Agriculture en danger

2 communiqués : Confédération Paysanne – CGT Bretagne

Un communiqué de la Confédération paysanne 22.01.2016 :

Crise de l’élevage : Non-assistance à paysans en danger  – 22 janvier 2016

Routes bloquées, conférence de presse express du ministre, relayée par Xavier Beulin… Les prix du lait sont en chute libre et les réponses apportées sont toujours les mêmes : il faut augmenter l’enveloppe du plan de soutien. Depuis cet été, rien de neuf du côté du syndicat majoritaire et du ministère, sauf qu’ils réalisent que beaucoup d’éleveurs sont dans une situation dramatique et qu’ils proposent de les « accompagner », vers la sortie ! La Confédération paysanne refuse ces discours qui nient la détresse des hommes et des femmes.

On aura beau rajouter de l’argent à l’enveloppe, cela ne suffira jamais, si on ne se décide pas à accompagner les paysans vers des systèmes qui les rendent moins dépendants de ceux qui n’ont pas d’autre intérêt que la taille de leur portefeuille ! Il est temps de changer le cap de cette agriculture qui va dans le mur et multiplie les drames humains.

La Confédération paysanne fera, dès mardi et jusqu’au Salon de l’agriculture, des propositions concrètes d’abord pour sortir les éleveurs de la crise, puis pour remettre en place des systèmes de régulation permettant d’éviter les catastrophes vécues en ce moment.


CRISE AGRICOLE: communiqué de la CGT Bretagne  – 28 janvier 2016

Une nouvelle fois, le monde agricole est mobilisé pour s’opposer aux conséquences d’une crise structurelle.

L’agriculture, base de la filière alimentaire fait sa révolution et sacrifie des centaines, voire des milliers d’agriculteurs et leur famille.

Cette situation est devenue intolérable, chacun peut le comprendre.

Les conséquences sociales sont lourdes, autant pour les salariés que pour les agriculteurs.

Leur nombre diminue, mais paradoxalement la production ne faiblit pas. Parce que ce sont des choix qui ont conduit à cette situation, il existe nécessairement des solutions pour orienter l’agriculture vers un système plus vertueux, plus environnemental, plus social.

Or ce n’est pas, pour le moment, le chemin pris pour orienter les évolutions de l’agriculture, puisque les mesures d’urgence demandées depuis des années, consistent à faciliter la fuite en avant et compenser les pertes issues d’un système productif en fin de vie.

Cela veut-il dire qu’on est à la fin de l’agriculture ? Sûrement pas, mais la course à la productivité montre ses limites et se traduit vers un renforcement des grandes exploitations où les objectifs n’ont plus rien à voir avec le sens d’une agriculture faite pour nourrir le peuple.

La fin des quotas laitiers en est l’illustration, ainsi que le débat sur le prix de vente du porc. Les demandes du monde agricole visent à aller encore plus loin dans l’ultra productivisme au détriment, parfois de la qualité, mais surtout du respect de l’environnement, du développement social, d’une agriculture durable.

La Cgt a déjà dénoncé cette situation qui conduit à restructurer l’industrie agroalimentaire en supprimant l’emploi de milliers de salariés tout en aggravant les conditions de travail de celles et ceux qui restent.

La colère exprimée par celles et ceux qui sont les victimes de cette stratégie économique est sans aucun doute légitime.

Mais ce n’est pas vrai pour l’ensemble du monde agricole, et les crises sont aussi des moyens de restructurer le secteur.

C’est le constat d’une histoire mouvementée, particulièrement en Bretagne. Les millions d’aides publiques obtenus dans les moments de tension n’ont pas permis de produire une agriculture raisonnée, bien au contraire, elles ont laminé ce secteur pour en faire des entreprises agricoles capitalistes qui sont aujourd’hui dans ce mouvement de détresse.

Alors détresse, sûrement pour certains, mais pas pour tous. Cette tentation de vouloir faire croire que nous sommes toutes et tous dans le même bateau est devenue centrale sur notre région, parfois avec ou sans bonnet, quel que soit sa couleur.

Mais à y regarder de plus près, certains de ceux qui mènent la barque, échappent depuis longtemps au déclin agricole. Le choix de l’action appartient et responsabilise ceux qui le décident. En bloquant les grands axes routiers, le monde agricole vise aussi le monde du travail. Est-ce le bon adversaire, surement pas ?

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