A propos du travail

A propos de la valeur travail

par Olivier Coquelin, juin 2013

A titre personnel, je pense qu'il faut dissocier la notion de « travail » de celle d'« activité ». Contrairement à l'activité, le travail présente une connotation négative au sens où il renvoie à une contrainte vitale : en clair, nous acquérons nos biens les plus élémentaires (nourritures, habitats, vêtements) via l'argent que nous aura procuré le travail que nous exerçons.

Toutefois, les deux notions sont intimement liées lorsque le travail exercé est choisi et motivé par une passion ou une vocation (artiste, chercheur, enseignant, médecin, artisan, agriculteur, militaire…). L'on peut alors parler d'activité plus que de travail stricto sensu (c'est pourquoi d'aucuns vont même jusqu'à affirmer qu'ils ne considèrent pas leur activité professionnelle comme un travail). En revanche, travail et activité se déconnectent dès lors que le premier est subi et ne résulte pas d'une passion ou d'une vocation. Il recouvre alors son sens étymologique : du latin tripalium signifiant « instrument de torture à trois poutres », puis du vieux français travail synonyme de « tourment » et de « souffrance ». Ainsi, en guise d'exemple, il est rare que l'on aspire, dès la plus tendre enfance, à devenir caissier(e) ou ouvrier(e) à la chaîne.

Tout cela renvoie aux questions suivantes : ne faudrait-il pas chercher à affranchir chaque être humain de la contrainte du travail salarié au profit de l'activité relevant de la passion ou de la vocation ? Comment ? Une piste consisterait à allouer à chacun, dès la majorité, un revenu social fixé démocratiquement. Lequel revenu garantirait une sécurité matérielle à vie et donnerait la possibilité de choisir une activité professionnelle non plus en fonction de sa valeur marchande mais de son utilité sociale. Quant au « travail » stricto sensu (ne relevant donc pas d'une passion ou d'une vocation), il pourra faire l'objet, pour tous ceux qui l'exerceront, de compensations sous forme de primes ou de RTT supplémentaires sans baisse du revenu social (c'est du reste ce qui se produit déjà aujourd'hui, d'une certaine manière, pour ce qui est du travail d'éboueur).

…. Je vous propose les documents audio(-visuels) suivants. Il s'agit d'entretiens avec l'économiste et sociologue Bernard Friot à propos, notamment, du thème de la valeur travail. A partir de celle-ci, il propose d'établir un système alternatif au capitalisme via un "salaire à vie" que chacun recevrait dès sa majorité dite économique (par opposition à la majorité dite politique qui est aujourd'hui de 18 ans), majorité économique qu'il conviendra bien sûr de fixer démocratiquement (16, 17, 18… ans ?). Ce salaire à vie serait financé par voie de cotisations, sur le modèle de celles destinées à financer les retraites, le chômage, la santé… Il part donc d'un système de financement non-capitaliste qui a graduellement fait ses preuves (sans être pour autant parfait) depuis au moins 1936 en France. Certes cela ne va pas sans poser un certain nombre de questions, auxquelles il répond, à mon sens, de manière assez convaincante dans ces deux entretiens.                                                     Olivier

https://www.youtube.com/watch?v=8MWQBbLLwg4

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2420


 

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