Exilés fiscaux, réflexion par Michel Deléan

EXILÉS FISCAUX: TROP PEU D'IMPÔT TUE L'IMPÔT

Sur MEDIAPART  11 décembre 2012 | Par Michel Deléan

Une antienne néo-libérale voudrait que la masse des assistés et des non-imposés, bref, la France modeste ou pauvre, vive aux crochets de la petite frange riche et replète du pays. Psalmodiée sur tous les tons, elle vise à culpabiliser tous ceux qui vivent chichement (avec le Smic), ou qui survivent à peine (avec le RSA). Salauds de pauvres.

Pendant ce temps, munies de l’absolution des prêtres du marché, grandes et grosses fortunes filent se réfugier dans les paradis fiscaux : Belgique pour les PDG et les rentiers du CAC 40, Suisse pour les vedettes du showbiz et du sport, Grande-Bretagne pour les requins de la finance, Irlande pour quelques écrivains, entre autres destinations.

Qu’un Christian Clavier file à l’anglaise, un Bernard Arnault en Belgique, ou un Gérard Depardieu à la frontière, et l’on entend partout, sur les grands médias, les mêmes experts fiscalistes disserter sur les avantages et inconvénients de ces faux exils, où chacun des expatriés du portefeuille gardera sournoisement un pied en France.

Qu’avant de s’enfuir, tous les exilés fiscaux aient profité du système éducatif, du système de santé, de la protection sociale, des infrastructures et des services publics de leur pays, le nôtre, est une chose aussi connue que leur égoïsme brutalement affiché. Qu’ils veuillent cacher leur tas d’or au moment où la crise fait mal, et où un effort est demandé à chacun ne peut qu’interpeller.

Tout comme le fait, révélé par Mediapart, que l’actuel ministre (PS) du budget ait détenu un compte en Suisse non déclaré pendant plusieurs années : cela s’appelle de la fraude fiscale. Cela est passible d’un redressement, de pénalités, voire de poursuites pénales. Cela pose question sur l’exemplarité d’une certaine caste politique parfois oublieuse de ses devoirs, et encline à ignorer les lois qu’elle promeut.

Il faudra donc imaginer une harmonisation des fiscalités en Europe, et engager une véritable lutte contre les paradis fiscaux, pour ne plus entendre seriner que « trop d’impôt tue l’impôt ». Ce serait plus utile que cette litanie pleurnicharde des vieux acteurs et des vieux patrons qui nous ont quittés pour des cieux plus cléments avec leur coffre-fort.


Patrick2juillet2012

Patrick Quélaudren le 2/07/2012 (contribution)

La dynamique du Front de Gauche (FdG) est certainement le fait politique majeur de la dynamique de changement de ces derniers mois, la difficulté sera de la pérenniser, de l’amplifier au-delà d’échéances électorales.

Il serait intéressant d’analyser les accélérations ou les freinages de cette dynamique : il me semble que nous avons vécu des moments différents durant la présidentielle (dynamique en accélération ?) et les législatives (dynamique en freinage ?) alors que la Présidentielle n’est pas culturellement et politiquement la nôtre, des réunions plutôt en dynamique dans des communes (Plonéour, Pont croix) où nous ne sommes pas très organisés, en freinage ou en « pas élargissement » dans des communes où nous sommes plutôt présents.

Sur le fond, je crois que la (les) prise de conscience des méfaits du capitalisme financier, de l’Europe sarkomerkel, le rôle nouveau que nous voulons pour la BCE, le SMIC à 1700€, la VIe république plus globalement la pertinence du projet « l’humain d’abord » et sa volonté de transformer dans ses fondements ont créé cette dynamique durant les présidentielles, mais cette volonté de changement ne s’est pas traduite dans les urnes aux législatives (on a eu du mal à constituer un groupe au parlement!).

Aujourd’hui la visibilité et la crédibilité du programme du FdG sont déterminantes mais être de simples « proposants » de solutions pour des électeurs « spectateurs » ne peut constituer une dynamique transformatrice, de la même manière une critique « que » négative du projet « Hollande » et de son gouvernement ne peut aussi nullement constituer une dynamique transformatrice ni une reconnaissance du FdG a être un acteur politique capable de gérer les affaires du pays.

Il faut donc la participation active des citoyens, la capacité de réflexions nouvelles et d’action citoyenne, la confiance et l’estime réciproque forment des moteurs pour dynamiser le changement, Le fait que le FdG ne soit pas un parti a permis l’engagement de nouvelles personnes, l’unité du FdG a été aussi un élément de confiance et d’engagement,

Certains pensent en termes d’adhésions au FdG, pourquoi pas, mais ramener le FdG a un parti ferait vite resurgir ce même discrédit du politique traditionnel et risque de mettre en échec même les objectifs et les dynamiques que nous souhaitons, la principale qualité du FdG est justement son pluralisme, sa crédibilité à dépasser les clivages sclérosants, à fédérer les volontés contre le capitalisme mais cette qualité passe aussi par le renforcement des partis et mouvements qui la composent,

Renforcement des structures politiques présentes et à venir , et place plus individuelle de citoyens au FdG ne sont pas contradictoires bien au contraire, il nous faut inventer des dispositifs divers non figés qui ne doublent pas les structurations des partis, des dispositifs ouverts, créatifs, imaginatifs, participatifs, populaires débouchant sur des propositions et actions concrètes.


Impasse monarchie présidentialiste

Législatives

L’impasse de la monarchie présidentialiste

L’inversion du calendrier a abaissé l’importance et le rôle de l’Assemblée nationale. Une refonte des institutions est indispensable pour que les électeurs se sentent représentés.

Entre deux votes, le peuple n’est plus rien, s’indignait déjà Jean-Jacques Rousseau. En battant le record absolu d’abstention lors d’une législative dans la Ve République, les électeurs ont signifié un dysfonctionnement majeur de l’architecture institutionnelle. La monarchie présidentialiste – pouvoir d’un seul, pas forcément un roi – récemment exacerbée par l’inversion du calendrier qui transforme l’élection des députés en simple scrutin de confirmation, la coexistence « d’une présidence gouvernante irresponsable et d’un chef de gouvernement responsable mais impuissant », selon les mots de l’universitaire Paul Alliès, le scrutin majoritaire qui élimine une part considérable de l’opinion, donnent l’impression de ne plus être représenté… dans une démocratie représentative. En France, les élections ne sont pas proportionnelles comme en Allemagne, l’exécutif ne peut être renversé comme en Angleterre ou en Italie, les citoyens n’ont pas le droit d’imposer un référendum comme en Suisse… Et le rejet majoritaire par référendum d’un traité comme celui sur la Constitution européenne peut être contredit par voie parlementaire !

