Européennes, Ian BROSSAT écrit aux responsables de Gauche

Européennes, Ian BROSSAT écrit aux responsables de Gauche

Ian Brossat (chef de file des communistes pour les élections européennes) vient d’écrire aux responsables de gauche.

Tête de liste du PCF pour les élections européennes, Ian Brossat, avait déjà lancé un appel à la gauche, hors Parti socialiste, pour se retrouver “autour d’une table” et discuter en vue du scrutin. 

Je lance […] un appel à Besancenot, à Hamon, à Mélenchon, pour qu’on puisse quand même se retrouver autour d’une table, voir comment nous pouvons organiser la riposte à Macron  », a-t-il déclaré sur Public Sénat, sans citer Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.

« Face à la montée de l’extrême-droite, aux agressions de Macron contre le monde du travail, rencontrons-nous pour riposter et construire des convergences. Nous avons des débats, mais cela ne doit nous empêcher de discuter  », précisait-il sur sa page Facebook.

Ayant déjà dit, mi-septembre, qu’il ne se résolvait pas « à l’état de dispersion de la gauche  », Ian BROSSAT propose donc de travailler à des points d’accord sur des dossiers tels que les délocalisations, le travail détaché, la rémunération du travail, le pouvoir d’achat, les retraites… questions qui « intéressent les Français ».

Le chef de file des communistes pour les élections européennes ne démord pas d’un dialogue entre les forces de gauche

Vous trouverez ci-dessous le courrier qu’Ian BROSSAT, chef de file des communistes pour les élections européennes, a adressé à Benoît HAMON, Olivier BESANCENOT, Jean-Luc MELENCHON, David CORMAND et Emmanuel MAUREL :

« Cher,

Chef de file du Parti communiste français aux élections européennes, je tenais à t’écrire pour renouveler ma proposition de rencontre entre nos deux forces politiques.

Dans notre pays, la défiance à l’égard d’Emmanuel Macron n’a jamais été aussi grande. Le gouvernement choisit de l’ignorer et de poursuivre à marche forcée sa politique de démantèlement de nos services publics et de notre protection sociale.

Privatisations, réformes des retraites, attaque contre la Sécurité sociale : c’est l’identité de notre pays et notre modèle de société qui sont remis en cause.

À l’échelle européenne, le rejet des politiques libérales engendre une montée inquiétante de l’extrême-droite qui instille partout son venin raciste et xénophobe.

Dans ce contexte lourd de menaces, il nous appartient de dépasser l’état de dispersion qui est celui de la gauche aujourd’hui.

Une telle situation me paraît d’autant plus regrettable qu’un nombre croissant de nos concitoyens se mobilisent partout à travers notre pays. Dans les marches pour le climat, les mobilisations en faveur des réfugiés, les mobilisations sociales, ils nous disent leur aspiration grandissante à une issue progressiste.

Nous nous retrouvons d’ailleurs très régulièrement ensemble lors de ces mobilisations.

Des débats nous traversent, c’est vrai. Pour autant, je suis profondément convaincu que nous avons beaucoup à gagner à nous parler pour construire des perspectives communes.

Dans ce but, je souhaite te convier à une rencontre bilatérale qui se tiendrait à une date à fixer ensemble.

Reçois l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Ian BROSSAT »

Traités de libre-échange : un référendum sinon rien ! Communiqué des députés du Front de Gauche

MARDI, 26 AVRIL, 2016

Communiqué des députés Front de gauche

Depuis octobre dernier, les négociations sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (TAFTA) se sont accélérées entre la Commission européenne et les Etats-Unis, avec pour objectif de conclure un accord avant la fin de l’année 2016 et le terme du mandat de Barack Obama.

Alors que le 13ème cycle de négociation vient de débuter, le débat public est toujours inexistant. Les enjeux sont pourtant fondamentaux. Nous avions d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dès le début des négociations et malheureusement, nos craintes se sont avérées justifiées. Après avoir défendu une proposition de résolution en mai 2014, rejetée par la majorité, les députés du Front de gauche ont demandé que les traités de libre-échange soient à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale ce mercredi 27 avril.

