Front de Gauche : constat et recherche.

Le Front de gauche entre constat d’échec et recherche de solutions

JULIA HAMLAOUI dans l’Humanité du 15/12/15

ET MAINTENANT ? Quasiment unanimes sur les difficultés qu’ils affrontent, entre divisions et absence de dynamique, les responsables du Front de gauche se retrouvent aujourd’hui pour réfléchir à la gauche de demain.

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Pour le second tour, déclarations

Le Front de Gauche du Pays Bigouden,
considérant que la droite et le parti socialiste représentent les mêmes politiques antisociales et austéritaires,
laisse les électeurs libres de leur choix.


Bretagne 

Déclaration des Citoyens engagés dans  les Collectifs FDG de Bretagne 

Mardi 08 décembre 2015 

Les citoyens engagés dans les collectifs du Front de gauche en Bretagne remercient chaleureusement les électeurs qui ont voté pour leur liste aux régionales.


Notre programme anticapitaliste de transformation sociale et écologique n’a pas obtenu le succès escompté sans doute en raison de la situation anxiogène engendrée par les événements du 13 novembre et l’état d’urgence mis en place.
Malgré la politique d’austérité imposée par l’Europe libérale et menée par le gouvernement PS, Le Drian a largement bénéficié de cette atmosphère et n’a pas eu à faire campagne.


Mais l’abstention massive montre également le désintérêt de 50% des électeurs pour la politique, en grande partie des déçus de la droite et de la politique menée par le gouvernement PS depuis 2012.

Le peuple se sent abandonné et malheureusement de nombreux citoyens se tournent vers le parti de la haine, de la discrimination.
Le FN est un parti de droite extrême qui ne remet pas en cause le système capitaliste responsable de la misère humaine, des guerres et des dégâts écologiques dans le monde. Lui faire confiance, c’est se jeter dans la gueule du loup.
 

Pour le 2ème tour de ces élections régionales, compte-tenu de la responsabilité du PS et de la droite générant la situation désastreuse dans laquelle nous sommes, nous laissons nos électeurs libres de leur choix.


 

Déclaration d’ENSEMBLE !

Ensemble! remercie les électrices et les électeurs qui ont porté leur suffrage sur la liste « Pour une Bretagne sociale et écologique, l’Humain d’abord! » présentée par le Front de Gauche malgré un contexte politique difficile et anxiogène aggravé par les conséquences des attentats du 13 Novembre et l’instauration de l’état d’urgence qui ont induit une réaction légitimiste au profit du PS d’une partie significative de l’électorat de gauche.

Le scrutin de dimanche est à nouveau marqué par un fort taux d’abstention. Considérant que voter ne permet pas de changer la situation, de nombreux citoyens ont exprimé leur refus de cautionner une démocratie à bout de souffle.

Le score du Front national lui permet d’être aux portes du pouvoir dans plusieurs régions. Il triple son score en Bretagne, région qui jusqu’à hier était encore à l’abri des idées nauséabondes de ce parti. Ce vote n’exprime plus seulement de la colère, il traduit le désarroi d’un grand nombre d’électeurs qui ne voient malheureusement pas d’autre alternative que d’apporter leurs suffrages à un projet de société xénophobe et dangereux pour nos libertés et chaque concession faite à ses idées lui a permis de progresser. Mais c’est aussi le refus d’affronter les forces de la finance, du patronat et du Medef qui conduit à plus de chômage, d’inégalités, de précarité et qui nourrit le vote FN.

Le Drian en Bretagne sauve la mise au PS en se positionnant en homme providentiel, en refusant de mener campagne, ou participer à un débat contradictoire. Décidément nous ne partageons pas la même conception de la démocratie. Ce n’est ni en allant au secours d’une politique gouvernementale qui montre chaque jour ses conséquences catastrophiques pour les couches populaires, ni en jouant les “Monsieur plus” du PS, que nous pourrons surmonter cette situation. C’est pourquoi, considérant que les électeurs sont des citoyens majeurs, nous laissons nos électeurs libres de leur choix pour le second tour.

Malgré l’investissement d’un grand nombre de militants, le score du FDG est bien sur décevant mais nous avons eu l’occasion dans cette campagne de mener des échanges très fructueux. Loin de l’image que l’on veut donner en accusant les abstentionnistes de tous les maux, nous avons rencontré des femmes et des hommes qui veulent faire de la politique autrement que dans un cadre électoral. C’est avec ces femmes et ces hommes qu’Ensemble ! Bretagne continuera d’agir pour construire un projet au travers duquel chacun pourra se projeter et se sentir acteur d’une société qui ne repose plus sur le modèle capitaliste, marchand, financier et la mise en concurrence des femmes et des hommes.

Ensemble ! Bretagne
7 décembre 2015


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Communiqué du PCF Finistère: un chemin d’espoir pour transformer la société est à construire ensemble!

Les élections du 6 décembre 2015 sont un désastre pour le pays et pour la gauche dont l’électorat est désorienté suite à la trahison des engagements de campagne de 2012.

La responsabilité en revient avant tout aux politiques au service du capitalisme des gouvernements successifs depuis 40 ans, et tout particulièrement aujourd’hui le gouvernement Hollande-Valls-Macron, responsable après celui de Nicolas Sarkozy, d’une augmentation du chômage, des inégalités.

Le Parti Communiste du Finistère remercie les 13 277 électeurs finistériens qui ont fait le choix de soutenir la liste du Front de Gauche conduite par Xavier Compain, Sylvie Larue et Catherine Boudigou au 1er tour des Régionales :

“Pour une Bretagne sociale et écologique: l’Humain d’abord !”.

Ces voix pour une vraie politique de gauche sont à prendre en compte : elles sont un appel à plus de justice sociale, de défense des services publics, de relance industrielle, plus de souveraineté démocratique et d’engagement écologique sincère, de recherche d’une politique de paix seule capable d’assurer la sécurité de tous.

En Bretagne, les conditions même de la campagne dans une situation d’état d’urgence posent une grave question démocratique.

Le PS résiste, malgré l’absence de campagne régionale du Ministre omniprésent dans les

médias nationaux, dans la période actuelle.

Seul membre du gouvernement tête de liste, sa notoriété de Ministre d’un pays ” en guerre”

a pesé autant ou plus que le bilan des politiques régionales.

L’abstention est très élevée et la percée du Front National est spectaculaire et préoccupante

en Bretagne aussi. L’exaspération, le désarroi, une colère légitime de l’électorat face à

l’aggravation des conditions de vie et les renoncements des politiques du PS au pouvoir

éclatent avec force.

Le vote FN, ici comme ailleurs, se nourrit des peurs, des messages de division, des mensonges complaisamment relayés par trop de médias et de forces politiques.

Le FN, ennemi des pauvres qu’il ne cherche qu’à diviser, est un danger véritable pour notre démocratie, nos libertés et notre vivre ensemble. Il trompe et ment sur sa nature profonde de force de régression autoritaire, antisociale, antiféministe. Les communistes le combattront sans cesse et de toutes leurs forces.

Les habitants de notre région n’ont rien à attendre de ce parti pas plus que des amis de la

droite dure de M. Le Fur.

Les communistes ont la conviction qu’aucun des redoutables problèmes sociaux, écologiques, de paix, ne sera résolu en cherchant des solutions d’austérité, d’autoritarisme, de réduction des libertés, d’exclusion, de division des habitants de notre région, de notre pays, de notre monde.

Un chemin d’espoir pour transformer cette société de plus en plus brutale, dangereuse, est à

construire ensemble !

A Brest, le 8 décembre 2015.


 

COMMUNIQUÉ DU FRONT DE GAUCHE DU MORBIHAN

Le Front de Gauche du Morbihan et ses candidat-e-s remercient les électeurs et les électrices qui lui ont accordé leur confiance lors du scrutin de dimanche dernier.

Au lendemain du premier tour des élections régionales, l’avenir est sombre pour le peuple de France.

On assiste à une montée en force du FN qui apporte ses réponses simplistes et xénophobes  aux peurs, aux colères, aux souffrances de la population.

Ces souffrances ont pour principale raison les politiques d’austérité menées par le gouvernement socialiste, à la suite de la droite.

C’est la raison pour laquelle le Front de Gauche 56 ne donnera pas de consigne de vote pour le deuxième tour.

Force est de constater que le Front de gauche n’a pas réussi à se faire entendre. Le contexte est certes difficile pour les idées d’humanité et de solidarité que nous portons.

Mais le Front de Gauche doit aussi regarder sa propre vérité et travailler à rendre populaire ses propositions, dans les luttes et dans les idées, en se débarrassant des querelles de sommet.

Dans la période qui s’ouvre, l’heure est au rassemblement sur le terrain des citoyens et de toutes les forces politiques, syndicales, associatives, qui veulent agir contre l’austérité et porter haut la devise « liberté, égalité, fraternité ».

Le 8 décembre 2015

 

Election régionale de décembre 2015

 

Sylvie Larue et Xavier Compain têtes de liste pour la Bretagne

Un comité de soutien à la liste « Une Bretagne sociale et écologique, l’humain d’abord ! » soutenue par le Front de gauche pour les élections régionales se met en place.

Contact : frontdegauche.pb@gmail.com

Les premiers signataires dans le Finistère

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Le site Internet du Front de Gauche Bretagne pour cette campagne

Le 1er tract de la liste Front de Gauche

Le 4 pages de notre liste “pour une Bretagne sociale et écologique”

Le projet régional pour une Bretagne sociale et écologique


Le tract “quelles ambitions maritimes”
QUELLE PLACE AURA LA MER DANS NOTRE FUTUR PROCHE ?


Le tract “santé”

En Bretagne, nous voulons un système de santé, public, solidaire, accessible à toutes et tous !


Le document du 20 novembre concernant les attentats


Réunion-débat : LES SERVICES PUBLICS EN DANGER !

JEUDI 26 NOVEMBRE 18H30

QUIMPER- HALLES ST FRANÇOIS (salle n°1, 1er étage)

Avec :

Xavier Compain, agriculteur, en charge du secteur agriculture et pêche au PCF, tête de liste régionale,

Catherine Boudigou, médecin, PG, tête de liste départementale,

et Didier Le Reste, ancien secrétaire général du syndicat CGT des cheminots, animateur national du front des luttes au sein du Front de gauche

Le débat sera introduit par des témoignages de syndicalistes et de militants associatifs (santé – poste – trains – éducation…)

ENSEMBLE, nous pouvons redonner toute leur place à nos services publics.

Dans de nombreux domaines, l’État a transféré ses compétences aux régions, d’où l’importance du vote du 6 Décembre 2015


Réunion-débat avec les candidats à l’élection régionale du 6 décembre

VENDREDI 4 DÉCEMBRE 20h30 à PLONEOUR-LANVERN

salle Louis Cariou (rte de Pt L’abbé, près de l’espace Raphalen)


Vous abstenir c’est voter pour que rien ne change !

