Lourdes contradictions dans le camp du oui

 

 LOURDES CONTRADICTIONS DU CAMP DU « OUI »

par Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen, octobre 2012

Pour le Président de la République,son gouvernement et la direction du Parti socialiste,le vote de ratification du traité budgétaire européen ouvre une période marquée par de lourdes contradictions.

D’abord,avoir été élus sur la base du « changement,c’est maintenant! »,pour se retrouver,cinq mois plus tard,au côté de la droite sur un sujet aussi structurant constitue une faute qui,tôt ou tard,aura un prix politique.A plus forte raison sera-t-il sévèrement  reproché aux dirigeants du pays la méthode -indigne de la gauche- qu’ils ont choisie pour atteindre leur objectif: à savoir la stratégie d’évitement de tout débat national sur les enjeux de civilisation que recellent ce traité et l’offensive de longue haleine des plus hautes autorités européennes dans  laquelle ce texte s’inscrit.(« Le traité budgétaire ,c’est le début » avait prévenu dès février dernier Mario Draghi,le président de la Banque centrale européenne,avant d’illustrer sa vision de l’avenir en reprenant à son compte les caricatures éculées sur ces « Européens (qui) pouvaient se permettre de payer tout le monde pour ne pas travailler »! « Ce temps-là est révolu » avait-il lancé,ajoutant,pour être bien clair: »Le modèle social européen est mort. »)

Imposer dans ces conditions une ratification du traité par la voie parlementaire en ayant pris soin d’étouffer préalablement toute campagne d’information et de sensibilisation du pays ,en particulier toute confrontation d’idées à même d’éclairer les enjeux de ce vote de nos représentants revient à infantiliser les citoyens pour mieux instrumentaliser leurs élus.C’est une mauvaise action contre la démocratie.Les députés et les sénateurs qui se seront pliés sans coup férir à cette manipulation auront contribué à nourrir la grave défiance populaire à l’égard de l’institution parlementaire.Attention,danger!

Par ailleurs,viendra (très rapidement),pour nombre de Françaises et de Français qui ont sincèrement crû à l’ambition annoncée par le candidat Hollande de « renégocier le traité »,puis à la satisfaction affichée par le Président élu d’avoir réussi à « engager la réorientation de l’Europe »,l’heure du bilan concret. Dès 2013,les conséquences du budget d’austérité -conforme en tous points aux injonctions du traité budgétaire- révèleront à qui en douterait encore que cette politique conduit la France,comme les autres pays européens,dans une impasse dont on ne peut sortir qu’en changeant de cap. »Il est temps de se rendre à l’évidence:la rigueur ne marche pas » reconnaissait l’autre jour un éditorialiste ,pourtant libéral,tant les expériences tentées ailleurs sont dramatiques.(1)L’objectif de 3% de déficit public l’an prochain est « intenable » reconnaissait ,pour sa part,la semaine dernière,le…président de l’Assemblée nationale,Claude Bartolone,en personne,contredisant son Premier Ministre…quelques jours avant d’inscrire solennellement dans la législation française un texte visant à contraindre le pays à s’inscrire durablement dans cette logique mortifère!

C’est dire si les contradictions à venir s’annoncent explosives!Aussi ce vote ne marque-t-il pas la fin de l’Histoire.Poursuivons,amplifions,élargissons,dans les luttes sociales et sociétales comme sur le terrain des idées,les efforts visant à unir le « peuple de gauche », à partir de chaque expérience du quotidien ,autour d’objectifs s’inscrivant dans la perspective de vrais changements.En France et en Europe.Les propositions du Fronr de gauche se révèlent à cet égard d’une brûlante actualité!

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(1) Jean-Marc Vittori.  Les Echos  20/9/2012


 

