Financer les retraites ? De l’argent il y en a ! C’est simplement un choix de société.

Les quarante plus grandes entreprises françaises ont versé plus de 60 milliards à leurs actionnaires en 2019, dévoile la Lettre Vernimmen. Un record qui dépasse celui de 2007… juste avant la crise financière.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) estime qu’il faut entre 7 et 17 milliards d’euros pour combler le déficit du régime des retraites d’ici à 2025. Le chiffre peut donner le vertige. Il apparaît faible quand on le compare à un autre  : les entreprises du CAC 40, l’indice phare de la Bourse de Paris, ont versé 60,2 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2019. Un chiffre record dévoilé jeudi par le quotidien économique les Échos, qui s’appuie sur une étude publiée sur la Lettre Vernimmen.

Ce chiffre se divise entre les dividendes versés aux actionnaires, soit 49,2 milliards d’euros, et les rachats d’actions par les entreprises, 11 milliards d’euros. Champion hors catégorie, le groupe pétrolier Total a versé 8,6 milliards d’euros à ses propriétaires l’an passé. Jamais autant de dividendes n’avaient été versés dans l’histoire du CAC 40, qui a passé la barre des 6 000 points en décembre dernier pour la première fois depuis 2007. Ils bondissent de 15 % par rapport à 2018. Ces versements dépassent le record établi à la veille de la crise financière, en 2008, quand les actionnaires n’avaient reçu « que » 43 milliards d’euros de dividendes.

Une manne qui ne sert pas à l’investissement productif
Côté rachat d’actions par l’entreprise, une pratique qui vise à doper le cours de l’action, les chiffres donnent également le vertige : seules les années 2007 (19,2 milliards d’euros) et 2008 (11,2 milliards) ont été meilleures. Cette manne ne sert pas à l’investissement productif et manque au financement d’activités ou revenus nécessaires à la société. « Nous proposons d’imposer fortement les revenus des ménages provenant des dividendes, et les dividendes que se versent entre elles les entreprises », explique ainsi Frédéric Boccara, économiste et dirigeant du PCF. Ces 60 milliards d’euros, pour les seules entreprises du CAC 40, les quarante entreprises les plus riches cotées en Bourse en France, sont l’arbre qui cache la forêt. Au total, les revenus financiers des entreprises sont de 300 milliards d’euros. Les taxer permettrait de financer les retraites ou les services publics, et surtout d’affaiblir la domination du capital financier.

Gaël De Santis, dans l’Humanité du 10 janvier 2020

Bourse. L’année 2019, le meilleur cru des actionnaires du CAC 40

Une manne qui ne sert ni à l’investissement productif ni au financement du social.

Ce qu’il faut c’est un autre partage des richesses.

Les revenus financiers ne participent pas au financement de la protection sociale. Ce sont eux qui bénéficient d’un “régime spécial”.
L’INSEE évalue à près de 299 milliards le niveau des revenus financiers des entreprises et des banques exonérés de prélèvement social. Cette somme est très supérieure au paiement de la totalité des retraites sur une année. Si ces revenus contribuaient au même taux que les salariés au financement des caisses de retraite, 31 milliards pourraient être dégagés, soit le double du déficit maximal avancé par le Conseil d’orientation de retraites.
Cette contribution ne serait que justice. Surtout, elle constituerait un levier pour réorienter les choix économiques vers le travail et sa meilleure rémunération.

En 30 ans, alors que la masse salariale a été multipliée par 3,6 les dividendes aux actionnaires l’ont été par 30 ! (source INSEE)


Ma chronique de l’extrême centre par Pierre Serna, dans l’Humanité du 10/01/20
La vie rognée

Avec un peu de recul, peut-être vivons nous aujourd’hui en France davantage la conclusion des années Reagan-Thatcher que le remake nauséabond des années 1930. À notre tour de vivre notre expérience de déconstruction ultralibérale, jour après jour, inexorablement, si nous ne sommes pas vigilants.

