Front de gauche : Brit Air doit rester à Morlaix

« Hop ! Brit Air, doit maintenir tous les emplois à Morlaix. » Tel est le souhait du Front de gauche du pays de Morlaix à la suite de l’annonce du projet de fusion présenté le 16 juillet par la direction de Hop ! qui « menace clairement le maintien de l’emploi des 350 salariés de l’entreprise morlaisienne ».

Le Front de gauche rappelle que la restructuration voulue par la direction pour « optimiser les coûts et rendre l’entreprise plus agile et plus compétitive, l’amène à estimer un sureffectif de 245 postes dans les trois antennes régionales de la société dont une centaine à Morlaix. »

La fusion annoncée entraîne une délocalisation de certains services et de postes vers Nantes ou Paris-Rungis. « Cette situation inacceptable pour les personnels est en outre une bien mauvaise nouvelle pour la situation de l’emploi en Pays de Morlaix », poursuit le parti. Qui demande aux élus du territoire « d’agir pour refuser qu’une fois de plus la seule logique de rentabilité ne l’emporte sur la préservation des conditions de vie et de travail des salariés d’une entreprise de notre région. »

L’expérience de l’association Front de Gauche pays de Morlaix

L'expérience de l'association Front de Gauche pays de Morlaix, notre attente d'un Front de Gauche plus citoyen  (déclaration d'août 2014)

Front de Gauche pays de Morlaix 2, petite rue de Callac – 29600 Morlaix – 06 20 90 10 52 – frontdegauchemorlaix@gmail.com  http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

Historique

Le Front De Gauche du pays de Morlaix prend naissance autour de militants du PCF, du PG, de la GU , de la FASE, d'ATTAC, et de quelques militants du comité de chômeurs local ( mncp 29) dans le travail des régionales de 2010. Il continue à se renforcer lors des cantonales, pour atteindre sa pleine puissance lors des présidentielles et législatives de 2012.

Pour les présidentielles, il réalise 15,5% à Morlaix et 12% sur la circonscription. Nos jeunes candidats aux législatives, Ismaël Dupont, 32 ans, et Marie Huon, 22 ans, atteignent 8,6% à Morlaix, et 5,6% sur la circonscription, face a des poids lourds politiques: Marylise Lebranchu, ministre, et Agnès Le Brun, maire de Morlaix et parlementaire européenne.

Une centaine de militants engagés sur cette campagne du front de gauche Morlaix, en feront la principale force militante. L'association 1901 Front De Gauche Morlaix voit le jour en décembre 2012.

Aux municipales, nous réaliserons encore 15,5% à Morlaix, 11% à Plouigneau et 22% à Plouégat-Guerrand par exemple… Au total, sur le pays de Morlaix, nous avons 4 élus majoritaires, 6 élus d'opposition, mais un seul élu à la communauté d'agglomération. Ces élections et cette brillante campagne municipale commencée très tôt, ont cependant donné une grande lisibilité au FDG Morlaix, et permis d''appliquer le programme « l'humain d'abord » dans nos propositions.

Aux élections européennes, malgré un résultat à Morlaix de 8,9 % doublé par rapport aux précédentes, et un résultat supérieur à ceux de la région et de la nation, la déception est grande.

Aujourd'hui, l'association FDG Morlaix c'est toujours une centaine de sympathisants, 65 adhérents, composé d'une douzaine de militants PCF, de 7 militants d'ensemble, de 6 militants du parti de gauche, et surtout d'environ 60% de militants engagés et membre de l'association, non encartés dans un parti politique. Le Front de Gauche Morlaix s'est constitué en association en même temps que d'autres collectifs locaux sur le Finistère: il a contribué à l'émergence d'une Coordination départementale du Front de Gauche qui se réunit tous les mois avec des représentants des collectifs locaux et des partis pour engager la réflexion commune et échanger des informations, engager des initiatives départementales.

Pourquoi ça marche?

Notre FDG rassemble depuis l'origine différentes sensibilités, dont presque toutes les composantes du Front de Gauche, qui n'ont pas ou peu de passé d'antagonismes sur la région de Morlaix. Il n'y avait pas non plus de postes d'élus d'union de la gauche à sécuriser localement qui auraient pu justifier que l'on freine le développement du Front de Gauche… Le PC local, ainsi que les autres composantes locales, ont fait le choix du Front de Gauche avec constance et sans ambiguïté. La section PCF avait mis en débat les orientations du congrès de 2008: fin 2009, à l'occasion des régionales, elle avait choisi le Front de Gauche à 90% des adhérents, alors qu'une liste PS-PC-UDB se présentait aussi.

