Débat : à propos du FN

Un bon texte de l'UGCF-CGT du 2 juin 2014 à ce sujet.


Les medias et le FN, sur le site ACRIMED   10 juin 2014


Un argumentaire rédigé par le PCF pour démasquer le FN.


Le Front National démasqué par l'Histoire
dans le Journal Finistère Syndicaliste n° 203 d'avril 2014 (UD CGT 29),
article rédigé par Joël Hedde et Robert Salaün (Institut d'histoire sociale CGT).



Lettre aux électeurs du FN, par Nicole Labelle, 1er juin 2014   


Débat : la gauche de la gauche doit prendre le drapeau de la novation, par R.Martelli

Roger Martelli, PCF. « La gauche de la gauche doit prendre le drapeau de la novation »

Un Parti socialiste en crise et un Front de gauche qui n’atteint pas ses objectifs. Une UMP au bord de l’implosion et un FN qui remporte plus de 24% des suffrages aux dernières élections européennes. La semaine écoulée aura marqué la vie politique française. « Nous sommes effectivement dans un moment clé pour la gauche qui est fidèle à ses valeurs fondatrices » relève l’historien Roger Martelli pour qui il y a urgence à « inventer sur le terrain de l’initiative politique ».

La Marseillaise. Une semaine après le scrutin européen, quel regard portez-vous sur ces élections qui ont vu en France le FN arriver en tête ?

Roger Martelli. Le résultat a constitué un choc, mais n’est pas une surprise. Les élections municipales avaient donné un signal d’alarme. Il n’a pas été entendu par le pouvoir socialiste qui a décidé de poursuivre sa voie sociale-libérale. Or elle ne peut produire que du mécontentement, qui prend davantage la forme du ressentiment que celle de la combativité. Les électeurs se sentent floués, les catégories populaires méprisées. De fait, cela nourrit une amertume qui, l’histoire l’a toujours montré, favorise l’abstention d’un côté et les tentations des solutions courtes de la droite extrême de l’autre. Voilà pourquoi la gauche française a enregistré son plus mauvais résultat depuis que le parlement européen est élu au suffrage universel direct, c’est à dire depuis 1979. Cela ne peut qu’interroger.

La Marseillaise. Interroger… Mais dans quel sens ?

Roger Martelli. Le recul des partis de gouvernement dit d’abord l’ampleur du discrédit du monde politique institutionnel. Gauche et droite donnent l’impression d’un système autiste, sourd aux angoisses et aux attentes du pays. Pour la gauche, ajoutons que sa panne électorale apporte une confirmation : elle est désarçonnée par le choix social libéral du PS. La gauche est structurée historiquement autour des valeurs d’égalité et de démocratie, et ce choix l’en éloigne. De ce fait, elle écarte ceux qui, en bas, se sentent abandonnés par elle. A cela s’ajoute, une troisième remarque : le discrédit des équipes au pouvoir ne profite pas en France à la gauche de la gauche. Avec 6,4%, le Front de gauche récupère tout juste son résultat de la première élection à laquelle il avait concouru en 2009. Même en se démarquant du PS, la gauche dite radicale n’a pas obtenu en France la poussée qu’elle a réalisée dans d’autres pays, comme la Grèce ou le Portugal.

La Marseillaise. Vous évoquez le discrédit de la gauche et de la droite de pouvoir au moment même où la classe politique traverse une crise importante. Quelle est la portée de cette crise selon vous ?

Roger Martelli. Pour la mesurer, pas besoin de découvrir la lune. La racine de la crise politique s’installe au début des années 80, au moment où le PS de Mitterrand aborde le tournant de la rigueur. A partir de là s’engage un phénomène qui touche successivement la gauche puis la droite et qui se traduit par le fait que, face à la pression néo-libérale des marchés, la puissance publique a tendance à démissionner. On ne peut pas, nous dit-on depuis au moins trois décennies… Comment s’étonner alors, si les électorats de gauche comme de droite se sentent trompés par ceux dont ils attendent des résultats ? Si la politique renonce à se donner les moyens de peser sur l’ordre économique, la crise politique restera notre horizon. Mais il ne suffit pas pour autant de se dire : réglons la crise économique et sociale et la crise politique va se dénouer. Car le politique ne trouvera pas les moyens de ses missions, s’il ne change pas sa propre façon de faire. En fait, c’est une double rupture qu’il faut penser et conduire simultanément, du côté des grandes logiques économico-sociales et dans l’espace politique lui-même. Les institutions et les structures politiques en général ne sont plus adaptées aux exigences d’implication citoyenne des individus.

La Marseillaise. Cela signifie qu’il est temps de réformer les institutions ?

Roger Martelli. C’est une évidence. Depuis la fin des années 70, la « gouvernance » domine la vie publique dans tout le monde dit occidental. Tout est parti, dans les milieux dirigeants de l’époque, de la conviction que la démocratie s’essoufflait et que la lourdeur des institutions rendait difficile la prise de décision. À partir de là, s’est déployée l’idée selon laquelle doit être mis en place un système plus performant. La « gouvernance » repose sur le tête-à-tête entre les pouvoirs publics et une élite, fondée sur la compétence économique liée l’argent et sur la compétence technique, celle la technocratie. Ce système restreint était censé permettre de gérer les sociétés modernes et de faire face aux difficultés et en particulier à la crise prévisible. Eh bien, c’est cette gouvernance qui aujourd’hui est au cœur de tout le système international et qui aboutit au fait qu’à l’échelle planétaire, quelques milliers de personnes dirigent, en passant par-dessus les instances démocratique, les parlements, les États… C’est cette même gouvernance qui régit l’Union européenne  et, de fait, c’est elle qui fonctionne dans les États nationaux. Or ce système oligarchique est le ferment de la crise démocratique. C’est donc un mode forclos de gestion des sociétés. La complexité du monde exige non pas moins, mais plus de démocratie, à partir de son fondement historique même : le pouvoir du peuple par le peuple, pour le peuple. C’est dire que le réalisme démocratique est maintenant du côté de la rupture. En mettant une ONU profondément transformée au cœur de la délibération et de la décision planétaires. En faisant de l’Union européenne un espace de citoyenneté véritable, appuyée sur l’implication directe des individus et sur celle de leur représentation parlementaire, nationale et continentale. Et, à l’échelle nationale, en mettant en place une 6e République qui ouvre chez nous une ère nouvelle de la démocratie.

La Marseillaise. Une nouvelle ère et une nouvelle façon de faire de la politique ?

Roger Martelli. La gauche, et surtout celle qui reste fidèle à ses valeurs fondatrices, d’égalité, de liberté, de justice et de démocratie, est à un moment clé. Un certain nombre de séparations historiques entre l’économique, le social, le politique et même le culturel sont en train de devenir contre-productives. Le monopole de l’action et de la décision politiques attribué aux partis vieillit. Les partis gardent certes un rôle très important, mais le plus décisif est d’inventer des formes qui démultiplient l’implication citoyenne et qui cassent la logique de la spécialisation et de la professionnalisation. Tout ce qui dépossède les individus eux-mêmes des choix qui conditionnent leur destin est à rejeter. C’est la clé première pour retrouver le lien avec les catégories populaires. On a raison de dire que le premier parti ouvrier est aujourd’hui celui des abstentionnistes. Et quand il s’agit malgré tout de voter, la tentation du vote FN est bien là en milieu populaire. On ne rompra pas cette mécanique infernale avec les méthodes d’hier, sans inventer une nouvelle manière de créer de l’implication politique, en suscitant le désir d’agir politiquement. Le système classique veut que l’association s’occupe exclusivement de l’objet pour lequel elle est créée, que le syndicat s’en tienne aux intérêts matériels de ses mandants et que le parti s’occupe de politique. La distinction des fonctions garde bien sûr de sa rationalité. Mais des passerelles doivent être créées pour construire ensemble du projet politique. Cette question est particulièrement cruciale à la gauche de la gauche. Elle concerne le Front de gauche.

