front de gauche pour engager une vraie dynamique.
  • La Fête de l'Humanité sera la première grande échéance de convergence des luttes, des campagnes politiques, du travail de projet et de rassemblement pour un Front large du peuple et de la gauche.
  • Travailler au renforcement du PCF, notamment dans les entreprises et les services, avec un effort particulier sur la formation, l'éducation populaire et l'accueil des nouveaux adhérents ainsi qu'à la valorisation de nos initiatives de solidarité concrète (journée à la mer, vente de fruits et légumes…)

Paris, le 15 juin 2014

Le Conseil national du Parti communiste a aussi exprimé son soutien et sa solidarité avec les cheminots et les intermittents en lutte.

en PDF le rapport de Pierre Laurent le 14 juin 2014