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Télécharger ce tract


La réponse de notre liste aux questions de France Palestine Solidarité


Un article de Xavier Compain dans Ouest France du 26 novembre
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Une vidéo de FR3 sur la situation de la gauche en Bretagne

L’article de Ouest France : http://www.ouest-france.fr/elections/regionales/elections-regionales-le-front-de-gauche-est-en-campagne-3791743 

La vidéo du Télégramme “Incarner la vraie gauche” :

La liste des candidats pour le Finistère

Une brève biographie de la tête de liste du Finistère

Ouest France 29/10/15
Ouest France 29/10/15

Apportez votre soutien à la liste du Front de Gauche Bretagne :

Pour donner de la force à la gauche anti-austérité, à la gauche anti-libérale, à la gauche fidèle à ses valeurs et réellement progressiste en Bretagne,

Vous souhaitez soutenir la liste du Front de Gauche “Pour une Bretagne sociale et écologique: l’Humain d’abord” et le faire connaître publiquement afin de participer au Comité de soutien départemental et régional,

Envoyez des indications sur vos noms, prénoms, communes, professions ou situation (étudiant, retraité, sans emploi…), ou engagements (syndicaux, associatifs, politiques),  à l’adresse mail suivante: frontdegauche.pb@gmail.com

Les premiers signataires dans le Finistère


Et si vous voulez soutenir financièrement la liste du Front de Gauche conduite par Xavier Compain, Sylvie Larue, Catherine Boudigou et Philippe Jumeau, envoyez un chèque pour le financement de la campagne à M.Gérard Péron, mandataire financier de Xavier Compain pour les élections régionales du 6 et 13 décembre 2015 en Bretagne – 10 rue Martin-du-Gard – 56 700 Hennebont ou adressez-vous à un des militants de votre connaissance.

Les listes dans les 13 régions, où les alliances sont diverses à gauche

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Dimanche 11 octobre à Berrien “Résistances en fête” avec le collectif Front De Gauche centre Finistère

Dimanche 11 octobre à Berrien, salle Asphodèle, “Résistances en fête” avec le collectif FDG centre Finistère, à partir de 11h

Stands animés par des associations locales de résistance.

Entrée 5€         Entrée + repas 10€

  • 11h Apéritif festif gratuit animé par Maïon
  • 12h Chili con carne et (ou) crêpes, gâteaux. Repas animé par Patricia Paulus
  • 14h Débat entre tous les participants : Urgence à construire ensemble un monde de paix, de justice, fraternel, solidaire, écologique.
  • 16h Concert avec Cover Field

Stands buvette et librairie toute la journée

Les militants d’EELV refusent l’union au 1er tour des Régionales avec le Front de Gauche au terme d’un processus de négociation de plusieurs semaines

L’AG régionale d’Eelv a décidé de mettre fin au processus de rassemblement avec le FDG. Le résultat de leur vote est clair: 66% de vote contre l’accord, 5% de blancs, 29% de vote pour. L’orientation des militants Eelv bretons est clairement la voie de l’autonomie.
Vous trouverez ci-joint le communiqué que les deux têtes de liste du Front de Gauche, Xavier Compain et Sylvie Larue, ont envoyé à la presse:

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Préparation des élections régionales des 6 et 13 décembre

Régionales : Communiqué du Front de Gauche Bretagne après l’AG régionale du 5 septembre

Le Samedi 5 Septembre s’est tenue à Rennes une Assemblée Citoyenne, à l’appel des organisations du Front de Gauche de toute la Bretagne, et ouverte à toutes celles et ceux qui veulent voir mener sur les territoires des politiques de gauche audacieuses, sociales, démocratiques, féministes, écologiques.

Le but était clair: l’unité à la gauche du PS, et l’espace est large, pour les élections régionales de Décembre prochain.

À la suite de débats très fructueux, en séance plénière et en ateliers, 3 décisions ont été prises:

– le programme de cette liste est et sera issu de toute cette co-élaboration citoyenne que le Front de Gauche en Bretagne, avec tous les groupes et les collectifs engagés dans les combats sociaux, féministes, écologistes, construit ces derniers mois. Il portera la marque des ruptures nécessaires avec le carcan libéral: coopérations entre les territoires, priorité à l’agriculture paysanne, revalorisation des services publics, relocalisation des activités économiques, filière construction–déconstruction navale, aide à la reprise d’entreprises par les salariés, stricts critères sociaux et environnementaux aux aides aux entreprises…

– la liste sera menée pour le Front de Gauche par Xavier Compain (PCF, 22) et Sylvie Larue (Ensemble, 35). Un porte-parolat pluraliste est prévu. Des discussions se poursuivent pour une union avec EELV en Bretagne, et avec d’autres forces politiques, sans préalable de postes ou de places, ni blocage programmatique, sur Notre-Dame-des-Landes par exemple.

– la décision d’éventuelle fusion ou non-fusion avec une autre liste au deuxième tour sera prise au lendemain du premier tour, démocratiquement, en associant tous les acteurs de la campagne du premier tour.

Ainsi rassemblés, les principales organisations politiques du Front de Gauche, (PCF, PG, Ensemble), les collectifs citoyens de gauche, les militants associatifs, syndicaux culturels… lancent un appel à tous les hommes et femmes sincèrement de gauche, qui ne veulent pas du retour de la droite ou de l’extrême droite au pouvoir en Bretagne, mais ne veulent pas non plus accepter que les mêmes politiques ultra-libérales, anti-sociales, austéritaires du gouvernement socialiste soient relayées en Bretagne.


 

Assemblée générale départementale du Front de Gauche Finistère à Berrien le dimanche 20 septembre

Bonjour à toutes et à tous,
La Coordination du Front de Gauche du Finistère réunissant les différentes composantes, les collectifs et groupes locaux du FDG a décidé d’organiser une Assemblée Générale des Militants et Sympathisants du Front de Gauche du Finistère le Dimanche 20 septembre 2015 à Berrien, dans la salle Asphodèle.

Cette Assemblée est ouverte à tous les membres des différentes composantes du FDG et des collectifs locaux, à tous les sympathisants du Front de Gauche en Finistère.
L’organisation de la journée se présentera de la manière suivante :

10H: Accueil et introduction salle Asphodèle

11H- 13H:

4 ateliers répartis entre l’Asphodèle (salle divisée en 2) et la mairie (deux salles)

Thèmes retenus:

1) Services publics ,

2) Agriculture et agro-alimentaire,

3) Culture en Bretagne,

4) le titre du 4éme thème pourrait être « Économies maritimes » au pluriel pour regrouper l’ensemble des problématiques liées à la mer (des problèmes de défense en passant par la pêche…) parlera de la défense (nucléaire militaire à Crozon) et plus généralement à l’économie et l’emploi.

La transition écologique, thème transversal et essentiel, sera traitée dans les 4 ateliers.

13H: repas (chacun apporte son pique-nique).
14H: restitution des discussions en atelier  salle Asphodèle.

16H15 / 17H15: modalités pratiques de la campagne des régionales.

Une réunion régionale du Front de gauche a eu lieu samedi 5 septembre à Rennes à ce sujet (après la rencontre régionale du 18 juillet à Baud)

ci-joint en pdf un bref compte-rendu de la rencontre du 5 septembre rédigé par Ismaël Dupont

Contribution de « Ensemble! » à l’attention du Front de gauche

Nous sommes, comme beaucoup, inquiets des évolutions de la situation politique. Pour autant, dans un moment difficile, les responsabilités du Front de Gauche en tant que force de proposition pour dégager des perspectives restent décisives.  Cette contribution vise à faire le point sur ce qui nous semble des convergences permettant d’agir ensemble avec une plus grande efficacité.

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Rencontres départementales du Front de Gauche le 25 octobre 2014 à Pont de Buis

Une centaine de participants (dont 7 du Pays bigouden) et une journée riche en débats et discussions.

Le matin nous avons réfléchi au bilan du Front de Gauche et à ses perspectives. L’après-midi, où associations et syndicats étaient invités, a été consacré à confronter les expériences de luttes en opposition à la politique du gouvernement.

Compte-rendu des débats de la matinée entre militants du FDG

Compte-rendu des interventions de l’après midi 1ere partie avec associations

Compte-rendu des interventions de l’après midi 2e partie avec syndicalistes


Déclaration du Front de Gauche le 6 sept 2014

Déclaration du Front de Gauche le 6 septembre 2014 à Montreuil

La politique suivie par le Président et le Premier ministre entraîne notre pays dans une grave crise économique, sociale, démocratique et politique. Crise économique que traduisent tous les indicateurs ; crise sociale avec un chômage qui s’enracine, la précarité et la pauvreté qui s’accroissent et les protections sociales qui sont constamment rognées ; crise démocratique avec un parlement, des élu-e-s territoriaux, des syndicalistes jamais écoutés et souvent pas consultés ; crise politique du fait de la fuite en avant néolibérale de ce pouvoir contestée au sein même de sa majorité politique. Ces crises alimentent un repli identitaire et nationaliste qui favorisent la désignation de boucs émissaires et font progresser la xénophobie et tous les racismes.

L’ensemble de celles et ceux qui avaient permis la défaite de Nicolas Sarkozy se retrouvent désemparé par cette politique loin, très loin, des valeurs traditionnelles de la gauche. Ce gouvernement se retrouve ainsi de plus en plus illégitime.

Les orientations internationales de François Hollande concourent à cette perte de repère. Il rompt avec la politique traditionnelle de la France à l’égard de la Palestine, s’engage dans des guerres sans qu’apparaisse une stratégie d’ensemble conduisant à des paix durables, se retrouve impuissant avec l’Union européenne à solutionner des conflits internes à l’Europe. Pire, son attitude à l’égard des manifestations de soutien au peuple palestinien cet été, permet de croire qu’il souscrit désormais au « choc des civilisations » cher à Mr Bush en transformant un conflit entre États en guerre de religion et en mettant à l’index les jeunes des quartiers populaires suspectés d’être antisémites.

La constitution du gouvernement Valls 2 n’a fait qu’aggraver les choses en soulignant la pratique autoritaire de ce gouvernement et la multiplication d’interventions inspirées par les exigences du MEDEF. Il expulse des ministres qui expriment leur doute sur la politique suivie, il se fait acclamer par les grands patrons, remet en cause les avancées de la loi sur le logement, poursuit la multiplication des menaces sur le code du travail et sur les 35 heures, reprend des thèmes de la droite visant à culpabiliser les citoyens comme le contrôle des chômeurs etc… etc… Cette ligne suicidaire pour le pays et pour la gauche est clairement assumée par François Hollande et Manuel Valls, mais aussi par le premier secrétaire du parti socialiste.

Ce n’est pas de coupes drastiques dans les dépenses publiques dont la France a besoin mais au contraire de plus de services publics, de protection sociale et d’investissements publics. Cette politique ne peut que mener notre pays qu’à la catastrophe. Elle ne fait qu’un gagnant : les actionnaires dont les dividendes ont augmenté de 30 % au second trimestre 2014 comparés au même trimestre de l’année précédente. Des alternatives existent à condition de répartir autrement les richesses, de partir des besoins sociaux et de la nécessité de répondre à la crise écologique.

Pour imposer sa politique, le président de la République s’appuie sur les institutions de la Ve République. Or celles-ci sont de plus en plus contestées au fur et à mesure que se révèle leur caractère antidémocratique. Une refondation démocratique avec comme perspective la VIe République s’avère comme un moyen essentiel de sortie de la crise. Il est temps de redonner la parole au peuple par un véritable partage des pouvoirs et des responsabilités du local au national. Ce sursaut démocratique doit s’enraciner dans une mobilisation sociale et politique sans précédent.

Le débat sur la politique économique et sociale du gouvernement provoque des fractures au sein même de la majorité gouvernementale. Cette situation ne peut se trancher par un coup de force gouvernemental condamnant la représentation nationale au silence à coup de 49-3 ou d’ordonnances. Tous les parlementaires de gauche qui doutent de cette orientation doivent  voter contre la confiance au gouvernement de Manuel Valls.