La Marseillaise. De son côté, le PCF a appelé à « un processus de dialogue et de travail  » avec « l’ensemble des forces de gauche »

Roger Martelli. Il ne peut y avoir de changement dans ce pays sans rassemblement majoritaire. Par définition, le Front de gauche a vocation à s’élargir vers des forces qui jusqu’à présent ne se sont pas engagées dans la bataille avec lui. Mais on ne peut pas s’en tenir à l’ouverture vers des organisations politiques. La question n’est pas de reconstituer une union de la gauche à l’ancienne, telle qu’elle a fonctionné dans les années 60/70 et dont on a vu les limites. Pour une part, jusqu’à présent, le Front de gauche a été un cartel d’organisations. Cela a certes permis de rompre avec l’éparpillement qui dominait dans la gauche de la gauche jusque-là. Mais cela ne suffit plus. Si le Front de Gauche n’est qu’un cartel, il restera dans une position subalterne face au social-libéralisme. Il doit donc franchir une étape supplémentaire. Le Front de gauche comprend des formations politiques qui ont décidé de conserver leur identité et il faut respecter ce choix. Mais il doit aussi devenir une structure citoyenne directe. Plus qu’un ajout incessant d’organisations, il doit être un creuset dans lequel des individus peuvent se retrouver, quelle que soit leur pratique collective dominante, syndicale, associative ou politique, qu’ils se recon- naissent ou non dans un parti.

La Marseillaise. Ses résultats au scrutin européen ont donc montré ses limites ?

Roger Martelli. Je le pense. L’ouverture vers des pratiques, des sensibilités, des cultures nouvelles de la critique sociale sera la condition d’un nouvel élan du Front de gauche . Et pour cela, deux pistes sont à explorer. La première découle de ce qui précède. Un Front réduit à un cartel de partis, qui plus est dominé par deux d’entre eux, c’est le risque quasi inévitable de passer du tête-à-tête au face à face. Il faut ainsi des formes qui permettent aux partis d’être à l’aise, et aux individus de se sentir décideurs, même s’ils n’appartiennent à aucun parti. Mais cela ne suffit pas. Si le mécontentement populaire ne se transforme pas en combativité, c’est par carence d’avenir. Quand on a l’impression qu’il n’y a pas d’alternative, quand l’imaginaire du changement est en panne, il ne peut y avoir que du ressentiment. Il faut donc que la gauche de la gauche incarne une alternative de société. Mais pour cela, elle doit prendre le drapeau de la novation. Les jours heureux ne sont pas dans le rétroviseur… La gauche de la gauche, ce n’est pas simplement une gauche qui, parce que le PS a trahi ou a renoncé à des valeurs, se présente comme la gauche « du retour à ». Elle doit apparaître comme une force de novation sur le terrain du projet, sur la méthode pour faire société, sur la manière de vivre ensemble, de créer de la richesse… Sur le terrain, enfin, de la façon moderne de faire de la politique et de faire vivre les institutions. On ne peut pas laisser l’image de la novation aux forces qui la contredisent comme le FN qui s’est créé une image frelatée de modernité au travers du mythe Marine Le Pen. La modernité, ce n’est ni les forces de la régression sociale, ni celle du social libéralisme. Il faut redonner à l’innovation, à la novation leur légitimité démocratique. Et pour cela le Front de gauche se doit d’être, mais également d’apparaître novateur dans son projet dans ses mots et sans doute aussi dans ses incarnations. Prenez le cas d’Alexis Tsipras, leader de la gauche radicale grecque. Voilà un bel exemple d’une figure à la fois radicale, qui exprime le besoin d’une rupture avec la réalité dominante, et qui en même temps incarne par ses mots, son style, sa façon d’être, une véritable novation démocratique. Voilà qui ne fonctionne pas si mal en Grèce. Pourquoi cela ne marcherait-il pas chez nous ?

Entretien réalisé par Sandrine Guidon (La Marseillaise, le 1er juin 2014)


Débat : quelques commentaires

Commentaires – Contributions
Christian Vermeulin, Rosporden, Juil 14
Réflexions sur l'organisation, télécharger sa contribution
 
AM..LR, le 11 juin 14
J'aimerais savoir pour quelles raisons front de gauche souhaite sortir de l'Otan ??
merci pour la réponse.
 

J.C,  le 2 juin :
Je réponds à titre personnel, quelques idées ou "envies"
Le soir des résultats j'ai dit :"Mélenchon doit démissionner , il a échoué"  je le pense toujours.
Il faudrait ABSOLUMENT changer le nom ni front (très maladroit, amalgame ) ni gauche qui est complètement discréditée. ( voir la belle idée de la "nouvelle donne" ).
Si on veut convaincre les électeurs et pas seulement faire plaisir aux  vieux militants  il faut aussi enlever le beau mot communiste, c'est triste mais ça ne passe plus, il ya longtemps que je le dis. Il faut utiliser les moyens de la droite à savoir le VOCABULAIRE
 Ex: Ont changé les "cotisations" en "charges "avec le succès que l'on sait  etc..etc…
 Je relis le livre "La culture du pauvre" EXCELLENT (R Hoggart )
Merci pour le bon texte de Mordillat beaucoup plus lucide et interessant, à mon avis, que l'appel pour un nouveau départ … je vais dispatcher mais …à des convaincus …..voilà le problème. Se rendre compte de l'inefficacité des manifs, tracts, réunions qui ne touchent qu'eux : les convaincus.
Pas facile de contrer leurs immenses moyens ..
Je vois ce qui cloche mais  que faire ???  that is the question.
Bon courage !


Sauver la gauche, ce n'est pas sauver le PS, par raoul Marc Jennar le 29 mai 2014


Débat : Le changement n’est pas un slogan, par G. Mordillat

·                                 Le changement n’est pas un slogan de campagne

Par Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, 31 mai 2014

Bravo à François Hollande ! Bravo à tous les membres de son gouvernement ! Bravo à tous les élus socialistes qui, votant avec la droite comme un seul homme, ont effacé le résultat du référendum de 2005 où une majorité de Français (dont une majorité d’électeurs socialistes) avaient dit non au projet constitutionnel concocté par Valéry Giscard d’Estaing ! Bravo à l’immense majorité des médias de leur avoir prêté main-forte, d’avoir vanté « la concurrence libre et non faussée » avec une admirable constance jusqu’à aujourd’hui ! Bravo à cette union sacrée des classes dirigeantes et nanties d’avoir réussi le plus grand déni démocratique des vingt dernières années ! Car, ne nous y trompons pas, le résultat des élections européennes de dimanche prend sa source dansce mépris absolu du vote des citoyens en 2005. Le Front national triomphe, mais cette victoire est un leurre. Un Français sur quatre n’est pas d’extrême droite. C’est là tout le paradoxe de cette élection. Nombre de ceux qui ont voté pour le Front national sont en réalité des démocrates, alors même que ce parti exècre la démocratie. Ce sont des démocrates dans la mesure où, d’une part, ils sont allés voter ; d’autre part, ils avaient la conviction que, cette fois-ci, leur vote serait pris en compte ; qu’aucun tour de passe-passe politicien ne serait capable de l’effacer. Et tant pis s’il fallait pour ça voter pour un parti nauséabond !

