Flexibilité MEDEF/PS/EELV/CFDT même combat

L'UMP de Sarkozy en rêvait, le gouvernement PS-EELV l'a fait: faire avaler aux organisations syndicales, en isolant celles, les plus représentatives (CGT et FO), qui refusent l'ultra-libéralisme et le social-libéralisme, plus de flexibilité et une nouvelle casse du droit du travail pour suivre le modèle allemand de renforcement de la compétitivité par la précarisation des salariés. 

 Les dirigeants de la CFDT sont bien récompensés de leur travail pour réformer le "système français" sur une voie compatible avec les intérêts du patronat: après Nicole Notat qui est devenue PDG d'un cabinet de consultants travaillant pour la finance et membre du Conseil Européen, c'est François Chérèque qu'on nomme inspecteur général des affaires sociales et président du think thank social-libéral proche du PS Terra Nova.   

La collaboration de classe, ça paie…

Concrètement, cet accord "compétitivité-emploi" conclu le 11 janvier 2013 veut dire que le CDI est déjà du passé, que les licenciements sont facilités, que la collaboration entre le MEDEF et les syndicats "réformistes" pour le plus grand profit du capital est élevée au pinacle par le gouvernement.

Tout cela est lamentable et appelle une réaction des parlementaires authentiquement de gauche qui ne peuvent accepter cet accord conclu sur le dos des salariés et surtout des salariés eux-mêmes qui doivent cesser de se faire tondre sans lutter par le gouvernement.

Ne les laissons pas nous imposer cette nouvelle régression sociale!

 

Voici l'analyse particulièrement éclairante que fait ATTAC FRANCE de l'accord : 

Accord sur la réforme du marché du travail : en attendant la Troïka

En signant avec le Medef un accord « au service de la compétitivité des entreprises et de la sécurisation de l’emploi », trois syndicats minoritaires ont donné en France un aval anticipé aux  réformes structurelles du marché du travail imposées par la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le FMI dans le Sud de l’Europe. Tout y est : baisse des salaires en cas de menace sur l’emploi, prédominance de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche et sur la loi, facilitation des mobilités forcées et des licenciements. Le Wall Street Journal félicite les patrons français d’avoir « gagné une nouvelle flexibilité ».  

L’accord signé le 11 janvier par le Medef, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC confirme la possibilité, déjà adoptée par la majorité précédente, d’accords d’entreprise dits de « maintien dans l’emploi », avec une baisse des salaires, en cas de « graves difficultés conjoncturelles ». Les salariés qui refuseraient la baisse de salaire seraient licenciés pour « motif personnel », exonérant l’entreprise de toute obligation de reclassement. De même, tout salarié qui refuserait un changement de poste ou une mutation géographique pourra être licencié pour « motif personnel », dès lors que l’entreprise a signé un accord sur la mobilité.

La « sécurisation des licenciements » tant souhaitée par le Medef se traduit aussi dans l’accord du 11 janvier par une réduction des délais de contestation des plans sociaux et des licenciements, ainsi que par une priorité donnée à la conciliation prudhommale, avec des indemnités minimes dont l’acceptation par le salarié interdit ensuite toute poursuite judiciaire.

Plus profondément encore, l’accord du 11 janvier dynamite toute la législation sur les plans sociaux : un accord d’entreprise peut prévoir une procédure totalement différente de celle prévue par la loi ; et s’il ne parvient pas à obtenir la signature des syndicats, l’employeur peut déposer son plan social à l’Inspection du travail, qui doit motiver un éventuel refus dans un délai de 2 à 4 mois.

En guise de contreparties, l’accord prévoit essentiellement un renchérissement limité des CDD de très courte durée (moins d’un mois), la généralisation de la complémentaire santé pour les salariés des PME et une majoration de 10% pour les  heures complémentaires des salariés à temps partiel. Des avancées qui seraient appréciables si elles n’étaient pas payées aussi cher.

Car la France et l’Europe s’enfoncent dans une grave récession, provoquée par les politiques d’austérité et par la frilosité des banques qui réduisent leurs crédits pour préserver leur bilan. Les brèches ouvertes par l’accord du 11 janvier ne vont certainement pas « accélérer la création d’emploi » comme l’annonce le gouvernement ; elles vont plutôt faciliter le passage du tsunami de licenciements qui s’annonce et accélérer la montée du chômage. 