Dans cette situation, les mobilisations sociales, les réactions citoyennes sont indispensables pour casser l’offensive du gouvernement et du Medef. Le Front de gauche est favorable à la constitution d’un très large front de résistance pour mettre en échec la politique du gouvernement. C’est dans cet état d’esprit qu’il participe au Collectif, créé lors de la manifestation unitaire du 12 avril 2014, qui regroupe nombre d’organisations syndicales, d’associations et de partis politiques et qui constitue un premier pas vers une dynamique plus large.

Au plan politique le Front de gauche souhaite prendre les initiatives nécessaires à la convergence de celles et ceux qui veulent contribuer à un rassemblement majoritaire permettant de porter une alternative aux choix du pouvoir actuel. Un grand débat national doit avoir lieu sur cette question dans lequel les citoyennes et les citoyens doivent être présents à égalité de responsabilité. Dans cet esprit, le Front de gauche vous appelle d’ores et déjà à participer aux nombreuses initiatives qui auront lieu à la fête de l’Humanité.


L’expérience de l’association Front de Gauche pays de Morlaix

L'expérience de l'association Front de Gauche pays de Morlaix, notre attente d'un Front de Gauche plus citoyen  (déclaration d'août 2014)

Front de Gauche pays de Morlaix 2, petite rue de Callac – 29600 Morlaix – 06 20 90 10 52 – frontdegauchemorlaix@gmail.com  http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

Historique

Le Front De Gauche du pays de Morlaix prend naissance autour de militants du PCF, du PG, de la GU , de la FASE, d'ATTAC, et de quelques militants du comité de chômeurs local ( mncp 29) dans le travail des régionales de 2010. Il continue à se renforcer lors des cantonales, pour atteindre sa pleine puissance lors des présidentielles et législatives de 2012.

Pour les présidentielles, il réalise 15,5% à Morlaix et 12% sur la circonscription. Nos jeunes candidats aux législatives, Ismaël Dupont, 32 ans, et Marie Huon, 22 ans, atteignent 8,6% à Morlaix, et 5,6% sur la circonscription, face a des poids lourds politiques: Marylise Lebranchu, ministre, et Agnès Le Brun, maire de Morlaix et parlementaire européenne.

Une centaine de militants engagés sur cette campagne du front de gauche Morlaix, en feront la principale force militante. L'association 1901 Front De Gauche Morlaix voit le jour en décembre 2012.

Aux municipales, nous réaliserons encore 15,5% à Morlaix, 11% à Plouigneau et 22% à Plouégat-Guerrand par exemple… Au total, sur le pays de Morlaix, nous avons 4 élus majoritaires, 6 élus d'opposition, mais un seul élu à la communauté d'agglomération. Ces élections et cette brillante campagne municipale commencée très tôt, ont cependant donné une grande lisibilité au FDG Morlaix, et permis d''appliquer le programme « l'humain d'abord » dans nos propositions.

Aux élections européennes, malgré un résultat à Morlaix de 8,9 % doublé par rapport aux précédentes, et un résultat supérieur à ceux de la région et de la nation, la déception est grande.

Aujourd'hui, l'association FDG Morlaix c'est toujours une centaine de sympathisants, 65 adhérents, composé d'une douzaine de militants PCF, de 7 militants d'ensemble, de 6 militants du parti de gauche, et surtout d'environ 60% de militants engagés et membre de l'association, non encartés dans un parti politique. Le Front de Gauche Morlaix s'est constitué en association en même temps que d'autres collectifs locaux sur le Finistère: il a contribué à l'émergence d'une Coordination départementale du Front de Gauche qui se réunit tous les mois avec des représentants des collectifs locaux et des partis pour engager la réflexion commune et échanger des informations, engager des initiatives départementales.

Pourquoi ça marche?

Notre FDG rassemble depuis l'origine différentes sensibilités, dont presque toutes les composantes du Front de Gauche, qui n'ont pas ou peu de passé d'antagonismes sur la région de Morlaix. Il n'y avait pas non plus de postes d'élus d'union de la gauche à sécuriser localement qui auraient pu justifier que l'on freine le développement du Front de Gauche… Le PC local, ainsi que les autres composantes locales, ont fait le choix du Front de Gauche avec constance et sans ambiguïté. La section PCF avait mis en débat les orientations du congrès de 2008: fin 2009, à l'occasion des régionales, elle avait choisi le Front de Gauche à 90% des adhérents, alors qu'une liste PS-PC-UDB se présentait aussi.

Un climat de confiance s'est installé entre les gens. On n'a jamais fonctionné dans un esprit de clans entre militants des différents partis et les citoyens. On s'appuie sur les orientations et les valeurs rassembleuses du programme« L'humain d'abord » et sur le principe « un homme, une voix » pour prendre nos décisions.

Toutes les réunions sont publiques, annoncées dans la presse. Il n'y a pas besoin d'être adhérent pour y participer.

Nous avons pris la décision de l'ouverture aux non encartés. Elle s'est traduite notamment par la création d'une association avec des statuts et une organisation souple. Cette association visait à avoir un fonctionnement durable en dehors des périodes électorales, à donner un vrai pouvoir de décision aux citoyens non encartés militant dans le Front de Gauche, à expérimenter au niveau local un fonctionnement que nous aimerions voir appliquer sur le plan national, à avoir des finances autonomes pour mener nos campagnes politiques et d'éducation populaire tout au long de l'année.

Nous n'avons jamais évité les débats compliqués, vis à vis desquels les organisations politiques composant le FDG n'avaient pas la même approche sur le plan national (l'énergie, la centrale à gaz de Landivisiau, Notre-Dame-des-Landes, les langues et cultures régionales….). Pouvoir mener sans tabou et de manière approfondie et sereine ces débats nous a renforcé.

Nous visons le consensus, remettons quand c'est possible les décisions d'orientations qui ne font pas accord de tous plutôt que d'organiser trop vite des votes clivants. Nous pouvons organiser des votes si nous ne trouvons pas de consensus au bout de deux débats.

Dans notre fonctionnement externe, nous sommes à la recherche d'actions de proximité (porte-à-portes), d'éducation populaire (conférences-débats) et innovantes: journées porteurs de parole, goûters dans les quartiers avec fanfare et chorale, journées citoyennes du FDG avec partie artistique et festive, causeries citoyennes dans les cafés, édition d'un journal local trimestriel, de cartes postales. Nous sommes très investis aussi, et souvent comme force mobilisatrice dans des combats unitaires: défense des services publics, de l'emploi dans l'agro, lutte contre le TSCG, la réforme des retraites, l'ANI, contre l'aéroport de NDDL, pour le droit des palestiniens, contre l'extrême-droite…

Les leçons qu'on en tire

L'importance de l'écoute vis à vis des citoyens, et au sein du FDG, des non encartés. Pour nous, l'essentiel, c'est de chercher à réconcilier les citoyens avec la politique au sens noble et à construire le Front de Gauche comme outil de rassemblement populaire.

Malheureusement, nous avons le sentiment qu'au niveau départemental, régional, national, des obstacles s'opposent dans bien des endroits au développement des collectifs citoyens du Front de Gauche (mauvaise entente des partis, désaccord avec la ligne du FDG, intérêt des élus, conflits de personnes….).

Il n'y a pas non plus de véritable volonté d'initier la construction citoyenne du Front de Gauche partout sur le territoire national.

Il faut pourtant construire les conditions pour reconstruire une gauche qui parle au peuple et se fait entendre de lui.

Cela demande de la cohérence sur le plan des stratégies électorales et deconcevoir le Front de Gauche autrement que comme un cartel d'organisations et une alliance électorale ponctuelle: pour nous, à condition de le développer partout au niveau local, c'est le creuset d'une repolitisation des citoyens, d'une reconstruction d'une gauche populaire, offensive et efficace.

Notre attente

Que les assemblées locales du Front de Gauche, et en leur sein par conséquent les citoyens non encartés, puissent peser sur les propositions, les orientations, les stratégies du Front de Gauche sur le plan national. Actuellement, le pilotage du Front de Gauche se fait de manière trop pyramidal et partidaire, en laissant de côté les citoyens et l'expression de ce qui se pense et se fait à la base.

Une plus grande volonté de développer le Front de Gauche comme mouvement citoyen et non comme simple cartel d'organisation à visée électoraliste est nécessaire si on veut sortir par le haut de la crise interne actuelle et peser davantage sur le rapport de force national.

Il faut que les collectifs locaux, et pas seulement les dirigeants des partis et des personnalités cooptées, puissent s'exprimer et influencer les décisions sur le plan national.

Il faut aller vers une adhésion directe au FDG sans pour autant enterrer les partis qui composent ce rassemblement. 


 

Résolution de Ensemble le 15 juin 2014

Résolution politique adoptée par le Collectif national de Ensemble les 14 et 15 juin 2014.

1 Quelle analyse de la crise démocratique ?

L’ensemble des pays européens est touché par un rejet de l’Europe actuelle s’exprimant par une abstention massive et une percée des formations xénophobes et nationalistes. Mais, dans cette vague dominante, s’expriment aussi des scores importants pour la gauche radicale comme en Grèce avec la victoire de Syrisa ainsi que dans d’autres pays en particulier dans l’Etat espagnol.

La singularité française réside en la victoire de l’extrême droite qui creuse un écart déterminant avec la gauche radicale. Même si cette victoire était parfaitement prévisible et annoncée par tous les sondages, il faut mesurer le malaise et le choc provoqués dans la société qui montre que le FN n’est pas perçu comme un parti comme les autres (et c’est positif). Cette victoire est d’abord le résultat de la politique menée par ce gouvernement venant de la gauche, (alors qu’en Europe on a une majorité de gouvernement de droite ou de coalitions gauche-droite) qui, porté au pouvoir pour résister à la finance, fait exactement l’inverse en bouchant l’horizon politique pour toutes les victimes de la crise. Le résultat en a été une abstention massive de l’électorat de gauche, qui n’a nullement basculé vers le FN, mais que le FdG a été incapable d’attirer.

Le désarroi l’a emporté, y compris dans le mouvement social. Parallèlement à un retrait des urnes, on a aussi assisté à un retrait dans les mobilisations, qui sont restées localement importantes, mais d’un faible niveau quand il fallait mettre en cause les choix du gouvernement. La conscience antilibérale n’a pas su trouver une expression politique capable de prendre l’hégémonie à gauche, et a donc reculé, laissant la place aux valeurs de repli et d’exclusion que la droite et l’extrême-droite ont su porter de leur côté. D’abord frappé par l’abstention aux municipales, y répondant par l’aggravation de sa politique avec la nomination de Valls et l’annonce du pacte de responsabilité, il a alors achevé le découragement et augmenté le rejet, et ouvert ainsi la voie au renforcement d’un vote sanction de droite autour du FN. Le PS connait une défaite historique, les écologistes régressent pour avoir accompagné cette politique gouvernementale, mais la gauche de gauche n’en profite pas, ainsi que le montrent les scores maintenus du Front de gauche et la disparition électorale de LO et du NPA. Seule « Nouvelle Donne » avec 3% s’invite dans le nouveau paysage politique.

Dans les années 90 et 2000, en France mais aussi en Europe (Italie, Allemagne, Portugal, puis Grèce), la combinaison d’un haut niveau de combativité, l’apparition de nouveaux mouvements sociaux, et le développement de gauches radicales, avait commencé à modifier la donne et fait mûrir bien des espoirs. Aujourd’hui sur ces trois terrains la situation n’a pas été suivie de progrès linéaires (surtout en France), elle s’est parfois inversée, des reculs se sont produits, comme si des ressorts de combativité sociale et de nouvelles alternatives politiques s’étaient affaiblis. De nouveaux ressorts de radicalité apparaissent dans le domaine de la production ou de la consommation mais sans être à la hauteur nécessaire et sans expression politique ou électorale.