C’est la revanche de Lisbonne… La responsabilité des dirigeants socialistes dans le résultat aux européennes est donc pleine et entière, sans appel. On peut y ajouter l’hypocrisie de se présenter en victimes, les larmes de crocodile, l’appel à l’union nationale, la cécité et la surdité de monsieur Valls jurant, la mâchoire crispée, le petit doigt sur la couture du pantalon, que vote ou pas, il ne changerait pas de politique. Une fois encore, le mépris des citoyens est sans fard et, comme le dirait monsieur Sarkozy, « décomplexé ». Il n’y a donc rien à espérer de ce côté-là, sinon que ceux des militants socialistes qui ne se reconnaissent en rien ni dans les pratiques ni dans la politique droitière du gouvernement aient le courage d’envoyer messieurs Hollande, Valls et consorts rejoindre leurs semblables à l’UMP et refondent un parti qui puisse sans honte se réclamer de Jaurès. Quant à la gauche – qui n’est « radicale »  que dans la bouche des commentateurs –, la gauche raisonnable, la gauche de la raison de gauche, il n’est que temps d’en finir avec la foire des ego et des ambitions, les tractations d’appareils, l’éclatement généralisé des organisations. Peut-être est-ce le résultat inattendu de ces élections européennes : mettre chacun face à ses responsabilités. Ce qui sépare le Parti communiste, le Front de gauche, le NPA, voire Lutte ouvrière et une partie des écologistes n’est rien au regard de leur accord sur la majorité des questions économiques, sociales et politiques. Il est impératif de parler désormais d’une seule voix (même si c’est à plusieurs bouches !). L’Europe à la sauce néolibérale, l’Europe du chômage, des délocalisations, l’Europe de la finance, l’Europe du traité transatlantique, l’Europe de Hayek pour qui « une dictature qui soutient le marché » serait toujours préférable « à une démocratie qui le récuse », cette Europe-là, les citoyens européens n’en veulent plus ; pas plus que les citoyens français ne veulent de la politique actuelle du gouvernement si inféodée au Medef et à Bruxelles que même les roquets de la droite en perdent la voix. Les citoyens n’en voulaient pas en 2005 – on les a muselés –, ils en veulent encore moins aujourd’hui, comme le montre le score formidable de Syriza en Grèce.

Alors, comme le disait Rimbaud, « allons ! », débarrassons-nous du parti néolibéral abusivement étiqueté « socialiste » et réunissons-nous avec les socialistes authentiques pour mettre en œuvre une autre politique en France et en Europe pour penser le monde autrement, car, contrairement à ce que prétendait Margaret Thatcher, les alternatives existent et ne sont pas du côté des néofascistes d’ici et d’ailleurs, mais bien du côté de ceux pour qui le bien public est le plus précieux des biens, de ceux pour qui la finance est réellement une ennemie, de ceux pour qui le changement n’est pas un slogan de campagne. Comme en 1968, il est urgent de mettre l’imagination au pouvoir.


Débat : Pour un nouveau départ du Front de gauche

·                                 Texte collectif     "Pour un nouveau départ du Front de gauche"  30 mai 2014

Le Front de gauche a suscité un immense espoir, soulevé de grandes énergies qui retombent au fil des épreuves et des dissensions et repartent dès qu’il sait faire front. Les élections municipales et européennes ont à nouveau fait étalage de ses forces et de ses faiblesses. Chacun ressent que sa survie peut aujourd’hui être en péril. Il représente pourtant la seule voie. Il est la seule force capable de construire une alternative de gauche face aux politiques convergentes du néolibéralisme et du social-libéralisme. Il doit en assumer la responsabilité. En cinq années d’existence, il a mis en chantier un grand projet de reconquête. La diversité des traditions de la gauche, qui s’y sont rencontrées, et l’expérience des luttes que nous avons menées ensemble constituent un précieux héritage que nous refusons de dilapider.

Le Front de gauche doit prendre un nouveau départ. Les partis et autres organisations qu’il regroupe, et qui en forment le pivot, doivent être reconnus et respectés. Leur rôle est structurant et incontournable. Mais, alors que certain-e-s semblent s’interroger sur son avenir, nous sommes aussi convaincu-e-s qu’il est temps de franchir une étape décisive de développement pour faire toute sa place au « peuple du front de gauche », à toutes les forces militantes – syndicales, associatives et culturelles – qui se reconnaissent dans nos orientations. Il est normal que, dans une fédération d’organisations, des lignes s’affrontent et des divergences se manifestent. Mais le Front de gauche doit avoir la cohérence d’une force de combat politique. Et il ne peut y parvenir que s’il est rassemblé et uni dans sa base militante. Sa légitimité repose, aussi, sur ceux qui le construisent au quotidien. Reprenons à notre propre compte ce mot d’ordre adressé à tous : « Prenez le pouvoir ! » Les assemblées citoyennes doivent trouver appui sur des structures plus stables, plus fiables, plus coopératives. Tous ceux et toutes celles qui s’engagent avec le Front degauche doivent pouvoir se retrouver dans une forme d’association démocratiquement définie dans chaque lieu (localité ou entreprise), qui leur permette de partager, sur un pied d’égalité, la responsabilité des luttes politiques à mener. C’est le sens de l’appel que nous lançons.

Nous appelons à construire à la base et au quotidien, avec les partis et organisations qui forment le Front de gauche, la grande force populaire rassemblée qui pourra impulser les changements profonds auxquels nous aspirons !

Voir les signataires et/ou signer l'appel sur le site : www.nouveau-depart-fdg.org


Débat : Non aux alliances avec le PS, par Bernard Berrou, Penmarc’h

Non aux alliances avec le PS !

par Bernard Berrou, Front de gauche Penmarc’h

Les résultats de dimanche 25 mai 2014 constituent un événement historique, C'est le début d'une période de turbulences dont les conséquences, hélas, ne sont pas mesurables, mais pourraient être terrifiantes à moyen terme

Malheureusement c'était prévisible. 

J'affirme que le Front de gauche est en partie responsable de la montée du front national pour n'avoir pas su se démarquer à temps du PS, affirmer son identité propre et gagner la confiance du monde du travail. Et ce n'est pas l'attitude cabotine de Mélenchon jouant les chiens battus d'un lyrisme trop excessif pour être vrai, qui changera quelque chose. La moitié des travailleurs votent pour le FN alors que le Front de gauche ne décolle pas. Pourquoi ?

Dans l'esprit de millions de travailleurs, la confusion règne puisque les forces progressistes de gauche et le PCF continuent à faire liste commune avec le PS, comme ce fut le cas aux élections municipales à Paris…à Penmarc'h… et dans une quantité d’autres villes. Ces alliances de circonstances étaient justifiées il y a vingt ou trente ans, plus du tout aujourd'hui.

En définitive, c'est quoi aujourd'hui le parti socialiste? Le bilan est sans conteste:
Le PS n'est plus un parti de gauche mais un parti de droite
Le PS  n'a cessé de trahir les électeurs des masses populaires depuis 1981.
Le PS n'a ni la volonté ni la capacité d'affronter l'économie libérale.
Le PS est une coquille vide qui n'a plus rien de socialiste.
Le PS a récusé depuis longtemps la lutte des classes.
Le PS ne fait rien pour lutter contre les paradis fiscaux
Le PS n'est que démagogie, mensonges et promesses vaines
Le PS ne cesse de ruiner et disloquer les services publics  (hôpital, éducation…)
Le PS achève les dernières lueurs d'espoir des travailleurs pauvres et des chômeurs. 

Pour faire barrage au front national, le front de gauche doit affirmer haut et fort qu'il n'a absolument rien de commun avec le PS et les ministres du gouvernement Hollande. En décidant courageusement qu'il n'est plus question de la moindre liste commune avec le PS, le front de gauche pourrait alors devenir crédible et attirer à lui l'électorat populaire pour dire qu'il y a une alternative, que ce n'est pas la fin de l'histoire, que la désespérance ne doit pas se porter vers le vote FN, mais par une adhésion massive aux forces progressistes de la vraie gauche.

