Discutons, suite…

Ce que Podemos dit de l’état de la gauche française (dans Mediapart)           lire sur Mediapart

Daniel Mermet : «Les classes populaires, ce sont aujourd’hui toute cette jeunesse et toute la population issue de l’immigration» Et de quelle gauche parle t’on ?

Jean Rabaté Journaliste honoraire, “UN PROJET DE TRANSFORMATION SOCIALE”

Pierre Khalfa, Coprésident de la Fondation Copernic : “L’avenir de la gauche est en question”

Stéphanie Roza, professeure de philosophie, et Jean-Numa Ducange, université de Caen : “Besoin de radicalité et rôle des mouvements sociaux”

Pierre Mathiot, professeur de science politique, Sciences-Po Lille : “Un chantier idéologique et organisationnel”

Serge Regourd, directeur de l’Institut du droit de la culture et de la communication, Toulouse-I-Capitole : “Le rassemblement et la lisibilité”, sur le mot “gauche

45 % C’EST LE POURCENTAGE D’ÉLECTEURS DU FRONT DE GAUCHE QUI SE SERAIENT ABSTENUS LORS DU PREMIER TOUR DES RÉGIONALES.

Appel au Président de la république – Pour la Grèce

APPEL au Président de la République La place de la France est aux côtés du peuple grec

Monsieur le Président de la République,
La crise grecque s’exacerbe de façon alarmante. Chaque jour qui passe peut, soit nous
rapprocher d’un accord utile à toute l’Europe, soit d’une rupture dont personne ne peut
prévoir les conséquences. L’intransigeance des principaux dirigeants européens peut
nous conduire alors au bord de l’abîme. Il est aussi vital que pressant de sortir de ce
piège. Le moment est crucial. La responsabilité de chaque acteur concerné est
directement engagée. Il serait sordide -et au demeurant parfaitement vain- d’escompter
une capitulation du gouvernement grec. La fidélité de celui-ci au mandat que lui a confié
son peuple n’est pas un défaut mais un exemple à suivre. S’il refuse la compromission, il
s’est, en revanche, montré prêt au compromis. Une solution à la fois digne et réaliste est
donc à portée de la main. Le moment ultime est venu pour la concrétiser.

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Quelques chiffres

Quelques chiffres :

– 1% les plus riches détiennent près de la moitié du patrimoine mondial.

– 10% les plus riches détiennent 82% du patrimoine mondial.
– Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant que les 3,5 milliards les plus pauvres.
– La 4e plus grosse fortune mondiale Warren Buffett : 46,7 milliards d’euros, soit 2,69 millions d’années de SMIC.
– 26 millions de chômeurs dans l’Union Européenne.
– En France 3,2 millions de personnes sont mal logées ou pas logées selon la Fondation Abbé Pierre.

– 21 milliards d’euros = profit en 2010 des 5 plus grandes banques … qui en sont les bénéficiaires ?

– 3 milliards d’euros de bonus en 2009… c’est lle cadeau des banques françaises à leurs traders… Et la crise dans tout ça ?

– 6 000 milliards de $ échangés chaque jour sur les marchés financiers, soit 74 fois le PIB mondial !
Il est temps de taxer le secteur financier.

– Fraude et évasion fiscale : 60 milliards d’euros à récupérer chaque année (voir les propositions d’ATTAC en cliquant sur le billet).

– 59% de l’endettement public français provient des cadeaux fiscaux consentis aux plus riches ces dernières décennies.


Emmanuel TODD, entretien, mai 2013

L’historien, démographe et anthropologue Emmanuel Todd vient de faire paraître, avec le démographe Hervé Le Bras, un ouvrage “Le mystère français” qui s’appuie sur une analyse de 120cartes de France, à partir de nombreuses études et statistiques. Leur mise en perspective fait tomber nombre d’idées reçues en autant de paradoxes. Le Mystère français constitue un diagnostic puissant.