Le Front de gauche, prenant la mesure de l’impasse institutionnelle dans laquelle est enfermée la souveraineté populaire, avance plusieurs mesures qui permettraient d’ouvrir un nouvel espace à l’expression démocratique, de mettre en place une VIe République établie sur la primauté de l’Assemblée nationale sur l’exécutif. Les pouvoirs exorbitants du président de la République doivent être révisés dans le cadre d’une réduction de ses attributions. Ainsi pourrait-on supprimer son pouvoir de nomination des hauts fonctionnaires et responsables du secteur public ainsi que l’obligation de l’apposition de sa signature au bas des ordonnances et décrets délibérés en Conseil des ministres. L’article 16 de la Constitution qui permet une dictature présidentielle temporaire doit être abrogé. Pourquoi le président disposerait-il du droit exclusif au référendum législatif ? Pourquoi, en dépit des désaveux de l’opinion lors de la dissolution de l’Assemblée comme en 1997, conserverait-il ses fonctions ? Les sénateurs devraient également être élus à la proportionnelle par un collège respectant la réalité des populations tandis que le Conseil constitutionnel, institution désignée qui s’autorise à censurer la représentation nationale, devrait être supprimé. L’élection même du président de la République au suffrage universel mérite d’être contestée en ce qu’elle instaure la primauté d’un seul sur tous et met aux prises deux légitimités concurrentes, la sienne et celle de l’Assemblée. L’hôte de l’Élysée pourrait être désigné par le Parlement ou par un collège de grands électeurs représentatifs qui lui conféreraient un prestige symbolique.

Le gouvernement deviendrait responsable devant l’Assemblée, élue à la proportionnelle intégrale, avec éventuellement une petite prime majoritaire, avance le juriste Jean-Pierre Dubois. L’initiative législative citoyenne devrait être encouragée et permettre ainsi un contrôle citoyen du pouvoir, comprenant des référendums d’abrogation d’une loi parlementaire avec initiative populaire, la suppression du 49-3 qui permet de forcer les députés à adopter une loi sans vote, la création de commissions d’enquête dès que 25 % des parlementaires le réclament.

François Aurel, – le 12 Juin 2012 dans l'Humanité


 

Déclaration Jeanne

« Au bout de mon âge qu’aurai-je trouvé » ?

Eh bien comme beaucoup ici, je suis née entre GUERRE ET PAIX : croyez-moi… ça marque !

Ainsi, mon choix professionnel vers le travail social, m’a conduit à rencontrer -tant de situations- tant de gens vivant comme d’autres aujourd’hui l’invraisemblable dureté de la vie.

Les bidonvilles, les cités d’urgences,les cités de transit…l’histoire de l’immigration je l’ai côtoyée au travers des visages d’hommes et de femmes d’enfants, dont le partage de leur vie> m’a souvent bouleversée… Quels cadeaux  j’ai reçus ! Aurai-je eu leur courage en situation identique ? Je ne sais pas.

Dans ces bouleversements fous de l’après guerre, j’ai vu se poursuivre et naître un travail réparateur essentiel qu’ont instauré nombre de mouvements d’éducation populaire.

Réclamés, par toute une jeunesse, des MAISONS POUR TOUS, des Maisons des Jeunes et d la Culture, des centres sociaux ont poussés un peu partout dans notre pays.

Sur les chemins de nos vies, il y a des moments où le PASSÉ reçoit comme de nouveaux éclairages…

Ainsi pour moi, ce rassemblement de PLACE DE LA BASTILLE…

OUI.. Nous étions bien plus de 120.000 ! Dans cette foule émue, joyeuse, colorée, vibrante d’un incroyable BONHEUR venu de loin.

Au nom du FRONT de GAUCHE, lorsque JEAN LUC MELENCHON, nous accueillait saluant ” ce génie de la Bastille ” n’interpellait-il pas aussi Ceux et Celles d’AVANT :

-les BONNETS ROUGES, de 1676.

-les SANS CULOTTES de1789;

-les GUEUX de 1830/1848.

-les COMMUNARDS de 1871 : ” dans l’enthousiasme de cette liberté que l’on croyait s’être donnée ” ILS avaient tout réinventé d’une autre société.

– et tous ces ANTI FACISTES de 14/18 de 1936… de 39/40  et tous ceux d’AUJOURD’HUI.

” Où étions-nous passés ?

” On s’est re-connu… On s’est re-trouvé…

Eh oui, mes Amis, mes Camarades on s’est sûrement RE-CONNU dans ce FRONT de GAUCHE,  enraciné dans la diversité de cette longue histoire qui nous FACONNE…

Le surgissement de notre opposition au projet de traité constitutionnel en 2005, a signé son acte de naissance.

Front de gauche, nous sommes RELAIS D’HUMANITE.

Du passé, à aujourd’hui, Ca vaut le coup ! ON NE LACHERA RIEN, FRANCOISE…

Jeanne Henry, 8 juin 2012


 

Roland Muzeau

Roland Muzeau « Le courage de mettre en cause le modèle d’austérité »

Roland Muzeau, député (PCF) de Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, porte-parole des parlementaires du Front de gauche à l’Assemblée, met en avant des propositions pour réussir le changement.

À cinq jours du premier tour. quel est, pour vous, l’enjeu essentiel ?

Roland Muzeau. Infliger, après celle de Sarkozy le 6 mai dernier, une nouvelle défaite à la droite. Battre cette majorité parlementaire sortante qui durant cinq ans et même plus a imposé de graves reculs économiques et sociaux à notre pays. Et bien sûr élire une Assemblée largement à gauche.

La composition de cette majorité de gauche déterminera-t-elle 
ce que sera l’avenir ?

Roland Muzeau. Oui. Il faut que la gauche soit représentée dans ses différentes composantes. Le plus grand service que l’on peut rendre à nos concitoyens qui souhaitent un véritable changement, c’est d’assurer la présence d’un groupe Front de gauche important. Nos élus seront, tout à la fois, porteurs du programme « l’Humain d’abord », que nous avons défendu à la présidentielle, et des problématiques concrètes de nos circonscriptions. J’entends bien les tentations hégémoniques du PS d’avoir la majorité à lui tout seul à l’Assemblée. Mais le changement voulu par les Français en souffrirait.

Quel serait l’apport des députés de votre groupe ?

Roland Muzeau. Nous portons des propositions concrètes qui sont en rupture avec les politiques qui, en France comme en Europe, nous ont emmenés dans le mur. Ainsi, nous sommes les seuls à proposer la modification du statut de la Banque centrale européenne pour que celle-ci prête directement aux États. Les seuls à dénoncer le traité de Lisbonne, véritable camisole d’austérité, sur les politiques nationales. Sur le plan des politiques nationales, nous porterons des propositions qui remettront en cause les politiques de Sarkozy et permettront d’aller de l’avant dans le changement. Par exemple sur les retraites. Sujet sur lequel la gauche n’est pas unanime. Nous sommes, nous, pour 40 annuités et le retour à la retraite à 60 ans pour tous. D’ailleurs, il est regrettable, je l’ai dit au ministre concerné, que les députés du Front de gauche n’aient pas été consultés sur la préparation du décret concernant le retour à la retraite à 60 ans pour les seuls salariés ayant commencé leur carrière à 18 ans. De même, autre exemple, nous proposerons une loi pour interdire les licenciements boursiers et pour que l’État reprenne la main quand des actionnaires ferment l’entreprise alors que sont réalisés des bénéfices.

