Guedj, un socialiste qui s’est opposé au traité

Jérôme Guedj: «Un traité qui tourne le dos à la réalité»

Jérôme Guedj, député de l’Essonne, est l’un des parlementaires socialistes qui se sont opposés, mardi, à la ratification du traité budgétaire. L'élu socialiste explique dans l'Humanité du 11 octobre souhaiter que le débat sur le pacte budgétaire se poursuive.

Pourquoi avoir pris le «risque» de voter contre un traité dont la ratification était assurée?

Jérôme Guedj. Parce que c’est 
la cohérence de nos engagements et 
de nos convictions. Je n’ai subi aucune pression. Ce n’est pas le cas de certains de mes camarades. C’était un symbole : nous étions le point d’aboutissement de cette colère des peuples d’Europe, de cette colère qui traverse le peuple 
de gauche ; celui qui attend 
cette fameuse réorientation de 
la construction européenne et qui considère que celle-ci ne sera pas 
le produit mécanique des fameux « petits pas » qu’on nous promet, 
de traité en traité.

Qu’est-ce qui vous «opposait» à vos collègues qui ont voté oui?

Jérôme Guedj. Nous avons dit que 
ce traité, que nous combattions hier 
et qui n’a pas changé d’une virgule, est un traité qui transpire la vulgate libérale. Il entretient cette vision de ce que j’appelle le fédéralisme autoritaire d’Angela Merkel, qui voit dans l’intervention coordonnée àl’échelle de l’Union européenne un débouché intéressant, mais uniquement parce qu’il soumet les États. Bref, c’est un traité qui nous dit que la crise de l’Europe, c’est la crise des États providence, mais pas la crise du capitalisme financier. Un traité qui tourne le dos à la réalité de ce que 
les peuples ont vécu et vivent encore dans leur chair, avec douleur.

Ce vote marque-t-il un clivage durable dans le Parti socialiste?

Jérôme Guedj. Nous sommes dans 
la majorité et nous n’agirons pas 
de manièreirresponsable. Mais dans le congrès du PS, la question européenne doit être présente. Pas pour chercher des querelles, mais parce qu’au regard de ce qu’est l’Europe, de ce qu’est la crise de ce capitalisme financier non encadré, non régulé, nous avons la responsabilité de ne pas occulter le sujet. Quand 10 % des députés socialistes ne votent pas ce traité, je crois qu’ils sont en phase avec au moins 10 % du Parti socialiste. Notre rôle était de mettre ces sujets dans le débat, nous l’avons fait.


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