Le cadre foncièrement anti-démocratique des négociations, le manque de transparence de la Commission européenne et du Gouvernement français qui tiennent à l’écart les citoyens sont intolérables. Pour leur part, les lobbies des multinationales sont invités à la table des négociations…

La société civile rejette massivement ce traité du moins disant social, sanitaire et environnemental. En témoigne le nombre de signataires d’une pétition, qui a réuni plus de 3,4 millions de citoyens européens.

Face à la contestation grandissante, le gouvernement s’est déclaré hostile aux points les plus contestés du traité. Pourtant, il a signé le CETA (partenariat commercial UE-Canada), qui contient les dispositions les plus contestées du TAFTA. Nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre.

La lutte anti-TAFTA – CETA doit continuer ! Nous réclamons l’organisation d’un référendum sur la participation de notre pays aux traités transatlantiques, pour que la démocratie ne soit pas bafouée et que le peuple puisse décider de son avenir.


Pour tous renseignements sur ces traités du GMT (Grand Marché Transatlantique) consulter le site Internet du Collectif StopTafta du Pays Bigouden
www.taftaquoi.wordpress.com 

Europe : Droite, FN et PS font passer la directive sur le secret des affaires

Quand François Hollande se réjouit des révélations de fraude fiscale via les Panama Papers, c’est du flan : au Parlement européen, aucun élu du groupe socialiste français n’a voté contre la directive sur le secret des affaires, propre à dissuader à l’avenir toute révélation de ce type. « Ce texte est le reflet d’une société qui préfère l’opacité des affaires à l’information libre », ont accusé Patrick Le Hyaric, Marie-Christine Vergiat, Jean-Luc Mélenchon et Younous Omarjee, eurodéputés Front de gauche. Trois des douze élus PS se sont abstenus (Emmanuel Maurel, Édouard Martin et Guillaume Balas), les autres votant pour. Le FN, « Les Républicains », le Modem, le PRG ont aussi voté pour, à quelques exceptions. Seuls le Front de gauche et Europe Écologie-les Verts (EELV) ont voté contre. Au final, le texte a été adopté à 77 % par le Parlement, dans une version qui ne définit pas précisément la frontière entre secret des affaires et intérêt public général.  VotesParlementEuropéen14avr16

Allô le PS, pas ISDS, pas de TAFTA, journée d’action

A la veille de la clôture du 12e cycle des négociations sur le TAFTA interpellons le gouvernement et le PS.
AlloLePS– rendez-vous le mercredi 24 février à 18h devant le siège du PS, 26 bis rue Aristide Briand à Quimper.
jeudi 25 février toute la journée interpellons le parti au pouvoir, par téléphone, avec les réseaux sociaux, etc
(lire les modalités en pièce jointe)

(compte-rendu de la réunion préparatoire)

Voir le blog du collectif Stop Tafta du Pays Bigouden

www.taftaquoi.wordpress.com/dossier/ 

Débat sur la Traité transatlantique TAFTA samedi 28 nov à Pouldreuzic (brasserie de Penhors à 18h30)

L’article du Télégramme du 26 novembre : Anti-Tafta. Conférence-débat samedi
patrick-quelaudren-patrick-daniel-gaston-balliot-jean-claude-ebrelPatrick Quélaudren, Patrick Daniel, Gaston Balliot et Jean-Claude Ebrel du collectif anti-Tafta proposent, samedi à 18 h 30 à Pouldreuzic, un grand débat sur ce traité de libre-échange.

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Le rassemblement de Quimper du 17 octobre contre le Traité Transatlantique et pour une autre Europe

2015-10-17-01- 013

De nombreuses interventions, dont Collectif pour une autre Europe, Attac, PC, EELV, Solidaires, Ensemble, FDG, Convergence Nationale des comités de défense des services publics, etc.
Ci-dessous les documents qui nous ont été transmis :

Collectif pour une autre Europe

Jean-Louis Griveau pour Ensemble!

