Traité transatlantique TAFTA – danger !

Danger :  GMT  “Grand Marché Transatlantique” = TTIP = TAFTA  “Trans Atlantic Free Trade Agreement”

Nouveauté : depuis le 10 novembre 2015 un collectif StopTafta s’est créé en Pays Bigouden
avec un site Internet régulièrement mis à jour
www.taftaquoi.wordpress.com

Les dirigeants européens négocient dans le plus grand secret un accord de libéralisation qui nous mettrait sous la coupe des Etats Unis et surtout des multinationales, placées au dessus des Etats.

Les différentes appellations du même projet
GMT = Grand Marché Transatlantique
TAFTA = Transatlantic Free Trade Agreement
TTCI = Traité Transatlantique de Commerce et d’Investissement
TTIP = Transatlantic Trade and Investment Parnership

Un projet analogue CETA est en cours de négociation avec le Canada.

Si l’on n’y prend garde, la main invisible du marché (avec le dogme imposé de “la concurrence libre et non faussée”) qui a fait tant de dégâts dans l’Union européenne pourrait exécuter ses basses œuvres à une échelle bien plus grande encore.

Ce projet de grand partenariat transatlantique entre les USA et l’Union européenne a un objectif clair : éliminer tout ce qui pourrait faire obstacle à la libre circulation des marchandises – des droits de douane aux normes techniques, environnementales, sanitaires… – et à la liberté et la sécurité des investisseurs internationaux..

Le combat n’oppose pas les pays entre eux, mais les actionnaires des firmes multinationales aux salariés, aux consommateurs et aux simples citoyens.

Le principal danger de ce traité est l’instauration d’une justice privée qui pourrait empêcher, à la demande des grandes entreprises, les Etats de fixer leurs priorités politiques.

Ce mécanisme permettrait à des multinationales de poursuivre directement un Etat, une collectivité, ou même l’Union européenne si les normes prises forment un obstacle au commerce, s’opposent à leur propre intérêt et surtout à leur recherche de profit. C’est une formidable atteinte aux droits démocratiques puisque des décisions souveraines prises par le peuple au niveau local, national ou européen, pourraient être contestées, voire supprimées parce qu’il y a des multinationales qui les refusent.

C’est déjà commencé ailleurs, ex : un géant du tabac, Philip Morris International, fait condamner l’Uruguay à 1,5 millions d’euros

Des firmes comme Monsanto pourront faire condamner des Etats qui, pour des raisons sanitaires, s’opposeront à la vente de produits toxiques.

Le collectif unitaire Stop TAFTA       www.collectifstoptafta.org/

voir aussi le site Internet   www.stoptafta.wordpress.com

Déjà 3 300 000 signatures en octobre 2015       Signez : http://stop-ttip.org/fr/signer/

3-2-millions-signatures-chaine-humaine-tafta-ttip

ainsi que http://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/

stop-tafta-europe-oui-non


commune-hors-Tafta-panneauBerrienhorsTafta

Actuellement 650 communes se sont déclarées opposées au TAFTA, plusieurs régions, des grandes villes comme Strasbourg, Grenoble, Poitiers..

Et dans le Finistère ? A ce jour (23 avril 2016), à notre connaissance, 35 communes
(dont 14 du Pays Bigouden) se sont officiellement déclarées hors TAFTA ou en vigilance TAFTA, et certaines ont englobé le CETA. Il s’agit dans l’ordre chronologique :
Botmeur (19/05/15) – Spezet (12/06/15) – Tregunc (23/06/15) – Bannalec (26/06/15) – Saint Yvi (26/06/15) – Saint Rivoal (10/07/15) – Berrien (15/07/15) – La Feuillée (21/07/15) – Huelgoat (3/09/15) – Motreff (25/09/15) – Douarnenez (01/10/15) – Saint Jean Trolimon (8/10/15) – Carhaix (19/10/15) – Plovan (27/11/15) – Plozevet (27/11/15) – Peumerit (27/11/15) -Briec (3/12/15) – Pont L’Abbé (08/12/15) – Le Guilvinec (11/12/15) – Brest (17/12/15) -Tréogat (18/12/15) – Plonéour-Lanvern (21/12/15) – Plomeur (14/01/16) – Tréffiagat (15/01/16) – Guipavas (03/02/16) – Quimperlé – Scaer (24/02/16) – Landudal (18/03/16) – Tréguennec (18/03/16) – Penmarc’h (25/03/16) – Pouldreuzic (29/03/16) – Quimper (31/03/16) – Gourlizon (8/04/16)