Le front de gauche ne peut plus continuer à être à la fois critique et allié de circonstances d'un PS qu'il faut plus que jamais affronter pendant qu'il est encore temps.

Bernard Berrou, Penmarc’h, le 28 mai 2014


Débat : L’échec du FG ne tient qu’à lui même, par Pierre Khalfa

L’échec du Front de gauche tient à lui-même
27 mai 2014 |  Par Pierre Khalfa

Pierre Khalfa est syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental au titre de Solidaires, co-président de la Fondation Copernic et membre du Conseil scientifique d’Attac.        —-> télécharger le texte complet en PDF

Avec 6,33 % des voix aux élections européennes, le Front de gauche (FdG) connaît un échec [1]. Celui-ci apparaît d’autant plus grave si on le met en relation avec l’espoir un moment affiché que ces élections soient l’occasion de faire du FdG la première force à gauche, opérant ainsi un rééquilibrage porteur d’une future alternative gouvernementale. Comment expliquer, alors que le PS connaît une défiance profonde, que le FdG n’en tire pas les bénéfices, alors même qu’il porte une critique féroce d’une politique gouvernementale elle-même massivement rejetée ?

Une enquête Ipsos-Steria [2] indique même que le FdG a été particulièrement touché par la défiance qu’ont subie tous les partis politiques (à l’exception du FN) : aux élections européennes seulement 46 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ont voté pour le FdG. C’est l’indice de fidélité le plus faible de tous les grands partis présents à ces élections. Ainsi 52 % des électeurs de François Hollande ont voté pour le PS, 58 % de ceux de Nicolas Sarkozy ont voté pour l’UMP, 59 % des électeurs de François Bayrou ont voté pour l’UDI/Modem et… 93 % de ceux de Marine Le Pen pour le FN.

On peut certes renvoyer cet échec à des raisons objectives qu’il ne faut pas minimiser : le PS se réclamant de la gauche, son discrédit toucherait aussi ceux qui s’en revendiquent ; l’absence de mouvements sociaux pèserait sur les rapports de forces globaux, ce qui pénaliserait le FdG ; l’impact des politiques d’austérité et plus généralement l’éclatement du salariat, favoriseraient la résignation et l’abstention électorale. Tous ces éléments contiennent probablement une part plus ou moins grande de vérité. Mais la thèse défendue ici est autre. L’échec du FdG tient avant tout à lui-même.

Un premier élément d’explication tient à l’image qu’a renvoyée le FdG dans les mois et les semaines qui ont précédé les élections européennes. La confusion politique entraînée par la décision du PCF d’une orientation à la carte pour les élections municipales – tantôt avec le PS, tantôt avec les autres forces du FdG – a certainement joué, comme ont joué la dramatisation opérée par le PG à ce sujet et la montée d’affrontements internes qui l’a accompagnée, ce qui a pesé sur toute apparition politique pendant des mois. Ce conflit interne, et l’image d’éclatement qui s’en est suivie, a perduré lors de la formation des listes pour les européennes avec des tensions extrêmes et nombre de coup de forces [3].

La campagne pour les élections européennes commençait mal. Elle s’est mal poursuivie même si cela n’est pas la raison profonde du résultat. Sa brièveté a empêché que se déroule une vraie campagne nationale qui aurait redonné une crédibilité et une visibilité au FdG. Pire, elle a été marquée par des dérapages politiques, en contradiction avec le texte d’orientation adopté par le FdG, avec des déclarations sur « l’Europe allemande », les « guerres américaines en Europe », ou en faveur de la sortie de l’euro et du protectionnisme. Le flou sur la ligne défendue en matière européenne a prédominé, alors même que le FdG s’était mis d’accord sur une orientation qui indiquait que, s’il fallait nécessairement rompre avec l’Europe néolibérale actuelle, c’était dans la perspective de refonder une autre Europe. Cette ligne, qui est aussi celle de Syriza, reflète ce que pensent les sympathisants du FdG qui ne sont que 14 % à penser que l’appartenance de la France à l’Union européenne est une mauvaise chose, pourcentage similaire à ceux de l’ensemble des français à l’exception des sympathisants du FN.

Cette mauvaise campagne pour les élections européennes, faisant suite à celle des municipales, n’est cependant que le symptôme d’un mal plus profond qui renvoie à la nature même du FdG. La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon avait permis que des dizaines de milliers de personnes, qui n’étaient encartées dans aucune organisation politique, s’y engagent plus ou moins activement. Cette campagne, et le score électoral qui l’accompagnait, avaient créé une dynamique citoyenne importante [4]. Il aurait donc été logique et politiquement nécessaire que le FdG se mette en situation d’accueillir toutes celles et tous ceux qui s’étaient engagés dans la campagne présidentielle. En permettant aux non encartés d’adhérer directement au FdG, sans passer par l’une de ses composantes politiques, le FdG aurait changé de nature. De cartel électoral, il serait devenu un mouvement politique nouveau qui aurait transcendé ses composantes d’origine. Cela a été refusé et, dès les législatives de 2012, la logique de cartel a prévalu [5]. Les conséquences de ce choix n’ont pas tardé à se manifester, les deux composantes principales du FdG privilégiant, chacune à sa manière, son intérêt propre d’organisation au dépend de celui du FdG, le tout aggravé par des divergences politiques [6].

Celles concernant le positionnement vis-à-vis du gouvernement ont été assez vite résolues avec une ligne d’opposition à la politique menée qui s’est traduite notamment par le vote contre le budget 2014 par les élus du FdG (dont tous ceux du PCF). Certes la question des municipales les a ravivées, mais au-delà, l’opposition à la politique gouvernementale ne suffit pas à faire une orientation politique.

Deux questions se posent. La première est celle du rapport à la gauche. Il y a accord dans le FdG pour essayer de peser sur les contradictions internes de la majorité gouvernementale et de travailler avec tous ceux qui, à gauche, refusent la politique actuelle. Mais cette orientation ne trouve guère pour le moment de débouchés concrets. Tend alors à s’y substituer une orientation totalement incantatoire qui consiste à prôner le rassemblement de toute la gauche alors même que le PS soutient un gouvernement, issu de ses rangs, qui mène une politique de droite [7]. Il est certes légitime d’avoir pour objectif de construire un front anti-austérité qui soit le plus large possible. Mais cela ne peut se faire que si des ruptures importantes se produisent dans la majorité gouvernementale. C’est l’enjeu de la situation actuelle alors que les contradictions s’aiguisent au sein du PS et qu’EELV a quitté le gouvernement.

La seconde question renvoie à la posture publique du FdG. Il ne suffit pas d’affirmer à longueur de déclarations que tout va mal (ce qui est vrai) et que tout ira encore plus mal demain (ce qui est probablement vrai aussi) pour construire une alternative politique. De même exprimer la colère des gens peut à un moment donné être indispensable, mais tendre à ne faire que cela peut vite s’avérer contreproductif. Les gens savent que ça va mal et qu’ils sont en colère. Il ne sert à rien de le leur répéter en permanence. Pour que les gens aillent voter, et en particulier pour une formation comme le FdG, il faut qu’ils pensent que leur vote est utile. Le FdG doit donc être porteur d’un espoir de transformation sociale et pas simplement exprimer, ou plutôt croire exprimer, une exaspération. La politique du ressentiment [8] ne suffit pas, encore faut-il apparaître porteurs de solutions concrètes, crédibles[9], qui soient reliées à un imaginaire qui permette de les envisager. Or sur ces deux points le FdG n’a pas été à la hauteur.