Un climat de confiance s'est installé entre les gens. On n'a jamais fonctionné dans un esprit de clans entre militants des différents partis et les citoyens. On s'appuie sur les orientations et les valeurs rassembleuses du programme« L'humain d'abord » et sur le principe « un homme, une voix » pour prendre nos décisions.

Toutes les réunions sont publiques, annoncées dans la presse. Il n'y a pas besoin d'être adhérent pour y participer.

Nous avons pris la décision de l'ouverture aux non encartés. Elle s'est traduite notamment par la création d'une association avec des statuts et une organisation souple. Cette association visait à avoir un fonctionnement durable en dehors des périodes électorales, à donner un vrai pouvoir de décision aux citoyens non encartés militant dans le Front de Gauche, à expérimenter au niveau local un fonctionnement que nous aimerions voir appliquer sur le plan national, à avoir des finances autonomes pour mener nos campagnes politiques et d'éducation populaire tout au long de l'année.

Nous n'avons jamais évité les débats compliqués, vis à vis desquels les organisations politiques composant le FDG n'avaient pas la même approche sur le plan national (l'énergie, la centrale à gaz de Landivisiau, Notre-Dame-des-Landes, les langues et cultures régionales….). Pouvoir mener sans tabou et de manière approfondie et sereine ces débats nous a renforcé.

Nous visons le consensus, remettons quand c'est possible les décisions d'orientations qui ne font pas accord de tous plutôt que d'organiser trop vite des votes clivants. Nous pouvons organiser des votes si nous ne trouvons pas de consensus au bout de deux débats.

Dans notre fonctionnement externe, nous sommes à la recherche d'actions de proximité (porte-à-portes), d'éducation populaire (conférences-débats) et innovantes: journées porteurs de parole, goûters dans les quartiers avec fanfare et chorale, journées citoyennes du FDG avec partie artistique et festive, causeries citoyennes dans les cafés, édition d'un journal local trimestriel, de cartes postales. Nous sommes très investis aussi, et souvent comme force mobilisatrice dans des combats unitaires: défense des services publics, de l'emploi dans l'agro, lutte contre le TSCG, la réforme des retraites, l'ANI, contre l'aéroport de NDDL, pour le droit des palestiniens, contre l'extrême-droite…

Les leçons qu'on en tire

L'importance de l'écoute vis à vis des citoyens, et au sein du FDG, des non encartés. Pour nous, l'essentiel, c'est de chercher à réconcilier les citoyens avec la politique au sens noble et à construire le Front de Gauche comme outil de rassemblement populaire.

Malheureusement, nous avons le sentiment qu'au niveau départemental, régional, national, des obstacles s'opposent dans bien des endroits au développement des collectifs citoyens du Front de Gauche (mauvaise entente des partis, désaccord avec la ligne du FDG, intérêt des élus, conflits de personnes….).

Il n'y a pas non plus de véritable volonté d'initier la construction citoyenne du Front de Gauche partout sur le territoire national.

Il faut pourtant construire les conditions pour reconstruire une gauche qui parle au peuple et se fait entendre de lui.

Cela demande de la cohérence sur le plan des stratégies électorales et deconcevoir le Front de Gauche autrement que comme un cartel d'organisations et une alliance électorale ponctuelle: pour nous, à condition de le développer partout au niveau local, c'est le creuset d'une repolitisation des citoyens, d'une reconstruction d'une gauche populaire, offensive et efficace.

Notre attente

Que les assemblées locales du Front de Gauche, et en leur sein par conséquent les citoyens non encartés, puissent peser sur les propositions, les orientations, les stratégies du Front de Gauche sur le plan national. Actuellement, le pilotage du Front de Gauche se fait de manière trop pyramidal et partidaire, en laissant de côté les citoyens et l'expression de ce qui se pense et se fait à la base.

Une plus grande volonté de développer le Front de Gauche comme mouvement citoyen et non comme simple cartel d'organisation à visée électoraliste est nécessaire si on veut sortir par le haut de la crise interne actuelle et peser davantage sur le rapport de force national.

Il faut que les collectifs locaux, et pas seulement les dirigeants des partis et des personnalités cooptées, puissent s'exprimer et influencer les décisions sur le plan national.

Il faut aller vers une adhésion directe au FDG sans pour autant enterrer les partis qui composent ce rassemblement.