Un petit dossier en direction des élus, maires et conseillers municipaux

  1. Lettre aux maires et conseillers municipaux
  2. Exemple de motion pour les communes
  3. Dossier résumé Stop TAFTA

LeTaftaDansNotreassiette

Une courte vidéo explicative réalisée par ATTAC avec Suzan George

couverture-_GMT_JennarLa brochure de RM Jennar très claire

Comment les multinationales poursuivent les Etats

Le diaporama de RM Jennar sur le TAFTA en téléchargement (fichier ppt PowerPoint)

Le même en version pdf

Une conférence complète de RM Jennar sur le TAFTA

Suzan George : “c’est le marché qui décide, ce n’est pas la démocratie” vidéo 15 min

Tafta_solidarité

Le texte commenté de l’accord

Tafta_du_social

Un document de la CGT sur ce traité

Un 4 pages de Solidaires

Un document du PG “non à l’Europe américaine”

Un petit résumé

Un petit document illustré pour 1ere sensibilisation au problème

Le tract de septembre 2014 du collectif Stop_Tafta

la vidéo “Transatlantique arnaque – La casse du siècle” durée 30 min

Le 14 juin 2013, la Commission européenne a obtenu mandat de la part de tous les États membres (le Parlement Français n’a pas été consulté) pour négocier avec les États-Unis le TAFTA (Transatlantic Free Trade Agreement)  ou TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership) ou PTCI (Partenariat Transatlantique de Commerce et d’investissement). Cet accord cherche à instaurer un vaste marché de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, allant au-delà des accords de l’OMC.

Ce projet de Grand marché transatlantique vise le démantèlement des droits de douane restants, entre autres dans le secteur agricole, et plus grave encore, la suppression des “barrières non tarifaires” qui amplifierait la concurrence débridée et empêcherait la relocalisation des activités. Il conduirait à un nivellement par le bas des règles sociales, économiques, sanitaires, culturelles et environnementales, aussi bien en Europe qu’aux États-Unis. Ainsi, la production de lait et de viande avec usage d’hormones, la volaille chlorée et bien d’autres semences OGM, commercialisées aux États-Unis, pourraient arriver sur le marché européen. Inversement, certaines régulations des marchés publics et de la finance aux États-Unis pourraient être mises à bas.

Cet accord serait un moyen pour les multinationales d’éliminer toutes les décisions publiques qui constituent des entraves à l’expansion de leurs parts de marché. Nous pensons tous que ce projet consacre la domination des multinationales européennes comme américaines. Pour certains il affirme également la domination des Etats-Unis. À coup sûr, il asservirait les peuples des deux côtés de l’Atlantique.

Accord de libre échange UE-USA : Non à la mise en concurrence renforcée des peuples !

Le communiqué des députés de la délégation Front de Gauche au Parlement européen

Le prochain Parlement européen aura le pouvoir de rejeter ce projet. Dans ces conditions, la question devient l’un des enjeux principaux des élections européennes. Ni le vote pour les listes de droite, ni celui pour des listes soutenues par le président de la République, ni l’abstention ne permettront de créer un rapport de forces en ce sens. Un débat public doit être organisé, sanctionné par une consultation populaire dans toute l’Europe avant toute décision. Un référendum doit être envisagé.

M. Hollande a tellement peur d’un débat à ce sujet qu’il s’est écrié devant M. Obama au cours d’une conférence de presse : “Nous avons tout à gagner à aller vite. Sinon, nous savons bien qu’il y aura une accumulation de peurs, de menaces, de crispations.” Quel terrible aveu ! Quelle négation de la démocratie.

tafta

Cet accord entre les États Unis et l’Europe, s’il était validé par le parlement européen, verrait l’aboutissement des rêves des multinationales (particulièrement les anglo-saxonnes) pour éliminer ce qu’elles appellent les “irritants commerciaux” qui aujourd’hui, limitent encore un peu leur soif inextinguible de profit. Sous couvert de favoriser les échanges commerciaux ce traité devrait aboutir à la création d’un vaste espace économique Europe/USA dérégulé. De la viande aux hormones aux OGM en passant par l’exploitation du gaz de schiste et la libéralisation du commerce des produits toxiques, la mise en place de ce traité serait une catastrophe.