Solidaires

Noëlle Péoc’h est intervenue pour le Front de Gauche

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2015-10-17-01- 001

Notre dossier TAFTA

L’indépendance de la France est une nécessité

Le dimanche 29 août 2015, Jean-Luc Mélenchon clôturait le Remue-Méninges du Parti de Gauche par un discours. Il a expliqué qu’il était nécessaire de défendre un nouvel indépendantisme français face aux diktats de l’Europe allemande de madame Merkel. Jean-Luc Mélenchon a également plaidé pour la reconquête du temps long, qui seule permet de réaliser des grands projets comme la recherche spatiale, dans le cadre d’une indépendance française retrouvée.

De si confortables pantoufles bruxelloises (ballets des hauts responsables entre la Commission et les Affaires)

Juncker, le patron d'une belle équipe multinationale d'affairistes
Juncker, le patron d’une belle équipe multinationale d’affairistes

Business is business…

Vicky Cann dans le Monde Diplomatique de septembre 2015 nous rappelle comment et par qui l’Europe est gouvernée:

“Saison des transferts dans le quartier européen de Bruxelles. Tandis que les anciens commissaires se cherchent un aménagement de carrière, leurs successeurs font connaissance avec leur poste. M. Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a cependant composé son équipe de manière quelque peu déroutante.

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L’Allemagne s’enrichit sur le dos de la Grèce

Le gouvernement grec a officialisé hier les termes de l’accord technique négocié avec les créanciers européens pour un troisième plan d’aide. S’il dessert quelque peu l’étau concernant le niveau réclamé des excédents budgétaires, envisage une recapitalisation des banques et accepte que les normes sociales soient alignées sur celle de l’Organisation internationale du travail, il programme aussi une baisse des dépenses de protection sociale, la libéralisation du marché de l’énergie ou encore une nouvelle vague de privatisations. Cet accord intervient alors qu’un rapport, conduit par des économistes d’outre-Rhin, révèle que l’Allemagne a réalisé 100 milliards d’euros d’économies depuis 2010 grâce à la crise grecque, de quoi effacer largement une bonne partie de la dette. Le pays a, en outre, largement profité des privatisations d’Athènes, en s’impliquant dans le rachat des aéroports les plus rentables.

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6 économistes passent au crible “l’accord” imposé à la Grèce

Six économistes passent au crible “l’accord” imposé

L’Humanité a demandé à six économistes de décrypter le plan des eurocrates. Point par point, nos experts démontrent comment les réformes, les mesures ou les conditions d’attribution des aides imposées aux Grecs vont étouffer la Grèce et plonger son peuple dans une nouvelle récession, accroître le chômage, la précarité et la pauvreté, pour au final faire exploser de nouveau sa dette.

A propos de la dette grecque..

Dette publique par habitant, en euros

Irlande 44 602
Belgique 39 547
Italie 33 558
Autriche 31 859
France 31 000
Grèce 29 616
Royaume Uni 28 125
Allemagne 26 661
Pays-Bas 26 132
Luxembourg 20 483
Portugal 20 273
Espagne 20 239

Il est clair que la Grèce n’est pas la seule endettée et que si sa dette est présentée comme insupportable c’est uniquement parce que c’est le seul pays qui s’est choisi un gouvernement de gauche contestant la politique d’austérité de l’Union Européenne.

Il s’agit pour nos dirigeants européens de punir tout peuple qui voudrait choisir une autre voie que celle imposée par le modèle européen au service de la finance. Ils veulent casser toute remise en cause du modèle capitaliste.

La dette dans certains pays est bien plus importante et on n’en parle pas !
Le record est détenu par le Japon avec 230% de son PIB. Les USA ont également une dette colossale, supérieure à leur PIB, et sont présentés malgré cela comme un modèle.