L’extrême centre fait feu de tout bois dans une offensive épuisante pour celles et ceux qui veulent résister car on ne sait plus où donner de la tête. Par petits coups de canif au contrat social, par grands coups de serpe dans les budgets des services publics, par décret passé incognito dans le Journal officiel (lisez-le, c’est consternant), c’est tout un équilibre, résultat de luttes, de conquêtes, qui se fissure. Comme le système devient moins performant du fait de ces attaques, il est moins efficace, et donc doit être remplacé par les officines privées. CQFD Et l’État se défausse en permanence sur la charité. N’êtes-vous pas effarés par ces spots publicitaires pour appeler à financer telle ou telle association caritative, claire transcription de son désengagement et retour à la « mendicité organisée ».

Quand il n’y aura plus d’écoles, d’hôpitaux, de postes, d’universités, de police digne de ce nom, de politique écologique et sociale courageuse, d’institutions républicaines et démocratiques, nous continuerons à survivre et résister, mais nous vivrons moins bien. Comme aux États-Unis, comme en Angleterre et là ce sera la victoire des populismes. À force de mordre, de couper, de déchirer et de rogner, ce sont nos vies qu’ils abîment, pire, nos intelligences et nos libertés. Le nombre d’enfants sous le seuil de pauvreté ne cesse d’augmenter depuis 2017, en même temps que les dividendes du CAC 40. Alors que la réforme nécessaire de la retraite pour tenir compte de l’effort équitablement partagé par toutes et tous aurait pu entraîner une forme de réconciliation autour d’un projet qui concerne l’ensemble de la nation, elle a été bâclée par les services du premier ministre, ne tenant pas compte de la voix des syndicats, ne préparant même pas les logiciels de calcul par projection. Pendant ce temps, le patron français de BlackRock, un fonds d’investissement pour pensions, est fait officier du ruban rouge. Écœurant d’insolence ou d’inconscience ? Même cela, ils veulent nous le rogner, nos plus belles couleurs, le rouge de la révolte et le noir de Soulages…

 

Macron n’est pas le bienvenu dans notre région

Président au service de la domination d’une caste et des intérêts de la finance

MACRON N’EST PAS LE BIENVENU  !

Macron est de passage jeudi 21 juin en Cornouaille : Quimper, Guilvinec…

Un comité d’accueil est prévu jeudi matin à 8h à la gare de Quimper (covoiturage à 7h30 à partir de Pont L’Abbé devant l’UL CGT).

Le président Emmanuel Macron visite le Finistère jeudi. Il sera à Quimper en matinée ; à la criée du Guilvinec, puis en préfecture et fera un discours réservé à des élus et des personnalités à partir de 11 h place Saint Corentin.

Soi-disant de gauche comme de droite, le président et son gouvernement nous imposent des politiques dictées par la finance et les grands patrons, détruisant ce qui reste de la solidarité nationale et de la protection sociale et privatisant nos biens communs. Les discours vantent les vertus de l’écologie mais le capitalisme financier poursuit sans contrainte la destruction de la nature. Emmanuel Macron prétend donner des leçons à la terre entière mais lui et ses ministres piétinent les droits humains notamment ceux des exilés sans hésiter à utiliser les violences policières contre les résistances à ses politiques.

Par un langage très familier quand il parle de la pauvreté, le président méprise tout le peuple en particulier les travailleurs et les plus démunis.

Mais des résistances existent contre les attaques anti-sociales. Il y a les cheminots, les électriciens, les postiers, les professionnels de la santé et du soin, les étudiants qui défendent nos services publics, les salariés du privé, de Carrefour, les retraités, les apiculteurs, les éco-agriculteurs et écologistes qui veulent une nature préservée des OGM, des grands projets inutiles, du glyphosate et autres polluants, des mouvements qui réclament la justice contre l’évasion fiscale des ultra-riches et des multinationales, et des citoyen-nes qui se mobilisent pour l’accueil des migrants.

Nous appelons toutes les personnes qui soutiennent ces résistances à rejoindre le rassemblement initié par l’intersyndicale des grévistes Cheminots de Quimper Rosporden et ENEDIS (EDF) à partir de 8 heures sur la place de la gare. Venez avec pancartes, tambours et trompettes, c’est la fête de la musique, qu’elle soit rebelle et énergique !”

Attac Quimper, Collectif antifasciste, Coordination nationale des hôpitaux et maternités, Collectifs contre NDDL Bigouden et Cornouaillais, NPA, Sud Solidaires, CNT, Climat Social, EELV, Ensemble, FSU 29, Fraternité Douarnenez et Quimper, Génération.S Quimper, Nouvelle Donne Finistère, PCF, UDB. »