Quelques exemples :

– Remise en cause des réglementations sur les OGM : annulation du principe de précaution, suppression de l’étiquetage OGM…

– L’agriculture paysanne en danger : la baisse des droits de douane va inonder le marché européen de produits de piètre qualité, condamnant les agriculteurs à revenir à l’agriculture intensive. Ils ne pourront plus replanter leurs propres semences, considérées alors comme contrefaçons.

– Hausse du prix des médicaments : pour leurs programmes de santé publique les gouvernements ne pourraient plus acheter les médicaments au prix des génériques.

– Sécurité sanitaire : la plupart des produits biocides (pesticides, désinfectants, conservateurs) autorisés aux USA ne le sont pas en Europe. Le traité prévoirait que les réglementations de l’une des parties soient automatiquement acceptées par l’autre (les poulets au chlore, etc…).

– Les politiques climatiques devraient voler en éclats car elles représentent un “obstacle au progrès” (sic). Les crédits d’impôts pour favoriser le développement des énergies renouvelables seraient supprimés.

Les exemples ne manquent pas pour démontrer les conséquences désastreuses dans tous les domaines si cet accord devait être validé. Les règles seraient contraignantes pour les Etats et accorderaient aux sociétés étrangères le pouvoir d’attaquer directement les Etats au motif de politiques qu’elles jugeraient susceptibles de freiner leurs profits : Exxon pourrait ainsi attaquer l’Etat Français sur sa position d’interdiction de la fracturation  hydraulique pour obtenir du gaz de schiste.

Il deviendrait interdit d’interdire ! Toute loi ou changement de politique portant atteinte aux profits espérés pourrait être attaqué devant un “tribunal” privé composé d’avocats n’ayant de comptes à rendre qu’aux multinationales qui les emploient. Les Etats pourraient se voir condamnés à payer des amendes au montants illimités (payées par les contribuables) . Les grandes gagnantes seront évidemment les multinationales.

Le danger pour la démocratie est évident et la démarche utilisée par le Conseil européen le confirme : les négociations Europe / USA se sont accélérées depuis juillet 2013 dans la plus grande opacité. Les termes du mandat des négociateurs européens, élaborés en secret dans les salons dorés de Bruxelles et de Luxembourg, n’ont pas été rendus publics. Les propos de F.Hollande à son retour des USA disant qu’il fallait faire vite pour “éviter les peurs et les crispations” montrent bien qu’il y a urgence à faire connaître et à mettre en débat les enjeux.

La partie n’est pas gagnée car il ne faut pas trop compter sur notre presse libérale ni sur la majorité des élus (le PS et l’UMP sont favorables à l’accord) pour lever le voile sur ce qui se trame et favoriser et favoriser le  débat.

S’informer, informer, discuter… et le scénario de 2005 pourrait peut être se reproduire.

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Dracula contre les peuplesLe livre de Patrick Le Hyaric

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Les 1 % les plus riches posséderont bientôt la moitié de la richesse mondiale

L’ONG Oxfam publie, lundi 19 janvier 2015, une nouvelle étude, consultable en ligne, révélant l’ampleur des inégalités dans le partage des richesses sur la planète. Selon ses calculs, réalisés à partir de données fournies par le Crédit Suisse, la richesse cumulée des 1 % les plus riches de la planète dépassera bientôt celle détenue par les 99 % restants.

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Ouest France : 3 millions d’enfants sous le seuil de pauvreté, mais pas de responsable

A la Une de Ouest France le 29 octobre 2014 : “En France, la crise touche les enfants”

Il y est dit : “Le dernier rapport de l’UNICEF montre les effets dévastateurs de la grande récession de 2008 pour les jeunes, en particulier dans notre pays”.

D’après ce rapport le nombre d’enfants vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 15,6% en 2008, ce qui est déjà énorme, à 18,6% en 2012 (3 millions d’enfants !).

–         Ressources trop faibles pour les familles, privations, logements petits et inadaptés, image de soi dégradée, etc.

Remarquez le titre : “la crise touche les enfants

C’est “la crise“, ce monstre anonyme bien pratique pour camoufler les responsabilités.

NON, ce n’est pas la fatalité (baptisée crise ici), il y a des responsables, des coupables !

Ce sont les différents gouvernements libéraux, de droite ou socialistes, qui ont imposé l’austérité, qui servent ce capitalisme/libéralisme répartissant les richesses de façon scandaleuse.