Vous pensez possible 
de renforcer votre groupe 
à l’Assemblée nationale ?

Roland Muzeau. Oui. Malgré le redécoupage scandaleux de Sarkozy, nous avons la possibilité de gagner entre dix et vingt députés du Front de gauche. Mais rien n’est acquis avant les élections. Dans les discussions, sur le terrain, nous constatons que, s’il y a une joie d’avoir battu Sarkozy, les préoccupations sont grandes. Et notamment de savoir s’il est possible de changer les choses, si la gauche aura le courage politique de prendre les mesures qui remettent en cause ce modèle d’austérité qui nous est imposé depuis tant d’années. Nos propositions et nos appels à développer aujourd’hui et demain les luttes sociales trouvent de l’écho.

Entretien réalisé par Max Staat pour l’Humanité du 5 juin 2012


 

ReflexionGBaprèsElectionHollande

Réflexions personnelles à propos de l’élection de François Hollande.

François Hollande a été élu grâce aux voix du Front de Gauche. C’est clair qu’avec notre bon score au 1er tour et notre bon report au 2e nous avons contribué activement à chasser Sarkozy.
De plus Hollande a bénéficié de très nombreuses voix qui exprimaient un rejet de Sarkozy. Chasser Sarkozy était une mesure de salut public.
Tout cela mis bout à bout, il reste peu de voix pour une approbation claire et nette des propositions de François Hollande et du PS.
Les socialistes doivent en être conscients, il ne s’agit pas d’une adhésion à leur programme !

Si c’est pour faire la politique du socialiste Zapatero en Espagne, du socialiste Socrates au Portugal ou du socialiste Papandreou en Grèce, non merci !

François Hollande ne doit pas se laisser embarquer dans la politique d’austérité dictée par les banques et par les traités européens que les socialistes ont approuvés.

« Le changement c’est maintenant !» disait François Hollande. Chiche !

Il est indispensable, après avoir eu les voix du Front de Gauche, d’en prendre les idées principales pour sortir de la situation actuelle.
–         Un changement radical de l’orientation de l’Europe par une renégociation des traités dans le sens de la solidarité au lieu de la concurrence, de la relance et du social au lieu de l’austérité pour les peuples et du jack pot pour les banques.
–         Une mise sous contrôle public de la BCE et la création d’un pôle public financier en France.
–         Une réforme fiscale conséquente vers plus de justice sociale.
–         Une lutte réelle contre la fraude fiscale et les paradis fiscaux.
–         Un retour à une retraite convenable et sans décote évidemment.
–         Et bien d’autres mesures importantes allant dans le même sens.

Si dans cinq ans la gauche a déçu, nous risquerons le retour d’une droite dure et arrogante (*).

C’est pour cela que nous allons faire une campagne active du Front de Gauche pour les législatives. Plus le groupe Front de Gauche à l’Assemblée Nationale sera important plus nous aurons une « garantie gauche ».

Mais il faut aussi que les socialistes français réfléchissent.
Il ne s’agit plus de s’aligner sur l’Internationale socialiste ni sur le Parti Socialiste européen.
Il faut une rupture.
François Hollande a dit, dans un éclair de lucidité, « L’ennemi c’est la finance ! ».
Il avait raison.
Qu’il en tire des conclusions et prenne des mesures pour la maîtriser.
Et nous applaudirons !

Gaston Balliot, Front de Gauche Loctudy, le 8 mai 2012

(*) à moins qu'il n'y ait un grand sursaut populaire qui porte le Front de Gauche aux commandes, ce qui serait bien sûr LA solution.

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Pourquoi je vais voter Mélenchon

Chères amies, chers amis,
Il me tient à cœur de vous expliquer pour quelles raisons je vais voter pour Jean-Luc Mélenchon du Front de Gauche au premier tour de la présidentielle le 22 avril prochain, et peut-être, je l’espère, au second tour aussi. J’espère que mes raisons, si elles ne vous convainquent pas, vous feront au moins réfléchir. Si certains sont convaincus par cette adresse, n’hésitez pas à le partager autour de vous.

Tout d’abord, comprenez que je souhaite que le Front de Gauche dépasse le Front National au premier tour. La peur d’une Marine Le Pen présente au second tour reste dans tous les esprits, cela verrouille le système de la Ve République et pousse la plupart des électeurs de gauche, qui se sentiraient enclin à voter Mélenchon, à préférer voter Hollande, sans véritable conviction. A tous ceux qui seraient dans cette configuration de pensée, rappelez-vous qu’il y a cinq ans, Le Pen avait été largement surestimé (16/17%) alors que son score final fût de 10,5%. Par ailleurs, comme l’a montré l’histoire : plus la gauche est forte au premier tour, c’est à dire l’association gauche « radicale » et gauche « modérée », plus le candidat de gauche du second tour a de chances de l’emporter. Ce fut par exemple le cas en 1981, le PCF faisait 18% et Mitterrand arrivait deuxième au 1er tour : cela ne l’a pourtant pas empêché de remporter l’élection présidentielle devant Giscard. En effet, comme les sondages le montrent : plus le Front de Gauche monte, plus la gauche gagne largement au second tour contre Nicolas Sarkozy.Pour conclure ma première démonstration : un bon score du Front de Gauche n’empêchera pas la victoire de la gauche contre l’UMP, il la rendra possible.

Un sondage récent (jeudi dernier) créditait Jean-Luc Mélenchon de 17%, à deux points de Marine Le Pen. Un tel résultat sondagier montre le mouvement qu’a su créer le Front de Gauche dans l’opinion publique, en associant plusieurs partis de la gauche radicale (PCF, PG, Gauche Unitaire, la Fase…). Pourquoi et comment un tel regroupement a t-il pu créer ce mouvement, alors qu’on disait la gauche radicale morte de sa belle mort, vouée aux gémonies, parce que soi-disant responsable du 21 avril 2002, et trop archaïque ?

Le Front de Gauche propose un vrai programme, et non pas une succession de propositions. Autrement dit, le programme L’Humain d’abord définit un véritable projet de société, holistique et cohérent. Prendre une par une les propositions symboliques du programme, comme le font la plupart des journalistes, n’a aucune utilité. C’est regarder par le petit bout de la lorgnette, alors qu’il faut au contraire s’extraire du contingent pour avoir un œil nouveau. C’est cette vision d’une société nouvelle qui a généré les démonstrations de force de la Bastille, de Toulouse et de Marseille, pas seulement la personnalité et les qualités d’orateur de Jean-Luc Mélenchon.

L’Humain d’abord part du constat suivant : la crise économique que traversent l’Europe et la France – la pire depuis les années 1930 – n’est pas ordinaire, elle n’est pas « normale ». Cette crise a déjà eu des conséquences terribles pour des peuples voisins (en Grèce, au Portugal, en Espagne…). Si la gauche française n’engage pas un véritable changement de cap, nous serons très probablement le prochain pays à souffrir des conséquences des plans d’ « austérité ». Le calendrier électoral français fait de l’élection présidentielle la première d’une longue série en Europe. C’est une occasion unique de montrer l’exemple et de mettre un coup d’arrêt brutal au rouleau compresseur du libéralisme.