Il semble bien qu’en France, mais sans doute dans d’autres pays européens, se nouent différents niveaux de crise qui constitue une crise globale, à laquelle s’ajoute un moment de crise politique / crise de régime au sens plein du terme :

- Les différentes crises économique, sociale qui déstructurent depuis des décennies le monde du travail et la société dans son ensemble avec un processus de paupérisation, le recul de l’autonomie réelle, de perspectives frappant les jeunes et les femmes avec la montée du chômage et de la précarité.

Une crise d’épuisement des modes de production et de consommation nourrissant une prise de conscience grandissante des besoins et des urgences écologiques qui contraste avec l’inertie gouvernementale en la matière ou la poursuite de projets inutiles et dangereux

L’existence d’un racisme important qui cohabite conflictuellement tandis que le métissage continu de la population se poursuit

Un sentiment de déclassement, de pertes de repères, dans un monde où le centre de gravité se déplace au Sud et en Orient ; une inquiétude générale face à la mondialisation dont les effets de concurrence et de compétition n’épargne presque plus aucune catégorie de la population

L’Europe telle qu’elle est apparaît davantage comme une menace de plus que comme une protection : sa construction n’étant ni solidaire, ni sociale, ni démocratique, le rejet est général

Le maintien quels que soient les changements de gouvernement, les résultats de référendum, les crises et des effondrements financiers bancaires, des mêmes politiques libérales

La mise en cause du clivage gauche/droite. Sous une double pression : celle du constat que le parti qui est perçu comme étant la gauche mène au gouvernement une politique de droite ; ce qui se traduit par une perte de fonctionnalité de la bipolarisation politique PS/UMP ; celle du FN qui travaille à substituer aux oppositions de classe une opposition sur critère « national-ethnique »…

Une crise de légitimité politique, quand la politique menée par le gouvernement est à ce point contradictoire avec les aspirations de celles et ceux qui l’ont porté au pouvoir qu’elle entraîne abstention massive ,et provoque un vaste mouvement de rejet de la politique, dans l’électorat de gauche, puisqu’une nouvelle fois est démontrée, et avec violence, l’abdication devant le libéralisme sans aucune volonté de changement.

La crise de l’alternative et du projet d’émancipation : nous ne sommes ainsi pas sortis de la crise du projet de transformation sociale issu de l’effondrement du « socialisme réellement existant » et nous ne pouvons aujourd’hui nous adosser à rien de comparable à ce qui a été l’espérance communiste il y a quelques décennies ; cela rend plus difficile de porter un projet d’émancipation critique du capitalisme, ce d’autant plus que le PS, ce réclamant de la gauche n’a de cesse de clamer qu’il n’y pas d’autre politique possible.

A ce stade, cette crise globale s’exprime par un rejet du système de représentation politique, une crise démocratique au sens large du terme : que reste-t-il du pouvoir du peuple à l’âge de la domination de l’oligarchie capitaliste mondiale ?

Dans cette situation le FN dispose d’une avance inquiétante.

En revanche, Le rejet des politiques menées n’a pas profité à la gauche de la gauche, les résultats des listes FDG même s’ils se maintiennent représentent un échec dont il faut analyser les causes :

- malgré un programme clair et l’avancée stratégique de l’articulation "rompre, désobéir, refonder" nous n’avons pas su être suffisamment concrets ;

- dans le meilleur des cas, nos propositions ne sont pas ressorties clairement, dans le pire, c’est un discours cacophonique qui s’est fait entendre

- la composition de nos listes laissait peu de place à la diversité ;

- La tonalité de la campagne n’était pas celle d’une gauche radicale et alternative porteuse d’espoir et de rêve.

Au-delà, il faut s’interroger sur le fait de savoir pourquoi les électeurs de gauche qui se sont abstenus pour manifester le rejet de la politique du gouvernement n’ont pas voté pour le FDG ;

2/La compréhension de ce qu’est le FN.

Beaucoup a été écrit : première force nationale, première chez les jeunes et chez les ouvriers, extension géographique aux régions jusqu’ici peu touchées. Capacité à partir d’un noyau initial de conviction (le rejet de l’immigration) à récupérer un discours anti austérité, social cherchant à imposer la question identitaire et sécuritaire.

On oscille alors dans les commentaires entre :

- une vision catastrophiste (le FN serait aux portes du pouvoir, parce qu’il fédérerait toutes les composantes du camp réactionnaire mobilisé sur de multiples thèmes…), à quoi s’ajoute une hésitation sur la caractérisation : extrême-droite, droite extrême, fasciste ?

- et une relativisation pouvant aller jusqu’au déni : ce serait une réalité seulement électorale (qu’il ne faut pas grossir), voire un simple artefact organisé par les médias au service d’intérêts politiciens (ceux du PS). Ou bien alors une réaction, une poussée de fièvre chronique, face à des tendances de fond : mondialisation, métissage, européanisation, modification des structures familiales, qui finalement s’imposeront. Mais quelque fois la fièvre peut emporter le malade…

La direction du FN se pose maintenant la question de l’accès au pouvoir. D’autant que le FN dispose de réserves électorales au sein des abstentionnistes en particulier au sein des secteurs profondément désocialisés et marginalisés (non inscrits aujourd’hui sur les listes). Dans cette hypothèse dramatique, l’utilisation de tous les aspects négatifs de la constitution de la Vème République pourrait entrainer des effets considérables.

Or, il y a une montée en puissance du FN, et de sa crédibilité, qui agit sur toutes les forces politiques et tire à droite l’ensemble du champ politique, ce qui constitue l’élément le plus grave de la conjoncture : légitimation du racisme et des discriminations, droitisation supplémentaire de l’UMP et justification d’un cours gouvernemental encore plus droitier. Le FN y répond à sa manière ; raciste, xénophobe, sexiste, homophobe, antisémite, islamophobe… Il développe une réponse simpliste aux inquiétudes et aux différentes facettes de la crise actuelle. En particulier, il exprime le rejet de la classe politique, de la politique traditionnelle, des affaires, la volonté de renouvellement (beaucoup de candidats jeunes). De plus, le FN continue à piller les thèmes sociaux, écologiques, altermondialistes, anti-austérité, entretenant la confusion et renouant ainsi avec une tradition qui était celle du fascisme originel.

3- Quels changements politiques dans la nouvelle phase politique ?

Les contradictions du PS.

La politique de François Hollande a conduit le PS à subir une défaite électorale majeure, qui compromet durablement son assise territoriale. La deuxième phase du quinquennat avec la nomination de Valls va être dominée par une politique d’austérité beaucoup plus sévère et systématisée. Il est inévitable que cette situation conduise à des contradictions de plus en plus fortes au sein du PS et dans la majorité gouvernementale, et à des reclassements politiques importants. Le gouvernement Valls se présente en effet comme disposé à mettre sa propre majorité au pied du mur, voire à l’affronter, sur le thème : « c’est l’acceptation de ma politique ou le chaos de la crise gouvernementale, à vous de choisir ». Il semble bien que le projet de Hollande et de Valls vise à pousser plus loin le processus de transformation du PS en parti démocrate, processus déjà en cours mais forcément facteur de crise et de résistance par son coût social (et électoral !).

Les premières modifications sont apparues à l’initiative du Président.

° Le gouvernement Valls, c’est une meilleure communication et davantage d’autorité, avec l’exigence d’une discipline accrue demandée à la majorité. C’est aussi paradoxalement, du fait de la sortie d’EELV du gouvernement et de la contestation au sein du PS, davantage de jeu dans la vie parlementaire, en fonction de la nécessité de répondre à cette contestation, de contenir la crise de légitimité de Hollande (d’où l’épineuse hypothèse de la dissolution), et de favoriser l’expression de soutiens venant de la droite à la politique menée.

Même si, à l’exception du FN, l’exigence de la dissolution n’est pas actuellement avancée, la question d’une autre majorité est posée, à partir des deux bords de l’échiquier parlementaire. Continuons à y réfléchir mais en l’assortissant de la double exigence de la 6ème république et du processus constituant comme réponse à la crise de la politique et au moment de crise de régime.

A gauche du PS, avec la contestation de la nomination de Valls et le refus d’approuver sa feuille de route, à quoi s’ajoute le refus d’EELV de participer au gouvernement, se dessinent les contours potentiels d’un rassemblement de forces prônant une rupture avec la politique d’austérité.

La droite est elle-même en crise : une crise profonde qui est en fait l’addition du Sarkozysme. Celui-ci en se faisant élire en 2007 en vampirisant les voix du FN et en cherchant à se faire réélire en rompant les digues construites en 1945 entre la droite et l’extrême droite, a laissé un héritage explosif. Dans un contexte où s’additionnent affaires et règlements de comptes, c’est bien la ligne politique qui est en question. La réponse du triumvirat qui a déposé Copé, à défaut de pouvoir toucher pour l’heure Sarkozy, vise à reconstruire une droite libérale alliée avec le centre droit.

Du côté des centristes, voire de certains UMP, l’abstention et quelques votes positifs par rapport à la politique portée par Valls, en cohérence avec le soutien au Pacte de responsabilité, indique une possible majorité avec un centre de gravité centriste. Si celle-ci se concrétisait, elle libérerait des espaces de recompositions, d’un côté entre droite néoconservatrice et extrême-droite, de l’autre, entre gauche non gouvernementale et des secteurs du PS voulant maintenir l’ancrage « socialiste » du PS.

Ces dynamiques sont entravées par le carcan de la Ve République, mais elles indiquent des évolutions qui peuvent s’accélérer en cas d’aggravation de la crise économique et politique. Inversement elles se verront d’autant plus bloquées que deviendra progressivement prégnante l’échéance de 2017. Ce à quoi s’est immédiatement attelé le nouveau Secrétaire national du PS.

° La nomination à la tête du PS de Cambadélis ce n’est pas seulement la reprise en main de la direction du parti, c’est un ordre de mission : sauver le soldat PS en 2017. D’où la valorisation de la thèse du « tripartisme » : sous menace d’une catastrophe, il faut assurer la présence du PS au 2è tour, ce qui implique de rassembler le PS, et la/les gauche(s)… Du coup on escamote la politique d’austérité, dont Bruxelles serait davantage responsable que l’Élysée. Ce qui tend à considérer que ceux qui à gauche font de leur priorité de la dénonciation du Pacte de responsabilité cèdent à un gauchisme irresponsable.

Difficultés et perspectives du Front de Gauche

Le débat ouvert au sein du PC mobilise au-delà des habituels cadres opposés au Front de gauche, les pertes subies lors des municipales et les tensions avec J-L Mélenchon relancent la critique d’un FdG qui ne permet pas, contrairement aux promesses de la direction, de renforcer les positions du Parti. Le rapport au PS n’est donc pas encore clarifié malgré une condamnation sans équivoque de la politique gouvernementale.

Du côté du PG ,un débat va-t-il s’ouvrir sur la surestimation d’un rapport de force censé bousculer toute la gauche et le Front de gauche lui-même, et qui justifiait une posture de conflit et de rapport de forces au sein du FDG, sur le profil public que cela entraînait et sur le fait de privilégier une autoconstruction de ce parti autour de son leader ? Si le PG maintient l’optique du rassemblement dans le FDG, ces questions ne sont pas résolues.

La contestation au sein du PS et d’EELV va continuer à se développer alimentée par le cours de plus en plus droitier de Hollande/Valls Elle peut permettre des convergences entre ce que défend l’ensemble du FDG en termes de nouvelle majorité à gauche, mais celles-ci sont également susceptibles d’être percutées par la politique que va engager Cambadélis en terme de rassemblement de toute la gauche face au danger FN en 2017.