La misère des enfants est un fait honteux et les responsables ne méritent pas notre respect.


S’attaquer à la finance, pas accuser les demandeurs d’emploi

S’attaquer à la finance, pas culpabiliser les salariés !

Jean-Christophe Le Duigou, économiste et syndicaliste.

On pensait que la culpabilisation des plus modestes était une démarche de droite. Eh bien non ! Voilà l’argument repris par des ministres socialistes. François Rebsamen au lieu de s’attaquer au chômage critique les chômeurs « que l’on va contrôler plus étroitement ». Reprenant un thème cher au patronat, Manuel Valls affirme quant à lui que « la France vit au-dessus de ses moyens ». L’endettement excessif serait celui de Français qui vivraient à crédit ? Que peut comprendre à ce discours le salarié moyen sinon que, avec son modeste pouvoir d’achat, il met la France en danger.

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Quelques chiffres

Quelques chiffres :

– 1% les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine mondial.

– 10% les plus riches détiennent 82% du patrimoine mondial.
– Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres.
– La 4e plus grosse fortune mondiale Warren Buffett : 46,7 milliards d’euros, soit 2,69 millions d’années de SMIC.
– 26 millions de chômeurs dans l’Union Européenne.
– En France 3,2 millions de personnes sont mal logées ou pas logées selon la Fondation Abbé Pierre.

– 21 milliards d’euros = profit en 2010 des 5 plus grandes banques … qui en sont les bénéficiaires ?

– 3 milliards d’euros de bonus en 2009… c’est lle cadeau des banques françaises à leurs traders… Et la crise dans tout ça ?

– 6 000 milliards de $ échangés chaque jour sur les marchés financiers, soit 74 fois le PIB mondial !
Il est temps de taxer le secteur financier.

– Fraude et évasion fiscale : 60 milliards d’euros à récupérer chaque année (voir les propositions d’ATTAC en cliquant sur le billet).

– 59% de l’endettement public français provient des cadeaux fiscaux consentis aux plus riches ces dernières décennies.


Pour une taxe sur les transactions financières

Un appel d'ATTAC pour une Taxe sur les Transactions Finacières

Il y a quelques jours, plusieurs membres du collectif d’audit citoyen ont signé une lettre ouverte à François Hollande pour l’enjoindre à ne pas céder au lobby bancaire et à mettre en place une véritable taxe sur les transactions financières (TTF). 
L’enjeu est important : le 19 février à l’Elysée, François Hollande et Angela Merkel rendront publique leur position commune sur la TTF européenne. Or depuis plusieurs mois Bercy et les banquiers s’efforcent de la vider de son contenu. 
Cette lettre est disponible ici : https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/lettre-ouverte-europeenne-a 
Vous pouvez facilement la signer et l’envoyer à François Hollande par l’intermédiaire du lien suivant : https://france.attac.org/se-mobiliser/taxer-les-transactions-financieres/article/envoyez-la-lettre-ouverte 
Vous trouverez ci-dessous des éléments d’information et de contexte. Mobilisons-nous contre le lobby bancaire et pour une véritable taxe sur les transactions financières ! 

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La violence des riches, entretien vidéo

La violence des riches (entretien vidéo avec les Pinçon-Charlot)

Entretien avec Monique et Michel Pinçon-Charlot, autour de leur livre «La violence des riches – Chronique d'une immense casse sociale» (Editions Zones – La Découverte 2013).
Réalisation : Yannick Bovy — Janvier 2014 – 26 mn.
Une émission proposée par la FGTB wallonne & produite par le CEPAG


 

Profits, dividendes, et licenciements

Profits, dividendes, et licenciements 

11 décembre 2013 –> EADS annonce des profits importants, et, … la suppression de 5800 postes.

Aussitôt la Bourse réagit et le titre augmente de plus de 7% !

Ce qui démontre avec on ne peut plus de clarté, que la rémunération des actionnaires à un haut niveau se fait par la casse de l'emploi industriel. C'est ce que l'on appelle des licenciements boursiers… C'est cela le capitalisme.