Il n’a pas été capable de répondre sur le terrain sur lequel on pouvait l’attendre, celui des solutions pour sortir de la crise. Non que ces solutions n’existent pas – le programme des présidentielles l’Humain d’abord reste d’actualité – mais le FdG a été incapable d’avancer un plan de mesures d’urgence ayant une visibilité politique forte. La volonté d’exprimer en permanence la colère populaire, « le parlé dru » dont se réclamait Jean-Luc Mélenchon, a relativisé, de fait, la mise en avant d’alternatives.

La création d’un imaginaire collectif ne dépend pas seulement de l’action d’une force politique mais renvoie à des mouvements profonds de la société. Nous ne sommes ainsi pas sortis de la crise du projet de transformation sociale issu de l’effondrement du « socialisme réellement existant » et nous ne pouvons aujourd’hui nous adosser  à rien de comparable à ce qui a été l’espérance communiste il y a quelques décennies. Raison de plus pour s’appuyer sur des pratiques sociales émancipatrices qui se développent dans toute l’Europe, notamment en France, et qui sont en train de faire bouger les lignes : salariés qui se battent pour garder leur emploi et produire autrement (de Fralib à Ceralep, de Pilpa à Hélio-Corbeil…), femmes qui luttent pour leurs droits menacés, mouvement des villes en transition, mouvement des indignés qui inventent de nouvelles façons de faire de la politique comme Espagne, mouvements de solidarité concrète dont la Grèce a été le témoin, mais qui se développent un peu partout, mouvement des zones libérées dont Notre-Dame-des-Landes est l’exemple le plus emblématique, mouvement des logiciels libres qui lutte contre la marchandisation… Tous ces exemples et bien d’autres, le FdG ne les a pas ignorés, mais il ne s’est pas appuyé vraiment sur eux, restant in fine dans une vision verticale traditionnelle de la politique qui donne aux partis et à ses leaders un rôle prédominant.

Alors que faire ? Disons le tout net : toute volonté ou tentative de faire éclater le FdG serait suicidaire, non seulement pour ceux qui se lanceraient dans cette aventure, mais aussi pour tout processus de transformation sociale dans ce pays. La force du FdG a été d’être capable, malgré toutes les difficultés, d’agglomérer en son sein des courants politiques divers quant à leur histoire et à leur culture. Cela représente un acquis considérable. L’existence du FdG témoigne qu’il est possible de construire une force politique qui puisse postuler à être majoritaire à gauche et donc dans le pays.

Maintenir cette ambition suppose de le transformer en profondeur tant d’un point de vue interne que dans ses relations avec la société. Il faut permettre l’adhésion individuelle, faire des assemblées citoyennes des structures de bases vivantes du mouvement [10] et du Conseil national un véritable organe de débat. De façon immédiate, la discussion sur la situation actuelle devrait pouvoir embrasser tout le FdG en dépassant les frontières de chaque organisation. Une convention ou des assises du FdG, peu importe le nom, devraient rapidement être organisée pour permette le débat le plus large. Le FdG doit d’autre part renouveler sa façon de faire de la politique, tant dans ses rapports aux citoyen-nes qu’aux mouvements sociaux, et doit être capable de porter clairement des propositions alternatives. Au-delà, le FdG ne peut en rester à sa forme actuelle. Il doit impulser la formation d’une large alliance de tous ceux qui à gauche, et plus largement dans les mouvements sociaux, sont opposés à la politique gouvernementale, que ce soit au PS, à EE-LV, au NPA, à Nouvelle Donne. L’heure est plus que jamais à la construction de convergences qui dépassent les chapelles actuelles.

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[1] Il faudrait regarder de plus près les résultats différenciés de la gauche radicale en Europe pour, au-delà d’une progression globale, en analyser les ressorts nationaux.
[2] http://www.scribd.com/fullscreen/226037674?access_key=key-9AG0U9qTnlWwgTmt0bUh&allow_share=true&escape=false&view_mode=scroll
[3] La palme en la matière est revenue au PCF dans la circonscription du Nord-Ouest où les responsables locaux de ce parti ont décidé unilatéralement, et en contradiction avec l’accord national, d’imposer trois de leurs membres aux trois premières places de la liste du FdG. Ironie de l’histoire, la liste n’a eu aucun élu, le député sortant n’ayant pas été, de très peu, réélu. Peut-être ceci n’est pas sans rapport avec cela.
[4] Cette dynamique s’était manifestée par de fortes manifestations de rue et, sur un plan militant quotidien, par l’existence d’ « assemblées citoyennes » actives. Le résultat, moins important qu’annoncé par les sondages à l’élection présidentielle, et celui médiocre aux législatives qui ont suivi n’avaient pas infirmé ce constat.
[5] Un texte « fonctionnement », adopté quelques mois plus tard, est resté lettre morte. Il envisageait, entre autres, la possibilité d’adhésion directe et une refonte du Conseil national pour en faire réellement une structure faisant une large place aux personnalités non encartées.
[6] La création d’Ensemble, qui regroupe toute une série de forces qui étaient entrées au FdG de façon éclatée à des moments différents, n’a pas été suffisante pour le moment pour rompre avec cette logique.  
[7] C’est la position explicitement défendue dans le FdG par Christian Piquet et ses amis  restés à la GU. Cette orientation est aussi défendue par certains au PCF. C’est le cas par exemple d’André Chassaigne qui s’est fait une spécialité d’attaquer en permanence le FdG et Jean-Luc Mélenchon.
[8] Dans la politique du ressentiment, on peut classer l’agressivité permanente par rapport aux médias et en particulier l’interdiction faite aux journalistes du Monde de suivre les meetings de Jean-Luc Mélenchon avec l’injonction de les filmer pour les surveiller, mesures sur lesquelles ce dernier est revenu quelques jours après.
[9] Le mot crédible renvoie ici au fait qu’un gouvernement de gauche, ayant la volonté politique de le faire, pourrait appliquer les mesures en question. Voir la note de la Fondation Copernic Changer vraiment, Editions Syllepse.
[10] C’est le sens de l’appel pour un nouveau départ du Front de Gauche, signé par de nombreuses personnalités, lancé par Jacques Bidet, Jean-Michel Drevon, Jean-Numa Ducange, Dominique Fillère, Razmig Keucheyan.  
http://www.nouveau-depart-fdg.org/


Débat : Se mettre au service de la transformation, par Brigitte Dionnet

Crise de la politique, Front de gauche et élections européennes : et maintenant ?

Mobilisation populaire et rassemblement

Dans L’Humanité, Mardi 6 Mai 2014

Se mettre au service de la transformation

Par Brigitte Dionnet, membre du Conseil national du PCF

Ne tournons pas autour du pot. Faut-il ou non continuer le Front de gauche avec les partis qui l’ont créé ? Il faut d’abord répondre à cette question pour se demander ensuite s’il faut l’élargir, le refonder, le dynamiser, l’enrichir, ou ne sais-je quoiencore. Pour ma part, je réponds oui pour les mêmes raisons que celles qui, au lendemain de l’élection présidentielle de 2007, ont poussé à sa création. Quelles sont-elles ? —> télécharger le texte en pdf


Tribune de Patrice Cohen-Seat

Tribune. "Il faut mener une confrontation exigeante avec le Parti socialiste" (par Patrice COHEN-SEAT, Président d'Espaces Marx)

 
Comment assurer le meilleur avenir possible pour le Front de gauche ?
 
 Il y a des moments où une force politique doit être à la hauteur de l’enjeu. C’est le cas. La France et même l’Europe sont dans une situation politique catastrophique. Les peuples s’enfoncent dans la crise. Droite et gauche paraissent aussi peu capables l’une que l’autre de trouver des solutions(…) Le Front de gauche est dans notre pays le seul espoir d’enrayer cette mécanique infernale. À condition, toutefois, qu’il sorte de sa « maladie infantile » et se décide à se hisser au niveau de son rôle historique.
 