Attac appelle les parlementaires français à corriger les graves dangers que présente ce texte et invite tous les acteurs sociaux à organiser ensemble la résistance et la construction d’alternatives à ces politiques suicidaires pour les salariés et pour les peuples européens. Dans cette perspective, les nombreuses forces syndicales et associatives européennes engagées dans le processus d’Altersommet se réuniront début juin à Athènes en vue d’affirmer haut et fort qu’une autre Europe est possible.

Attac France, le 14 janvier 2013


Et le Communiqué du Bureau confédéral de la CGT

Accord national interprofessionnel du 11 janvier Une grave régression des droits sociaux

lundi, 14 janvier 2013

Le Bureau confédéral de la CGT confirme l’avis négatif de la délégation CGT sur l’accord national interprofessionnel du 11 janvier 2013 qui modifierait profondément le Code du Travail.

Ce texte marque une grave régression des droits sociaux des salariés et va à contrario des objectifs fixés par la « Grande Conférence sociale »et celle de la « lutte contre la pauvreté ». Il contient de multiples dispositions pour faciliter les licenciements et accentuer la flexibilité.

Le chantage à l’emploi est généralisé par des accords permettant la baisse des salaires et l’augmentation du temps de travail, ce sont les accords de « compétitivité/emploi » voulus par Nicolas SARKOZY.

La thèse du MEDEF est le principal fil conducteur de cet accord : « les licenciements d’aujourd’hui feront les emplois de demain ».

Il serait inconcevable que la majorité parlementaire et le Gouvernement, issus des élections de mai 2012, entérinent dans la loi les reculs sociaux dictés par le MEDEF.

Le Gouvernement, qui se dit attaché au Dialogue social, doit prendre en compte le rejet de cet accord par les syndicats représentant bien plus de salariés que les syndicats potentiellement signataires.

La CGT attend du gouvernement un projet de loi d’une toute autre nature, qui protège les salariés contre les licenciements et la précarité.

La CGT va amplifier sa campagne d’information par l’édition d’un journal tiré à deux millions d’exemplaires à destination des salariés pour favoriser leur mobilisation dans les semaines à venir.

Montreuil, le 14 janvier 2013


35€ pour l’accès aux Prudhommes !

 

La CGT du Pays Bigouden s'est adressée à la députée le 17 septembre 2012 : 

"L’ancienne majorité avait imposé le règlement d’une somme de 35 euros pour pouvoir accéder au Conseil des Prud’hommes.La seule juridiction gratuite permettant au monde ouvrier de se défendre est ainsi remise en cause par une telle décision.

Nous avons l’honneur de vous demander de bien vouloir intervenir, sous la forme qui vous semble la plus judicieuse, afin d’abroger cette situation."

Un document national de la CGT sur ce sujet.


 

 

 

SMIC pouvoir d’achat

La hausse du Smic ? Juste et possible

Près d’un Français sur deux estiment justifiée la proposition portée par le candidat du Front de gauche de relever le Smic à 1 700 euros brut. Nécessaire pour faire reculer la pauvreté, cette mesure, jointe à une revalorisation globale des salaires, retraites et minima, est économiquement réaliste.

Écartée du débat par la plupart des candidats à la présidentielle, la question des salaires et du pouvoir d’achat est pourtant au cœur des préoccupations des électeurs. En prenant connaissance du sondage réalisé par l’institut CSA pour l’Humanité, on découvre sans doute l’une des principales raisons pour lesquelles ce sujet si sensible est maintenu sous le boisseau. Selon cette enquête, réalisée du 3 au 5 avril, 43 % des Français considèrent comme « justifiée » la proposition, défendue principalement par Jean-Luc Mélenchon, d’augmenter le Smic à 1 700 euros brut après l’élection, 42 % pensant le contraire. Sans surprise, les sympathisants du Front de gauche soutiennent en bloc (à 95 %) cette mesure. Mais, si le candidat socialiste ne prend aucun engagement précis en matière salariale – hormis celui de réunion une « conférence nationale » –, il est à noter qu’une nette majorité des sympathisants de gauche (65 %) ainsi que, en leur sein, des sympathisants socialistes (55 %) jugent aussi justifié de porter le Smic à 1 700 euros. Les jeunes (54 % chez les 18-24 ans), les employés (54 %) et les ouvriers (52 %) lui apportant l’appui le plus massif. Cette mesure serait-elle aussi économiquement réaliste que socialement nécessaire ? C’est la démonstration que nous faisons ici. En souhaitant qu’elle contribue à ouvrir le débat tabou.

La démonstration en 6 points : (télécharger en PDF)


 

PME-PMI

A propos des PME et des artisans.

