1336 thés et tisanes des Fralib

1336scopTILes thés et tisanes 1336 de la SCOP TI (Société Coopérative Ouvrière Provençale de Thés et d’Infusions) sont maintenant en vente.

Après 1336 jours de lutte, les coopérateurs de SCOP Ti (ex FraLib) lancent leur marque de thé et infusion 1336. Participez à cette belle aventure en étant les premiers acheteurs de ces thés et infusions Made in France

A ce jour à notre connaissance aucun point de vente hélas en pays bigouden. Demander à votre magasin habituel d’y remédier. Et si vous trouvez un point de vente local merci de nous le signaler.

On peut cependant, en attendant, commander par Internet à

http://fr.ulule.com/1336/   ou bien

http://www.maxicoffee.com/1336-scop-m-321.html?gclid=CIDPzO7GvMgCFSkYwwodTUIPRw

 

Economie sociale et solidaire

l'Humanité des débats 4 avril 2014.              Appropriation sociale

Pour un véritable droit de préemption pour les salariés désireux de reprendre leur entreprise

Par François Longérinas, Président Directeur général de la SCOP EMI-CFD et Auteur (*).

 

Nous nous sommes réjouis de voir l’économie sociale et solidaire, avec un projet de loi en débat et vingt et un mois d’un ministère dédié, acquérir une telle visibilité dans la société.

Mais, au fond, cette agitation éphémère aura servi sur un plateau le secteur aux tenants de l’entrepreneuriat social, qui prônent une économie au service du « social business » et du « green washing ». La meilleure illustration en est le soutien à des initiatives solidaires de la part de fondations du CAC 40, en premier lieu celles de Total et de BNP-Paribas. Massacrant la planète dans les pays du Sud et asphyxiant financièrement les populations des quartiers populaires, ils se rachètent une conduite en finançant ça et là des initiatives dites citoyennes. Il est temps de refuser de tels arrosages, car l’argent des multinationales a bien l’odeur du sang et de la sueur des peuples. Que penser de la campagne du groupe Unilever pour ses « plantations durables et coopératives » au Kenya, alors que ses dirigeants tuent l’emploi des salariés de Fralib à Gémenos ?

Le projet de loi préparé par Benoît Hamon ne prévoit rien pour combattre de telles pratiques. Pire, il les encourage en élargissant le périmètre de l’économie sociale et solidaire à tous ceux qui feront preuve de bonne volonté, affirmant la vocation « solidaire » de leur projet… Constatant « depuis quelques années un véritable engouement de la part de jeunes créateurs d’entreprise pour un modèle dont l’objectif principal n’est pas l’accumulation de bénéfices », notre ex-ministre délégué en déduit que ce qui n’est « pas possible d’inscrire dans la loi, dès lors qu’il s’agit d’une SA ou d’une SARL, c’est la gouvernance démocratique ». La messe est dite : la démocratie interne, pilier central de l’économie sociale, vole en éclats.

Rêvons encore quelques jours d’un sursaut salutaire de la majorité parlementaire, qui amènerait les députés à voter l’amendement présenté par le groupe Front de gauche visant à inscrire dans la loi un véritable droit de préemption pour les salariés désireux de reprendre leur entreprise en coopérative… Même le mouvement mutualiste s’insurge, à l’instar de Thierry Beaudet, président de la MGEN, qui dénonce l’« extinction de la voie mutualiste. (…) Les mutualistes pensaient conduire une activité sociale de solidarité visant l’intérêt général. Ils découvrent qu’elle est assimilée à une affaire marchande et concurrentielle ».

La dynamique, à l’œuvre depuis une dizaine d’années, de rapprochement entre l’économie sociale historique (coopératives, mutuelles, associations d’éducation populaire) et l’économie solidaire, faite d’initiatives de proximité fortement teintées d’écologie, aura accouché d’un conglomérat vidé de ses capacités collectives de transformation radicale de la société.

Nous devons revoir notre copie. La reconnaissance institutionnelle du secteur a dépolitisé les enjeux de l’ESS, lui conférant, sans débat, une fonction principale d’aménagement du capitalisme et du système productiviste, prenant en charge des activités laissées en jachère par des services publics asphyxiés.

L’aveuglement de l’Union des employeurs de l’économie sociale (Udes) est éclairant quand celle-ci réclame, dans le cadre du pacte de responsabilité, « un allégement général de charges passant notamment par la suppression progressive des cotisations familiales pesant sur le coût du travail ».

Nous souhaitons au contraire défendre une économie alternative, articulant démocratie sociale et finalité solidaire et écologique. À quoi sert de développer les emplois si on ne cherche également à redonner du sens au travail et à la production ?

La politique de l’offre et de la croissance vantée par le président de la République est aux antipodes de l’idée même d’une société répondant prioritairement aux besoins de la population.

Les salariés en lutte pour sauver leur entreprise et la reprendre en coopérative montrent le chemin quand ils s’inscrivent dans la démarche d’une économie fondée sur le partage du pouvoir de décision et le respect des écosystèmes de la planète. Refusons de brader les valeurs fondamentales de la démocratie, qui font de l’économie sociale et solidaire un levier du projet écosocialiste d’émancipation.

Dernier ouvrage paru : Prenons le pouvoir. Coopératives, autogestion et initiatives
citoyennes. Éditions Bruno Leprince
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François Longérinas