Lire


La violence des riches, à lire

Sur fond de crise, la casse sociale bat son plein : vies jetables et existences sacrifiées. Mais les licenciements boursiers ne sont que les manifestations les plus visibles d’un phénomène dont il faut prendre toute la mesure : nous vivons une phase d’intensification multiforme de la violence sociale. 
Mêlant enquêtes, portraits vécus et données chiffrées, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot dressent le constat d’une grande agression sociale, d’un véritable pilonnage des classes populaires : un monde social fracassé, au bord de l’implosion. 
Loin d’être l’oeuvre d’un « adversaire sans visage », cette violence de classe, qui se marque dans les têtes et dans les corps, a ses agents, ses stratégies et ses lieux. Les dirigeants politiques y ont une part écrasante de responsabilité. Les renoncements récents doivent ainsi être replacés dans la longue histoire des petites et grandes trahisons d’un socialisme de gouvernement qui a depuis longtemps choisi son camp. 
À ceux qui taxent indistinctement de « populisme » toute opposition à ces politiques qui creusent la misère sociale et font grossir les grandes fortunes, les auteurs renvoient le compliment : il est grand temps de faire la critique du « bourgeoisisme ».  Feuilleter les premières pages

  On y trouve même un chapitre sur la famille Doux à Chateaulin.

17€, 250 pages,   En vente à la librairie La Joie de Lire à St Guénolé Penmarc’h


Jean Ziegler : l’UE joue le jeu du FMI et des multinationales

Jean Ziegler : « L’UE joue le jeu du FMI et des multinationales »

Le sociologue et responsable onusien vient de rééditer son dernier ouvrage, la Haine de l’Occident, dans une version actualisée.

Quelle est votre lecture de la crise grecque et de ses développements ?

Jean Ziegler.

Le régime de droite de Caramanlis qui a précédé l’actuel gouvernement du Pasok (socialiste) a été un système de pillage systématique des ressources du pays. Comme dans une République bananière, on a assisté à des privatisations à grande échelle des ressources de la Grèce accompagnées d’une très forte évasion fiscale. Des sources bancaires helvétiques fiables estiment qu’uniquement dans les banques suisses, on retrouve plus de 36 milliards d’euros de capitaux grecs provenant de cette évasion fiscale. De plus, certains des plus grands armateurs grecs ont transféré leur siège social à l’étranger – à commencer par le plus important parmi eux, Latsis, basé à Versoix près de Genève.

Le scandale, à l’arrivée, c’est qu’il incombe désormais au peuple grec et à ses travailleurs de payer lourdement pour la quasi-faillite de l’État alors que les classes dirigeantes, elles, ont préventivement évacué l’essentiel de leur fortune. Les dettes de l’État sont aujourd’hui égales à 112 % du PIB (produit intérieur brut) grec.

Que pensez-vous du rôle de l’Union européenne (UE) dans cette crise ?

Jean Ziegler.

Il y a là un autre vrai scandale. Avec l’argent des contribuables européens (des 15 pays de l’euro et des Suisses) on impose des conditions draconiennes à la population grecque. Au nom du sauvetage du pays, dont les ressources de l’État ont été pillées par le gouvernement de droite, on leur impose des reculs sociaux notables (blocages des salaires, réductions des prestations sociales et du nombre des fonctionnaires…) et de nouvelles privatisations – ce faisant, on aide aussi les grandes banques européennes lourdement engagées. C’est en fait l’occasion pour l’Europe et ses institutions financières de démanteler l’État social grec alors que le Pasok était arrivé au pouvoir avec un programme pour promouvoir la justice sociale.

Quelle aurait été une solution plus juste de cette crise ?

Jean Ziegler.

Il aurait fallu que les Européens et la BCE (Banque centrale européenne) avancent des fonds à la Grèce à un taux privilégié très bas pour lui permettre de faire rapidement face à ses engagements. Or, le pays a été mis devant cette alternative  : ou bien vous empruntez au prix – très – fort ou bien vous acceptez le plan UE-FMI et ses contraintes économiques. La Grèce rechignait à se soumettre aux conditions indignes de l’Europe et du FMI et espérait emprunter pour son compte sur le marché international. Pour l’en empêcher, 
il a suffi qu’un des organismes privés de notation financière, Standard and Poors, abaisse sa note sur la solvabilité de l’État grec… Dès lors, le pays n’avait plus accès au marché libre des capitaux qu’à des taux d’intérêt prohibitifs (près de 20 %). Il n’avait plus d’autre choix que de se soumettre aux conditions du plan Europe-FMI…

L’UE a donc joué le rôle habituellement dévolu au FMI et à ses économistes ultralibéraux…

Jean Ziegler.