Le Front de Gauche est le seul parti en France qui se donne les moyens pour que le politique dompte la finance : mais comment ? Il préconise un véritable changement politique, écologique, économique et social par une relance de l’économie, un véritable partage des richesses, la planification écologique, une nouvelle construction de l’Europe et une refonte des institutions en créant la VIe République.

Relance de l’économie :
C’est en faisant respirer l’économie (et non en la contractant) que le pays renouera avec le cercle vertueux de la croissance :

– retraite à 60 ans
– Smic à 1700 euros
– diminution du temps de travail hebdomadaire
– réglementation des stages
– arrêt immédiat de la RGPP.

Redistribution des richesses :
C’est par la fiscalité que la société organise l’égalité de ses membres : l’impôt juste est celui qui corrige les inégalités entre les différents revenus des citoyens en prenant aux riches pour redistribuer aux pauvres. Le Front de Gauche veut bloquer la spéculation et la financiarisation de l’économie en réglementant et en taxant les banques et les individus qui s’arrogent des richesses communes :

– création d’un pôle public financier
– placement sous contrôle social des banques privées
– suppression du bouclier fiscal
– mise en place d’un impôt sur le revenu « réellement progressif » (14 tranches, dont la dernière, au dessus de 20 fois le salaire médian, soit 360 000 par an, à 100%)
– arrêt du démantèlement de la fiscalité du patrimoine
– augmentation du rendement de l’ISF et de l’impôt sur les revenus du capital
– imposition des exilés fiscaux
– taxation des revenus financiers des entreprises
– rétablissement d’une égalité de l’impôt sur les sociétés entre les PME et les grandes entreprises.

La Planification écologique :
Le réchauffement climatique, la destruction de la biodiversité et l’épuisement rapide des ressources naturelles sont le résultat des logiques de profit maximal à court terme. Le Front de Gauche propose la planification écologique comme moyen de redéfinir nos modes de production, de consommation et d’échange en fonction de l’intérêt général de l’humanité et de l’impact de l’activité économique sur l’écosystème :

– moratoire sur toutes les politiques de déréglementation de l’énergie.
– création d’un pôle 100% public de l’énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé.
– referendum sur la sortie du nucléaire après débat public national.
– constitution d’un grand service public de l’eau et de l’assainissement (ayant pour objectif que les dépenses d’eau par famille n’excèdent pas 3% de leurs ressources).
– mise en place d’un plan de transition écologique (promouvant des investissements publics conditionnés à des critères écologiques, sociaux et démocratiques).
– mise en place d’un plan de financement pour la sobriété et l’efficacité énergétiques et pour la diversification des sources d’énergie.
– lancement d’un réseau de géothermie profonde.
– lancement d’un grand plan de ferroutage.
– plan national de transition écologique de l’agriculture.
– interdiction des OGM en plein champ et de la vente libre de pesticides et herbicides chimiques nocifs pour la santé.
– soutien à l’installation des jeunes agriculteurs et à une agriculture responsable.
– création d’emplois en agriculture (révision du mandat des Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) et du Code des marchés publics, droit de préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation d’agriculteurs).
– encadrement des pratiques de la grande distribution (prix minimums aux producteurs, coefficients multiplicateurs maximums).
– inscription de toutes les politiques publiques dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Une nouvelle Europe :
Le traité de Lisbonne et les politiques qu’ils favorisent encouragent le libre-échange au détriment de l’environnement et de la justice sociale. L’Europe n’est pas seulement un marché, c’est d’abord une alliance fraternelle entre des peuples :

– remise en cause du pacte pour l’Euro+ qui impose l’austérité aux peuples
– création d’un Fonds de développement social, écologique et solidaire européen
– refonte des statuts et mission de la BCE pour mettre fin à l’indépendance dont elle jouit à l’égard des instances démocratiques européennes et nationales
– affranchir l’Europe du Traité de Lisbonne et mener la bataille politique et diplomatique pour un nouveau traité européen
– convocation d’Etats généraux de la refondation européenne mobilisant toutes les forces sociales et politiques disponible
– remise en cause, par référendum, du Pacte de stabilité qui impose l’austérité aux peuples
– financement direct par la BCE (et les banques centrales) du Fonds de développement social, solidaire et écologique européen par création monétaire
– refus d’appliquer les directives européennes qui libéralisent les services publics
– harmonisation fiscale pour empêcher le dumping social entre pays membres de l’UE
– harmonisation des droits sociaux et politiques européens (SMIC européen)
– adoption d’une nouvelle Politique Agricole Commune fondée sur l’objectif de souveraineté alimentaire et centrant la production sur les besoins intérieurs
– institution d’une coopération euro-méditerranéenne de progrès social, écologique et de codéveloppement en direction des pays du Maghreb, du Machrek, d’Afrique noire et du Moyen-Orient.

Pour une VIe République
Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distinguent avant tout par leurs styles personnels. C’est l’oligarchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véritable, il est temps de fonder une nouvelle République :

– convocation d’une assemblée Constituante visant à fonder une sixième République sociale, parlementaire et participative dont l’adoption sera soumise au référendum populaire.
– inscription du droit à l’emploi et au travail, à la santé, à l’éducation, à la protection sociale dans la Constitution.
– garantie de l’indépendance des médias à l’égard des puissances d’argent et du pouvoir politique par la création d’un Conseil national des médias.
– adoption du scrutin proportionnel pour l’ensemble des élections.
– mise en place d’une « règle verte » (en lieu et place d’une « règle d’or ») visant à rembourser la dette écologique de la France vis-à-vis du reste du monde et de nos enfants.
– remplacement du Conseil Constitutionnel par une nouvelle instance nationale pluraliste chargée du contrôle de constitutionnalité, pouvant être saisie par les citoyens.
– inscription dans la Constitution du droit des citoyens à intervenir dans le développement de la recherche.
– garantie des statuts de l’élu(e) et du bénévole dans toutes les collectivités (communes, départements, régions, assemblées nationale et européenne).
– renforcement du rôle de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (HALDE).
– rétablissement notamment de la fonction de Défenseur des enfants.
– création d’un Ministère de l’Éducation populaire et des libertés associatives.
– abrogation de la réforme de 2010 des collectivités territoriales.

Voilà quelques propositions centrales du Front de Gauche. Si vous désirez en savoir plus et les comparer aux autres candidats, vous trouverez ici un tableau comparatif. Par ailleurs, si vous pensez que ce projet de société ne s’autofinance pas, vous trouverez ici une infographie qui explique quelles sont les recettes et quelles sont les dépenses.

J’espère vous avoir convaincus. Si vous avez des questions, n’hésitez pas à les poser. A engager les débats.

Amitiés


Le vote utile

Le vote utile,

par Jean-Luc Gonneau, dans "La Gauche Cactus" du 03/04/12

"Le score global d'intentions de vote pour la gauche dans son ensemble augmente en même temps que celui de Mélenchon, qui devient le meilleur moteur pour un vote de gauche.
C'est pas utile, ça ?"