Les partis sociaux-démocrates courent après la droite, qui galope elle-même derrière l’extrême droite. Celle-ci pourrait arriver en tête l’an prochain aux européennes dans un pays comme la France : ce serait un énorme séisme politique. Déçu et en colère, le peuple de gauche est aux abonnés absents. Et la gauche d’alternative n’arrive pas à capter ce mécontentement et prendre le relais. Le Front de gauche est dans notre pays le seul espoir d’enrayer cette mécanique infernale. À condition, toutefois, qu’il sorte de sa « maladie infantile » et se décide à se hisser au niveau de son rôle historique.
 
Car l’enjeu est historique. Tournant le dos à ses lointaines origines de classe, le PS a repris un chemin qui, sauf au moment du Front populaire, avait déjà conduit ses prédécesseurs à rendre impossible l’idée même d’union de la gauche, quand Jules Moch réprimait les grèves dans le sang ou que François Mitterrand couvrait les exactions françaises en Algérie. Et pourtant la SFIO puis le PS ont longtemps conservé l’objectif de rupture avec le capitalisme. Aujourd’hui, ce lien ténu avec le parti de Jaurès a disparu. Incapable d’inventer une conception du socialisme à l’heure de la mondialisation, ce parti se perd dans une fuite aveugle vers la droite. Qui est alors « de gauche » aujourd’hui ? Et quelle doit être la position du Front de gauche vis-à-vis du PS quand son gouvernement applique le traité « Merkozy », continue la chasse aux immigrés et aux Roms et entend « revisiter » le droit d’asile ?
 
Ce n’est pas « bonnet blanc et blanc bonnet » comme on l’a vu avec le mariage pour tous, le projet de réforme pénale, ou même le malaise croissant à l’intérieur du PS et de son électorat. La règle visant au second tour à faire barrage à la droite et à l’extrême droite doit donc s’appliquer ; et l’on peut, en fonction des accords de programme négociés après le premier tour, envisager localement de faire partie de majorités municipales. Mais peut-on sans dommage sérieux, c’est-à-dire sans plonger dans la confusion et dérouter un électorat à la recherche de repères, se présenter aujourd’hui dès le premier tour à des élections politiques (ce qui est le cas dans les grandes villes comme aux régionales, 
et même aux sénatoriales) sur des listes 
dirigées par le PS ? Cela fait trente ans au moins que nous tentons sans succès de « peser » sur le PS afin de le ramener « à gauche ». Jusqu’où faudra-t-il qu’il poursuive sa droitisation pour constater l’échec de cette stratégie et en tirer la conséquence : il faut mener avec lui une exigeante confrontation visant à construire les rapports de forces politiques sans lesquels il est illusoire d’imaginer le faire bouger.
 
Vu la gravité de la situation, il n’est pas certain qu’il ne faille du temps avant que nous ne puissions à nouveau nous faire entendre d’un électorat populaire qui se sent abandonné et a déserté les urnes. Il est donc possible que la confrontation avec le PS ait dans certains cas un coût électoral : on l’a vu aux législatives de 2012, où nous n’avons pas progressé suffisamment, dans les circonscriptions où nous représentions traditionnellement la gauche unie, pour empêcher la défaite de plusieurs députés communistes. Mais les candidats du Front de gauche ont davantage progressé presque partout ailleurs, notamment là où nous étions faibles, témoignant d’une dynamique politique nouvelle. Et déjà, notamment aux européennes de 2010, nous avons commencé d’enregistrer des progrès, y compris en nombre d’élus.
 
Nous devons faire un choix. Ou rester au milieu du gué pour tenter de préserver quelques restes de l’union de la gauche, au risque de devenir illisibles (et on ne voit pas pourquoi, sauf cadeau local du PS, nos positions ne continueraient pas à s’étioler en nous faisant perdre sur tous les terrains) ; ou franchir le pas et nous lancer vraiment dans un développement conquérant du Front de gauche. Et là, nous avons du pain sur la planche. Non seulement pour dépasser les crispations d’appareils, mais surtout pour inventer la gauche d’aujourd’hui. Quelles réponses aux grands défis de notre époque : mondialisation, crise écologique et énergétique, Europe, migrations, impasse du productivisme/consumérisme, etc. ? Sans compter la question clé : comment, dans les institutions et la politique, et singulièrement dans le Front de gauche lui-même, dépasser les pratiques délégataires et mettre réellement les citoyens dans le coup ?
 
Voilà un beau programme de travail si l’on veut donner au Front de gauche le souffle populaire qui lui manque cruellement. Mais il faut le vouloir. Et prendre jour après jour les initiatives sans lesquelles, depuis les élections de 2012, il patine et décourage. Retrouver ainsi le chemin d’une dynamique et l’amplifier sans cesse est la seule façon de se faire entendre des déçus de la gauche, et surtout de rendre espoir aux couches populaires sans lesquelles il n’y a aucun avenir à gauche.
 
Patrice COHEN-SEAT
Président d'Espaces-Marx


Pour un pacte d’avenir pour la Bretagne, réflexions O. Coquelin

Réflexions, par Olivier Coquelin (décembre 2013)     télécharger en pdf

1. Pour un Pacte d’avenir pour la Bretagne, progressiste et écologique

Dans un entretien accordé au magazine Marianne en novembre dernier, le démographe et historien Emmanuel Todd rappelle, en lien avec la « révolte bretonne », l’ambiguïté dans laquelle naissent toujours les révolutions (http://www.marianne.net/Emmanuel-Todd-Les-bonnets-rouges-une-chance-pour-la-France_a233812.html). A commencer par la Révolution française dont les prémisses prirent la forme d’une révolte des parlements au nom d’une idéologie nullement progressiste : celle visant à rétablir les prérogatives traditionnelles d’une noblesse évincée du pouvoir sous Louis XIV. Révolte que certains historiens ont dépeint sous les traits d’une réaction aristocratique, laquelle allait déboucher en 1788 notamment sur une émeute, connue comme la « Journée des Tuiles de Grenoble », déclenchée à la faveur d’une alliance que l’on peut qualifier de contre-nature entre les parlementaires aristocrates et le peuple victime de la crise économique et écrasé par un système fiscal on ne peut plus injuste.

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Tribune libre par Gérard Mordillat : La gauche de droite est au pouvoir

La gauche de droite est au pouvoir, par Gérard Mordillat

Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste (dernier film : Le grand retournement, à voir absolument).

Faut-il faire le distinguo entre socialistes au gouvernement et dans les municipalités ? C’est une constatation cruelle mais c’est une constatation nécessaire: il y a désormais en France deux partis de droite. Un parti à tendance néofasciste, l’UMP à la sauce FN, et un parti néolibéral qui ne porte plus le nom de socialiste que par paresse.           Lire ou télécharger ce point de vue 


Retraites, résultat du vote à l’Assemblée le 15 Oct

A l'Assemblée vote sur la réforme des retraites le 15 Octobre 2013 : 270 pour, 249 contre, 49 abst

Le Front de Gauche a évidemment voté contre cette réforme infâme.

Notre députée Annick Le Loch a bien sûr voté POUR, merci Mme pour tous ceux qui en seront victimes, en particulier les jeunes et les femmes.
Le groupe Vert s'est "courageusement" ABSTENU, ce qui veut dire soit qu'il est tenu par quelques portefeuilles ministériels, ce qui n'est pas très glorieux, soit qu'il approuve cette réforme sans oser le dire, ce qui n'est pas glorieux non plus.

G.Balliot le 16/10/13


Europe, contribution d’André Guyomarch

L’Europe Contribution d’André Guyomarch, Pont L’Abbé, été 2013

L’actuelle situation politique et économique de l’Europe, les élections européennes de 2014 nécessitent de clarifier notre analyse de la situation pour adopter une présentation des problèmes et proposer des solutions en cohérence avec notre principe « l’humain d’abord ».