Cela dit, le type de politique suivi par Hollande, les difficultés rencontrées dans le Front de gauche, peuvent laisser place à un sursaut collectif.

La division du NPA ne doit pas être lue comme superficielle et ne donnant lieu qu’à quelques manœuvres pseudo unitaires. A présent deux sensibilités se jugent réciproquement comme antagoniques. Ce qui signifie des évolutions qu’il faudra prendre au sérieux et qui appelleront des propositions (comme Ensemble l’a préconisé à propos des européennes). Sans ultimatisme c’est un rapprochement avec le FDG que nous devons proposer au NPA. De même l’existence de Nouvelle Donne risque d’être pérenne. Il faut donc là aussi être force de propositions par rapport à eux.

Il semble qu’il faille clarifier en quoi l’affirmation d’un « pôle » rassemblant forces politiques, syndicalistes, associatives, pour porter une politique alternative au néolibéralisme, n’interfère pas (ou interfère de manière positive) avec la nécessaire unité syndicale et salariale porteuse de mobilisations sociales. Face à la montée du FN, l’unité des forces revient comme une nécessité première pour le contrer, cela concerne le mouvement syndical et social, mais aussi la recherche du rassemblement à gauche, non pas autour de la politique du PS au gouvernement, mais autour d’une politique s’opposant à la politique du gouvernement et l’austérité et offrant une alternative de pouvoir, qui ne peut se résumer au Front de gauche seul.

Il y aura dans les mois qui viennent, dans la phase d’application du pacte de responsabilité, une série de décisions concernant des réductions massives de crédits : services public, hôpitaux, collectivités territoriales, transformation écologique… A chaque fois ce sera une occasion pour le mouvement social de se manifester en opposition, et à chaque fois ce doit être aussi l’occasion de tester et conforter la convergence d’une opposition commune FdG/EELV/PS dissident-e-s/NPA/ND, et avec la nécessité de mettre en avant des solutions alternatives. A chaque fois, il reviendra au Front de gauche d’être actif , offensif, unitaire, pour rassembler une opposition politique de gauche, en lien avec le mouvement social, tout en faisant avancer un travail commun avec écolos et socialistes dissidents sur les contenus autour desquels pourrait se dessiner une majorité alternative. On va donc avoir une période, plus ou moins longue, où il est possible et souhaitable, qu’un rassemblement se forge dans l’expérience des débats parlementaires et des réactions du mouvement social.

Dans la construction du rassemblement large, allant du NPA à la gauche du PS, il peut y avoir une tentation ou une volonté (venant de divers côtés) de s’en tenir à des échanges, des débats, par ailleurs absolument indispensables comme première étape. Ces débats publics incluant le Front de gauche peuvent dessiner l’hypothèse d’une autre politique et d’une autre alliance pour les années à venir, dont le centre de gravité serait évidemment différent de celui de Hollande en 2012. Mais la crise actuelle de la confiance et de la représentation politique est telle que cela ne saurait suffire. Il est nécessaire de tenter par des actes, dans les mobilisations et sur le plan parlementaire, de faire émerger l’espoir qu’une autre politique est possible maintenant et pas en 2017, même si cela doit passer par une mise en minorité parlementaire et une crise du gouvernement. Si cela n’est pas tenté à gauche, le risque existe que cela soit tenté à droite, aggravant encore plus la situation.

Dans ce cadre, le Front de gauche devrait préparer soigneusement des propositions autour des axes d’une autre politique, afin de nouer éventuellement des alliances le moment venu :

- une grande réforme fiscale

- des mesures pour désobéir à l’Europe libérale et refonder l’Europe

- des mesures d’urgence pour de nouvelles institutions plus démocratiques (vers une 6ème République)

- des mesures pour une transition énergétique en rupture avec le productivisme

- des mesures d’urgence pour les droits sociaux (protection sociale, droit du travail, réduction du temps de travail…) et humains fondamentaux.

Tout ceci est lié aux questions décisives pour le FdG : quelle autre politique opposer à celle du pouvoir socialiste telle que concentrée dans le Pacte de responsabilité ? Quelles articulations entre mesures pouvant peser sur des points de rupture de cette politique ? Quelle cohérence économique opposer à celle du néolibéralisme ? Quelle perspective de société ?

Il y a nécessité pour Ensemble et pour le Front de gauche d’affirmer une disponibilité à travailler à une nouvelle majorité antilibérale et anti-austéritaire, impliquant un rassemblement avec des secteurs du PS et de EELV s’opposant au couple Hollande/Valls et aux dogmes du Pacte de stabilité, et dessinant la possibilité d’une autre majorité, incluant aussi Nouvelle Donne, le NPA, les courants écologistes critiques et les libertaires qui le souhaiteraient. Le pôle de résistance sociale et politique apparu le 12 avril peut être un point d’appui pour cette perspective ; et inversement, tout pas en avant dans cette voie politique nouvelle et alternative serait un encouragement pour les mobilisations.

4. Les résistances et les points d’appui pour une alternative

Une des difficultés de la situation réside dans l’absence de conflits sociaux majeurs s’opposant à la politique du gouvernement et aux diktats du MEDEF. La mobilisation concernant les retraites en 2010 s’est soldée par une défaite. Sarkozy durant son quinquennat a méthodiquement divisé et affaibli les secteurs de mobilisation forte. L’adoption du traité de Lisbonne foulant aux pieds les résultats de la mobilisation citoyenne qui avait accompagné le non au TCE en 2005 a également provoqué un désarroi d’autant que cette ratification parlementaire avait été facilitée par l’accord avec le PS.

Un changement d’état d’esprit est possible parmi les salarié.es comme le montre la mobilisation des cheminots et des intermittents du spectacle. Il peut y avoir une prise de conscience qu’il faut revenir à la mobilisation collective décomplexée face à un gouvernement de gauche qui fait une politique de droite. Des mobilisations et des résistances s’expriment et qui sont d’autant plus importantes qu’elles annoncent sans doute les caractéristiques des luttes de demain. D’autant plus que s’y ajoutent des aspirations dans la société à produire , à consommer et à vivre autrement.

Ainsi la victoire de Fralib est à noter non seulement sur les capacités de résistance des travailleurs/travailleuses de cette entreprise, parce beaucoup de luttes de ce type se sont soldées par des défaites et des fermetures de sites, mais parce qu’elle implique une capacité à reprendre en charge la production, à défendre une économie solidaire et à ouvrir un autre horizon celui de la coopération, de l’écologie et le l’autogestion.

Les mobilisations contre l’aéroport de NDDL et contre la ferme des Milles Vaches sont porteuses d’avenir. Parce qu’elles croisent les combats écologiques, démocratiques, contestant aux grandes firmes le contrôle des choix d’avenir. Elles montrent toute l’importance des mobilisations contre les équipements inutiles et dangereux, le productivisme et l’importance de mener ces luttes à l’échelle internationale. Les campagnes STOP TAFTA contre le grand marché transatlantique et l’initiative internationale COP 21 pour le climat sont des enjeux majeurs pour cela.

Les mobilisations de jeunes contre le FN qui viennent de débuter sont également un terrain de politisation des nouvelles générations à suivre attentivement. Faire barrage, contrer le racisme, s’affronter à ceux qui du même âge votent et adhèrent aux idées du FN, ce sont sans doute des éléments d’entrée en politique au même titre que se battre contre le chômage, le précariat ou la cherté du logement. Toutes luttes dont nous ne connaissons sans doute pas les formes actuellement.

La fonction publique va subir de plein fouet les 50 milliards d’économie. La possibilité de résistances, de mobilisations pour défendre pouvoir d’achat et services publics au vu de la brutalité des politiques qui vont être menées doit également retenir toute notre attention.


Résolution du Conseil national du PG 15 juin 2014

Parti de Gauche – Résolution politique (14 et 15 juin 2014)

Les dernières élections ont constitué une nouvelle déflagration dans la vie politique de notre pays. Jamais l’Union européenne n’a exercé autant de pouvoir sur nos vies mais la majorité des électeurs s’est détournée des urnes. Déchiré par des décennies de « réformes » néolibérales et un chômage grandissant, le pays n’en peut plus. Il n’y croit plus. L’abstention massive est le signe que l’oligarchie a expulsé le peuple de la vie politique. Après les ouvriers et chômeurs dont le retrait de la vie civique est structurel, ce sont presque toutes les catégories sociales qui n’exercent pas leur souveraineté politique. Dès lors, la réappropriation populaire du pouvoir politique devient plus que jamais une priorité. La Cinquième République est à bout de souffle. La Sixième République cherche son chemin. La revendication de la Constituante incarne cet horizon.

Que reste-t-il de la souveraineté du peuple proclamée en 1789 ? Le budget du pays est contrôlé par la Commission européenne. Les choix nationaux et européens des gouvernements successifs ont libéré la finance de la tutelle étatique, lui permettant d’imposer la sienne dans tous les domaines de la vie  sociale. Demain le Grand Marché Transatlantique prévoit de mettre les transnationales à l’abri des lois nationales et la réforme territoriale menace les échelons locaux où se construit la citoyenneté, impose la compétitivité en lieu et place de la solidarité, dégrade un peu plus notre héritage républicain. Ce déni de la volonté populaire a pris en France un visage, celui de François Hollande. Jamais on ne vit un président élu renier si vite et si fortement ses engagements de campagne. Le monarque républicain est détesté alors qu’il est censé être la « clé de voûte » des institutions.

Dans cet océan d’abstention, le premier parti des européennes mobilise seulement 10% des inscrits. Mais alors que l’autre gauche réussit des percées dans plusieurs pays d’une Europe ravagée par l’austérité, notamment en Grèce (33%) et en Espagne (20%), alors qu’elle passe de 35 à 43 élus au Parlement européen, en France, c’est la réponse ethnique et xénophobe qui l’emporte. Le 25 mai, le Front National a recueilli près d’un suffrage sur quatre. C’est la première fois que cette mouvance se cristallise sur un seul vote à un niveau aussi élevé. C’est la première fois que le FN sort en tête d’une élection au plan national. La scène politique est donc renversée.

Le parti d’extrême-droite ne compte que deux parlementaires nationaux mais il est devenu le premier de France en voix. Il a clairement pris la main dans la course de vitesse qui nous oppose. La dynamique issue des urnes renforce celui qui arrive en tête. L’œuvre de dédiabolisation médiatique du FN a porté ses fruits. Elle a endormi la vigilance de la société. Avant le résultat du vote, la scène politique était déjà organisée autour du Front National, alternativement repoussoir commode dissuadant de contester le système et assurance-vie pour ce dernier par le détournement de la colère populaire sur les immigrés.

La droite est désormais dominée dans son propre camp. Son extrême-droitisation, à laquelle Sarkozy avait déjà ouvert la voie, va s’accélérer. Ce basculement s’est produit dans un contexte de grave crise interne exacerbée par les affaires. Des milliers de militants et cadres se retrouvent déboussolés, privés de leader. Cette hémorragie va s’amplifier. Tout ceci renforce le FN. Alors que la crise reste devant nous, personne aujourd’hui ne peut exclure qu’elle le porte un jour au pouvoir.

Ces combats contre les droites restent avant tout des combats de classe contre le capitalisme.

Le pouvoir n’a jamais été aussi isolé et délégitimé. Les partis qui participent au gouvernement totalisent 13% des votants et 6% des inscrits : à peine un électeur sur 16. Le PS obtient le plus faible score de son histoire. Il avait déjà perdu la moitié de ses 60 000 élus locaux lors des municipales de mars. Le PS n’en tire aucune conclusion et continue à soutenir François Hollande.

