AVANT LES PRIMAIRES… Mettons-nous d’accord sur une plate-forme

par Patrick Brody, syndicaliste

A gauche, les deux appels pour les primaires ont permis de déverrouiller un peu une situation bloquée. La nécessité de cette démarche résulte tout d’abord de l’échec des gouvernements de François Hollande… Dans cette situation, le Front de gauche n’a pas réussi à apparaître comme une alternative crédible. Pas plus que les Verts. Au point où nous en sommes, nous ne trouverons une issue positive que si, et seulement si, nous réussissons à gauche à nous mettre d’accord sur une plate-forme qui engagerait les forces politiques, des associations, des syndicalistes, des citoyennes et des citoyens…

À ce stade, il nous faut lever quelques ambiguïtés : Daniel Cohn-Bendit, choisi par les médias comme le porte-parole des primaires à gauche, indique à chaque fois qu’on lui tend un micro qu’il ne lui serait pas possible de se rallier à Mélenchon ou à Pierre Laurent. Thomas Piketty, sur Canal Plus, nous fait savoir que Valls, Macron, et bien sûr Hollande pourraient participer. Disons-le simplement, il est des moments où la tactique doit laisser la place à la clarté. Ce qui nous oblige, aujourd’hui à gauche, ce n’est pas qui doit être candidat, mais bien le fond, le programme, les idées, le contenu, la plate-forme… Si nous devons à terme départager des candidats pour la présidentielle, et les législatives dans la foulée, c’est bien sur des engagements qui touchent à l’essentiel sur la vie au travail, dans la cité. Sous contrôle des citoyennes et des citoyens.

Assez de tergiversations ou de calculs d’appareils et d’ego. De la gauche du Parti socialiste en passant par le Front de gauche et les écologistes, les intérêts de boutiques et de chapelles doivent être dépassés. La gravité de la crise l’exige. La mobilisation citoyenne pour la construction d’une république sociale et écologique peut et doit s’organiser avec des propositions autour desquelles toute la gauche et les écologistes pourraient se mobiliser. Les propositions doivent s’articuler autour de plus d’égalité, plus de liberté, plus de fraternité. L’urgence est là. L’ampleur des déroutes électorales récentes, le poids de l’extrême droite, nous obligent à rechercher très rapidement un accord politique sur des engagements communs. Ne nous focalisons pas sur le nom du candidat ou de la candidate, ce n’est pas le moment. Il sera temps lorsque nous aurons décidé de ce que nous proposons aux citoyen(ne)s de notre pays. Redonnons du sens au commun. Mettons en marche un projet combinant égalité et liberté. En unifiant la gauche autour d’une plate-forme (en la reconstruisant ?), on peut redonner espoir à la jeunesse, aux salariés, aux 6 millions de chômeurs. Et, comme le dit si bien la poétesse Andrée Chedid, ensemble construisons l’espérance : « Des clartés qui renaissent, des flambeaux qui se dressent sans jamais dépérir, j’enracine l’espérance, dans le terreau du coeur, j’adopte l’espérance, en son esprit frondeur. » Il est encore temps, mais il y a vraiment urgence !

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