Véronique Blanchet à la manif du 30 sept

Nous étions 80000 et plus à Paris……

Nous étions beaucoup de monde ce dimanche 30 septembre à manifester contre ce traité de stabilité, un temps magnifique pour accompagner le cortège des femmes, des syndicats, des PSA d''Aulnay, des Fralib, des employés de Doux, Florange, des citoyens en lutte, des citoyens en paix, derrière les 60 organisations présentes, FDG en tête. Et le peuple a encore dit : Non aux exigences anti démocratiques et injustes du traité Merkozy, non à l'austérité, non à la précarité, non à la Camisole qui s'impose au peuple. Les milliers de gens qui défilaient hier veulent une Europe solidaire, pas une Europe qui au nom d'une stabilité décidée par des techniciens de la finance, va nous conduire à une catastrophe sociale. A qui doit-on donner raison ? Au peuple ou aux banquiers ? Selon l'article 14 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, c'est au citoyen de décider et de discuter de l’impôt. Aujourd'hui c'est une instance non élue qui va adopter ce TSCG tant décrié et que François Hollande, alors candidat, nous avait promis de revoir. Pour le coup ce qui est historique, c'est que d'autres vont décider de l'avenir des français, sans qu'ils aient le droit de s'exprimer. Même le référendum sur le traité nous est refusé. Et de qui se moque t'on, quand plus de 80000 manifestants n'ont droit qu'à une minute d'antenne sur les journaux télévisés de 20h !

Ceux qui appellent à manifester  "commettent une erreur de fond", a dit, pour sa part, le ministre délégué au budget, Jérôme Cahuzac, sur Europe 1. Ratifier  le traité européen reprenant la "règle d'or" budgétaire "est nécessaire pour renforcer la parole de la France affaiblie" lors du précédent quinquennat, a-t-il estimé.

Mais quelle parole aura la France lorsque les français déjà pressurisés devront payer les milliards d'amendes de Bruxelles parce que la France n'aura pas réussi l'impossible qui est de réduire son déficit structurel à 0,5 % de son PIB ?

Hier, la France qui souffre, la France qui espère, la France qui lutte, était dans la rue. A partir du 2 octobre démarre à l'assemblée une semaine de débat sur le traité budgétaire Européen.

Il ne faut pas que le 9 octobre les députés votent le traité de stabilité financière.

Avant qu'il ne soit trop tard, il est temps que le président de la république François Hollande entende la voix de ceux qui l'ont fait élire.

 

Véronique Blanchet, maire-adjointe de Pont L'Abbé, vice présidente de la CCPBS, déléguée départementale du PCF.

 


 

vidéo Jacques Généreux pourquoi non au traité

Jacques Généreux : pourquoi il faut dire non au traité d’austérité :

 

"Il faut refuser le traité d’austérité pour deux raisons. La première, c’est que c’est un crime contre la démocratie. Et la seconde c’est que c’est une catastrophe sans nom pour l’économie européenne, pour nos emplois, et qui mène tout droit vers le marasme, l’éclatement de la zone euro et la remise en cause radicale du projet européen".
C’est ce que Jacques Généreux, secrétaire national chargé de l’économie au Parti de gauche, explique dans cette vidéo tournée à la Fête de l’Humanité 2012.


 

Manifestation à Paris du 30 sept contre le traité d’austérité

80 000 manifestants à Paris dimanche 30 septembre contre le traité d'austérité à l'appel de 60 organisations et du Front de Gauche.

Nous avions affrété un car au départ de Pont L'Abbé et de Quimper.

Vu dans la manif

Notre députée "à nous" n'a même pas "l'excuse" d'être fille de banquier !

Lu sur l'affiche d'Attac : Avis de recherche pour rendre des comptes à la démocratie.
Motif : veut imposer le pacte budgétaire au mépris de ses engagements et sans consulter les citoyens.


 

Genereux Pourquoi non au traité

Jacques Généreux, économiste : pourquoi il faut dire non au traité d’austérité :

"Il faut refuser le traité d’austérité pour deux raisons. La première, c’est que c’est un crime contre la démocratie. Et la seconde c’est que c’est une catastrophe sans nom pour l’économie européenne, pour nos emplois, et qui mène tout droit vers le marasme, l’éclatement de la zone euro et la remise en cause radicale du projet européen".
C’est ce que Jacques Généreux, secrétaire national chargé de l’économie au Parti de gauche, explique dans cette vidéo tournée à la Fête de l’Humanité.


 

 

Ulrich Cherchez l’erreur 20 sept 2012

 – L’Humanité le 20 Septembre 2012

PACTE BUDGETAIRE EUROPEEN,
le traité indéfendable.

Par Maurice Ulrich

Où est l’erreur ?