Le vote utile, pour vivre bien, c'est le vote Front de Gauche !

Quand les appels au vote utile ne suffisent plus à contenir la vague

Quand la vague est forte, rien ne sert de vouloir aller de toute force à contre-courant. Mieux vaut tenter d'en épouser le sens ou, à défaut, de la contourner prudemment. Si l'agacement voire l'inquiétude ont gagné le PS de ne plus occuper seul l’espace de l’alternative crédible à gauche, pas question de céder à là tentation d'une confrontation avec le Front de gauche. Après le dédain affiché de « l'offre publique de débat » lancée par Jean-Luc Mélenchon, l'état-major socialiste modifie son ton et son approche, et modère ses appels au « vote utile », au moins dans la forme. «  Tout vote est utile », tempérait ainsi François Hollande, samedi.

À cela, deux raisons peuvent être avancées. Premièrement, l'idée d'un risque d'une répétition du scénario du 21 avril 2002, voyant le FN éliminer la gauche pour se hisser au second tour, est sans nul doute écarté, le candidat socialiste étant crédité d'un score d'une bonne dizaine de points supérieur à celui de Marine Le Pen. La question de se rassembler dès le premier tour sur la candidature la mieux placée pour l'emporter à gauche en dépit de ses insuffisances ne fait donc plus recette chez ceux qui veulent voir advenir, à l’issue des prochaines élections, un vrai changement et non une simple alternance ne promettant qu'une sorte d' « austérité douce ».

Et l'argument qui consiste à dramatiser un éventuel « croisement des courbes » au premier tour ne tient pas non plus, car c'est au second tour que se décide le nom du vainqueur de l'élection, comme l'a rappelé Jean-Luc Mélenchon, mercredi, à Clermont-Ferrand.

La deuxième raison est que les appels à voter sans discuter pour le candidat du parti dominant n'apparaissent plus suffisants. Le PS n'est pas simplement face à une remontée électorale des communistes et de leurs alliés qu'il ne croyait plus possible ; il est surtout bousculé par les exigences politiques que cristallise l'engouement pour le Front de gauche, qui le contraignent quelque peu à muscler ses propositions dans le domaine de la justice sociale. Et ça, c'est le vrai événement imprévu de la campagne.

SÉBASTIEN CRÉPEL, LUNDI 19 MARS 2012 . L'HUMANITÉ


Le mythe du vote utile :
http://www.placeaupeuple2012.fr/voter-utile-ca-sert-a-rien-2/


 

Lettre PL aux socialistes

LETTRE AUX ADHERENTS ET ELECTEURS DU PARTI SOCIALISTE

La mobilisation du Front de Gauche le 18 mars à la Bastille : quelle efficacité !

Fr. Hollande l’a réduite à un « cri », apparemment trop « primaire » pour lui, le candidat qui se situe dans la stratosphère hors d’atteinte du «cri».
Et pourtant le « cri » lancé par plus de 100 000 poitrines vient de loin, de l’intérieur de millions d’individus dont les vies ont été saccagées par les politiques « libérales » menées depuis 30 ans, avec l’accentuation de ces 10 dernières années.
C’est un cri de révolte et d’espoir : voir enfin la marche de la société se réorienter vers la solidarité, le partage des richesses, la préservation de la planète.
Le cri du peuple de gauche est l’exact contraire du vote « utile » ou « efficace » prôné par les dirigeants socialistes.
Voter Hollande au 1er tour serait selon le PS une affaire d’arithmétique : les voix des autres candidats de gauche au 1er tour seraient retirées du pactole électoral potentiel du candidat Hollande.

L’ "utilité" ou « l’efficacité », c’est la mobilisation de millions d’entre nous pour imposer la remise en cause radicale de tous les privilèges des détenteurs de grosses fortunes, des spéculateurs de haut vol (les voleurs).
C’est se forger une conviction et une capacité de mobiliser les énergies pour ne pas subir mais réagir à toutes les injustices du système capitaliste actuel.

C’est cette dynamique initiée par le 18 mars qui est source de mobilisation du peuple de gauche (souvent réfugié dans l’abstentionnisme) pour les 2 tours des élections.

L’utilité et l’efficacité, c’est de ne pas donner un chèque en blanc dès le 1er tour.

Nous ne voulons pas nous faire voler notre victoire future face à Sarkozy : le futur président Hollande et la majorité de gauche devront tenir compte des mobilisations sociales qui ne manqueront pas de se développer pour « aider » la gauche gouvernementale à faire les bons choix.
Nous voulons aider à la mise en mouvement d’un grand élan des citoyens qui deviennent des acteurs de la vie politique et non des consommateurs manipulés par les « grands » médias.

Déjà, ce grand élan dépasse les frontières du Front de gauche : il prend son autonomie, il a déjà ses initiatives propres, ses activistes aguerris.

Il est comparable au mouvement des indignés qui s’est propagé dans toute l’Europe et même aux Etats-Unis. Même si ce mouvement n’est pas audible ou visible à tout moment, il creuse ses galeries souterraines dans les consciences ; il resurgira là où on l’attend le moins.

C’est la prise en mains de notre destin commun que l’on veut.

La jeunesse, comme au Maghreb, s’est mobilisée pour mettre à bas les tyrans. Elle ne va pas s’arrêter en si bon chemin : c’est l’ordre tyrannique des « marchés financiers » qui sera mis en cause directement.

La social-démocratie européenne a failli lamentablement dans son projet de replâtrage du capitalisme financier : elle est rejetée par la jeunesse grecque, espagnole.

Le PS français ne peut, ne doit pas suivre cette ligne suicidaire.

Pierre Lemée, ancien adhérent du PS (section Le Guilvinec-Penmarc’h),

militant du Front de gauche


 

 

Non à l’union sacrée armements

Une contribution d'Yves Jardin (Douanenez)

« Le capitalisme porte en lui la guerre, comme les nuées portent l'orage. » (J. Jaurès)

    Dans l’« Humanité » du 8 avril dernier, l’on pouvait lire les mots suivants pour annoncer une débat à Givors, le 12, à l’occasion de la journée mondiale sur les dépenses militaires : « s’opposer à la course aux armements doit redevenir une exigence prioritaire à cause du danger inhérent à un tel processus mais aussi pour le coût prohibitif que cela représente en soi, d’autant plus lourd dans une phase de crise des finances publiques marquée par des politiques d’austérité drastiques et des surenchères antisociales, en France et en Europe.  La baisse des dépenses militaires est une bataille en soi qui n’est pas contradictoire avec les exigences de la sécurité, au contraire. Nous sommes en effet favorables à la recherche collective de la sécurité internationale par une démilitarisation, une dénucléarisation des relations internationales, une recherche concomitante et déterminée de la résolution des conflits, ce qui doit contribuer à préserver le régime de non-prolifération nucléaire ». Aujourd’hui le Front de Gauche doit s’exprimer haut et fort pour dénoncer  l’« union sacrée » mortifère de la course aux armements, de l’acceptation de l’arme nucléaire et des interventions néo-impérialistes.

Non à l’union sacrée de la course aux armements.   