Je vais essayer en m’appuyant sur l’ouvrage collectif « en finir avec l’Europe » de C. DURAND, ed La Fabrique, de soumettre à la réflexion un certain nombre d’analyses voire de propositions pour affirmer nos positions personnelles ou/et collectives et établir, autant que possible, un projet politique crédible et compréhensible. D’abord il faut ouvrir la boîte noire de l’Europe pour savoir ce qui se cache derrière l’emballage qui nous est présenté. Il est aussi nécessaire de comprendre pourquoi l’européisme, longtemps présenté comme la panacée à tous nos problèmes, est maintenant l’objet d’un rejet profond (bien que pour des raisons souvent divergentes). Quelles sont les conséquences, non seulement économiques mais aussi politiques de la création et du fonctionnement de l’union monétaire et comment peut-on gérer le problème ? Pourquoi la construction européenne repose t’elle sur une contradiction entre un fonctionnement centralisé, autoritaire et une mise à l’écart des processus démocratiques au sein des Etats ? Enfin quelles réponses peut-on proposer pour donner le pouvoir de décision aux peuples et non aux lobbies financiers et établir réellement la démocratie ?

—> lire la suite (télécharger le document complet)


A propos du travail

A propos de la valeur travail

par Olivier Coquelin, juin 2013

A titre personnel, je pense qu'il faut dissocier la notion de « travail » de celle d'« activité ». Contrairement à l'activité, le travail présente une connotation négative au sens où il renvoie à une contrainte vitale : en clair, nous acquérons nos biens les plus élémentaires (nourritures, habitats, vêtements) via l'argent que nous aura procuré le travail que nous exerçons.

Toutefois, les deux notions sont intimement liées lorsque le travail exercé est choisi et motivé par une passion ou une vocation (artiste, chercheur, enseignant, médecin, artisan, agriculteur, militaire…). L'on peut alors parler d'activité plus que de travail stricto sensu (c'est pourquoi d'aucuns vont même jusqu'à affirmer qu'ils ne considèrent pas leur activité professionnelle comme un travail). En revanche, travail et activité se déconnectent dès lors que le premier est subi et ne résulte pas d'une passion ou d'une vocation. Il recouvre alors son sens étymologique : du latin tripalium signifiant « instrument de torture à trois poutres », puis du vieux français travail synonyme de « tourment » et de « souffrance ». Ainsi, en guise d'exemple, il est rare que l'on aspire, dès la plus tendre enfance, à devenir caissier(e) ou ouvrier(e) à la chaîne.

Tout cela renvoie aux questions suivantes : ne faudrait-il pas chercher à affranchir chaque être humain de la contrainte du travail salarié au profit de l'activité relevant de la passion ou de la vocation ? Comment ? Une piste consisterait à allouer à chacun, dès la majorité, un revenu social fixé démocratiquement. Lequel revenu garantirait une sécurité matérielle à vie et donnerait la possibilité de choisir une activité professionnelle non plus en fonction de sa valeur marchande mais de son utilité sociale. Quant au « travail » stricto sensu (ne relevant donc pas d'une passion ou d'une vocation), il pourra faire l'objet, pour tous ceux qui l'exerceront, de compensations sous forme de primes ou de RTT supplémentaires sans baisse du revenu social (c'est du reste ce qui se produit déjà aujourd'hui, d'une certaine manière, pour ce qui est du travail d'éboueur).

…. Je vous propose les documents audio(-visuels) suivants. Il s'agit d'entretiens avec l'économiste et sociologue Bernard Friot à propos, notamment, du thème de la valeur travail. A partir de celle-ci, il propose d'établir un système alternatif au capitalisme via un "salaire à vie" que chacun recevrait dès sa majorité dite économique (par opposition à la majorité dite politique qui est aujourd'hui de 18 ans), majorité économique qu'il conviendra bien sûr de fixer démocratiquement (16, 17, 18… ans ?). Ce salaire à vie serait financé par voie de cotisations, sur le modèle de celles destinées à financer les retraites, le chômage, la santé… Il part donc d'un système de financement non-capitaliste qui a graduellement fait ses preuves (sans être pour autant parfait) depuis au moins 1936 en France. Certes cela ne va pas sans poser un certain nombre de questions, auxquelles il répond, à mon sens, de manière assez convaincante dans ces deux entretiens.                                                     Olivier

https://www.youtube.com/watch?v=8MWQBbLLwg4

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2420


 

Réflexions sur la jeunesse juin 2013

La jeunesse à la recherche de son avenir

par Pierre Lemée, juin 2013

– La jeunesse à l'initiative des révolutions et des changements.

– Le libéralisme fossoyeur de la valeur travail.

– A la recherche d'une voie humaine.

– Lancer un FDG Jeunesse autonome.

(télécharger en PDF)


 

 A propos de la défiance des citoyens, et notamment des jeunes citoyens, à l'égard de la politique

par Olivier Coquelin, juin 2013

Depuis la fin du 19e siècle, la gauche s'est toujours faite le relais politique des revendications du mouvement social. Or si cette démarche demeure encore nécessaire et indispensable de nos jours, est-ce néanmoins suffisant pour redonner à la politique ses lettres de noblesse ? Face à des citoyens, et notamment des jeunes citoyens, de plus en plus désabusés et en proie à la résignation, ne faudrait-il pas, en sus, se faire les porte-voix de projets alternatifs divers et variés – théoriques sur l'après-capitalisme (économie distributive ; ucratie ; communisme libéral…) ou déjà mises en pratique et d'essence non-capitaliste (SCOP, AMAP, SEL…) ? Cela impliquerait, dans un premier temps, d'inviter à nos assemblées des représentants de ces initiatives citoyennes en vue de discussions pouvant aboutir à des propositions concrètes que l'on pourrait porter à notre niveau, c'est-à-dire via des campagnes d'information ou électorales à tous les échelons. A commencer par l'échelon municipal et celui des communautés de communes, à l'instar de ce que les copains de Plobannalec-Lesconil ont initié.


Arguments pour une 6e République

Pourquoi faut-il passer à une VIe République ?

Arguments pour une 6e République

La République française est une des rares démocraties où le chef de l’Etat concentre autant de pouvoirs.

Créée en 1958, renforcée en 1962 par l’instauration de l’élection du président au suffrage universel direct, cette « monarchie républicaine » a été imaginée sur mesure pour un homme « providentiel », le général de Gaulle.

Avant 1958 le président de la République était élu par les députés et sénateurs.

L’aberrant système actuel d’élection du président impose un choix entre deux personnes, renforçant le bipartisme cher aux libéraux, alors que le débat devrait porter sur des orientations politiques diverses.

Ce système avait été imaginé pour s’affranchir du Parlement réduit à un rôle d’enregistrement et pour élire une personne sans contre pouvoir.

Le candidat à cette élection présidentielle mène une bataille de communication hyper personnalisée en avançant des promesses qu’il ne sera absolument pas obligé de tenir, aucun recours ni sanction n’étant prévus.

L’inversion du calendrier électoral en 2000, voulue par le socialiste Jospin, renforce encore ce présidentialisme en marginalisant l’élection des députés qui est reportée après l’élection présidentielle et en devient ainsi une simple conséquence.

On met donc ainsi en place un régime personnel avec un « monarque républicain », chef de l’exécutif, habilité à nommer des personnalités à des postes importants, d’où la création d’une « cour » dans son entourage. Il y a affaiblissement du rôle du premier ministre et le parti majoritaire n’a plus pour rôle que de se mettre au service du Président.

En 1964 François Mitterrand qualifiait ce système de « Coup d’état permanent » !