Dès lors, la politique de droite du gouvernement s’intensifie et préfigure une « alliance au centre ». C’est la poursuite d’une politique qui démoralise la société, déconsidère la référence à la gauche et par là même, entraine dans sa chute tous les partis qui s’y réfèrent, et ouvre la voie au Front National. Elle entraîne logiquement le recul du PS mais aussi d’EELV qui perd presque la moitié de son score de 2009 et du NPA qui atteint son plus bas historique. Et l’apparition de Nouvelle Donne ne compense pas ces reculs.

Dans ce contexte de crise politique, où les vieilles forces se décomposent et où les positions se radicalisent, le Front de Gauche devrait plus que jamais incarner la solution crédible, tant face aux politiques qui ont amené le chaos qu’aux tentations de repli nationaliste. Le Front de Gauche ne progresse pas. Il échappe à la déroute qui frappe l’ensemble des partis qui se réclament de la gauche, ramenée à un triste record de 34% des voix. Mais il retrouve peu ou prou le niveau des européennes de 2009. Pire, les 11% de la présidentielle de 2012 avec Jean-Luc Mélenchon apparaissent désormais comme un moment isolé. La dynamique de révolution citoyenne que nous avions fait naître n’a pas été entretenue par une action cohérente. Elle est retombée et ce n’est pas le Front de Gauche qui capte et polarise l’exigence du « qu’ils s’en aillent tous ! ».

Le Front de Gauche n’est pas perçu comme étant totalement indépendant du système.

Le Front de Gauche s’est révélé incapable de surmonter ses faiblesses : paralysie régulière lors de discussions préélectorales sans cesse recommencées, absence d’adhésion directe, énergie perdue dans son fonctionnement en cartel, confusion stratégique aux municipales, difficulté à s’adresser aux classes populaires … Ce qui devait nourrir une dynamique de rassemblement a souvent fonctionné comme un outil autobloquant. Mais le plus grave est que nos mots nous ont été volés. La défense de la souveraineté populaire est revendiquée par un Front National qui pille nos références et nos mots d’ordre, ajoutant la dénonciation du banquier à celle de l’immigré. Les termes de gauche et de socialisme sont dévoyés par un gouvernement qui mène une politique de droite.

C’est donc une refondation qui est à l’ordre du jour de cette nouvelle période.

A cette fin, la période invite non à détruire mais à se servir de ce que nous avons commencé à construire. Nous voulons donc conserver le Front de Gauche sans lequel la situation serait bien plus grave encore. Mais ce ne peut être le Front de Gauche en l’état : il faut le transformer, à commencer par l’élargir, voire le dépasser. Pour ce faire, il doit clarifier sa stratégie électorale qui doit être l’autonomie permanente à l’égard du social libéralisme à toutes les élections. Il doit aussi réactualiser son programme autour d’orientations fédératrices telles que :

  • faire reculer la finance et les marchés pour un nouveau partage des richesses,
  • une 6 ème république sociale et solidaire pour une vraie démocratie,
  • la règle verte et la transition écologique pour bien vivre sur Terre.

Nous souhaitons en débattre au plus vite au sein du Front de Gauche avec une discussion préalable dans l’ensemble du Parti de Gauche. Nous sommes donc favorables à la convocation d’Assises du Front de Gauche ouvertes à toutes celles et à tous ceux qui se reconnaissent comme ses militant-e-s. Cela doit être l’occasion de discuter de notre organisation, et notamment de notre proposition d’adhésions directes au Front de Gauche, mais aussi de notre programme gouvernemental et de notre stratégie.

Bien au-delà, avec nos propositions programmatiques, nous nous adressons à tous les citoyens, aux militants associatifs et syndicaux, à toutes les sensibilités et organisations de gauche qui refusent pour de bon l’austérité sous tous ses aspects. Rassemblés, ils sont la première force à gauche et entraîneraient alors la société. Ils ne peuvent rester éparpillés. L’opposition de gauche a une grande responsabilité dans leur rassemblement.

A EELV nous disons donc : l’avenir n’est pas l’alliance au centre, il est dans la convergence avec l’écosocialisme que nous voulons construire. Aux socialistes dissidents nous disons : défendez vos idées, rompez les rangs ! Nous voulons donc approfondir la discussion avec les organisations et groupes de gauche qui rompent avec la politique du gouvernement, sans permettre qu’elle soit le moyen d’une nouvelle mystification ni celui d’un arrangement avec la direction socialiste ou le gouvernement.

Le travail à venir doit obéir cependant à des règles s’il veut être utile. La première c’est de refuser toute ambiguïté par rapport à la politique du gouvernement : nous ne pouvons en rien être associés à son camp, c’est la raison pour laquelle nous ne pouvons entreprendre la reconstruction avec des partis qui le soutiennent. La seconde c’est de conserver l’ambition d’une alternative gouvernementale. Ce qui revient à travailler à un programme à la fois radical et crédible, c’est à dire en rupture avec le système et répondant aux aspirations populaires. Dans toutes les initiatives, nous devons nous concentrer sur cet objectif : quelles mesures d’urgence mettons-nous en avant? Celles que devrait appliquer un gouvernement qui réponde aux besoins immédiats de la population et de l’intérêt général et s’engage sur la voie de l’écosocialisme. C’est indispensable dans la période. Les divergences de fond existent, nous le savons. Est-ce qu’elles nous empêchent de diriger des villes ensemble ? Grenoble est la preuve que non. De gouverner la France ? C’est justement ce qu’il faut vérifier en s’attaquant à un programme d’urgence dans les luttes et les élections à venir.

Les rassemblements que le Parti de Gauche aide à construire n’ont de sens que s’ils contribuent à une mobilisation large de la société. Il faut mettre en mouvement les millions d’abstentionnistes qui ne se reconnaissent dans aucune organisation politique. Cela peut se faire en agissant pour répondre aux enjeux de la société : interdiction des licenciements boursiers, le SMIC à 1700€, la retraite à 60 ans à taux plein, un service public d’éducation et de santé, le refus d’extraction des gaz de schiste… C’est là que nous gagnerons la confiance du peuple.

Alors que débute la mise en œuvre du « pacte de responsabilité », le Parti de Gauche doit déclencher partout où il le peut les résistances concrètes aux politiques du gouvernement. Agissant dans des cadres ouverts, il travaille en faisant évoluer ses pratiques militantes pour l’implication de la population, avec les habitants des quartiers, des villages et des communes périurbaines qui pâtissent déjà du chômage, du gel des salaires, de la dégradation des services publics. En leurs seins, le Parti de Gauche cherche à faire la démonstration que le plus grand nombre est capable de prendre en charge son devenir.

Or le gouvernement prévoit d’aggraver cette politique. Pour l’heure, le contenu concret des 50 milliards « d’économies » prévues par le gouvernement n’apparaît pas aux yeux du grand nombre. Ce plan et la réforme territoriale qui s’y ajoute programment pourtant une vague massive de réduction du service public et une nouvelle aggravation des inégalités. Le combat doit être mené poste par poste, gare par gare, droit social par droit social, service public local par service public local au côté des syndicats qui défendent, notamment par la grève, le bien commun et l’intérêt des travailleurs, comme à la SNCF et chez les intermittents.

Pour l’emporter, il faut gagner la bataille idéologique contre le « There Is No Alternative » avec des mots d’ordre clairs, une communication ciblée et des propositions concrètes sur la possibilité du partage des richesses, la remise en cause de la dette, la nécessité du protectionnisme solidaire.

Il faut mener la contre-offensive pour faire reculer l’emprise des thèses xénophobes sur les esprits, et déconstruire les impostures du FN en matière économique, sociale et écologique. Cette bataille se mène également sur le terrain de la culture avec les intellectuels et les artistes. Face à la domination médiatique de la contre révolution conservatrice, il est temps que les intellectuels critiquent et retrouvent une forme d’expression. Le Parti de Gauche favorisera toutes les initiatives en ce sens.

Nous ne nous laisserons pas entraîner dans un pseudo front républicain contre le Front National sous la houlette du Parti Socialiste.

Le succès de la marche du 12 avril porté par un large collectif rend possible de nouvelles initiatives unitaires contribuant à remettre la question sociale au premier plan. La hausse continue du chômage appelle également une mobilisation populaire pour la défense de l’emploi. Nous avons des propositions pour bloquer les licenciements et la désindustrialisation. Nous défendons déjà la nationalisation d’Alstom. Sur toutes ces questions, de larges rassemblements de combat peuvent s’opérer à l’image du front politico-social qui s’est constitué dans les Bouches-du-Rhône. Il en est de même en prévision du prochain sommet climat. Car la lutte contre le réchauffement climatique est de plus en plus urgente, au moment où le gouvernement Valls tergiverse sur la transition énergétique et maintient son soutien aux grands projets inutiles et néfastes pour le climat et l’agriculture tels Notre-Dame-des-Landes ou la ferme des mille vaches.

Enfin il nous faut transformer le grand acquis de la campagne européenne : après des années d’effort du Parti de Gauche, le Grand Marché Transatlantique a enfin surgi dans le débat public. L’indignation grandit à mesure. Désormais, nous pouvons mettre en échec ce projet qui attente directement à la souveraineté populaire. Ce sera notre priorité dans la nouvelle mandature européenne. Le Parti de Gauche vient d’éditer du matériel d’explication. Il mène le combat à travers ses militant-e-s et ses élu-e-s. Un collectif unitaire s’est déjà créé. Nous voulons désormais être les déclencheurs d’un large rassemblement populaire contre le GMT.

Nous soutenons la campagne « 10 000 collectivités territoriales demandant le retrait de la France de la négociation ». Nous proposons une campagne qui pourrait déboucher sur une marche nationale d’une marée citoyenne contre le GMT.

Enfin, il nous faut développer notre organisation dans la période de décomposition de la scène politique dans laquelle nous entrons. Plus que jamais, nous avons besoin d’un parti porteur d’un programme offrant un débouché écosocialiste à la crise.

Le Conseil national invite les comités à établir ou approfondir localement leurs liens avec les citoyens, syndicats et associations qui luttent contre le gouvernement et travailler avec eux le programme que nous portons pour la société.

Voici notre conviction : le pire de la crise ne serait pas les ravages qu’elle provoque. Le pire serait que nous renoncions à en tirer le moyen de faire naître un monde nouveau, libéré des causes des malheurs du présent. Le Parti de Gauche tiendra son poste de combat. Il se donne les moyens de son développement autonome. Mais il sait que rien n’est possible sans que naisse une union large de tous ceux qui ont compris le danger et le besoin d’en finir avec la politique austéritaire. Et bien davantage encore, rien n’est possible sans qu’un front du peuple ne se lève pour congédier l’oligarchie, préparer les « jours heureux » et avancer vers l’écosocialisme, seul horizon viable de l’humanité.                                 Conseil National des 14 et 15 juin 2014


Reconstruire l’espoir – par PCF 15 juin 2014

Reconstruire l'espoir à gauche et l'espoir pour la France – Conseil national du PCF des 14 et 15 juin 2014

Relevé de décision

Pour reconstruire l'espoir à gauche et l'espoir pour la France, le Conseil national du PCF a appelé à un immense effort politique pour rendre possible, d'ici 2017, l'ouverture d'une perspective de gauche.

Face aux risques d'enlisement gravissime de notre pays dans la crise et le chômage, face aux menaces qui pèsent sur l'avenir de la France et ses valeurs de solidarité, face aux dangers de réponses de plus en plus rétrogrades, à la montée des peurs et des racismes, un autre avenir pour la France est possible, autour d'un projet de solidarité, d'une alternative de transformation sociale, d'une ambition de redressement national dans la solidarité avec les autres peuples d'Europe et du monde.