Le budget de la défense continue à augmenter, avec un montant de près de 40 M d’€ (pensions comprises) en 2012, en hausse der 2,4 %. Comme l’a déclaré J.J. Candelier, député PCF du Nord, lors du vote de ce budget, « il existe donc bien de l’argent quand on veut ! ». Cela est une situation scandaleuse qui doit être dénoncée. Seul le Front de Gauche est en mesure de le faire et se doit de le faire. Alors que l’on rogne sur les dépenses sociales, sur l’éducation, il est insupportable de voir les dépenses militaires continuer à augmenter. Les crédits budgétaires (hors pensions) passent de 30,11 MM d’€ en 2010, à 30,16 en 2011, 30,52 en 2012 et 31 en 2013.
    Dans le même temps, le nombre d’équivalents temps plein travaillé diminue et passera de 314.000 en 2009 à 276.000 en 2014, avec donc une diminution de 38.000 emplois, à raison de 7500 par an. Cela a entraîné des protestations légitimes. La défense, comme toute la fonction publique, fait les frais de la diminution du nombre de salariés.
    En fait l’augmentation des crédits de la défense profite aux équipements, dont la part dans le budget militaire augmente de 3 %. Dans les moyens programmés pour 2009-2014, les équipements représenteront près de 55 % des dépenses. Les équipements sont de plus en plus construits par des sociétés privées. La loi de programmation militaire prévoit l’ouverture accrue  du capital d’entreprises du secteur de la défense, comme la DCNS ou la Société navale des poudres et explosifs, au secteur privé. Ajoutons à cela que certaines activités exercées jusqu’alors par des personnels militaires le seront par des sociétés privées cotées en bourse : les Entreprises Militaires et de Sécurité Privées se développent en France comme dans d’autres pays en proie à l’économie néo-libérale ; c’est à des sociétés privées qu’est confiée le maintien en condition opérationnelle des matériels de l’aviation et de la marine ; des navires privés assurent des transports stratégiques ; des bâtiments de soutien et d’assistance hauturière, dont la moitié dotés d’équipages privés seront mis à la disposition de l’armée ; depuis 2006, EADS assure la formation des pilotes de chasse de la base de Cognac ; depuis le début de 2011 la gestion de la base de Creil est confiée à un consortium privé. Cette privatisation de la défense, qui entraîne aussi la perte d’emplois publics, doit être dénoncée.    
    Il est souhaitable que le choix des équipements et armements à construire soit le résultat d’un large débat démocratique autour de la défense. Les constructions et fabrications pour la défense doivent être faites de façon largement préférentielle par des sociétés publiques ou nationalisées.
    Une partie des crédits de la défense (10 % selon le Mouvement de la Paix) doivent être consacrés tout de suite à la satisfaction des besoins sociaux  (pour l’école, la santé, la jeunesse), non pas pour aller dans le sens d’une néfaste politique d’austérité, mais pour une action publique tournée vers l’action sociale et la promotion de la paix. Il faut se rappeler par exemple que 2MM d’€ permettraient d’augmenter de 332 € / mois les pensions de 5 M de retraités.
    La France reste le 4e exportateur d’armements, avec 5,12 MM d’€ en 2010. Ces exportations contribuent au maintien des conflits. Elles se font en grande partie au bénéfice de sociétés privées qui n’hésitent pas à délocaliser les fabrications : ainsi Dassault est en voie de vendre 126 « Rafale » à l’Inde, mais 108 de ces avions seront construits en Inde. Combien d’emplois seront malheureusement mis en danger par un tel contrat ? Il ne s’agit pas de défendre à tout prix les emplois liés à la construction d’armements, mais il faut cependant dénoncer aussi cette forme de délocalisation qui de toute façon ne va pas dans le sens de la paix. Un traité  sur le commerce des armes est depuis 2009 en négociation à l’ONU, soutenu par 153 pays :  il doit être soutenu activement,  et devra être signé, ratifié et appliqué par la France.
    De 2005 à 2009, les ventes d’armes ont augmenté de 22 % dans le monde ; en  2009, elles représentent 400 MM de $, soit 5 fois plus que l’aide au développement. Les ventes d’armes maintiennent des pays dans la pauvreté, permettent à des dictatures de perdurer, entretiennent les violences, les violations des Droits de l’Homme et la corruption. Une politique progressiste se doit de contrôler, de réduire les exportations d’armements ou au moins de ne pas chercher à les développer.
    La diminution des dépenses militaires, la réduction de la quantité d’armes construites, et de celles exportées, doit se faire à travers un plan précis, démocratiquement élaboré, avec une reconversion des industries d’armements pour éviter des pertes d’emplois. La réflexion menée notamment par l’Université Européenne de la Paix, créée à Brest, doit être poursuivie et aidée. Celle-ci a proposé la création d’une filière de déconstruction des vieux navires qui pourrait compenser la perte par l’arsenal de Brest de la moitié de ses emplois. pourquoi ne pas envisager que le savoir-faire des personnels spécialisés dans la construction d’armement nucléaires et notamment des SNLE soit employé pour le démontage des centrales nucléaires.
    En tout cas, si diminution des dépenses il y a, elle ne doit pas affecter le paiement des pensions, ni le statut des personnels, aujourd’hui remis en cause par la privatisation des activités militaires, ni le traitement des maladies contractées dans le cadre militaire, par exemple lors des expérimentations d’armes nucléaires.
    Même si un désarmement complet est sans doute encore du domaine de l’utopie (il y a cependant 27 pays indépendants, le plus souvent des micro-Etats, qui n’ont pas d’armée), doit-on se satisfaire de voir la France au 4e rang mondial pour les dépenses d’armement par habitant et au 3e rang mondial pour les dépenses d’armement nucléaire par habitant (après Israël et les USA) ?