Cherchez l’erreur quand un gouvernement de gauche est obligé de compter sur les voix de la droite pour adopter un projet censé faire le bonheur des peuples mais pour lequel le peuple n’est pas consulté. Au fond, c’est à peu près comme cela que l’on peut résumer ce qui se passe avec le traité européen adopté hier en Conseil des ministres et pour lequel le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appelé à un vote massif du Parlement, c’est-à-dire de l’Assemblée nationale et du Sénat. Or la réalité est simple. Si le PS, au cas improbable où la droite s’abstiendrait, peut faire passer le texte à l’Assemblée où il est majoritaire à lui seul, ce n’est pas le cas au Sénat
où iln’est majoritaire qu’avec les voix qu’il peut compter sur sa gauche, les communistes et leurs alliés. Ceux-ci 
ne voteront pas le texte. Il ne peut donc passer qu’avec 
les voix de la droite.

Mais ce n’est là encore qu’une hypothèse mathématique. Car, dans les faits, ce à quoi on va assister si le gouvernement poursuit dans cette voie, 
c’est au vote, par l’essentiel des députés du PS (malgré 
un trouble dans ses rangs) et par une droite libérale 
et néo-sarkozyste dont on ne voit pas qu’elle puisse faire autre chose, sauf à se déjuger, d’un texte élaboré par 
le président de droite battu et par la chancelière allemande de droite qui sera peut-être battue dans pas si longtemps.

On mesure du même coup le ridicule, pour ne pas dire l’imposture, des arguments de certains, dont le président du groupe parlementaire socialiste Bruno Le Roux, quand, pour souder son groupe, il en vient à ne plus en appeler à un vote « pour ou contre le traité » mais les invite à en faire une expression de soutien au président de la République. En d’autres termes et quitte à se répéter, les députés élus par la gauche, pour faire une politique de gauche avec un président de gauche, sont appelés à voter avec la droite un texte conçu par la droite.

Les électeurs de gauche ont-ils voté pour ça? Il semble bien que non, au vu de ce qui leur avait été dit et promis par le candidat devenu président quant 
à la renégociation du traité. Il semble bien que non
au vu des sondages. Voilà donc la raison pour laquelle on entend en quelque sorte leur passer sur le corps au prix d’un véritable déni de démocratie. Le peuple, écrivait Rousseau dans Du contrat social, est le souverain. 
Sans doute peut-on se permettre d’ajouter qu’il est encore plus souverain quand il s’agit précisément de la remise en question de sa souveraineté, et donc de la rupture du contrat entre lui et ceux qu’il a choisis. Car c’est bien là 
le plus clair du projet. Il s’agit de se passer du peuple, 
en France, et des peuples, en Europe, parce ce que ce traité est un traité contreles peuples. Pourquoi sinon refuser un véritable débat national sur son contenu et ses objectifs, lequel devrait logiquement et constitutionnellement déboucher sur un référendum tel que le demande le Front de gauche. Constitutionnellement oui, car le pouvoir n’a pas reçu mandat de mettre en cause la souveraineté nationale.

On sait que les régimes totalitaires ont toujours prétendu faire le bonheur des peuples malgré eux et que ce fut leur malheur. L’Europe et la France s’engagent sur une voie dangereuse. Non seulement elle est pavée d’un sentiment grandissant de rejet vis-à-vis de l’idée européenne elle-même, qui reste une belle idée 
à la condition qu’elle soit démocratique. Mais cette voie va en sens contraire. Vers une Europe autoritaire 
mais asservie àses maîtres, les marchés financiers.

Il s’agit de se passer du peuple, en France, et des peuples, en Europe, parce ce que ce traité est un traité contre les peuples.

Par Maurice Ulrich


AppelMobilisationUnitaire

Non à l’austérité permanente
Refusons le Pacte budgétaire, ouvrons le débat en Europe !
 Septembre 2012 – Appel à mobilisation unitaire contre le Pacte budgétaire


La ratification du Pacte budgétaire par la France début octobre serait un évènement grave. Elle imposerait durablement une politique d’austérité.

Nous, organisations associatives, syndicales et politiques, avons décidé de mener ensemble une vaste campagne d’éducation populaire et de mobilisation citoyenne, avec en particulier
une grande manifestation unitaire le 30 septembre à Paris.
L’intervention des citoyens dans le débat démocratique doit convaincre les parlementaires, particulièrement celles et ceux qui ont été élus sur la promesse d’une renégociation de ce Pacte budgétaire, de refuser sa ratification et de permettre ainsi la réouverture du débat en Europe.


