Nationaliser les autoroutes

Le PCF lance une campagne pour la renationalisation des autoroutes

Fabrice Savel, Mardi, 18 Novembre, 2014, dans l’Humanité.
Les communistes ont lancé une campagne pour la renationalisation des autoroutes, lors d’une distribution de tract à une barrière de péage.

Photo Jean-Pierre Clatot / AFP
Le secrétaire national du PCF et sénateur Pierre Laurent, le président des députés du Front de gauche André Chassaigne et la présidente du groupe CRC au Sénat, Éliane Assassi, ainsi que des militants distribueront des tracts mercredi matin à la barrière de péage de Chamant sur l’A1 dans l’Oise, en présence du député FG du département, Patrice Carvalho. Ils lanceront ainsi une campagne pour la renationalisation des autoroutes.
Pour le PCF, “Les autoroutes dont la construction a été financée en grande partie par les contribuables doivent revenir à l’État et donc au peuple. Cela permettrait de faire baisser des péages honteusement élevés”.
“Sur 100 euros de péages versés, entre 20 et 24 euros vont directement dans les poches des actionnaires” dénonce André Chassaigne. Aisni, un rapport de l’Autorité de la concurrence a relevé, il y a deux mois, une rentabilité de 20% ou plus des sociétés concessionnaires, sur fond de prix des péages augmentant plus vite que l’inflation depuis la privatisation de 2006.
En ce sens, les députés du Front de gauche ont déposé une proposition de loi pour “la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes et l’affectation des dividendes à l’agence de financement des infrastructures de transports”. La voie de la nationalisation “semble la plus juste”, face au “véritable racket qu’organisent aujourd’hui les sociétés concessionnaires au détriment des usagers”, selon son exposé des motifs, qui dénonce aussi une diminution des effectifs de ces sociétés. En juin dernier, la proposition de loi identique des sénateurs communistes a été rejetée par le Sénat.
Aux yeux du PCF, “si le gouvernement est capable de donner 50 milliards pour satisfaire aux appétits du Medef, il doit être capable d’investir pour les autoroutes, investissement qui, selon plusieurs études, serait vite rentabilisé”. “L’argent des péages” doit, selon ce parti, “servir à financer la transition écologique pour améliorer les transports pour tous”.


Le gouvernement poursuit la grande braderie des biens publics

Le gouvernement Valls poursuit la grande braderie des biens publics.

Remplir les caisses sans toucher aux cadeaux au grand patronat : tel est le pari imposé à la France par le gouvernement.

Un véritable scénario de jeu de Monopoly qui passe par la case "libéralisation" au cours duquel le pouvoir brade aux financiers tout ou partie des biens qui nous appartiennent et qui ont été payés par les contribuables, par nous.

Après France Telecom/Orange, EADS, Aéroports de Paris, Safran, Renault, Thalès, le Rail, Airbus, GDF ce seront les barrages hydroélectriques, Rungis, La Française des jeux (très rentable), etc…

C'est l'inverse qu'il faut faire, renationaliser les autoroutes, tout le secteur de l'eau et de l'énergie. Il faut stopper cette fuite en avant suicidaire.


Renationaliser les autoroutes

Après l’abandon de l’écotaxe, une question se pose…

La renationalisation des autoroutes

Par Olivier Dartigolles Porte-parole du PCF, conseiller municipal de Pau

 

Ségolène Royal a informé de la suppression pure et simple de l’écotaxe. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie enterre l’écotaxe sans la moindre annonce concrète concernant le financement des alternatives au tout-routier. Nous savons bien, en Pyrénées-Atlantiques, combien les alternatives aux murs à camions sont indispensables. Quel avenir pour les projets de fret ferroviaire et fluvial ? Alors que le débat parlementaire a éclairé la faiblesse du « projet de loi de transition énergétique pour la croissance verte » en matière de logement et de transport, sans parler de la privatisation des centrales hydrauliques, cette annonce vient doucher les minces espoirs de celles et ceux qui attendaient un engagement ferme du gouvernement pour la transition écologique des territoires. Il était aussi question de la relocalisation et de la transformation des modes de production et de distribution. Une nouvelle occasion manquée, un nouveau renoncement. La politique d’austérité fait les poches des salariés et des familles, dont le pouvoir d’achat est attaqué comme jamais. Pendant ce temps, les dividendes des actionnaires enregistrent des records historiques. C’est le cas des sociétés d’autoroutes.

