Lettre ouverte aux Directeurs du Télégramme de Brest

Monsieur le Directeur général, Monsieur le Directeur de la rédaction,
Dans son billet (journal du jeudi 2 juillet) Monsieur Coudurier se surpasse.
Que monsieur Coudurier soit de droite, nul ne l’ignore. Plus ou moins généreuses, humanistes et solidaires, toutes les opinions ont le droit de s’exprimer mais qui est-il et pour qui se prend-il pour traiter Monsieur Tsipras de piteux Premier ministre et Monsieur Varoufakis de fou ?
Monsieur Tsipras n’a jamais traité Monsieur Sarkozy de clown pathétique, il n’a jamais qualifié Monsieur Hollande de marionnette ridicule aux mains de Madame Merkel. Le Gouvernement Grec, lui, a toujours su garder de la hauteur malgré les humiliations répétées des instances européennes, du FMI (Mme Lagarde souhaitant parler avec des adultes) et des différents personnels politiques français et allemands.
Est-ce la perspective de ce référendum où le gouvernement grec va demander l’avis de son peuple qui rend Monsieur Coudurier aussi peu maître de ses nerfs ?
De quel droit dénierait-on au peuple Grec celui de s’exprimer sur son avenir ? Le déni de démocratie subit par le peuple français en 2005, où le congrès (députés et sénateurs rassemblés) est passé par-dessus l’avis largement majoritaire des électeurs refusant la constitution européenne, est –il plus supportable, plus moral, enfin mieux dans la conception de la politique de Monsieur Coudurier ?
Que Monsieur Tsipras et son gouvernement défende avec âpreté le peuple qui lui a fait confiance semble-t-il si bizarre à Monsieur Coudurier ? Cela lui donne-t-il des boutons ou quelques aigreurs d’estomac ? Il est vrai, à sa décharge, que de temps quasi immémoriaux, les Français n’ont guère bénéficié d’un tel respect de la part de leurs gouvernements.
Il n’est peut-être pas inutile de se rappeler qu’en 2005, comme aujourd’hui, les médias, à quelques exceptions près, ont hurlé avec les loups. Les leçons de l’histoire sont bien difficiles à intégrer pour les autistes qui refusent de voir notre société aller dans le mur à cause d’un déficit démocratique et du pillage des ressources publiques par les entreprises du CAC 40, les actionnaires, les boursicoteurs et les banques ! Non, nous ne sommes pas si loin de la Grèce.
Il est temps que la classe politique, que tous nos valeureux éditorialistes finissent par intégrer que le Peuple Grec est adulte et qu’il a le droit de refuser d’autres souffrances inutiles et que Monsieur Tsipras et son gouvernement ont été démocratiquement élus et qu’ils méritent le respect.
Christian Vermeulin, militant du Front de Gauche sud Finistère.

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