Lors de la campagne présidentielle les deux candidats préchoisis par le système (les deux « favoris officiels ») sont mis en avant ainsi que leurs deux « équipes » et les autres partis sont complètement marginalisés.

Les institutions de la Ve République relèvent d’un archaïsme. En 1958 la situation était très différente, elle a beaucoup évolué, la France est un autre pays, or les institutions n’ont pas bougé.

Il y a une insuffisance démocratique, un malaise démocratique : la soumission au présidentialisme, le cumul des mandats, le sentiment d’impuissance créent un mécontentement qui se traduit par une abstention massive, un rejet multiforme.

Une solution : la Démocratie !

Ce qui ne fonctionne pas avec la 5e

  1. L’avis du peuple ne sert à rien. Exemple : le 29 mai 2005 le NON triomphe au référendum sur le TCE (Traité Constitutionnel Européen). Le traité est adopté quand même, imposé par le gouvernement.
  2. La représentation politique est complètement faussée par le système électoral. Un exemple : en 2012 dans le Finistère le PS obtient 8 députés sur 8 (donc 100%) avec 38,9% des voix au 1er tour.
  3. Le système électoral est fait pour conserver le bipartisme, donc pour empêcher toute alternative (deux « équipes » alternent au pouvoir en maintenant le cap du libéralisme).
  4. La séparation des pouvoirs est bafouée par un régime présidentiel qui donne un rôle dominant à l’exécutif. Le Parlement est devenu une chambre d’enregistrement des décisions du gouvernement ou des « directives » européennes.

Ce que nous proposons

  1. Primauté de l’Assemblée Nationale sur l’exécutif
  2. Proportionnelle aux élections
  3. Référendum initié par un pourcentage conséquent de la population
  4. Droits sociaux
  5. Citoyenneté dans l’entreprise
  6. Le peuple doit reprendre le pouvoir
  7. Indépendance de la Justice à l’égard de l’exécutif
  8. Indépendance des medias à l’égard du pouvoir politique et des puissances d’argent
  9. Assemblée Constituante, indépendante des élus actuels, débouchant sur une nouvelle constitution soumise à référendum

Gaston Balliot, Avril 2013

 


L’hystérie anti-Chavez

Coup de sang

Médiacrates et politiciens : gardez votre arrogance

José Fort, ancien journaliste à « l’Humanité »

L’arrogance d’une frange de l’élite politico-médiatico française n’est plus supportable.

Elle vient de s’exprimer à nouveau avec le décès d’ Hugo Chavez : un mélange d’ïnculture, de bêtise et de haine. La politique de Chavez et du Venezuela peut ne pas être partagée. Mais pourquoi tant de mensonges, de violences ? La politique de répartition de la richesse pétrolière est la raison principale.

Une dictature ? Quatorze consultations électorales sur quinze remportées. par Chavez et ses compagnons. Aucune manifestation de l’opposition réprimée, aucune arrestation. 

La presse bâillonnée ? 80 % de la presse écrite, la majorité des radios et des chaînes de télévision restent entre les mains de l’oligarchie vénézuélienne.

La pauvreté ? Alors qu’elle augmente en Europe, elle a considérablement diminué depuis l’arrivée au pouvoir de Chavez, selon l’ONU.

La santé ? Jamais les couches déshéritées n’avaient bénéficié de moyens aussi importants pour se soigner.

L’enseignement ? L’analphabétisme a spectaculairement reculé depuis dix ans, selon l’UNESCO.

La.rente pétrolière ? Elle ne va plus dans les poches de l’oligarchie corrompue mais finance les plans sociaux.

Voilà ce que ne disent pas les médias. Voilà ce que combattent les droites françaises et certains caciques socialistes.

Un jour viendra où les peuples latino-américains nous diront : gardez votre arrogance, nous n’avons pas besoin de vous.


Où est le courage ?

Le président évoque le “courage” pour qualifier les mesures d’extrême austérité qu’il envisage, alors qu’elles reproduisent les recettes qui partout en Europe sèment la récession, le chômage, les inégalités…

Il n’y a pas d’alternative (TINA : There is not alternative) a voulu faire croire Margaret Thatcher en accélérant cette politique en Europe.

Mais si, il y en a ! Et le courage c’est de refuser les règles ineptes de ce système. C’est agir concrètement pour une meilleure répartion des richesses. Les exemples de courage politique sont à chercher actuellement du côté de dirigeants d’Amérique Latine. Alors Mr Hollande, un peu de courage !                                       G. Balliot le 15/03/13

L’égalité entre les êtres humains passe par le contrôle de l’Etat sur l’économie et les marchés financiers.” Evo Morales, président de Bolivie

 


Hôpital Pont L’Abbé tout va bien, cassons le

Dans Ouest France du 18/01/13 on lit dans une interview du directeur de l’hôpital de Pont L’Abbé

–         Des entrées en hausse :

–         En moyenne, l’Hôtel Dieu de Pont L’Abbé enregistre une hausse de 6% des entrées dans tous les secteurs. Ces chiffres grimpent à 25% pour la médecine et à 12% pour les consultations externes.

–         Vers l’équilibre financier

–         L’établissement continue « son redressement économique et financier ».       

Tout va bien, et l’établissement rend de grands services ….. alors … CASSONS LE !

Quel gâchis. Où est la logique ?

L’avis de la population, cela ne compte pas.

L’intérêt de la population, cela ne compte pas.

Il y a des services qui tournent bien, du personnel compétent, du matériel performant. Il faut donc garder la chirurgie et tous les services actuels.

Quel gâchis !

Et qui décide ? Au nom de qui ?

Les bigoudens protestent et signent la pétition du Comité de défense.

Et les élus du pays bigouden ? Pourquoi ne prennent-ils pas ce combat à bras le corps ? Attendent-ils tranquillement que tout soit terminé ?

Gaston Balliot, à titre personnel.


Un point de vue sur l’HD de Pont L’Abbé

Pont L'Abbé, Hopital, scanner … Point de vue

Janvier 2013. Comme de nombreux citoyens, j'ai signé la pétition contre la fermeture annoncée de l'HD…même si je crois savoir que c'est un combat perdu d'avance.  La décision de fermeture "couve" depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années; les élus locaux le savent; sainte ARS a dit la messe et sonné le glas depuis longtemps, déjà au "temps" du scanner.

Mais au fait, le scanner..

Souvenez vous de l'appel à souscription et de la générosité de notre mécène local, Mr Bellec.

Le scanner a été accordé à l'HD, au détriment d'autres structures (privées), alors même que le personnel est insuffisant pour l'utiliser.

Je ne suis pas une défenderesse ardente du privé et de la médecine à deux vitesses, au contraire, mais il se fait que l'HD s'est vue dotée d'une structure coûteuse, sans les moyens humains de l'utiliser.

Depuis sa mise en place, les différents directeurs n'ont eu de cesse de "faire du plat" aux radiologues privés pour faire tourner la machine; sans succès.

Conclusion : un scanner, cher, sous-utilisé, et des délais d'attente anormalement élevés : les patients vont sur Quimper, le plus souvent dans le privé.

Autre aspect: le scanner n'est plus l'examen de référence, il a été supplanté par l'IRM depuis longtemps; l'ARS le sait.

Alors soyons vigilants quant à l'utilisation de notre argent : au moment de la souscription, je me souviens des messages extrêmement culpabilisants de certains pour avoir coûte que coûte un scanner.

Aujourd’hui, l'hôpital va fermer, que va devenir cet outil que certains citoyens ont payé?

Je ne suis pas inquiète pour Mr Bellec qui a sûrement pu déduire son don de ses impôts, mais pour les autres?

Interpellons nos élus sur leurs responsabilités: qu'ils arrêtent de nous faire avaler des couleuvres…à moins qu'eux mêmes en fassent leur menu préféré.