Premiers signataires de l’appel :
Aitec-IPAM, AC !, ANECR, Attac, CADTM, Cedetim-IPAM, CDDSP, CNDF, Les Économistes Atterrés, Fondation Copernic,
  Front de Gauche (Fase, C&A, Gauche anticapitaliste, Gauche unitaire, PCF, PCOF, Parti de Gauche, République & Socialisme), Marches Européennes, NPA, Résistance Sociale, Solidaires, Sud BPCE.


sondage_referendum_22aout12_Huma

Traité budgétaire européen : 72% des Français veulent un référendum !

Près de trois Français sur quatre se prononcent pour l’organisation d’un référendum sur le traité budgétaire. Le Front de gauche engage une grande mobilisation. Face à la montée des critiques, le premier ministre appelle sa majorité à la « solidarité ».

Sondage CSA-l’Humanité

Lettre à députée 28 juil 2012

28 juillet 2012 – Le Front de Gauche écrit à la députée Annick Le Loch.

Le Front de Gauche écrit à la députée Annick Le Loch pour lui demander de s'opposer au Pacte budgétaire européen.
Ce traité, élaboré par Sarkozy et Merckel, imposerait un carcan au budget de l'Etat, entrainerait une austérité injuste, et mettrait en cause le pouvoir de décision de nos élus. Le Front de gauche demande également à Mme Le Loch de soutenir sa demande d'un référendum sur ce Pacte budgétaire afin d'obtenir un grand débat sur l'avenir de l'Europe et de laisser le peuple décider…

Lire l'intégralité de cette lettre.

Lire la réponse de la députée.


 

Référendum Pacte Budgétaire Européen

Le Front de Gauche exige un référendum
sur le Pacte Budgétaire Européen (TSCG) !

signer la pétition

Alors que François Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte Budgétaire européen, le Front de Gauche s’élève contre la volonté du président de la République de faire passer un texte aux conséquences économiques négatives. Ses dirigeants demandent l’organisation d’un grand débat public débouchant sur un référendum, afin d’informer le peuple et de lui laisser le dernier mot.

Pour le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, Martine Billard (Parti de Gauche) et Christian Picquet (Gauche Unitaire), le débat public, l’information du peuple et sa décision finale sur un sujet qui touche à la souveraineté nationale sont indispensables. Les dirigeants du Front de Gauche souhaitent que cela permette d’éviter la ratification en l’état d’un traité qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie française, tuant notamment l’investissement public en imposant une austérité drastique.

Pour Pierre Laurent, le Pacte Budgétaire est en effet porteur de mesures très dures, qui risquent de plonger la France dans l’austérité à l’instar d’autres pays l’ayant ratifié, comme la Grèce qui multiplie actuellement les privatisations pour entrer dans les clous européens, ou l’Espagne qui poursuit ses coupes dans les dépenses publiques en échange de l’aide européenne à son secteur bancaire.

« Une austérité généralisée »

Christian Picquet, de Gauche Unitaire, explique que le gouvernement français serait lié par des contraintes budgétaires encore plus strictes, et ne se donnerait donc aucun moyen de mettre en œuvre les changements politiques pour lesquels il a été élu : « Signer le Pacte de Stabilité donnerait une trajectoire à la politique gouvernementale pour le quinquennat, qui serait totalement contraire à ce pourquoi les Français ont voté au printemps. Cela orienterait vers une austérité généralisée avec une baisse des dépenses publiques, une diminution du coût du travail pour alléger les cotisations patronales, au moment où les grands groupes affichent des dividendes insolents. Cette trajectoire là, rien ne la justifie ».

Pas de ratification sans référendum

« Il est donc fondamental d’alerter les citoyens sur la situation et les conséquences concrètes de la ratification d’un tel traité », estime Martine Billard, du Parti de Gauche. « Il y a urgence, et on va mener cette bataille dès maintenant », poursuit-elle. Le Front de Gauche lance donc la mobilisation en faveur de l’organisation d’un référendum, estimant qu’il ne peut pas y avoir de ratification parlementaire sans que les dispositions du traité aient été portées à connaissance des citoyens. Cette thématique sera placée au cœur des Estivales du parti les 25 et 26 août prochain, et le Front de Gauche promet une mobilisation en masse à la rentrée si le gouvernement refuse le référendum.

Dans tous les cas, Pierre Laurent a annoncé que ses députés voteraient contre la ratification du traité au Parlement. Christian Picquet espère que les députés socialistes et écologistes suivront : « C’est un cri d’alarme en direction de l’ensemble de la gauche : on doit redresser quelque chose qui peut être une trajectoire mortifère plongeant des pays dans une catastrophe sociale ».