En valeur absolue, en milliards d’euros :

– Allemagne 2170 (la plus grosse dette de la zone euro, sans compter ce qu’elle doit à la Grèce))
– Italie 2135
– Royaume Uni 2055
– France 2038
– Grèce 320

La Grèce n’est donc pas plus en faillite que beaucoup de pays, mais les financiers, par l’intermédiaire de la Troïka, avec la complicité des dirigeants européens, ont décidé de l’asphyxier pour la punir et l’empêcher de prendre un cap en faveur de sa population.
Il s’agit pour eux d’essayer de prouver qu’il n’y a pas d’alternative à leur politique.

Bel aveu du président du Conseil européen Donald Tusk : « Je suis surtout inquiet des risques de contagion politique et idéologique. Avec ce qui se passe en Grèce, est apparue l’illusion idéologique qu’il est désormais possible de changer le cours de l’Europe, qu’on peut construire une alternative à la vision traditionnelle de l’Europe, au discours sur l’austérité. Je trouve l’atmosphère très similaire à celle de l’après 1968. Je sens un état d’esprit, peut-être pas révolutionnaire, mais un sentiment d’impatience en Europe »

Europe – Prendre la mesure du tournant historique

Prendre la mesure du tournant historique, par Clémentine Autain

La tentative de Syriza pour imposer une alternative aux institutions européennes a connu une issue sinistre. Mais elle peut être un commencement, à condition de durcir le rapport de forces, et de préparer l’affrontement – mais aussi un plan B en cas d’impasse.

L’histoire a mal tourné, mais elle s’est remise en marche. Pour la première fois, un gouvernement, celui d’Alexis Tsipras, a porté le fer contre la Troïka qui entend imposer une voie politique unique. Avec Syriza, les Grecs se sont opposés aux choix libéraux, austères, non démocratiques exigés pour tous les peuples de l’Union. Seuls, puisqu’aucun autre pays n’est gouverné par une gauche digne de ce nom et que les solidarités européennes furent bien pâles ces dernières semaines, ils ont fait une démonstration politique.

Est-il possible de mener une autre politique que celle choisie par l’Eurogroupe pour un pays de la zone euro ? La réponse, cinglante, se veut sans appel : c’est non. Quiconque s’y essaie est promis en prime à l’humiliation politique.

Une logique dans le marbre des traités

Le gouvernement de Tsipras a permis de révéler aux yeux de tous la férocité, le cynisme et la détermination d’un Eurogroupe préférant la concurrence entre les peuples à leur coopération solidaire, le dogmatisme à la démocratie, l’intérêt de la caste dirigeante à celui des catégories populaires. Que leur politique ne marche pas et massacre la vie des populations ne les fait aucunement sourciller. Que de nombreux économistes, y compris des prix Nobel, et pas seulement des hétérodoxes, rappellent jour après jour l’inanité de leur choix ne les trouble pas.

Or, l’austérité produit la récession économique, creuse les inégalités et ne règle même pas le problème, la résorption de la dette, au nom duquel elle est imposée puisque partout les déficits augmentent. Que la réduction des dépenses publiques et les ajustements structurels permettent au capital de s’enrichir – et certainement pas à l’économie d’améliorer les conditions de vie du grand nombre – leur va bien. Leur main ne tremble pas : elle assume la saignée. Et si le peuple grec affirme et réaffirme par referendum son refus, qu’à cela ne tienne, la sanction sera plus sévère encore.

Cette logique est malheureusement inscrite dans le marbre des traités. Le fonctionnement institutionnel de l’Union européenne permet à l’Allemagne, et plus généralement aux pays qui dominent économiquement, d’affirmer leur puissance – autrement dit, d’écraser les autres. La France a participé activement à la construction de cet édifice, au mépris du peuple qui, consulté, avait notamment refusé le Traité constitutionnel européen en 2005. Nicolas Sarkozy s’est assis sur ce vote, François Hollande n’a rien renégocié. Aujourd’hui, le gouvernement français prétend aider les Grecs mais ne veut pas remettre en cause son entente avec l’Allemagne.