Les communistes lancent un appel à toutes celles et ceux qui refusent l'impasse et l'injustice de la politique actuellement menée, qui ne veulent ni du retour de la droite, encore moins de l'extrême droite et qui veulent sortir de l'austérité et construire le projet de gauche dont la France a besoin. À toutes et tous, nous disons : « ouvrons le dialogue, le chantier commun de la construction de ce projet et agissons ensemble ». Entrons partout en dialogue, en travail, en action, sous toutes les formes possibles, dans tout le pays, à tous les niveaux pour dire : « voilà la politique de gauche, la politique pour la France que nous voulons. Voilà la politique que nous voulons voire traduite en avancées immédiates et faire gagner en 2017 ».

Le Conseil national du PCF propose la construction et la mise en mouvement d'un Front large, d'un Front du peuple, unissant forces populaires, sociales et politiques, autour d'un projet qui doit être celui du bien commun et de l'humain d'abord.

Le Conseil national convoque une conférence nationale du PCF les 8 et 9 novembre 2014 pour faire un point d'étape des campagnes d'actions politiques, poursuivre le travail de projet, de rassemblement et prendre de nouvelles initiatives. Tout ceci en favorisant l'écoute et la participation des adhérents.

Comment construire ce chemin ?

Quatre propositions :

1. Intensifier sans attendre notre activité dans les luttes pour placer les exigences portées par tous les acteurs-trices concerné-e-s au coeur du débat sur le projet que nous voulons porter pour la France : SNCF, intermittents, Alstom, débat budgétaire sur le plan Valls, réforme territoriale dont la bataille pour obtenir un référendum national sur ce projet,…

2. Une campagne politique dans la durée sur cinq axes de transformation sociale, pour reprendre l'offensive politique et idéologique :

  • Libérer l'économie et le travail, les services publics, la société des coûts du capital avec de nouveaux financements et de nouveaux pouvoirs.
  • Contre l'insécurité sociale et la société de concurrence, donner la priorité à l'humain et au bien commun.
  • Reconquérir notre industrie pour la mettre au service de l'emploi, d'un nouveau modèle productif, d'une transition écologique et de progrès social. La convention nationale sur l'Industrie se tiendra les 10 et 11 octobre prochains.
  • Construire une nouvelle démocratie, fondée sur le pouvoir des salariés et des citoyen-ne-s.
  • Amplifier notre bataille pour la refondation de l'Union européenne.

3. Intensifier notre travail de projet en le mettant au centre de toute notre activité avec la société

  • Lors de la matinée du dimanche 9 novembre de la conférence nationale : une dizaine d'ateliers sur le projet ouverts à tous les communistes qui le souhaitent et à tous ceux et celles qui travaillent dans nos réseaux.
  • Courant 2015, une série d'initiatives publiques du PCF dans le pays, sur le thème « Quel projet pour la France ? Les communistes à votre rencontre » avec la participation du secrétaire national, pour des débats et des échanges avec la société.
  • Poursuite du travail de conventions thématiques.
  • La tenue d'une convention nationale du projet à la veille du prochain congrès national.

4. Déployer avec une audace nouvelle le travail de rassemblement et de construction politique

  • Jusqu'à la conférence nationale de novembre, prendre des initiatives afin de redonner la parole aux citoyen-ne-s pour refonder la politique et la gauche.
  • Initier dans tout le pays, sous toutes les formes possibles, un processus de large rassemblement jusqu'à l'été 2015 pour un nouveau projet de gauche pour la France avec de grandes étapes nationales à construire et qui s'enracine dès maintenant dans des initiatives locales démultipliées. Nous voulons remettre en mouvement, au travail, et en action toutes les forces qui veulent reconstruire une autre voie que la fuite en avant dans l'austérité.
  • Organisation en France à l'initiative du PGE d'un forum européen des alternatives au printemps 2015.
  • Travailler à faire du Front de gauche un animateur crucial de la construction de ce front large. Nous voulons le relancer en procédant aux changements nécessaires. Pour cela, poursuivre le travail d'évaluation engagé pour déboucher sur une relance appropriée du Front de gauche. Nous proposons, début septembre, une grande réunion d'un Conseil national élargi du Front de gauche pour engager une vraie dynamique.
  • La Fête de l'Humanité sera la première grande échéance de convergence des luttes, des campagnes politiques, du travail de projet et de rassemblement pour un Front large du peuple et de la gauche.
  • Travailler au renforcement du PCF, notamment dans les entreprises et les services, avec un effort particulier sur la formation, l'éducation populaire et l'accueil des nouveaux adhérents ainsi qu'à la valorisation de nos initiatives de solidarité concrète (journée à la mer, vente de fruits et légumes…)

Paris, le 15 juin 2014

Le Conseil national du Parti communiste a aussi exprimé son soutien et sa solidarité avec les cheminots et les intermittents en lutte.

en PDF le rapport de Pierre Laurent le 14 juin 2014


Débat : Pour un nouveau départ du Front de gauche

·                                 Texte collectif     "Pour un nouveau départ du Front de gauche"  30 mai 2014

Le Front de gauche a suscité un immense espoir, soulevé de grandes énergies qui retombent au fil des épreuves et des dissensions et repartent dès qu’il sait faire front. Les élections municipales et européennes ont à nouveau fait étalage de ses forces et de ses faiblesses. Chacun ressent que sa survie peut aujourd’hui être en péril. Il représente pourtant la seule voie. Il est la seule force capable de construire une alternative de gauche face aux politiques convergentes du néolibéralisme et du social-libéralisme. Il doit en assumer la responsabilité. En cinq années d’existence, il a mis en chantier un grand projet de reconquête. La diversité des traditions de la gauche, qui s’y sont rencontrées, et l’expérience des luttes que nous avons menées ensemble constituent un précieux héritage que nous refusons de dilapider.

Le Front de gauche doit prendre un nouveau départ. Les partis et autres organisations qu’il regroupe, et qui en forment le pivot, doivent être reconnus et respectés. Leur rôle est structurant et incontournable. Mais, alors que certain-e-s semblent s’interroger sur son avenir, nous sommes aussi convaincu-e-s qu’il est temps de franchir une étape décisive de développement pour faire toute sa place au « peuple du front de gauche », à toutes les forces militantes – syndicales, associatives et culturelles – qui se reconnaissent dans nos orientations. Il est normal que, dans une fédération d’organisations, des lignes s’affrontent et des divergences se manifestent. Mais le Front de gauche doit avoir la cohérence d’une force de combat politique. Et il ne peut y parvenir que s’il est rassemblé et uni dans sa base militante. Sa légitimité repose, aussi, sur ceux qui le construisent au quotidien. Reprenons à notre propre compte ce mot d’ordre adressé à tous : « Prenez le pouvoir ! » Les assemblées citoyennes doivent trouver appui sur des structures plus stables, plus fiables, plus coopératives. Tous ceux et toutes celles qui s’engagent avec le Front degauche doivent pouvoir se retrouver dans une forme d’association démocratiquement définie dans chaque lieu (localité ou entreprise), qui leur permette de partager, sur un pied d’égalité, la responsabilité des luttes politiques à mener. C’est le sens de l’appel que nous lançons.

Nous appelons à construire à la base et au quotidien, avec les partis et organisations qui forment le Front de gauche, la grande force populaire rassemblée qui pourra impulser les changements profonds auxquels nous aspirons !

Voir les signataires et/ou signer l'appel sur le site : www.nouveau-depart-fdg.org


Débat : L’échec du FG ne tient qu’à lui même, par Pierre Khalfa

L’échec du Front de gauche tient à lui-même
27 mai 2014 |  Par Pierre Khalfa

Pierre Khalfa est syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental au titre de Solidaires, co-président de la Fondation Copernic et membre du Conseil scientifique d’Attac.        —-> télécharger le texte complet en PDF

Avec 6,33 % des voix aux élections européennes, le Front de gauche (FdG) connaît un échec [1]. Celui-ci apparaît d’autant plus grave si on le met en relation avec l’espoir un moment affiché que ces élections soient l’occasion de faire du FdG la première force à gauche, opérant ainsi un rééquilibrage porteur d’une future alternative gouvernementale. Comment expliquer, alors que le PS connaît une défiance profonde, que le FdG n’en tire pas les bénéfices, alors même qu’il porte une critique féroce d’une politique gouvernementale elle-même massivement rejetée ?

Une enquête Ipsos-Steria [2] indique même que le FdG a été particulièrement touché par la défiance qu’ont subie tous les partis politiques (à l’exception du FN) : aux élections européennes seulement 46 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ont voté pour le FdG. C’est l’indice de fidélité le plus faible de tous les grands partis présents à ces élections. Ainsi 52 % des électeurs de François Hollande ont voté pour le PS, 58 % de ceux de Nicolas Sarkozy ont voté pour l’UMP, 59 % des électeurs de François Bayrou ont voté pour l’UDI/Modem et… 93 % de ceux de Marine Le Pen pour le FN.

On peut certes renvoyer cet échec à des raisons objectives qu’il ne faut pas minimiser : le PS se réclamant de la gauche, son discrédit toucherait aussi ceux qui s’en revendiquent ; l’absence de mouvements sociaux pèserait sur les rapports de forces globaux, ce qui pénaliserait le FdG ; l’impact des politiques d’austérité et plus généralement l’éclatement du salariat, favoriseraient la résignation et l’abstention électorale. Tous ces éléments contiennent probablement une part plus ou moins grande de vérité. Mais la thèse défendue ici est autre. L’échec du FdG tient avant tout à lui-même.

Un premier élément d’explication tient à l’image qu’a renvoyée le FdG dans les mois et les semaines qui ont précédé les élections européennes. La confusion politique entraînée par la décision du PCF d’une orientation à la carte pour les élections municipales – tantôt avec le PS, tantôt avec les autres forces du FdG – a certainement joué, comme ont joué la dramatisation opérée par le PG à ce sujet et la montée d’affrontements internes qui l’a accompagnée, ce qui a pesé sur toute apparition politique pendant des mois. Ce conflit interne, et l’image d’éclatement qui s’en est suivie, a perduré lors de la formation des listes pour les européennes avec des tensions extrêmes et nombre de coup de forces [3].

La campagne pour les élections européennes commençait mal. Elle s’est mal poursuivie même si cela n’est pas la raison profonde du résultat. Sa brièveté a empêché que se déroule une vraie campagne nationale qui aurait redonné une crédibilité et une visibilité au FdG. Pire, elle a été marquée par des dérapages politiques, en contradiction avec le texte d’orientation adopté par le FdG, avec des déclarations sur « l’Europe allemande », les « guerres américaines en Europe », ou en faveur de la sortie de l’euro et du protectionnisme. Le flou sur la ligne défendue en matière européenne a prédominé, alors même que le FdG s’était mis d’accord sur une orientation qui indiquait que, s’il fallait nécessairement rompre avec l’Europe néolibérale actuelle, c’était dans la perspective de refonder une autre Europe. Cette ligne, qui est aussi celle de Syriza, reflète ce que pensent les sympathisants du FdG qui ne sont que 14 % à penser que l’appartenance de la France à l’Union européenne est une mauvaise chose, pourcentage similaire à ceux de l’ensemble des français à l’exception des sympathisants du FN.