Non à l’« union sacrée » autour de la force de frappe.
    Deux candidats aux élections présidentielles viennent de se rendre à l’Ile Longue pour faire allégeance à la force de frappe nucléaire : François Bayrou tout d’abord (plus tôt que prévu), puis François Hollande qui a fait quelques vagues allusions à la poursuite du désarmement nucléaire. Rien à attendre de la part de Sarkozy en cette matière , ni de la candidate du Front National. Seul le Front de Gauche est en mesure de proposer une autre politique en ce qui concerne les armes nucléaires.
    Tout d’abord, rappelons que la politique de dissuasion développée notamment par le général de Gaulle et ses successeurs est devenue inopérante :
-l’écroulement du bloc soviétique a rendu inutile une politique d’équilibre des forces et de menace d’une attaque  massive destructrice et meurtrière devant empêcher l’adversaire situé à l’Est de se lancer dans un conflit ;
-aujourd’hui l’utilisation risque d’être une attaque du fort au faible;
-les armes nucléaires sont aujourd’hui miniaturisées et peuvent être employées comme des armes du champ de bataille entre deux armées (sans parler d’armes comme celles à uranium appauvri).
    Selon le général Norlain, les armes nucléaires sont devenues dangereuses et inutiles. Selon une tribune récemment signée par Paul Quilès, Michel Rocard et le général Norlain elles ne peuvent résoudre les désordres du monde du XXIe siècle et notamment les menaces terroristes, pour ne pas parler des conflits localisés encore nombreux dans le monde.
    Le stock d’armes nucléaires accumulées dans le monde crée une terrible menace. Des accidents pouvant déclencher le feu nucléaire ne sont pas à exclure. Le chef d’Etat qui déclencherait l’apocalypse nucléaire risque d’entraîner la destruction de la planète et de l’humanité. Savoir que cette arme est maintenant à la disposition des généraux pakistanais, amis des islamistes et proches des talibans afghans, devrait nous faire réfléchir. La savoir aux mains des actuels dirigeants israéliens très à droite ou d’extrême-droite ne peut nous rassurer davantage.
    Les armes nucléaires représentent des dépenses très importantes, alors que les dépenses sociales sont affectées par des coupes budgétaires. Le coût d’entretien annuel d’une seule arme nucléaire (il y en a des centaines) représente 130.000 consultations de médecine générale ou 150 postes de professeur pendant un an. Le chantier de l’Ile Longue est le plus important de France avec des dépenses de l’ordre de 800 M d’€. La modernisation de l’arsenal nucléaire représente des dépenses de 4,7 à 6 MM d’€ en 2011 et 21 % des crédits d’équipement. Toutes ces raisons doivent nous amener à un nécessaire désarmement nucléaire. Deux voies doivent être étudiées.
    On peut poser la question du désarmement nucléaire unilatéral de la France. Rappelons tout d’abord qu’il n’est pas/plus lié au « droit de veto » de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU. le lien entre la présence à ce Conseil en tant que membre permanent et la possession d’armes atomiques, s’il a  jamais existé, n’existe plus depuis qu’outre les 5 Grands l’Inde et le Pakistan, et sans doute la Corée du Nord, se sont dotés de l’arme nucléaire. Ce lien n’a d’ailleurs jamais existé puisque Israël a depuis longtemps la bombe atomique (grâce à l’aide de la France !). Plusieurs Etats ont renoncé à l’arme nucléaire , comme l’Afrique du Sud (qui s’en était dotée à l’époque de l’apartheid, l’Australie, le Brésil, l’Argentine, la Suède (qui l’a peut-être eue), ainsi que la Biélorussie, l’Ukraine et le Kazakhstan ayant hérité d’une partie de l’arsenal soviétique. A part ces trois derniers pays, les autres Etats ayant renoncé à l’arme nucléaire n’ont pas vu leur économie décliner, bien au contraire ; ils n’ont pas été particulièrement menacés. Un désarmement nucléaire unilatéral de la Francd irait dans le sens de la négociation d’une Convention d’abolition des armes nucléaires, souhaitée et soutenue par 142 Etats. La grandeur de la France ne se traduit pas par la possession de l’arme nucléaire, mais un désarmement unilatéral de la France augmenterait son influence et son prestige dans le monde. Mais un tel désarmement ne peut avoir lieu qu’après avoir été décidé à l’issue d’un large débat démocratique.
    Une deuxième voie pour répondre à un souci de réalisme, fondé ou non, est d’arrêter la modernisation de l’arme nucléaire qui est contraire au Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). La France viole le TNP en mettant au point de nouvelles têtes nucléaires au laboratoire du Barp près de Bordeaux, en construisant de nouveaux vecteurs M51, en se dotant d’une nouvelle génération de SNLE. Cet arrêt de la modernisation de la force de frappe française devra nécessairement s’accompagner d’une politique étrangère dynamique pour faire respecter le TNP et pour aller ver un désarmement nucléaire mondial. L’inaction de la France ne peut de toute façon qu’encourager une dangereuse prolifération nucléaire. En outre le respect du TNP, par l’arrêt de la mise au point de nouvelles armes nucléaires françaises permettra d’affecter au moins 5 à 6 MM d’€ / an à des activités socialement utiles.
    Il n’est pas inutile de rappeler que la réduction de la construction d’armements ne doit pas entraîner l’augmentation de l’importation d’armes étrangères et que la renonciation à l’arme nucléaire ou à sa modernisation ne doit pas s’accompagner d’une mise à l’abri sous le parapluie des armes nucléaires d’une autre puissance.