Syriza, le prix de la soumission

C’est ainsi qu’après des semaines et des semaines de négociation, la Grèce s’est retrouvée financièrement asphyxiée et priée de se soumettre. C’est bien le pistolet sur la tempe que Tsipras a signé cet “accord” auquel il ne croit pas. Et pour cause : les plans d’austérité ont conduit la Grèce dans la situation de drame humanitaire que l’on connaît. Un neuvième plan est de nature à plonger un peu plus le pays dans la récession et le chaos. Les demandes concernant la dette – audit, rééchelonnement, effacement d’une partie – sont remisées aux calendes grecques. Alexis Tsipras a voulu tenir les deux bouts : rester dans la zone euro et mener une politique alternative. C’est la ligne politique sur laquelle il a été élu. La réponse de l’Eurogroupe ? N’y pensez pas !

La question de savoir s’il eut été possible de refuser cet accord appartient d’abord aux Grecs. Vu de France, et du haut de nos 10% pour la gauche radicale, il serait bien prétentieux de faire la leçon. Alexis Tsipras a pris la décision qui lui semblait, à ce stade, la moins dangereuse pour le peuple grec. Force est néanmoins de constater que ce n’est pas seulement la plate-forme de gauche de Syriza qui conteste la signature de l’accord, mais également trente-huit députés de la majorité qui n’ont pas voté pour à la Vouli, parmi lesquels Yanis Varoufakis et Zoe Konstantopoulou (lire “Alexis Tsipras éconduit vers le Grexit”).

Alexis Tsipras répond qu’une sortie de la zone euro à froid, sans préparation, eut conduit le pays au désastre. Les premiers lui rétorquent que le désastre est assuré avec l’accord, et que le prix de la soumission sera plus grand encore. Alexis Tsipras, ovationné après son discours à la Vouli, y compris sur les bancs des députés de Syriza qui ont voté contre l’accord, rétorque qu’il n’est pour autant pas question de lâcher, qu’il s’agit de continuer à se battre pour les classes populaires, de ne pas faire de Syriza une parenthèse de gauche en Europe. L’histoire n’est donc pas finie. L’éclatement de Syriza, que l’on peut redouter, n’est nullement une fatalité. Elle ferait si plaisir à la Troïka…

La nécessité d’un affrontement politique et social

Ne présageons pas de la suite des événements en Grèce. Ce qui est sûr en revanche, c’est qu’une question va désormais s’imposer à tous les courants sociaux, intellectuels et politiques européens de la gauche critique : si un pays bascule du côté de l’alternative sociale et écologiste, comment pourra-t-il mener sa politique s’il reste dans la zone euro ? Autrement dit, si la séquence grecque que nous venons de vivre est un tournant historique, nous ne pouvons continuer comme avant en développant les mêmes argumentations stratégiques. Nous sommes devant un os, qui se voit.

Pour commencer, nous avons le devoir de muscler le rapport de forces. Le gouvernement de Syriza semble lui-même avoir été abasourdi par l’entêtement haineux de l’Allemagne et de ses alliés. Le passage à une autre logique sociale et économique ne peut se dérouler dans un cadre tranquille et policé. C’est bien un affrontement social et politique de très haut niveau qui est nécessaire pour faire bouger les lignes. La recherche patiente et déterminée d’un compromis, appuyée sur un soutien populaire massif, s’est heurtée à la violence inouïe des adversaires de Syriza. Cela indique à quel point les forces opposées à l’austérité doivent être soudées. Plus nous sommes atomisés, plus nous sommes fragiles. Or, le risque, nous le voyons bien, c’est que l’expérience de Syriza débouche sur des conclusions contradictoires entre nous, et donc de l’éclatement.

Notre responsabilité historique, c’est d’ouvrir le débat avec franchise et humilité, sans invectives inutiles et autres procès en trahison, dans un état d’esprit de rassemblement et de conquête. Nous avons aussi à renforcer les liens et les discussions entre courants critiques de différents pays européens. Cette lisibilité commune, cette coordination nécessaire, est l’une des conditions de notre élargissement et de notre capacité à gagner.