Cette mauvaise campagne pour les élections européennes, faisant suite à celle des municipales, n’est cependant que le symptôme d’un mal plus profond qui renvoie à la nature même du FdG. La campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon avait permis que des dizaines de milliers de personnes, qui n’étaient encartées dans aucune organisation politique, s’y engagent plus ou moins activement. Cette campagne, et le score électoral qui l’accompagnait, avaient créé une dynamique citoyenne importante [4]. Il aurait donc été logique et politiquement nécessaire que le FdG se mette en situation d’accueillir toutes celles et tous ceux qui s’étaient engagés dans la campagne présidentielle. En permettant aux non encartés d’adhérer directement au FdG, sans passer par l’une de ses composantes politiques, le FdG aurait changé de nature. De cartel électoral, il serait devenu un mouvement politique nouveau qui aurait transcendé ses composantes d’origine. Cela a été refusé et, dès les législatives de 2012, la logique de cartel a prévalu [5]. Les conséquences de ce choix n’ont pas tardé à se manifester, les deux composantes principales du FdG privilégiant, chacune à sa manière, son intérêt propre d’organisation au dépend de celui du FdG, le tout aggravé par des divergences politiques [6].

Celles concernant le positionnement vis-à-vis du gouvernement ont été assez vite résolues avec une ligne d’opposition à la politique menée qui s’est traduite notamment par le vote contre le budget 2014 par les élus du FdG (dont tous ceux du PCF). Certes la question des municipales les a ravivées, mais au-delà, l’opposition à la politique gouvernementale ne suffit pas à faire une orientation politique.

Deux questions se posent. La première est celle du rapport à la gauche. Il y a accord dans le FdG pour essayer de peser sur les contradictions internes de la majorité gouvernementale et de travailler avec tous ceux qui, à gauche, refusent la politique actuelle. Mais cette orientation ne trouve guère pour le moment de débouchés concrets. Tend alors à s’y substituer une orientation totalement incantatoire qui consiste à prôner le rassemblement de toute la gauche alors même que le PS soutient un gouvernement, issu de ses rangs, qui mène une politique de droite [7]. Il est certes légitime d’avoir pour objectif de construire un front anti-austérité qui soit le plus large possible. Mais cela ne peut se faire que si des ruptures importantes se produisent dans la majorité gouvernementale. C’est l’enjeu de la situation actuelle alors que les contradictions s’aiguisent au sein du PS et qu’EELV a quitté le gouvernement.

La seconde question renvoie à la posture publique du FdG. Il ne suffit pas d’affirmer à longueur de déclarations que tout va mal (ce qui est vrai) et que tout ira encore plus mal demain (ce qui est probablement vrai aussi) pour construire une alternative politique. De même exprimer la colère des gens peut à un moment donné être indispensable, mais tendre à ne faire que cela peut vite s’avérer contreproductif. Les gens savent que ça va mal et qu’ils sont en colère. Il ne sert à rien de le leur répéter en permanence. Pour que les gens aillent voter, et en particulier pour une formation comme le FdG, il faut qu’ils pensent que leur vote est utile. Le FdG doit donc être porteur d’un espoir de transformation sociale et pas simplement exprimer, ou plutôt croire exprimer, une exaspération. La politique du ressentiment [8] ne suffit pas, encore faut-il apparaître porteurs de solutions concrètes, crédibles[9], qui soient reliées à un imaginaire qui permette de les envisager. Or sur ces deux points le FdG n’a pas été à la hauteur.

Il n’a pas été capable de répondre sur le terrain sur lequel on pouvait l’attendre, celui des solutions pour sortir de la crise. Non que ces solutions n’existent pas – le programme des présidentielles l’Humain d’abord reste d’actualité – mais le FdG a été incapable d’avancer un plan de mesures d’urgence ayant une visibilité politique forte. La volonté d’exprimer en permanence la colère populaire, « le parlé dru » dont se réclamait Jean-Luc Mélenchon, a relativisé, de fait, la mise en avant d’alternatives.

La création d’un imaginaire collectif ne dépend pas seulement de l’action d’une force politique mais renvoie à des mouvements profonds de la société. Nous ne sommes ainsi pas sortis de la crise du projet de transformation sociale issu de l’effondrement du « socialisme réellement existant » et nous ne pouvons aujourd’hui nous adosser  à rien de comparable à ce qui a été l’espérance communiste il y a quelques décennies. Raison de plus pour s’appuyer sur des pratiques sociales émancipatrices qui se développent dans toute l’Europe, notamment en France, et qui sont en train de faire bouger les lignes : salariés qui se battent pour garder leur emploi et produire autrement (de Fralib à Ceralep, de Pilpa à Hélio-Corbeil…), femmes qui luttent pour leurs droits menacés, mouvement des villes en transition, mouvement des indignés qui inventent de nouvelles façons de faire de la politique comme Espagne, mouvements de solidarité concrète dont la Grèce a été le témoin, mais qui se développent un peu partout, mouvement des zones libérées dont Notre-Dame-des-Landes est l’exemple le plus emblématique, mouvement des logiciels libres qui lutte contre la marchandisation… Tous ces exemples et bien d’autres, le FdG ne les a pas ignorés, mais il ne s’est pas appuyé vraiment sur eux, restant in fine dans une vision verticale traditionnelle de la politique qui donne aux partis et à ses leaders un rôle prédominant.

Alors que faire ? Disons le tout net : toute volonté ou tentative de faire éclater le FdG serait suicidaire, non seulement pour ceux qui se lanceraient dans cette aventure, mais aussi pour tout processus de transformation sociale dans ce pays. La force du FdG a été d’être capable, malgré toutes les difficultés, d’agglomérer en son sein des courants politiques divers quant à leur histoire et à leur culture. Cela représente un acquis considérable. L’existence du FdG témoigne qu’il est possible de construire une force politique qui puisse postuler à être majoritaire à gauche et donc dans le pays.

Maintenir cette ambition suppose de le transformer en profondeur tant d’un point de vue interne que dans ses relations avec la société. Il faut permettre l’adhésion individuelle, faire des assemblées citoyennes des structures de bases vivantes du mouvement [10] et du Conseil national un véritable organe de débat. De façon immédiate, la discussion sur la situation actuelle devrait pouvoir embrasser tout le FdG en dépassant les frontières de chaque organisation. Une convention ou des assises du FdG, peu importe le nom, devraient rapidement être organisée pour permette le débat le plus large. Le FdG doit d’autre part renouveler sa façon de faire de la politique, tant dans ses rapports aux citoyen-nes qu’aux mouvements sociaux, et doit être capable de porter clairement des propositions alternatives. Au-delà, le FdG ne peut en rester à sa forme actuelle. Il doit impulser la formation d’une large alliance de tous ceux qui à gauche, et plus largement dans les mouvements sociaux, sont opposés à la politique gouvernementale, que ce soit au PS, à EE-LV, au NPA, à Nouvelle Donne. L’heure est plus que jamais à la construction de convergences qui dépassent les chapelles actuelles.

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[1] Il faudrait regarder de plus près les résultats différenciés de la gauche radicale en Europe pour, au-delà d’une progression globale, en analyser les ressorts nationaux.
[2] http://www.scribd.com/fullscreen/226037674?access_key=key-9AG0U9qTnlWwgTmt0bUh&allow_share=true&escape=false&view_mode=scroll
[3] La palme en la matière est revenue au PCF dans la circonscription du Nord-Ouest où les responsables locaux de ce parti ont décidé unilatéralement, et en contradiction avec l’accord national, d’imposer trois de leurs membres aux trois premières places de la liste du FdG. Ironie de l’histoire, la liste n’a eu aucun élu, le député sortant n’ayant pas été, de très peu, réélu. Peut-être ceci n’est pas sans rapport avec cela.
[4] Cette dynamique s’était manifestée par de fortes manifestations de rue et, sur un plan militant quotidien, par l’existence d’ « assemblées citoyennes » actives. Le résultat, moins important qu’annoncé par les sondages à l’élection présidentielle, et celui médiocre aux législatives qui ont suivi n’avaient pas infirmé ce constat.
[5] Un texte « fonctionnement », adopté quelques mois plus tard, est resté lettre morte. Il envisageait, entre autres, la possibilité d’adhésion directe et une refonte du Conseil national pour en faire réellement une structure faisant une large place aux personnalités non encartées.
[6] La création d’Ensemble, qui regroupe toute une série de forces qui étaient entrées au FdG de façon éclatée à des moments différents, n’a pas été suffisante pour le moment pour rompre avec cette logique.  
[7] C’est la position explicitement défendue dans le FdG par Christian Piquet et ses amis  restés à la GU. Cette orientation est aussi défendue par certains au PCF. C’est le cas par exemple d’André Chassaigne qui s’est fait une spécialité d’attaquer en permanence le FdG et Jean-Luc Mélenchon.
[8] Dans la politique du ressentiment, on peut classer l’agressivité permanente par rapport aux médias et en particulier l’interdiction faite aux journalistes du Monde de suivre les meetings de Jean-Luc Mélenchon avec l’injonction de les filmer pour les surveiller, mesures sur lesquelles ce dernier est revenu quelques jours après.
[9] Le mot crédible renvoie ici au fait qu’un gouvernement de gauche, ayant la volonté politique de le faire, pourrait appliquer les mesures en question. Voir la note de la Fondation Copernic Changer vraiment, Editions Syllepse.
[10] C’est le sens de l’appel pour un nouveau départ du Front de Gauche, signé par de nombreuses personnalités, lancé par Jacques Bidet, Jean-Michel Drevon, Jean-Numa Ducange, Dominique Fillère, Razmig Keucheyan.  
http://www.nouveau-depart-fdg.org/


Succès de la marche du 1er décembre 2013 à Paris

Grand succès de la marche du 1er décembre 100 000 personnes à Paris !
 Télécharger l'appel national 

Le Front de Gauche se réjouit du succès de la marche du 1er décembre. Cette marche constitue la plus importante mobilisation politique de la gauche politico-sociale depuis des mois. Dans un moment où la désorientation est grande et où les syndicats patronaux, la droite et l’extrême droite tentent de dévoyer la légitime colère populaire suscitée par la politique d’austérité du gouvernement, il s’agit d’une très bonne nouvelle. Le Front de Gauche confirme ainsi sa capacité d’initiative de masse et d’élargissement comme en témoigne la présence d’autres organisations politiques, de plusieurs structures syndicales et de nombreuses personnalités.

Le Front de Gauche entend continuer à œuvrer sur les mots d’ordre de sa marche "pour la Révolution fiscale, la taxation du capital, l’annulation de la hausse de la TVA".

Le plus urgent est de mobiliser encore plus massivement contre la hausse de la TVA prévue le 1er janvier. Il faut la mettre en échec. Cette hausse, matériellement insupportable pour un grand nombre de nos concitoyens, symbolise en outre une fiscalité injuste visant à faire payer aux ménages les cadeaux au patronat. C’est pourquoi le Front de Gauche est favorable à la tenue rapide d’une réunion unitaire de l’ensemble des organisations de gauche, des syndicats, des associations concernées par la question pour examiner le cadre et les formes de mobilisation contre cette hausse.

Dans le même temps, Jean-Marc Ayrault a annoncé une remise à plat de la fiscalité. Chiche… Nous avons déjà, dans l’Humain d’abord, des propositions qui placent la justice fiscale, la redistribution des richesses et la taxation du capital au coeur de notre projet. Mais nous voulons aller plus loin en travaillant à des Etats Généraux. Leur but sera d’élaborer et de porter de la façon la plus massive possible une réforme fiscale opposée aux canons du libéralisme, auxquels obéit le gouvernement, qui privilégient la "compétitivité et la baisse des dépenses publiques" au détriment de l’intérêt général et de l’égalité.

Communiqué du Front de Gauche