En conclusion, il lance sur un air de défi à François Hollande : « Allez-vous faire passer ça alors que le peuple ne vous en a pas donné mandat, comme Nicolas Sarkozy avait fait passer le traité de Lisbonne « en fraude » après l’échec du référendum de 2005 ? Ce serait un suicide politique ».


 

Hollande renie sa parole Attac 30 juin 2012

Vers une ratification « rapide » du Pacte budgétaire par la France :

François Hollande renie sa parole, les électeurs doivent être consultés

 

Á l'issue du sommet européen des 28 et 29 juin, le président de la République vient d'annoncer qu'il va demander au Parlement une ratification « rapide » du Pacte budgétaire. Il renie ainsi l'une de ses principales promesses électorales, celle de renégocier ce traité. Les décisions du sommet européen ne comportent en effet aucune mesure de nature à stopper la plongée aujourd'hui engagée de la zone euro dans un gouffre économique, social et démocratique. La ratification du Pacte budgétaire et les politiques d'hyperaustérité qu'il commande vont au contraire accélérer cette plongée. Pour Attac, la seule manière d'éviter ce désastre est que les citoyens s'emparent du débat et exigent d'être consultés par un référendum.  

 

Durant la campagne électorale, François Hollande avait affirmé de façon répétée que la France ne ratifierait pas le Pacte budgétaire sans l'avoir renégocié de façon substantielle. Il avait précisé lui-même les trois points clés de cette renégociation: la possibilité pour la Banque centrale européenne de financer directement les États, la mise en place d'euro-obligations pour que les pays de la zone euro puissent emprunter solidairement, et des mesures de relance de la croissance en Europe. Sur ces trois points, et malgré l'enthousiasme habituel, après chaque « sommet de la dernière chance », des éditorialistes et des marchés financiers devant  « des mesures enfin courageuses et décisives »,  l'échec est total:

non seulement la BCE ne financera pas directement les États, mais elle n'aura plus besoin, après le sommet du 28-29 juin, d'acheter des obligations des pays attaqués par les marchés financiers, comme elle avait du le faire à son corps défendant – en 2011. Désormais, c'est le Fonds européen de stabilité financière (puis le Mécanisme européen de stabilité qui va lui succéder) qui interviendra pour réduire la pression sur les États attaqués. Même le FESF (puis le MES) ne pourront pas être financés directement par la BCE : ils devront se financer eux-mêmes sur les marchés. En outre les pays recourant à l'aide du FESF-MES – comme l'Espagne et l'Italie très prochainement – devront signer un mémorandum les soumettant à la Troïka (Commission, BCE, FMI) ;

la perspective des euro-obligations est remise aux calendes grecques, et même pas évoquée dans les conclusions du sommet ;

quant au « pacte pour la croissance » de 120 milliards d'euros, c'est une opération de communication politique sans grande signification économique. 60 milliards proviennent de fonds structurels « redéployés »: des sommes déjà votées et programmées pour 2012-2013. C'est comme remettre un cadeau dans son emballage pour l'offrir à nouveau… L'autre moitié sont des prêts hypothétiques de la Banque européenne d'investissement pour des « grands projets » d'investissements privés dont on ne connaît encore rien.  

 

Ce sommet européen marque une étape supplémentaire dans la décomposition des solidarités et de la démocratie en Europe. Même si les trois promesses de François Hollande étaient pour nous très insuffisantes pour remédier à la crise, leur abandon signifie un renoncement à tout espoir d'enrayer la catastrophe qui s'annonce. En France et en Europe, il appartient aux mouvements sociaux et citoyens de s'opposer à cette démission des dirigeants européens. La pétition initiée par  Attac et La Fondation Copernic peut être un outil en ce sens (http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire).

 

Attac France, Paris, le 30 juin 2012


 

Attac Pacte budgétaire

Pas d'Europe sans citoyens !

Attac France, le 19 juin 2012
Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le Pacte budgétaire : 

La crise européenne est arrivée à un point crucial. Aveugles volontaires, nos dirigeants s’obstinent dans des politiques brutales d’austérité alors que la crise provient des dérives de la finance et de l'absence d'une véritable solidarité européenne.

Le "Pacte budgétaire" a été élaboré par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour corseter définitivement les politiques économiques, et imposer l'austérité au mépris du débat démocratique et contre les aspirations des peuples.