Non à l’« union sacrée » dans l’OTAN, non à une politique impérialiste.
    La France est aujourd’hui un des rares pays à disposer de bases extérieures. elle a ces dernières années développé celles-ci et multiplié ses interventions. Des militaires français sont aujourd’hui présents dans au moins une quinzaine de pays avec des situations diverses.
    En 2006, il y avait 19.863 militaires français hors de métropole, leur nombre est passé à 26.150 en 2008, 29.190 en 2009, 31.877 en 2010 et au moins 29242 en 2011. Sarkozy a donc augmenté la présence et les interventions militaires françaises, pas forcément pour le meilleur mais souvent pour le pire. Et cela entraîne des dépenses importantes : en 2008 elles ont représenté 857 M d’€ (pour 475 prévus dans la loi de finances) ; en 2010 elles ont représenté 867 M d’€ (dont 470 pour l’Afghanistan. En 2011, les opérations militaires extérieures (OPEX) financées en partie par « prélèvement sur la réserve der précaution interministérielle », c’est-à-dire par les autres ministères, sont en augmentation avec près de 900 M d’€ et sans doute bien davantage.
    En 2011 les forces temporaires (Tchad, côte d’Ivoire, République Centrafricaine) représentent 2190 hommes ; les forces sous mandat international en groupent 9812, dont 4000 en Afghanistan et 3000 au large de la Libye (et sans doute aussi sur le sol libyen avec la présence d’agents français, sinon de membres d’officines privées, comme le président de la SECOPEX, ancien officier, qui y a été tué par « accident »). ; les forces de présence en comptent 8600, dont près de 3000 à Djibouti, 1200 au Sénégal et 1000 au Gabon ; enfin les forces de souveraineté dans les DOM-TOM comprennent 8640 militaires (5430 en 2006). En Afrique, la présence de militaires français a conforté des régimes corrompus, impopulaires et dictatoriaux et la France, après avoir soutenu Gbagbo, est intervenue directement en Côte d’Ivoire pour faire triompher le pro-occidental Ouattara. dans les DOM-TOM, le renforcement de la présence militaire accroît la possibilité de répression brutale de mouvements sociaux et/ou anticolonialistes, notamment en Nouvelle-Calédonie (où le nombre de militaires a doublé de 2006 à 2011). Il est urgent de mettre fin à ces bases et interventions extérieures, pour rompre avec une politique impérialiste insupportable, mais aussi pour que l’argent dépensé dans cette « présence » et ces interventions extérieures soit utilisé à de meilleurs usages.  
    Mais, de façon plus large, le néo-libéralisme s’accompagne d’une politique de domination, d’oppression, et de militarisation, menée par les pays occidentaux les plus riches sous la direction des USA, dans la cadre de l’OTAN. Il est à remarquer qu’en Europe l’écroulement du bloc « socialiste » a mené à l’entrée de nombreux pays de l’Est et du Centre de l’Europe dans l’Union européenne, mais aussi dans l’OTAN, l’adhésion concomitante aux deux organisations apparaissant comme devant aller de soi.
    Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN (la France n’a jamais cessé d’adhérer à l’OTAN qui est aussi une alliance politique), décidé par Sarkozy, s’est accompagné de la participation de la France à des interventions mettant la démocratie et la paix en danger. C’est le cas de l’intervention en Libye, sous prétexte de défendre les libertés menacées par la tyrannie de Kadhafi à qui l’on avait auparavant déroulé le tapis rouge, et sous couvert de l’ONU.
    Le même scénario risque de se répéter bientôt en Syrie, où les services de renseignement français sont probablement déjà en action et où les éléments les plus réactionnaires qui dominent le CNS appellent à une intervention extérieure avec l’appui des pays arabes les plus conservateurs, amis de la France et du bloc occidental.
    En Afghanistan, la France intervient sous le couvert de l’ONU, aux côtés des USA et d’autres pays membres de l’OTAN, pour la défense des intérêts occidentaux. Cette intervention est illégitime, coûteuse et meurtrière. elle est un non-sens alors que l’on continue à soutenir et à armer le Pakistan.
    Il est important que le Front de Gauche demande le retrait immédiat de toute force française de la Libye ou de ses abords.  Il est essentiel qu’il exige le retrait immédiat des forces envoyées en Afghanistan ; cela correspond à la volonté de 80 % des Français qui sont opposés à l’intervention française en Afghanistan ; en août 2010 les Pays-Bas ont mis fin à leur participation à la « mission » de l’OTAN en Afghanistan, qui a été une des raisons de la chute du gouvernement néerlandais. Il est primordial qu’il se prononce résolument contre toute intervention française en Syrie, sous quelque forme que ce soit et qu’il appuie activement le CNCD syrien, regroupant des forces de gauche et hostile à une intervention extérieure.
    Il y a aussi actuellement une sérieuse menace de guerre contre l’Iran, voulue par Israël, par les USA, avec la complicité de Sarkozy et du gouvernement français. Cette guerre qui menace est justifiée par le prétexte d’empêcher l’Iran de ses doter de l’arme nucléaire, alors que cette volonté iranienne n’est pas totalement prouvée et qu’Israël dispose de l’armement atomique en n’étant soumis à aucun contrôle  (avec la complicité des USA et des pays membres de l’OTAN) car n’étant pas signataire du TNP (signé par l’Iran). Le Front de Gauche doit résolument se prononcer en faveur de la dénucléarisation de l’ensemble du Moyen-Orient et apporter son appui au peuple palestinien, en se démarquant du soutien apporté par les pays occidentaux et par les autres forces politiques françaises (Hollande vient de rencontrer le Président du CRIF, la candidate de Front National s’est rendue en Israël)au gouvernement le plus à droite, sinon à l’extrême-droite qu’Israël ait connu depuis sa création  il y aura bientôt 64 ans. Cela doit se faire au profit du peuple palestinien, mais aussi au profit du peuple israélien mis à mal par une politique à la fois néo-libérale et colonialiste renforcée.
    Il est également essentiel que la France quitte le commandement militaire intégré de l’OTAN et aussi l’OTAN elle-même.

    Le Front de Gauche a tout à gagner non seulement en rejetant, comme il le fait déjà, le consensus sur la « concurrence libre et non faussée » et sur les politiques de rigueur anti-sociales, mais aussi le consensus sur la course aux armements, nucléaires ou non, sur la modernisation de la force de frappe et sur les interventions impérialistes d’aujourd’hui, menées sous de bons prétextes pour conforter en fait les politiques néo-libérales. Lui seul peut aujourd’hui le faire en parlant haut et clair.
                                            Y.J.


     

       

Tant de richesses A_Daniélou

Jamais autant de richesses…   par Annick Danielou, Pont L’Abbé, 10 déc 2011

Jamais autant de richesses n’ont été produites, jamais le niveau général d’éducation n’a été aussi élevé, jamais les sciences n’ont été aussi développées, jamais les connaissances n’ont autant circulé. Mais jamais non plus les inégalités dans le monde n’ont été aussi grandes.

Les détenteurs des capitaux imposent leurs exigences jusqu’à faire fi de la démocratie et démissionner des gouvernements élus comme en Grèce et en Italie par le chantage et la peur .Les états soutiennent ouvertement cette domination. Une minorité a ainsi accaparé pouvoir et richesses tout en maintenant les pays pauvres dans un état de dépendance alimentaire.

La mise en concurrence du coût du travail a produit des bénéfices importants et en même temps une diminution du pouvoir d’achat appauvrissant les populations des pays « riches ». Les profits se sont orientés vers la spéculation sur les matières premières, les dettes privées (subprimes) et publiques, en exigeants des taux de remboursement inadmissibles.

Le capitalisme financier a réussi l’arnaque du siècle en transférant au public des dettes privées et en imposant comme solution une réduction drastique des dépenses publiques.

La politique qui consiste à maintenir à flot ce système au prix de l’affaiblissement de la démocratie et de l’effritement des liens sociaux, ne peut mener qu’à une impasse voire , un mur .

Les mesures d’austérité déjà décidées ne sont que la partie émergée de l’iceberg qui nous attend, tout sera fait pour maintenir une politique ultra-libérale .L’Etat lamine les libertés publiques au lieu de les protéger.

L’idée qu’il est nécessaire de combattre les puissances d’argent fait son chemin, réguler ou moraliser le système apparaît comme un pléonasme.

Il reste à redonner vie à la notion de citoyen, au contrat social, aux solidarités collectives .Il faut réinventer une autre économie.                                                                 


 

Situer débat PLemée 2dec11

2012 : SITUER LE DEBAT POLITIQUE        par Pierre Lemée (Front de Gauche pays bigouden, dec 2011)

CRISE SYSTEMIQUE :

Le modèle néo-libéral DCD (Dérégulation, Compétition à outrance, Délocalisation) est insoutenable sur tous les plans (écologique, social, économique, financier, culturel, éthique…). Il engendre démesure et mal-être.

Les inégalités sociales explosent sur l’ensemble de la planète : 3 personnes ont un revenu égal à celui de 48 pays les plus pauvres, celui de 225 personnes égale celui de 2,5 milliards d’êtres humains.

 L’absurdité des flux financiers est totale : sur les  3200 milliards de dollars  qui  s’échangent sur les marchés financiers, seuls 2,7% correspondent à des biens et à des services réels, le reste étant de l’économie spéculative qui tourne sur elle-même.

En 1998, avec une centaine de milliards de dollars, on aurait pu éradiquer la faim, permettre à tous l’accès à l’eau potable, assurer les soins de base, des logements décents…

Le règne de la marchandise s’étend à l’ensemble des échanges humains et même au vivant.

 Nous sommes passés en l’espace de 30 ans d’une économie de marché à une société de marché.

Le capitalisme, un minimum régulé après guerre, est devenu un ultra-capitalisme dérégulé.

Le fondamentalisme marchand des libéraux célèbre, tous les jours, sur tous les tons, le « divin marché ».

Lire la suite…