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Réflexion sur la pêche bretonne dans le cadre de la PCP
par Françoise Pencalet-Kerivel

La politique commune des pêches (PCP) est née en 1983, c’est l’Europe Bleue.

Les objectifs de la PCP :

–         prévenir la surpêche

–         garantir aux pêcheurs des moyens d’existence pérenne

–         approvisionner les transformateurs et les consommateurs

–         améliorer la préservation et la gestion des ressources

–         assurer le développement équilibré des territoires

Ces objectifs sont louables, mais qu’en est-il des solutions proposées ? Il y a une réforme majeure de la PCP tous les 10 ans :

–         1992 : recherche d’une meilleure adéquation entre la flotte et la gestion des stocks pour cela décision de réduire le nombre de bateaux et d’instaurer des licences de pêche

–         2002, réduire encore la surcapacité de pêche par l’instauration de TAC (taux admissible de captures) par espèce et par zone de pêche, par le renforcement des contrôles, par la restructuration de la flottille en la réduisant (la création d’une nouvelle unité doit être compensée par le retrait, sans aide financière, d’une ancienne unité d’une capacité au moins équivalente). En 2005, la PCP a supprimé les aides publiques à la construction d’unité nouvelle.

–         Projet pour 2012, s’inspirant du modèle ultralibéral de la Nouvelle Zélande et de l’Australie, s’appuyant sur une vision purement environnementaliste (réflexion essentiellement axée sur la notion de la ressource, point de vue univoque imposé par de puissante organisation écologique), la PCP renforce sa politique de restriction de la flottille : pas de renouvellement ni de modernisation de la flottille, interdiction totale de rejet en mer (0% de déchet !), mise en place d’un système de concession de pêche transférable (QIT).

Pourquoi la réforme de 2012 est-elle totalement incompatible avec la mise en place d’une pêche durable ? Car les enjeux environnementaux prédominent sur les enjeux économiques et sociaux des territoires. La notion de surpêche est largement généralisée et dramatisée dans une stratégie de communication exclusivement axée sur l’urgence écologique sans prise en compte de l’urgence sociale. Non seulement les pêcheurs sont les oubliés de la PCP mais les pêcheurs artisans sont amenés à disparaître rapidement : en privatisant la ressource et les espaces marins, la PCP favorise la concentration de l’activité entre les mains de quelques armateurs. La marchandisation du monde halieutique va accroitre les inégalités et la concurrence entre les Etats et entre les pêcheurs. Au rythme des réductions de l’activité, il risque de ne plus avoir de pêcheurs sur les océans avant qu’il n’y ait plus de poissons dans les océans !

Bilan de 30 ans de PCP :

La France a perdu 30% du nombre de ses bateaux en 25 ans (surtout les 12-24 m de la flottille artisanale) et 50% des emplois depuis 1975 par contre, elle a fortement augmenté ses importations !

La Bretagne reste la première région française maritime avec :

–         1359 navires de pêche

–         5244 marins-pêcheurs (27% des pêcheurs français)

–         23 % de la totalité du volume des ventes en criée et 32 % de la totalité en valeur des ventes

La flotte bretonne est en forte diminution depuis 1995. 80 % des bateaux sont des moins de 12 m qui font la petite pêche sur des bateaux polyvalents dont la plupart a plus de 20 ans. Parallèlement au vieillissement de la flottille, on assiste également au vieillissement des marins-pêcheurs.

La mer devient de plus en plus un espace de loisir avec le développement de la plaisance et de ses activités annexes mais quelles solutions avons-nous pour qu’elle reste encore une mer nourricière qui continue à faire vivre une petite partie de la population bretonne ??


 

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