Dans le programme du Front de Gauche il est dit : "Le soutien de l'Etat et des pouvoirs publics aux MPE-PMI, lesquelles sont aujourd'hui les plus créatrices d'emploi, sera renforcé…"

"Le pôle financier public fournira un crédit bonifié aux entreprises pour l'emploi…"

Voici une petite compilation sur la politique entrepreneuriale du Front de gauche, notamment concernant les PME et les TPE, sujet sur lequel le candidat du Front de gauche est trop peu souvent interrogé…
http://www.placeaupeuple2012.fr/jean-luc-melenchon-les-pme-les-tpe/


 

Pouvoir d’achat CGT

Le pouvoir d’achat, remède anticrise

Nasser Mansouri-Guilani, économiste de la CGT, défend la proposition d’un Smic à 1700 euros brut dès 2012 et d’une hausse des salaires. Une question de justice et d’efficacité.

La proposition 
du Front de gauche et de son candidat d’augmenter 
le Smic à 1700 euros brut vous paraît-elle crédible ?

Nasser Mansouri-Guilani. Elle est à la fois réaliste et nécessaire. Les calculs réalisés par la CGT intégrant le poids et la forte hausse des dépenses de loyer, d’électricité, de gaz, de soins de santé, du téléphone et d’Internet ou encore de transport dans le panier de consommation des ménages à revenu modeste et moyen montrent que le minimum de 1 700 euros que revendique la CGT est indispensable pour avoir une vie décente aujourd’hui. Mais en même temps, une telle augmentation permettrait de dynamiser l’économie.

L’un des éléments essentiels de la crise que nous traversons depuis plusieurs années est la baisse de la part des salaires dans les richesses créées qui a chuté de 10 points dans les années 1980. Ainsi, chaque année, 100 milliards d’euros sont transférés du travail vers le capital dans les entreprises industrielles et de services. 100 milliards de plus qui, chaque année, pourraient aller à l’emploi, aux salaires et à la Sécurité sociale. Contrairement à ce que disent les libéraux et le patronat, ce n’est pas le coût salarial mais le coût du capital, c’est-à-dire les prélèvements financiers sous forme de charges d’intérêt ou de dividendes qui pèsent sur la santé des entreprises. D’autant que les salaires évoluent moins vite que la productivité du travail. D’ailleurs, les revendications salariales montent dans les entreprises.

 Cette hausse des salaires 
est-elle supportable pour les petites 
et moyennes entreprises ?

Nasser Mansouri-Guilani. Oui, mais il faudrait en même temps alléger les contraintes qui pèsent sur ces entreprises. Les PME sont confrontées à deux problèmes majeurs : les relations déséquilibrées qui existent actuellement entre les donneurs d’ordre et leurs sous-traitants ; l’accès aux financements bancaires. Les PME sont particulièrement victimes du resserrement par les banques des conditions d’octroi des crédits et lorsqu’elles en bénéficient, c’est à un coût très élevé. D’ailleurs, le gouvernement a dû pour ces deux problèmes mettre en place des médiations qui n’ont toutefois pas résolu grand-chose. Pour sa part, l’État peut intervenir sur d’autres leviers pour alléger les contraintes et donner de la marge aux PME pour les salaires et l’emploi, en refondant, par exemple, sa politique fiscale qui est très défavorable aux petites entreprises.

Et qu’en est-il pour les autres 
salariés qui ont des rémunérations supérieures au Smic ?

Nasser Mansouri-Guilani. Il est clair que nous assistons à un tassement des salaires vers le bas, accentué par la loi Fillon d’exonération de cotisations jusqu’à 1,6 Smic. De telle sorte que la moitié du salariat gagne moins de 1 650 euros par mois. Il est évident qu’il ne s’agit pas d’augmenter le Smic et de laisser les autres au même niveau, mais bien d’entrer dans une dynamique d’évolution d’autres échelons afin de sortir de cette trappe à bas salaire. L’État a aussi pleinement son rôle à jouer en tant qu’employeur. L’indice de traitement de base dans la fonction publique progresse depuis des années moins vite que l’inflation, il est même gelé pour 2012 et 2013. En montrant l’exemple, cela permettrait de déclencher une dynamique de négociation salariale dans le secteur privé. C’est un rapport de forces que nous devons engager dans l’entreprise et dans la société. Cela est aussi nécessaire pour développer les capacités productives, c’est-à-dire créer des emplois qualifiés et accroître l’investissement productif, pour augmenter l’offre des biens et services sans augmenter les importations.

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu dans l'Humanité du 26 mars 2012