Un entretien avec Emmanuel Todd publié par l’Humanité des débats du 31 mai 2013

« Un nouvel élan au rêve français de l’homme universel »


Les banques au coeur du pouvoir en France

Les banques d’affaires au cœur du pouvoir

Par Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, sociologues*

Les banques Lazard et Rothschild au cœur de l’administration de l’Etat au-delà des orientations politiques

François Hollande a choisi un associé gérant de la Banque Rothschild, Emmanuel Macron, comme secrétaire général adjoint de 1’Elysée.

 L’histoire politique de notre pays bégaye donc puisque, en 2007, Nicolas Sarkozy avait nommé François Pérol, lui aussi associé gérant de la banque Rothschild, également comme secrétaire général adjoint de l’Elysée. Dans l’un et l’autre cas, les relations étaient déjà établies avant ces nominations. Emmanuel Macron s’est engagé auprès de François Hollande pendant la Campagne de la présidentielle tandis que François Pérol fut le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy lorsqu’il était ministre des Finances en 2004. Jeune inspecteur des finances, Emmanuel Macron est entré à la banque Rothschild en 2008, à l’âge de trente et un ans, et le voici donc à trente-cinq ans le relais des affaires financières internationales au cœur d’un système politique dont la majorité des pouvoirs sont aux mains de la gauche libérale.

La banque Rothschild exerce ses talents dans plus de 30 pays à travers le monde. Elle a souvent composé avec les pouvoirs en place quelle que soit leur orientation politique. En se rendant utiles aux princes allemands, aux grands électeurs et autres landgraves, avant la naissance de l’Allemagne en 1871, les Rothschild bénéficièrent d’une caution précieuse. Par la suite. leurs engagements auprès des États d’accueil, qu’il s’agisse de la France de la Restauration ou du second Empire, de l’Angleterre ou de l’Allemagne de Bismarck, leur permirent d’amasser un patrimoine considérable à l’ombre protectrice de leurs commanditaires. Selon Martine Orange, auteur d’un excellent livre, « Rothschild, une banque au pouvoir » (Albin Michel, 2012), il n’y a qu’en France que deux banques d’affaires, Rothschild et Lazard sont sollicitées par les pouvoirs politiques. « Le ministère des Finances; écrit-elle en a fait ses interlocuteurs privilégiés, leur déléguant tant de missions qu’elles finissent par être des ministères bis de l’industrie et de l’économie. » L’auteur analyse nombre de privatisations qui, sous des gouvernements de droite comme de gauche, ont mobilisé les conseils de ces deux banques. Ainsi, au cours de la première cohabitation, Mitterrand étant président, Chirac premier ministre et Balladur aux finances, les Rothschild représentent l’Etat dans le processus de privatisation de Paribas. Chirac président, Jospin premier ministre et Strauss-Kahn aux finances, les privatisations s’accumulent, sous les conseils de la banque Lazard et des Rothschild. « A l’époque,  note Martine Orange, les banques d’affaires sont presque à demeure au ministère des Finances. »

On n`est donc plus étonné quand en septembre 2012;. Pierre Moscovici, ministre socialiste de l’Economie, choisit la banque Lazard comme conseil pour la création de la Banque publique d’investissement, Un tel choix n'a pas manqué de provoquer la polémique, autour du soupçon du conflit d’intérêts, puisque le dirigeant de la banque d’affaires Lazard en France n’est autre que Matthieu Pigasse, membre lui aussi du Parti socialiste, proche de Dominique Strauss-Kahn et soutien public de François Hollande pendant la campagne de la présidentielle.

Tout se passe comme si l’État ne voulait plus, ou ne pouvait plus, prendre des décisions ou faire des arbitrages polítiques et économiques sans que ceux-ci aient été expertisés et cautíonnés par de grandes banques d’affaires privées. Il règne au sein du Parti socialiste un parfum de « servitude volontaire », pour reprendre l’expression d’Etienne de La Boëtie.

*Dernier ouvrage paru: l’Argent sans foi ni loi, conversation avec Régis Meyran. Paris, Textuel, 2012.


 

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