Ulrich Cherchez l’erreur 20 sept 2012

 – L’Humanité le 20 Septembre 2012

PACTE BUDGETAIRE EUROPEEN,
le traité indéfendable.

Par Maurice Ulrich

Où est l’erreur ?

Cherchez l’erreur quand un gouvernement de gauche est obligé de compter sur les voix de la droite pour adopter un projet censé faire le bonheur des peuples mais pour lequel le peuple n’est pas consulté. Au fond, c’est à peu près comme cela que l’on peut résumer ce qui se passe avec le traité européen adopté hier en Conseil des ministres et pour lequel le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a appelé à un vote massif du Parlement, c’est-à-dire de l’Assemblée nationale et du Sénat. Or la réalité est simple. Si le PS, au cas improbable où la droite s’abstiendrait, peut faire passer le texte à l’Assemblée où il est majoritaire à lui seul, ce n’est pas le cas au Sénat
où iln’est majoritaire qu’avec les voix qu’il peut compter sur sa gauche, les communistes et leurs alliés. Ceux-ci 
ne voteront pas le texte. Il ne peut donc passer qu’avec 
les voix de la droite.

Mais ce n’est là encore qu’une hypothèse mathématique. Car, dans les faits, ce à quoi on va assister si le gouvernement poursuit dans cette voie, 
c’est au vote, par l’essentiel des députés du PS (malgré 
un trouble dans ses rangs) et par une droite libérale 
et néo-sarkozyste dont on ne voit pas qu’elle puisse faire autre chose, sauf à se déjuger, d’un texte élaboré par 
le président de droite battu et par la chancelière allemande de droite qui sera peut-être battue dans pas si longtemps.

On mesure du même coup le ridicule, pour ne pas dire l’imposture, des arguments de certains, dont le président du groupe parlementaire socialiste Bruno Le Roux, quand, pour souder son groupe, il en vient à ne plus en appeler à un vote « pour ou contre le traité » mais les invite à en faire une expression de soutien au président de la République. En d’autres termes et quitte à se répéter, les députés élus par la gauche, pour faire une politique de gauche avec un président de gauche, sont appelés à voter avec la droite un texte conçu par la droite.

Les électeurs de gauche ont-ils voté pour ça? Il semble bien que non, au vu de ce qui leur avait été dit et promis par le candidat devenu président quant 
à la renégociation du traité. Il semble bien que non
au vu des sondages. Voilà donc la raison pour laquelle on entend en quelque sorte leur passer sur le corps au prix d’un véritable déni de démocratie. Le peuple, écrivait Rousseau dans Du contrat social, est le souverain. 
Sans doute peut-on se permettre d’ajouter qu’il est encore plus souverain quand il s’agit précisément de la remise en question de sa souveraineté, et donc de la rupture du contrat entre lui et ceux qu’il a choisis. Car c’est bien là 
le plus clair du projet. Il s’agit de se passer du peuple, 
en France, et des peuples, en Europe, parce ce que ce traité est un traité contreles peuples. Pourquoi sinon refuser un véritable débat national sur son contenu et ses objectifs, lequel devrait logiquement et constitutionnellement déboucher sur un référendum tel que le demande le Front de gauche. Constitutionnellement oui, car le pouvoir n’a pas reçu mandat de mettre en cause la souveraineté nationale.

On sait que les régimes totalitaires ont toujours prétendu faire le bonheur des peuples malgré eux et que ce fut leur malheur. L’Europe et la France s’engagent sur une voie dangereuse. Non seulement elle est pavée d’un sentiment grandissant de rejet vis-à-vis de l’idée européenne elle-même, qui reste une belle idée 
à la condition qu’elle soit démocratique. Mais cette voie va en sens contraire. Vers une Europe autoritaire 
mais asservie àses maîtres, les marchés financiers.

Il s’agit de se passer du peuple, en France, et des peuples, en Europe, parce ce que ce traité est un traité contre les peuples.

Par Maurice Ulrich


Référendum Pacte Budgétaire Européen

Le Front de Gauche exige un référendum
sur le Pacte Budgétaire Européen (TSCG) !

signer la pétition

Alors que François Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte Budgétaire européen, le Front de Gauche s’élève contre la volonté du président de la République de faire passer un texte aux conséquences économiques négatives. Ses dirigeants demandent l’organisation d’un grand débat public débouchant sur un référendum, afin d’informer le peuple et de lui laisser le dernier mot.