François Hollande se prépare à le faire ratifier par le Parlement nouvellement élu s’il parvient à faire adopter tout ou partie du "Pacte pour la croissance" qu’il propose aux autres dirigeants européens. Mais seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur des enjeux aussi essentiels.

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des chercheurs lancent une lettre ouverte à François Hollande : "Non au Pacte budgétaire, pas d’Europe sans citoyens !", demandant l’organisation d’un débat tranché par un référendum.

Pour lire la lettre, consulter les signataires, et la signer :
http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire


 

Eurobons Wurtz Mai 2012

LES “EUROBONDS”: UNE FAUSSE- BONNE IDEE

Il ne suffit pas qu’une proposition soit rejetée par Angela Merkel pour être une bonne idée ! François Hollande estimait sans doute avantageux pour son image d’apparaitre en divergence avec la Chancelière. Il suffisait pour cela d’évoquer les “eurobonds” (obligations européennes). C’était d’autant plus tentant, pour le nouveau Président, de choisir ce terrain, que celui-ci était déjà bien balisé: nombre de “ténors” européens -pas franchement progressistes…- sont, de longue date, favorables à cette mesure. Parmi eux, le Président de l’eurogroupe; le Président du Conseil italien ; la Commission européenne elle-même ; la majorité des parlementaires européens…Jusqu’au Président du Conseil européen, M. Van Rompuy, qui avait invité les leaders européens à engager une discussion “sans tabou”…

Rappelons de quoi il s’agit: les pays de la zone euro emprunteraient ensemble les fonds dont ils ont besoin sur les marchés financiers, pour obtenir de meilleurs taux d’intérêts. L’Allemagne,chouchou des marchés, s’endetterait donc en commun avec les pays qu’elle juge “laxistes”,en partageant les risques. Nul besoin de sortir de l’ENA pour imaginer les contreparties qu’exigerait le pays financièrement le plus puissant des Etats qu’il ferait profiter de la “confiance” qu’inspire  aux “marchés” la “rigueur” de sa gestion! D’ailleurs Madame Merkel dit  concevoir les “eurobonds”, mais comme un “aboutissement”. De quoi? D’une mise sous tutelle préalable de ses futurs protégés?

Dans une précédente chronique (voir HD du 4/9/2011), je notais à ce propos :”Si l’Allemagne était finalement poussée à accepter d’affaiblir sa propre position sur les marchés en intégrant à sa dette AAA des dettes de pays financièrement menacés, on a froid dans le dos en imaginant la contrepartie imposée à ces derniers!Leur politique économique et budgétaire,leur législation sociale et un solide programme de privatisations seraient immanquablement pilotés d’en haut au nom d’une “gouvernance européenne” capable d’inspirer confiance aux “investisseurs”… Un tel saut dans le renoncement à la démocratie et à la souveraineté serait à la “règle d’or” ce que le plat de résistance et aux hors d’oeuvre. A gauche, les thuriféraires des “eurobonds” seraient donc bien inspirés de dévoiler les deux faces de la médaille et de passer de l’illusion d’un aménagement de l’ “Europe” actuelle à sa profonde transformation.”

Huit mois plus tard, le très orthodoxe président de la Bundesbank (banque centrale allemande), M. Weidmann, vient de confirmer mes craintes en déclarant sans fioritures : ” On ne confie pas sa carte de crédit à quelqu’un si on n’a pas la possibilité de contrôler ses dépenses.” Et d’inviter François Hollande à dévoiler …”l’autre côté de la médaille (des eurobonds) : le fédéralisme”.
A bon entendeur, salut!

Attention donc à ne pas jouer avec le feu ! Si  notre Président souhaite réellement croiser le fer avec Madame Merkel, la bonne cible est celle de la transformation des missions de la Banque centrale européenne. Elle seule peut libérer les Etats de la domination étouffante des marchés financiers, grâce à son pouvoir de créer de la monnaie et de la prêter à un taux proche de zéro, y compris aux Etats. A la fois pour acheter des titres de dettes et pour financer des projets de développement social et écologique. Le moment est venu d’aiguiser le débat à gauche sur la France et l’Europe que nous voulons. Et de donner au Front de Gauche, le poids qui lui permette de faire entendre ses idées.

Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen, 31 mai 2012, dans L’Humanité Dimanche