Totalement. Avec la Grèce, l’UE reproduit pratiquement le même schéma des programmes d’ajustements structurels imposés par le FMI à des pays pauvres, comme le Burkina-Faso ou le Bangladesh  ! En résumé, il s’agit de démanteler l’État social pour rendre le pays « attractif pour les investissements étrangers ». Ce faisant, l’UE et la BCE jouent à fond le jeu du FMI et des sociétés multinationales. L’UE vient une nouvelle fois de faire la preuve qu’elle n’est qu’une entité au service des oligarchies du capital financier globalisé.

Entretien réalisé par Ramine Abadie (l’Humanité du 6 Mai 2010)


Pillage du tiers-monde, par Jean Ziegler

Pillage du Tiers-Monde

Documentation :

Jean Ziegler : « Cet ordre du monde n’est pas seulement meurtrier, il est absurde » (télécharger en PDF)

Pourfendeur des déséquilibres du monde, dans la Haine de l’Occident, il plaide pour un nouveau contrat social planétaire fondé sur la solidarité et le dialogue entre le Sud et l’Occident.
Ex-rapporteur spécial des nations unies pour le droit à l’alimentation, Jean Ziegler est aujourd’hui membre du comité consultatif du conseil des droits de l’homme de l’ONU. Son dernier livre, la Haine de l’Occident (Albin Michel), est un réquisitoire sans appel contre « le capitalisme globalisé et de l’ordre cannibale qu’il impose à la planète ».
Le débat s’aiguise quant à la nature de la crise. D’aucuns considèrent que, plus qu’une crise du système financier auquel il faudrait apporter des corrections, nous sommes face à une crise pluridimensionnelle, certains la qualifiant même de civilisationnelle. Partagez-vous ce point de vue ?
Jean Ziegler
. Oui. C’est le démasquage du capitalisme de la jungle. Il y a, d’une part, la souffrance des travailleurs américains : 25 millions de familles expulsées de leur logement depuis mars auxquels s’ajoutent 10 000 locataires expulsés chaque jour depuis septembre. Des milliers de fonds de pensions sont partis en fumée. En France, le chômage augmente rapidement. Les budgets sociaux vont se réduire. Il faut prendre la mesure de ces désastres inadmissibles qui vont s. Dans le même temps, nous assistons à un fait extraordinaire : les masques du néolibéralisme sont tombés. Les théories de légitimation du capitalisme actuel sont en miettes, à savoir l’autorégulation du marché, la libéralisation de tous les mouvements de capitaux, de services et de marchandises, la privatisation de tous les secteurs publics, la prétention selon laquelle les lois économiques sont des lois de la nature, la diffamation de l’État national et de sa force normative. Cet ultralibéralisme, qui réduit à l’impuissance les travailleurs, est aux abois. Sont apparus les vrais acteurs de la « main invisible » contre laquelle, nous disait-on, nous ne pouvions rien : les prédateurs, les spéculateurs, les oligarchies du marché financier dont le seul moteur est l’avidité, le cynisme, un goût obsessionnel du pouvoir. Ce démasquage ouvre la voie à une prise de conscience sur la véritable nature du capitalisme globalisé et de l’ordre cannibale qu’il impose à la planète.


 

Où prendre l’argent : les dividendes explosent !

Où prendre l’argent : les dividendes explosent !

C’est le capital qui coûte, ce n’est pas le travail, qui lui au contraire rapporte

En 30 ans, alors que la masse salariale a été multipliée par 3,6 les dividendes distribués aux actionnaires l’ont été par 20. Cet argent est perdu, il est utilisé en grande partie pour la spéculation ou atterrit dans les paradis fiscaux. Taxer les dividendes est une nécéssité !

Depuis 2003, le montant des dividendes versés aux actionnaires dépasse celui des investissements réalisés par les entreprises. Seul le profit réinvesti est utile à la société.


 

Noire finance très bon doc Arte oct 2012

 

Un très bon documentaire "Noire Finance" sur  Arte Oct 2012

Bonne explication des causes et mécanismes de la crise financière

Durée totale 1h15min, (1ere diffusion le 2 octobre) Rediffusion le 20 Octobre à 10h45

Visible dès maintenant en différé sur Internet

1er épisode La grande pompe à phynances, durée 72min

http://videos.arte.tv/fr/videos/la-grande-pompe-a-phynances–6965918.html

2e épisode : Le bal des vautours, durée 66min

http://videos.arte.tv/fr/videos/le-bal-des-vautours–6965924.html