Préparer les consciences à un plan B

Le piège d’un affrontement entre nations doit être évité. Ceux qui peuvent tirer les marrons du feu de cette séquence sont ceux qui proposent un repli nationaliste, xénophobe. Ce projet mortifère est le contraire du nôtre. Notre objectif n’est certainement pas d’opposer les États, les peuples, entre eux mais d’opposer l’intérêt des peuples à celui de la finance, la démocratie à l’oligarchie qui gouverne. D’ailleurs, si l’Allemagne est à juste titre montrée du doigt aujourd’hui, il est important de rappeler dans le même temps combien sa prédominance est rendue possible par les traités et par le fait que les autres pays l’acceptent, à commencer par la France.

Cet horizon européen ne signifie pas qu’il faudrait attendre que la majorité des pays de l’Union se soient convertis à l’alternative pour mener une politique de gauche dans un pays. C’est bien parce qu’un pays puis un autre aura réussi à démontrer la possibilité de faire autrement que nous deviendrons crédibles. La perspective commune de transformation de l’Europe ne peut aboutir que si les équations nationales fonctionnent progressivement les unes après les autres, qu’elles font sens commun, à l’intérieur de l’Europe mais aussi à l’échelle internationale.

La discussion stratégique qui doit s’ouvrir porte sur les moyens de tenir tête à l’Eurogroupe, de résister à son chantage. Peut-on gagner un rapport de forces sans imaginer, préparer, concevoir comment nous ferions si nous le perdions ? C’est parfois possible, mais à l’évidence difficile quand l’adversaire est à ce point belliqueux et économiquement puissant, quand nos forces sont encore trop faibles à l’échelle européenne. Nous voudrions pouvoir mener une autre politique tout en restant dans la zone euro. Mais si cela s’avère impossible, si un compromis acceptable n’est pas à portée de main, il est indispensable de réfléchir aux voies qui permettent de ne pas mener nos pays dans le mur et de faire prospérer l’espoir, ce qui suppose de rendre crédible une autre politique ici et maintenant. Et si cette voie passe par une monnaie complémentaire, un contrôle de capitaux, une non application des injonctions de Bruxelles, ou d’autres mesures de protection économique face au coup d’Etat financier qui menace, alors il faut s’y préparer.

Le débat doit être ouvert, sans tabous, sans figer par avance les positions des uns et des autres. Notre pensée et nos propositions doivent être en mouvement. Notons par ailleurs que rester dans la zone euro et rester dans l’Union européenne sont deux choses distinctes, comme le montre l’Angleterre depuis longtemps. Enfin, ayons à l’esprit un élément fondamental : cette préparation à une sorte de plan B ne peut se faire que si les consciences y sont préparées, que si ce travail est précisément et sérieusement mené collectivement, que si le peuple est prêt à un tel scénario, à une telle confrontation. L’expérience politique de Syriza amène les consciences, celle des Grecs mais aussi les nôtres, à bouger. Il le faut.

http://www.regards.fr/je-vois-rouge-par-clementine/article/prendre-la-mesure-du-tournant     Télécharger en pdf

 

Un accord contraint qu’il ne faut pas soutenir

Emmanuel Tood : “L’Europe se suicide sous direction allemande.”


Marie-George Buffet : “Mercredi, le parlement va être, par défaut , une fois l’affaire réglée, consulté sur le résultat d’une mise en cause sans précédent du droit d’un peuple à décider de son avenir, pour moi c’est clair, le vote contre.”