Pour le secrétaire national du Parti communiste Pierre Laurent, Martine Billard (Parti de Gauche) et Christian Picquet (Gauche Unitaire), le débat public, l’information du peuple et sa décision finale sur un sujet qui touche à la souveraineté nationale sont indispensables. Les dirigeants du Front de Gauche souhaitent que cela permette d’éviter la ratification en l’état d’un traité qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie française, tuant notamment l’investissement public en imposant une austérité drastique.

Pour Pierre Laurent, le Pacte Budgétaire est en effet porteur de mesures très dures, qui risquent de plonger la France dans l’austérité à l’instar d’autres pays l’ayant ratifié, comme la Grèce qui multiplie actuellement les privatisations pour entrer dans les clous européens, ou l’Espagne qui poursuit ses coupes dans les dépenses publiques en échange de l’aide européenne à son secteur bancaire.

« Une austérité généralisée »

Christian Picquet, de Gauche Unitaire, explique que le gouvernement français serait lié par des contraintes budgétaires encore plus strictes, et ne se donnerait donc aucun moyen de mettre en œuvre les changements politiques pour lesquels il a été élu : « Signer le Pacte de Stabilité donnerait une trajectoire à la politique gouvernementale pour le quinquennat, qui serait totalement contraire à ce pourquoi les Français ont voté au printemps. Cela orienterait vers une austérité généralisée avec une baisse des dépenses publiques, une diminution du coût du travail pour alléger les cotisations patronales, au moment où les grands groupes affichent des dividendes insolents. Cette trajectoire là, rien ne la justifie ».

Pas de ratification sans référendum

« Il est donc fondamental d’alerter les citoyens sur la situation et les conséquences concrètes de la ratification d’un tel traité », estime Martine Billard, du Parti de Gauche. « Il y a urgence, et on va mener cette bataille dès maintenant », poursuit-elle. Le Front de Gauche lance donc la mobilisation en faveur de l’organisation d’un référendum, estimant qu’il ne peut pas y avoir de ratification parlementaire sans que les dispositions du traité aient été portées à connaissance des citoyens. Cette thématique sera placée au cœur des Estivales du parti les 25 et 26 août prochain, et le Front de Gauche promet une mobilisation en masse à la rentrée si le gouvernement refuse le référendum.

Dans tous les cas, Pierre Laurent a annoncé que ses députés voteraient contre la ratification du traité au Parlement. Christian Picquet espère que les députés socialistes et écologistes suivront : « C’est un cri d’alarme en direction de l’ensemble de la gauche : on doit redresser quelque chose qui peut être une trajectoire mortifère plongeant des pays dans une catastrophe sociale ».

En conclusion, il lance sur un air de défi à François Hollande : « Allez-vous faire passer ça alors que le peuple ne vous en a pas donné mandat, comme Nicolas Sarkozy avait fait passer le traité de Lisbonne « en fraude » après l’échec du référendum de 2005 ? Ce serait un suicide politique ».


 

Attac Pacte budgétaire

Pas d'Europe sans citoyens !

Attac France, le 19 juin 2012
Lettre ouverte à François Hollande pour un référendum sur le Pacte budgétaire : 

La crise européenne est arrivée à un point crucial. Aveugles volontaires, nos dirigeants s’obstinent dans des politiques brutales d’austérité alors que la crise provient des dérives de la finance et de l'absence d'une véritable solidarité européenne.

Le "Pacte budgétaire" a été élaboré par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour corseter définitivement les politiques économiques, et imposer l'austérité au mépris du débat démocratique et contre les aspirations des peuples.

François Hollande se prépare à le faire ratifier par le Parlement nouvellement élu s’il parvient à faire adopter tout ou partie du "Pacte pour la croissance" qu’il propose aux autres dirigeants européens. Mais seul un débat démocratique avec une large participation populaire peut légitimement trancher sur des enjeux aussi essentiels.

A l’initiative d’Attac et de la Fondation Copernic, des responsables associatifs, syndicaux et politiques et des chercheurs lancent une lettre ouverte à François Hollande : "Non au Pacte budgétaire, pas d’Europe sans citoyens !", demandant l’organisation d’un débat tranché par un référendum.

Pour lire la lettre, consulter les signataires, et la signer :
http://www.france.attac.org/lettre-ouverte-francois-hollande-pour-un-referendum-sur-le-pacte-budgetaire