En 2005, nos autoroutes, dont la plupart étaient largement amorties, ont été bradées aux multinationales du BTP. À l’époque, la sous-évaluation de la valeur de ces sociétés concessionnaires avait interpellé beaucoup de spécialistes. Dans un tout récent rapport, l’Autorité de la concurrence a estimé la rentabilité après impôts des concessionnaires (Eiffage, Vinci, Sanef) « exceptionnellement élevée ». Cette rente a dégagé des profits indécents de 15 milliards d’euros de dividendes depuis la privatisation. Pour 2032, date de la fin de la concession des autoroutes, on estime que ces sociétés auront engrangé le chiffre pharaonique de 40 milliards d’euros de bénéfices ! Soit quatre fois « le trou de la Sécu » dont on nous rebat les oreilles. Voilà une belle illustration du coût du capital dont il est trop rarement question dans les grands médias qui préfèrent le rouleau compresseur idéologique sur « le coût du travail ». Pour Ségolène Royal, la solution « prioritaire » à l’abandon de l’écotaxe serait de « ponctionner les bénéfices des sociétés d’autoroutes » sans autre précision. Le 19 juin dernier, le Sénat avait l’occasion d’adopter une proposition de loi, déposée par le groupe communiste et républicain, permettant d’engager la renationalisation des concessions d’autoroutes.

Il y avait alors une majorité « de gauche » pour la voter. Cela ne fut pas le cas puisque seuls les communistes et les écologistes ont voté pour. On pourrait ainsi redonner des moyens importants à la puissance publique, bien supérieurs à la simple « ponction » aujourd’hui proposée, pour une politique des transports respectueuse des hommes, des territoires et de l’environnement. Faut-il renationaliser les 9 000 kilomètres d’autoroutes à péages ? Cette question va de nouveau être posée. Une mission d’information parlementaire rendra ses conclusions d’ici à la fin de l’année. Tout cela au fond relève d’un choix de société : l’humain ou le fric, la transition écologique ou le chaos.


Grève à la SAUR Pont L’Abbé

Paru dans L’Humanité du 5 Avril 2013,  rubrique “C’est un scandale !”

Le bonus qui fait tanguer la Saur, le numéro trois de l’eau

Les 200000euros de prime versés au président du groupe ont provoqué la colère des salariés cantonnés au Smic.

Ci-contre la grève du personnel de la Saur à Pont L’Abbé le 3 avril2013

La colère naît souvent d’une coïncidence. Par exemple, entre une politique d’austérité et la découverte d’un compte en Suisse. Ou bien, à la Saur, numéro trois de la distribution d’eau en France, entre un quasi-gel des salaires et la découverte d’un bonus substantiel versé au président du groupe.

Le scénario s’est déroulé en trois temps, courant mars. D’abord, les négociations annuelles obligatoires (NAO) entre syndicats et direction de la Saur s’achèvent sur un bien maigre résultat pour les 12 000 salariés du groupe : 1,2 % d’augmentation pour les salaires en deçà de 1 600 euros brut, 1 % au-delà. Puis, les salariés apprennent que leur prime de participation, équivalente à un treizième mois, sera amputée de 60 % cette année. Enfin, l’information fuite dans lapresse que le nouveau président du groupe, Olivier Brousse, se verra verser un bonus de 200 000 euros pour l’année 2012. Au vu du « choc » provoqué par cette révélation, l’intersyndicale demande la réouverture immédiate des NAO, et réclame 100 euros d’augmentation pour tous. Comme la direction ne répond pas, un appel à la grève illimitée est lancé.

Mercredi, le mouvement a été fortement suivi, par plus de 50 % du personnel selon la CGT, avec des pointes proches de 100 % dans certains établissements comme la station d’épuration de Saint-Fons dans le Rhône. Du jamais-vu dans le groupe, ce qui « confirme que les salariés en ont marre d’être pris pour des dindons », appuie Yves Ardil, délégué syndical central CGT, qui annonce d’autres actions. «Le personnel est à peine au-dessus du Smic pour un métier pénible et insalubre, avec une présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre pour assurer la mission de service public qui nous permet de nous brosser les dents chaque matin. » Un manque de reconnaissance exacerbépar le chaos dans lequel est plongée l’entreprise du fait de spéculations financières. Autrefois filiale du groupe Bouygues, la Saur a été vendue en 2005 pour 1,3 milliard d’euros à PAI Partners, qui, en 2007, l’a revendue pour 2,3 milliards à un consortium d’actionnaires français, sous forme de LBO. Un prix surestimé, qui plombe aujourd’hui l’activité de l’entreprise. «La Saur dégage des bénéfices, mais elle doit reverser 90millions d’euros par an pour rembourser la dette, plus 2,4milliards d’ici la fin 2014, explique Yves Ardil. L’entreprise a pompé dans ses réserves financières mais, aujourd’hui, la trésorerie est à zéro. D’où la compression des salaires. Le personnel a le sentiment de payer une dette qui n’est pas la sienne. » En août dernier, la Saur a été placée sous mandat par le tribunal de commerce de Versailles, et cherche aujourd’hui un repreneur. L’intersyndicale demande au gouvernement d’intervenir, puisque l’État est actionnaire à 38 % via le Fonds stratégique d’investissement (FSI). « On craint un scénario de reprise où la dette serait étalée, mais maintiendrait la pression sur les salariés », explique le cégétiste.             Fanny Doumayrou l’Huma 5 avril