Cécile Duflot : “Ce n’est pas un compromis, mais bel et bien un diktat. Son acceptation est une manière de renoncer aux valeurs de l’Europe”


Europe 13 juillet : un jour d’infamie, par Raoul-Marc Jennar

“Une dictature d’un mode nouveau s’est installée en Europe. Elle mène une guerre d’un mode nouveau contre les peuples. Nous venons de subir une terrible défaite.”

http://www.jennar.fr/?p=4435


Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec : « Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »


Pierre Khalfa, Fondation Copernic : Les propositions de l’Eurogroupe sont de la folie


Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie : L’Allemagne « a porté un coup sévère et ébranlé l’Europe » avec la crise grecque, a accusé dimanche l’économiste Joseph Stiglitz. « Vous ne pouvez pas gérer une zone euro sans un minimum de solidarité. (Cette crise) sape complètement la vision commune et la solidarité européenne. C’est un désastre », a confié l’ancien chef économiste de la Banque Mondiale et prix Nobel d’économie, jugeant qu’il serait « déraisonnable » que les négociations en cours à Bruxelles aboutissent à demander « encore davantage » à la Grèce.


Jean-Luc Mélenchon : «Un revolver sur la tempe », selon ses propres termes : Tsipras a signé un « compromis ». Aussitôt, les trompettes des louanges relaient la traditionnelle propagande gouvernementale pour célébrer le rôle de facilitateur de Hollande, la force du « couple franco-allemand » et réciter les refrains, les mantras et les calembredaines habituelles des eurolâtres. La vérité toute crue est, une fois de plus, à des lustres des pseudos analyses de commentateurs qui ne comprennent pas ce qu’ils voient, parlent de textes qu’ils n’ont pas lu et font réagir des « responsables politiques » sans autres informations que celles données par ces plus que douteux intermédiaires.

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Changer d’Europe !

Cette Europe est un fiasco.

  • autoritarisme – aucune démocratie – des traité absurdes imposés.
  • austérité et injustices pour les peuples.
  • gavage des financiers – évasion fiscale – pillage des biens publics.
  • chômage et récession.
  • la droite officielle et les socialistes qui l’ont construite ainsi s’obstinent à défendre les intérêts des lobbys.
  • ils nous mènent droit dans le mur

Il y a une autre solution, il y a une alternative

  • une Europe démocratique et solidaire
  • une Europe des peuples, pour les peuples (et non pour les banques et les spéculateurs)

Nous avons des propositions

Discours d’Alexis Tsipras au Parlement européen

L’intégralité de l’intervention d’Alexis Tsipras, ce matin au Parlement Européen. A diffuser massivement ! Nous devons être notre propre média.

Mesdames et messieurs les députés, je ne suis pas de ceux qui prétendent que tous les maux du pays sont à mettre sur le dos des pays étrangers ; Si la Grèce est dans cette situation, c’est parce que pendant des décennies, les divers gouvernements successifs ont gouverné de façon clientéliste en soutenant la corruption, en jouant le jeu d’une collusion avec le pouvoir économique, en ne contrôlant pas la fraude fiscale des plus riches. D’après le crédit suisse, 56% des richesses nationales seraient entre les mains des 10% de la population grecque, et au plus fort de l’austérité, ces 10% de la population grecque ont été épargné et n’ont pas contribué à supporter le fardeau comme c’est le cas des 90% de la population restante.

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Avec le peuple grec !

Nous réaffirmons notre solidarité avec le peuple grec et son gouvernement.

Le gouvernement grec a été élu avec un mandat clair de refuser les politiques d’austérité.

Malgré cela il a négocié avec la Troïka et proposé des mesures : par exemple une taxe de 12% sur certaines entreprises jusque là peu imposées, mais le FMI a dit non et veut une baisse de l’aide aux petites retraites alors que 46% des grecs sont en dessous du seuil de pauvreté suite à la politique imposée par les gouvernements précédents..

Le FMI et les dirigeants européens (dont hélas le gouvernement français) décident à la place du gouvernement grec et traitent la Grèce comme une sorte de colonie.

Les dirigeants européens ont en fait peur de la contagion politique et veulent faire croire qu’aucune alternative à la loi de la finance n’est possible.

Le référendum va donner aux autres pays une occasion de discuter de la démocratie et de la nature de cette Europe.

Nous appelons au rassemblement de soutien au peuple grec samedi 4 juillet à 11h place Terre aux ducs à Quimper.